LIVRE I, GHÀPITBB XI
pères de Constance, quoiqu'ils ne formassent point du tout un concile , n'en étaient pas moins une assemblée infiniment respectable , par le nombre et la qualité des personnes; mais dans tout ce qu'ils purent faire sans rihtervention du Pape, et même sans qu'il existât un Pape incontestablement reconnu, un curé de campagne, ou son sacristain même, était théologiquement aussr infaillible qu'eux : ce qui n'empêchait point Martin V d'approuver, comme il le fit, tout ce qu'ils avaient fait concUiairemmt; et par là, le concile de Constance devint œcuménique, comme Tétaient devenus anciennement le second et le cinquième concile général , par l'adhésion des Papes qui n'y avaient assisté ni par eux ni par leurs légats.
Il faut donc que les personnes qui ne sont pas assez versées dans ces sortes de matières prennent bien garde à ce qu'elles lisent, lorsqu'on leur fait lire que les Papes ont approuvé les décisions du concUe de Conr stance. Sans doute ils ont approuvé les décisions por* tées dans cette assemblée contre les erreurs de Wicleff et de Jean Hus ; mais que le corps épiscopal séparé du Pape, et même en opposition avec le Pape, puisse faire des lois qui obligent le Sairit-Siége; et prononcer sur le dogme d'une manière divinement infaillible, cette proposition est un prodige, pour parler la langue de Bossuet, moins contraire peut-être à la saine théologie qu'à la saine logique.