CHAPITRE Vr
Faux raisonnements des Eglises séparées, et réflexions sur les préjugés religieux et nationaux.
Les Églises séparées sentent bien que l'unité leur manque, qu'elles n'ont plus de gouvernement, de conseil , ni de lien commun. Une objection surtout se présente en première ligne et frappe tous les esprits. S'il s'élevait des difficultés dans l'Église, si quelque dogme était attaqué , où serait le tribunal qui déciderait la question , n'y ayant plus de chef commun pour ces Églises, ni de concile œcuménique possible , puisqu'il ne peut être convoqué , que je sache, ni par le sultan, ni par aucun évêque particulier? On a pris, dans les pays soumis au schisme, le parti le plus extraordinaire qu'il soit possible d'imaginer : c'est de nier qu'il puisse y avoir plus de sept conciles dans r Eglise ; de soutenir que tout fut décidé par celles de ces assemblées générales qui précédèrent la scission, et qu'on ne doit plus en convoquer de nouvelles[i).
Si on leur objecte les maximes les plus évidentes de tout gouvernement imaginable, si on leur demande quelle idée ils se forment d'une société humaine , d'une agrégation quelconque, sans chef , sans puissance législative commune, et sans assemblée nationale, ils divaguent pour en revenir ensuite,
(1) il va sans dire que le huitième concile est nul, parce qu'il condamna Photius; s'il y en avait eu dix dans l'Église avant celte époque, il serait démontré que l'Église ne peut se passer de dix conciles. En général, l'Église est infaillible pour tout novateur jusqu'au moment où elle le condamne.