‹ Du pape (volume 3)Chapitre 61 sur 208 · LIVRE I, CHAPITRB XV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRB XV

Et qu*y a-tril de plus décisif que ces mots d*Honorius lui-'inéme cités par saint Maxime : a II n'y a a qu'une Tolonté en Jésus-Christ, puisque sans doute <c la divinité s'était revêtue de notre nature, mais 0 non de notre péché, et qu'ainsi toutes les pensées <v chamelles lui étaient demeurées étrangères (2). »

Si les lettres d'Honorius avaient réellement contenu le venin du monothélisme , comment imaginer que Sergius, qui avait pris son parti, ne se fftt pas hâté de donner à ces écrits toute la publicité imaginable? Cependant c'est ce qu'il ne fit point. Il cacha au contraire les lettres (ou la lettre) d'Honorius pendant la vie de ce Pontife, qui vécut encore deux ans, ce qu'il faut bien remarquer. Mais d'abord après la mort d'Honorius, arrivée en 638, le patriarche de C. P. ne se gêna plus, et publia son exposition ou eethése^ si fameuse dans l'histoire ecclésiastique de cette époque; toutefois , ce qui est encore très-remarquable, il ne cita point les lettres d'Honorius. Pendant les quarante-deux ans qui suivirent la mort de ce Pontife, jamais les monothéliles ne parlèrent de la seconde de ces lettres; c'est quelle n'était pas faite. Pyrrhus même, dans la fameuse dispute avec saint Maxime, n'ose pas soutenir qu.' Honorius eût imposé le silence sur une ou deux opérations. Il se borne à dire vaguement que ce Pape avait approuvé le sentiment de Sergius sur une volonté unique. L'empereur Héraclius se disculpant, l'an &ki , auprès du Pape Jean IV, de

(1 ) Quia profeetd d ditiniUiie attumpla est natura nottra, non cul' pa... absque earnalibuâ volunMibut. (Extrait de la lettre de saint Maxime, ad Marinum pretbyterum. V07. Joe. ^yrmoMck', Soe, Jtu preth. opéra varia in- fol, bx typog, regid., tom. lU. Paris, 10M ,

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la part qu'il avait prise à raffaire du monothélisme ,. garde encore le silence sur ces lettres, ainsi que l'empereur Constant II, dans son apologie adressée en 619 au Pape Martin, au sujet du type^ autre folie impériale de cette époque. Or , comment imaginer encore que ces discussions, et tant d'autres du même genre , n'eussent amené aucun appel public aux décisions d'Honorius, si on les avait regardées alors comme infectées de Thérésie monothélique 1

Ajoutons que si ce Pontife avait gardé le silence après que Sergius se fut déclaré, on pourrait sans doute argumenter de ce silence et le regarder comme un commentaire coupable de ses lettres; mais il ne cessa au contraire, tant qu'il vécut, de s'élever contre Sergius , de le menacer et de le condamner. Saint Maxime de C. P. est encore un illustre témoin sur ce fait intéressant. On doit rire , dit-il , ou pour mieux dire on doit pleurer à la vue de ces malheureux ( Sergius et Pyrrhus) , qui osent citer de prétendues décisions favorables à l'impie ecthèse , essayer de placer dans leurs rangs le grand Honorius , et se parer aux yeux du monde de Vautorité d'un homme éminent dans la cause de la religion,.. Qui donc a pu inspirer tant d'audace à ces faussaires? Quel homme pieux et orthodoxe y quel évéqucy quelle Eglise ne Us a pas conjurés d'abandonner l'hérésie ; mais surtout que n'a pas fait le divin Honorius (1) I

{i) Quœ hot (Monolhelitas) non rogavit Eeeletia^ etc. ; quid aulem etDiYiNUSiïonoWtff? (saint Max. Mari. Epist. ad Petrum illustrem^ apud Syrm. ubi suprà. p. 489.

On a besoin d'une grande allenllon pour lire celle lettre don4 nous n^avons qu*UDe traduction latine Taite par un Grec qui ne savait pas le latin. Non-seulement la phrase latine est extrêmement embarrassée, mais le traducteur se permet de plus de fabriquer des mots

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