‹ Du pape (volume 3)Chapitre 7 sur 208 · VII ( DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

VII ( DISCOURS PRÉLIMINAIRE

Cet élément romain , naturalisé dans les Gaules , s*accorda fort bien avec le druidisme , que le christianisme dépouilla de ses erreurs et de sa férocité, en laissant subsister une certaine racine qui était bonne; et de tous ces éléments il résulta une nation extraordinaire, destinée à jouer un rôle étonnant parmi les autres, et surtout à se retrouver à la tête du système religieux en Europe.

Le christianisme pénétra de bonne heure les Français, avec une facilité qui ne pouvait être que le résultat d'une affinité particulière. L'Église gallicane n'eut presque pas d'enfance; pour ainsi tlire en naissant elle se trouva la première des Églises nationales et le plus ferme appui de l'unité.

Les Français eurent l'honneur unique, et dont ils n'ont pas été à beaucoup près assez orgueilleux, celui d'avoir constitué (humainement) l'Église catholique dans le monde , en élevant son auguste Chef au rang indispensablement dû à ses fonctions divines, et sans lequel il n'eût été qu'un patriarche de Constantinopie , déplorable jouet des sultans chrétiens et des autocrates musulmans.

Charlemagne , le trismégiste moderne , éleva ou fit reconnaître ce trône, fait pour ennoblir et consolider tous les autres. Comme il n'y a pas eu de plus grande institution dans l'univers, il n'y en a pas, sans le moindre doute , où la main de la Providence se soil montrée d'une manière plus sensible; mais il est beau d'avoir été choisi par elle pour être l'instrument éclairé de cette merveille unique.

Lorsque, dans le moyen -âge, nous allâmes en> Asie , l'épée à la main, pour essayer de briser sur son^ propre terrain ce redoutable croissant qui menaçait toutes les libertés de l'Europe, les Français furent encore à la tête de cette immortelle entreprise. Vn simple particulier, qui n'a légué à la postérité

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