‹ Du pape (volume 4)Chapitre 3 sur 52 · DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

DISCOURS PRÉLIMINAIRE

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Il pourra parottre surprenant qu'un homme du monde s attribue le droit de traiter des questions qui , jusqu'à . nos jours , ont semblé exclusivement dévolues au zèle et à la science de Tordre sacerdotal. J'espère néanmoins qu'après avoir pesé les raisons qui m'ont déterminé à me jeter dans cette lice honorable , tout lecteur de bonne volonté les approuvera dans sa conscience , et m'absoudra de toute tache d'usurpation.

En prfemier lieu, puisque notre ordre s'est rendu , pendant le dernier siècle , éminemment coupable envers la reli-gion , je ne vois pas pourquoi le même ordre ne foumîroit pas aux écrivains ecclésiastiques quelques alliés fidèles

qui se rangeroîent autour de Fautel pour écarter au moins . les téméraires , sans gêner les lévites.

Je ne sais même si dans ce moment cette espèce d'alliance n'est pas devenue nécessaire. Mille causes ont affoibli l'ordre sacerdotal. La révolution l'a dépouillé , exilé 5 massacré; elle a sévi de toutes les manières contre les défenseurs* nés des maximes qu'elle abborroit. Les anciens athlètes de la milice sainte sont descendus dans la tombe ; de jeunes recrues s'avancent pour occuper leurs places ; mais ces recrues sont nécessairement en petit nombre , l'ennemi leur ayant d'avance coupé les vivres avec la plus funeste habileté. Qui sait d'ailleurs si , avant de s'envoler vers sa patrie , Elisée a jeté son manteau , et si le vêtement sacré a pu être relevé sur-le-champ ? Il est sans doute probable qu'aucun motif humain n'ayant pu influer sur la détermination des jeunes héros qui ont donné leur!» noms dans la nouvelle

armée, on doit tout attendre de leur noble résolution. Néanmoins ^ de combien de temps auront-ils besoin pour se procurer l'instruction nécessaire au combat qui les attend ? Et quand ils l'auront acquise, leur restera-t-il assez de loisir pour l'employer ? La plus indispensable polémique n'appartient guère qu'à ces temps de calme où les travaux peuvent être distribués librement , suivant les forces et les talens. Huet n'auroît pas écrit sa Démonstration évangéUque , dans Fexercice de ses fonctions épiscopales; et si Bergier avoit été condamné par les circonstances à porter pendant toute sa vie , dans une paroisse de campagne , le poids du jour et de la chaleur^ il n'auroit pu faire présent à la religion de cette foule d'ouvrages qui l'ont placé au rang des plus excellens apologistes.

C'est à cet état pénible d'occupations saintes, mais accablantes, que se trouve aujourd'hui plus ou moins réduit le clergé de toute l'Europe, et bien plus

particulièrement celui de France , aur qui la tempête révolutionnaire a frappe • plus directement et plus fortement.

Toutes les fleurs du ministère sont fanées pour lui ; les épines seules lui sont restées. Pour lui , l'Eglise recommence ; et par la nature même des choses , les confesseurs et les martyrs doivent précéder les docteurs. Il n'est pas même aisé de prévoir le moment où, rendu à son ancienne tranquillité et ^ssez nombreux pour faire marcher de front toutes les parties de son immense ministère, il pourra nous étonner en*core par sa science autant que par la sainteté de ses mœurs , l'activité de son zèle et les prodiges de ses succès apostoliques.

Pendant cette espèce d'interstice* qui, sous d'autres rap|î:^rts , ne sera point perdu pour la religion , Je ne vois pas pourquoi les gens du monde , que leur inclination a portés vers les études sérieuses, ne viendroient pas ae ranger

parmi

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