LIVRE IV, CHAPITRB V
b'* Aucune d'elles ne peut maintenir dans son intégrité le symbole qu'elle possédait au moment de la scission. La foi ne leur appartient plus. L'habitude, Torgueil , Tobstination, peuvent se mettre à sa place et tromper des yeux inexpérimentés ; le despotisme d'une puissance hétérogène qui préserve ces Églises de tout contact étranger, l'ignorance et la barbarie qui en sont la suite , peuvent encore pour quelque temps les maintenir dans un état de raideur qui représente au moins quelques formes de la vie ; mais , enfin, nos langues et nos sciences les pénétreront, et nous les verrons parcourir, avec un mouvement accéléré, toutes les phases de dissolution que le protestantisme calviniste et luthérien a déjà mises sous nos yeux (1).
6° Dans toutes ces Églises, les grands changements que j'annonce commenceront par le clergé; et celle qui sera la première à donner ce grand et intéressant spectacle, c'est l'Église russe, parce qu'elle est la plus exposée au vent européen (2).
Je n'écris point pour disputer; je respecte tout ce qui est respectable, les souverains surtout et les nations. Je ne hais que la haine. Mais je dis ce qui est, je dis ce qui sera, je dis ce qui doit être; et si les événements contrarient ce que j'avance, j'appelle de tout mon cœur sur ma mémoire le mépris et les risées de la postérité.
(1 ) Tout ceci est dit sans prétendre affirmer que i*ouvrage n*cst pas commencé, et même fort avancé. Je yeux Tignorer, et peu m'importe. 11 me suffit de savoir que la chose ne peut aller autrement.
(2) Parmi les Églises photiennes, aucune ne doit nous intéresser autant que l'Église russe, qui est devenue entièrement européenne depuis que la suprématie exclusive de son auguste chef l*a trés-heurcusèment séparée pour toujours des faubourgs de Gonstantinople.
5i»0 DU PAPE.