‹ Du pape (volume 3)Chapitre 77 sur 208 · LIVRE II, CUAPITRE II. \4l · texte numérisé non relu

LIVRE II, CUAPITRE II. \4l

l'admire fort ces belles maximes; mais elles ont le défaut de ne fournir aucune lumière à l'esprit pour se décider dans les occasions difficiles, où les théories sont absolument inutiles. Lorsqu'on a décidé (je l'accorde par supposition) qu'on a droit de résister à la puissance souveraine, et de la faire rentrer dans ses limites, on n'a rien fart encore, puisqu'il reste à savoir qiuind on peut exercer ce droit, et quels hommes ont celui de l'exercer.

Les plus ardents fauteurs du droit de résistance , conviennent (et qui pourrait en douter?) qu'il ne saurait être justifié que par la tyrannie. Mais qu'est-ce que la tyrannie? Un seul acte, s'il est atroce, peut-il porter ce nom? s'il en faut plus d'un, combien en faut-il, et de quel genre? Quel pouvoir dans l'état a droit de décider que le cas de résistance est arrivé ? si le tribunal préexiste, il était donc déjà portion de la souveraineté, et en agissant sur l'autre portion , il lanéantit; s'il ne préexiste pas, par quel tribunal ce tribunal sera-t-il établi ? Peut-on d'ailleurs exercer un droit, même juste, même incontestable, sans mettre dans la balance les inconvénients qui peuvent en résulter? L'histoire n'a qu'un cri pour nous apprendre que les révolutions commencées par les hommes les plus sages, sont toujours terminées par les fous; que les auteurs en sont toujours les victimes, et que les elTorts des peuples pour créer ou accroître leur liberté , finissent presque toujours par leur donner des fers. On ne voit qu'abîmes de tous côtés.

of ralional being U lo be directed noi by Ihose inslivclive sentimenls but by the dielatet oftober and impartial reason.) Beattic , ibid. Ou voil ici bien clairement cette chaleur de sang , que l'orgueil appelle instinct moral, etc.

Mais, dira-t-on , voulez-vous donc démuseler le ligre, et vous réduire à Tobéissance passive? Eh bien . voici ce que fera le roi : a II prendra vos en- <t fants pour conduire ses chariots , et s*en fera des « gens de cheval . et les fera conduire devant son « char; il en fera des officiers et des soldats; il pren- « dra les uns pour labourer ses champs et recueillir u ses blés, et les autres pour lui fabriquer des ar- « mes. Il fera de vos filles des parfumeuses, des cui* a sinières et des boulangères à son usage; il prendra « pour lui et les siens ce qu'il y a de meilleur dans H vos champs, dans vos vignes et dans vos vergers; « et se fera payer la dînie de vos blés et de vos raisins « pour avoir de quoi récompenser ses eunuques et « ses domestiques. Il prendra vos serviteurs, vos sera vantes, vos jeunes gens les plus robustes et vos <c bétes de somme pour les faire travailler ensemble u à son profit ; il prendra aussi la dtme de vos trou- « peaux , et vous serez ses esclaves (t) »

Je n'ai jamais dit que le pouvoir absolu n'entratne de grands inconvénients sous quelque forme qu'il existe dans le monde. Je le reconnais au contraire expressément , et ne pense nullement à les atténuer; je dis seulement qu'on se trouve placé entre deux abtmes.

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