‹ Du pape (volume 3)Chapitre 60 sur 208 · LIVRE I, CHAPtTRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPtTRE XV

« dans cette occasion comme /Pape, eœ cathedra? a Quels conciles assembla>Ml préalablement pour <i examiner la question? S'il n*en convoqua point, « quels docteurs appe^a-t-il à lui? Quelles congrégac< tions institua-t-il pour définir le dogme? Quelles «( supplicaitions publiques et solennelles indiqua-t~il a pour invoquer Tassistance de TËsprit-Saint? S'il « n'a pas rempli ces préliminaires, il n'a. plus ensei- « gné comme mattre et docteur de tous les fidèles. a Nous cessons de reconnaître, et que Bossuet le a sache bien, nous cessons, dis-je, de reconnaître « le Pontife romain comme infaillible (1). »

Orsi est encore plus précis et plus exigeant (2). Un grand nombre de témoignages semblables se montrent dans les livres italiens, sed Grœtis incognUa qui sua tamtiim mirantur.

Le seul Pape qui puisse donner des doutes légitimes, moins à raison de ses torts qu'à raison de la condamnation qu'il a soufferte , c'est Honorius. Que signifie cependant la condamnation d'un homme et d'un Souverain Pontifb, prononcée quarante-deux ans après sa mort? Un de ces malheureux sophistes qui déshonorèrent trop souvent le trône patriarcal de Constantinople, un fléau de l'Église et du sens commun; Sergius, en un mot, patriarche de C. P., s'avisa de demander, au commencement du septième siècle, s'il y avait deux volontés en Jésus-Christ? Déterminé pour la négative, il consulta le Pat)e Honorius en paroles ambiguës. Le Pape, qui n'aperçut

(1) Sed ita non egit; non definivit ex cathedra, non docuit tanquam omnium fidelium magitler ac doctor. Vbi verô ita nibn te ge* rat , tciat Botsuet , romanum Pontificem infallibilem à nobit. non a§noi€i. Voy. la note de Mansi , dans l'ouVrage cité, p. M8.

(2) Orsi , lom. I , llb. III , cap. XXVI , p. M8.

pas le piège, crut qu*il s^agissait de deux volontés humaines, c'est-à-dire de la double loi qui afflige notre malheureuse nature, et qui certainement était parfaitement étrangère au Sauveur. Honorius, d'ailleurs, outrant peulrètre les maximes générales du Saint-Siège, qui redoute par-dessus tout les nouvelles questions et les décisions précipitées , désirait qu'on ne parlât point de deux volontés, et il écrivit dans ce sens à Sergius, en quoi il put se donner un de ces torts qu'on pourrait appeler administratif 3 ; car s'il manqua dans cette occasion , il ne manqua qu'aux lois du gouvernement et de la prudence. Il calcula mal si l'on veut, il ne vit pas les suites funestes des moyens économiques qu'il crut pouvoir employer; mais dans tout cela on ne voit aucune dérogation au dogme, aucune erreur théologique. Qu'Honorius ait entendu la question dans le sens supposé, c'est ce qui est démontré d'abord par le témoignage exprès et irrécusable de l'homme même dont il avait employé la plume pour écrire sa lettre à Sergius; Je veux parier de l'abbé Jean Sympon, lequel, trois ans seulement après la mort d'Honorius, écrivait à l'empereur Constantin , fils d'Héraclius : « Quand nous parlâmes a d'une seule volonté dans le Seigneur, nous n'a- (( viens point en vue sa double nature 9 mais son hu- « manité seule. Sergius, en effet, ayant soutenu qu'il « y avait en Jésus-rChrist deux volontés contraires, « nous dtme& qu'on ne pouvait reconnaître en lui c( ces deux volontés, savoir celle de la chair et celle « de V esprit, comme nous les avons nous-mêmes de- « puis le péché (1). »

(4) yoj.Car.Sardagna Theoiog. âogm, poltm. in-8o, 1810. Tom. /, f on(roo. /X, m Aptmd. de Honorio, n» Wi, p. 395.

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