LIVRE I, CHAPITRE X
i( rÉglise soit représentée par une amba^sadtf saint c( Pierre est à la tête. Aimez-vous mieux que ce soit « un royaume ? saint Pierre en porte les clefs. Voulezc( vous enfin vous la représenter sous Timage d'un « bercail d'agneaux et de brebis ? saint Pierre en est « le berger et le pasteur général sous Jésus-Christ ( 1) . »
Je n'ai pu me refuser le plaisir de faire parler un instant ce grand et aimable Saint, parce qu'il me fournit une de ces observations générales si précieuses dans les ouvrages où les détails ne sont pas permis. Examinez l'un après l'autre les grands docteurs de l'Église catholique; à mesure que le principe de sainteté a dominé chez eux , vous les trouverez toujours plus fervents envers le Saint-Siège, plus pénétrés de ses droits, plus attentifs à les défendre. C'est que le Saint-Siège n'a contre lui que l'orgueil, qui est immolé par la sainteté.
En contemplant de sang-froid cette masse entraînante de témoignages, dont les différentes couleurs produisent dans un foyer commun le blanc de l'évidence, on ne saurait être surpris d'entendre un théologien français des plus distingués, nous confesser franchement qu'il est accablé par le poids des témoignages que Bellarmin et d'autres ont rassemblés, pour établir l'infaillibilité de l'Église romaine ; mais qu'il n'est pas aisé de les accorder avec la déclaration de 1682 , dont il ne lui est pas permis de s'écarter (2).
(I) Controverses de saint François de Sales, dise. XLII.
(3) Non dittimutandum est in ianlâ ieslimoniorum mole quœ Bellarminut et alii congerunt, nos recognotcere aposlolicœ sedit seu rom. Eecl. cerlam et infallihUem auctoritatem ; ai longé difficiliut est ea conciliare cum declaratione cleri gallicani, à qud recedere nobit non permiltitur. (Tournely, Tracl.de Eccles., pari. Il, qua?si. V, art. 5. ;
C'est ce que diront tous les hommes libres de préjugés. On peut sans doute disputer sur ce point comme on dispute sur tout; mais la conscience est entraînée par le nombre et par le poids des témoignages.