PRÉCÉDONS
TaÈs-humbles et très-respectueuses remon* trauces des états-^ënéraux du royaume de *^*, assemblés à *** , à N, 8. P. le Pape Piç YH.
« TRtS-SAINT PÈRE ,
» Au sein de la plus àmçre affliction et de 3» la plus cruelle anxiété que puissent éprou- 1» ver de fidèles sujets , et forcés de choisir n entre la perte absolue d'une nation et les 9 dernières mesures de rigueur contre une » tête auguste, les états-généraux n'imaginent y» rien de mieux que de se jeter dans les bras » paternels de V. S,, et d'invoquer sa justice » suprême pour sauver^, s'il en est temps, » un empire désolé.
>» Le souverain qui nous gouverne , T. S. ?• , » ne règne que pour nous perdre. Nous ne » contestons point sçs vertus ; mais elles y> nous sont inutiles, et ses erreurs sont
(347 ) i> teUes , que si Y. S. ne nous tend la mam , D il n'y a plus pour nous aucun espoir de 3idut« » Par une exaltation d'esprit qui n'eut ja- » mais d'égale , ce prince s'est imaginé que » nous vivions au X VI.« siècle , et qu'il étoit , » lui, Gustwe- Adolphe. V. S. peut se faire » représenter les actes de la diète germa- » nique ;* elle y verra que notre souverain ^ > en sa qualité de membre du corps gejcma* » nique , a fait remettre au directoire plu- ]i> sieurs notes qui partent évidemment des » deux suppositions que nous venons d'in- » diquer, et dont les conséquences nous s» écrasent. Transporté par un malheureux r* enthousiasme militaire absolun)ent séparé » du talent, il veut faire la guerre ; il ne veut ]» pas qu'on la fasse pour lui , et il ne sait pas » la faire. Il compromet ses troupes , les hu- » mille , et punit ensuite sur ses officiers des » revers dont il est l'auteur. Contre les règles » de la prudence la plus commune , il s'obstine 9> à soutenir la guerre , malgré sa aation , » contre deux puissances colossales, dont une » seule suffiroit pour nous anéantir dix fois. » Livré aux fantômes de l'illuminisme , c'est » dans l'Apocalypse qu'il étudie la politique ; » et il en est venu à croire qu'il est désigné » dans ce livre comme le personnage extraor-
9 dinaire destiné à renverser le géant qui
» ébranle aujourd'hui tous les trônes de TEu-
» rope. Le nom qui le distingue parmi les
» rois , est moins flatteur • pour sou oreUle ,
» que celui qu'il accepta en s'afiiliant aux
» sociétés secrètes ; c'est ce dernier nom qui
» paroit au bas de ses actes , et les armes de
» son auguste famille ont fbit place au bur-
3» lesque éciisson des frères. Aussi peu raison-
» nabie dans l'intérieur de sa maison que
» dans ses conseils, il rejette aujourd'hui une
» compagne irréprochable par des raisons
» que nos députés ont ordre d'expliquer de
» vive voix à V. S. Et si elle n'arrête
» point ce projet par un décret salutaire,
» nous ne'doutons point que bientôt quelque
>• choix inégal et bizarre ne vienne encore
p justifier notre recours. Enfin , T. S. P. , il
j» ne tient qu^à V. S. de se convaincre , par
p les preuves les plus incontestables , que la
» nation étant irrévocablement aliénée de la
» dynastie qui nous gouverne , cette famille ,
» proscrite par l'opinion universelle , doit
>• 4isparoître pour le salut public qui marché
» avant tout.
» Cependant , T. S. P. , à Dieu ne plaise
p que nous voulions en appeler à notre propre
» jugement , et nous déterminer par nous-
(349) p mêmes dans cette grande occasion ! Nous » savons que les rois n^ont point de juges » temporels , surtout parmi leurs sujets , et » que la majesté royale ne relève que de Dieu» p Cest donc à vous , T. S. P. , c'est à vous ^ » conune représentant de son fils sur la terre , ii que nous adressons nos supplications , pour » que vous daigniez nous délier du serment r» de fidélité qui nous attachoit à cette famille i> royale qui nous gouverne , et transférer à n une autre famille , des jdroits dont le posi> sesseur actuel ne sauroit plus jouir que i> pour son mallieur et pour le nôtre. >»
Quelles seroient les suites de ce grand recours? Le Pape promettroit avant tout 5 de prendre la chose en profonde considération ^ et de peser tes griefs de la nation dans la balance de la plus scrupuleuse justice, ce qui eût suffi d'abord pour calmer les esprits ; car rhomme est fait ainsi : c'est le déni de justice qui l'irrite; c'est l'impossibilité de l'obtenir qui le désespère. Du moment où il est sûr d'être entendu par un tribunal légiti^ie , il est tranquille.
Le Pape enverroit ensuite sur les lieux un homme de sa confiance la plus intime , et fait pour traiter d'aussi grands intérêts. Cet envoyé s'interposeroit entre la nation et son
souveraine II montreroit à l'une la fausseté ou l'exagération visible de ses plaintes » le mérite incontestable du souverain , et les moyens d'évRer un immense scandale politique ; à Fautre les dangers de Tinflexibilité , la nécessité de traiter certains préjugés avec respect, l'inutilité surtout des appels au droit et à la justice , lorsqu'une fois l'aveugle force est déchaînée : il n'oublieroit rien enfin pour éviter les dernières extrémités.
Mettons cepend^t la chose au pire y et supposons que le Souverain Pontife ait cru devoir délier les sujets du serment de fidélité; il empêchera du moins toutes les mesures violentes. En sacrifiant le roi , il sauvera la majesté ; il ne négligera aucun des adoucissemens personnels que les circonstances peiv ' mettent , mais surtout , et ceci mérite peutêtre quelque légère attention , il tonneroit contre le projet de déposer une dynastie entière , même pour les crimes , et à plus forte liaison pour les fautes d'une seule tête. U en- «eigneroit aux peuples « que c'est la Jàmille j» qui règne ; que le cas qui trient de se pré- ¥ ^nler est tout semblable à celui dune p succession ordinaire^ oui>erte par la mort T» OU la maladie; et UJiniroit par lancer Tanor » thème sur tout homme assez hardi pour
( 35i ) p mettre en question les droits de la maison » régnaiite. r>
Voilà ce que k Pape auroit fait en supposait ks lumières de notre siècle réunies au droit public du XII.^
Croît-on quil ne ((A pas possible de faire jJes mal?
Que nous sommes aveugles en général ! Et, s'il est permis de le dire, que les princes en particulier sont trompés par les apparences ! On leur parle vaguement des excès de Grégoire YII et de la supériorité de nos temps modernes ; mais comment le siècle des révoltes a-t-il le droit de se moquer de ceux des dispenses ? Le Pape ne délie plus du serment de fidélité , niais les peuples se délient euxmêmes ; ils se révoltent j ils déplacent les princes ; ils les poignardent ; ils les font monter sur réchafaud. Es font pire encore. — Oui !
ils font pire ; je ne me rétracte point, ils leur disent : . Fous ne nous com^enez plus , allez" çous-en ! Us proclament hautement la souveraineté originelle des peuples et le droit qu'ils ont de se faire justice. Une fièvre constitutionnelle, on peut je crois s'exprimer ainsi, s'est emparée de toutes les têtes , et l'on ne sait encore ce qu'elle produira. Les esprits privés de tout centre commun et divergeant de la
manière la plus alarmante ne s'accordent que dans un point , celui de limiter les souverainetés. Qu'est-ce donc que les souverains ont gagné à ces lumières tant vantées et toutes dirigées contre eux ? J'aime mieux le Pape.
Il nous reste à voir s'il est vrai que la prétention à la puissance que nous examinons ait mondé FEurope de sang et dejimatîsme.
, CHAPITRE XIL
SUR hES PRÉTENDUES GUERRES PROJETES PAR LE CHOC DES DEUX PUISSANCES.
C'EST à Tannëe 1076 qu*il faut en fixer le commencement. Alors Tempereur Henri IV , cité à Rome pour cause de simonie, envoya de$ ambassadeurs que le Pape ne voulut point recevoir. L'empereur irrité assemble un concile à Worms où il fait déposer le Pape ; celui-ci , à son tour (c'étoit le fameux Grégoire VII), dépose Tempereùr et déclare ses sujets déliés du serment de fidélité (i). Et malgré la soumission de Henri , Grégoire , qui s'étoit borné à l'absolution pure et simple , mande aux princes d'Allemagne d'élire un autre empereur s'ib
(1) Risoluzione che quantunque non praticata da alcuno de^ moi predecessori pure fu credàtu giusta e necessaria in questa oongiuntura ( Muratori , Ann. d'Ita* lia, tom. VI, in-4*^f P* ^^^* ) Ajoutez ce qui est dit à la page prëcëdente : Fin qui aveà il pontijice Gregorie lisaté tutte le manière pià efficaci^ ma insieme dolci per impedir la rottura. ( Ibid. p* a45* )
TOM. I. a3
ne sont pas contens de Henri. Ceux-ci appellent à l'empire Rodolphe de Souabe, et il en naît une guerre entre les deux concurrens.
Bientôt Grégoire ordonne aux électeurs de tenir un^nouvelle assemblée pour terminer leurs difiérends , et il excommunie tou4 ceux qui mettroient obstacle à cette assemblée.
Les partisans de Henri déposèrent de nouveau le Pape au concile de Bresse » en 1080 (i). Mais Rodolphe ayant été défait et tué dans la même année , les hostilités furent terminées.
Si Ton demande par qui avoient été étabhs les électeurs , Voltaire est là pour répondre gue les électeurs s'étoient institués par eux-mêmes , et que c*est (linsi que tous les ordres ^'établissent , les lois et le temps faisant le reste (2) ; et il ajoutera avec la même raison , que les princes qui avoient Je droit d'ëlire rempereur, paroissent avoir eu aussi celui de k déposer (3).
(1) On entend souvent demander si les Papes avoient droit de déposer les en^erenrs ; mais dc^voir si Us empereurs avoient droit de déposer les Papes ^ c'est une petite question dont on ue s'inqniète guère.
(a) Voltaire ^ Essai sur les mœurs ^ etc. , tom* IV 1 chap. CXCV.
Q) Ibid. tom. m 9 cbap. XLVL
Nul doute sur la vérité de cette proposition. H ne faut point confondre les électeurs mo-* demes, purs titulaires sans autorité, nommant pour la forme un prince , héréditaire dans le fait; il ne faut point, dis-je , les confondre avec les électeurs primitifs , véritables électeurs , dans toute la force du terme , qui avoient incontestablement le droit de demander à leur créature compte de sa conduite politique ?
Gonunent peut - on imaginer d^ailleurs im prince allemand électif , commandant à rita-< lie, sans être élu par l'Italie? Pour moi, je ne me figure rien d'aussi monstrueux. Que si la force des circbnstances avoit naturellement concentré tout ce droit ^fj^ la tête du Fape , en sa double qualité de premier prince italien et de chef de lli)glise catholique , qu'y avoit-il encore de plus convenable que cet état de choses? Le Pape, au reste, dans tout ce qu'oa vient de voir , ne troubloit point le droit pu-^ blic de l'empire : il ordonnoit aux électeurs de délibérer et d'élire ; il leur ordonnoit de prendre les mesures convenables pour étouffer tous les différends. Cest tout ce qu'il devoit faire. On a bientôt prononcé les mots^o/re et défaire les empereurs ; mais rien n'est moins exact , car le prince excommunié étoit bien le maître de se récoQcilier. (^ue sï s'obstinoit^
c'étoit lui qui se défaisoit ; et si par hasard le Pape avoit agi injustement , il en résuitoit seulement que , dans ce cas , il s'étoit servi injustement d'une autorité juste, mallieur auquel toute autorité humaine est nécessairement exposée. Dans le cas où les électeurs ne savoient pas s'accorder et conunettoient l'insigne folie de se donner deux empereurs , c'étoit se donner la guerre dans l'instant même; et la guerre étant déclarée , que pouvoient encore faire les Papes ? La neutralité étoit impossible , puisque le sacre étoit réputé indispensable, et qu'il étoit demandé ou par les deux ccmcurrens ou par le nouvel élu. Les Papes dévoient donc se ^H^rer pour le parti où ils croyoîent voir la justice. A l'époque dont il s'agit ici , une foule de princes et d'évéques (qui étoient aussi des princes) tant d'Aile^ magne que d'Italie, se déclarèrent contre Henri pour se délii^rer enfin dun roi ni seule-ment pour le malheur de ses sujets (i).
(i) FassaronQ à liberar se sUssi da un principe naio solamente per rendere infelici i suêi suddili. (Manion, ibid, p. 248.) Toute rbistoire nous dit ce qu'étoit Henri comme prince; son fils et sa femme nous ont appris ce quUl étoit daq^on intérieur. Qu'on se représente la nudheureuae PraiLède arrachée de sa prison par les
En Tannée 1078, le Pape envoya des lé^ts en Allemagne pour examiner sur les lieux de quel côté se trouvoit le bon droit, et deux ans après il en envoya d'autres encore. pour mettre fin à la guerre, s'il étoit possible ; mais il n'y eut pas moyen de calmer la tempête , et trois batailles sanglantes marquèrent cette année si malheureuse pour l'Allemagne.
C'est abuser étrangement des termes que d'appeler cela une guerre entre le sacerdoce et t empire. C'étoit un schisme dans l'empire, une guerre entre deux princes rivaux , dont l'un étoit favorisé par l'approbation et queLr quefois par la concurrence forcée du Souve^ rain Pontife. Une guerre est toujours censée se faire entre deux parties principales, qui poursuivent exclusivement le même objet.
soins de la sage Mathilde , et conduite par le désespoir à confesser au milieu d*un concile d^abominables horreurs. Jamais la Providence ne permet au génie du mal de déchaîner un de ces animaux féroces sans leur opposer rinvincibie génie de quelque grand homme ; et ce grand homme fut Grégoire VII. Les écrivains de notre siècle sont d'un autre avis : ils ne cessent de nous parler du fougueux , de Vimpitoyable Grégoire* Henri, au contraire, jouit de toute leur faveur : c'est toujours le malheureux^ ïinfortuni Henri! — Us n'ont d'entrailles que pour le crime.
Tout ce qui se trouve emporté par le tourbillon ne répond de rien. Qui jamais s'est avisé de reprocher la guerre de la succession à la Hollande ou au Portugal ?
On connoît les querelles de Frédéric avec le Pape Adrien IV, Après la mort de cet excellent Pontife (i), arrivée en 1 1 Sg, Tempereur fit nommer un Antipape et le soutint de toutes ses forces avec une obstination qui déchira misérablement l'Eglise. Il s'étoît permis de tenir un concile et de mander le Pape à Pavie , sans compliment , pour en faire ce qu'il auroit jugé à propos ; et dans sa lettre il Tappeloit simplement RoUandy nom de maison du Pontife. Celui-ci se garda bien de se rendre à une invitation également dange)*euse et indécente* Sur ce refus , quelques é véques séduits , payés ou eflfrayés par Tempereur, osèrent recon— noître Octavien (ou Yictor) comme Pape légitime et déposer Alexandre m après l'avoir excommunié. Ce fut alors que le Pape poussé aux dernières extrémités excommunia luimême l'empereur et déclara ses sujets déliés
(i) Lascih dopo ai se gran Iode di pietà^ di prudenza e dizelo\ màlte opère délia sua pia e principessa libéra" lità. ( Murât. Ann. dltal. tom. IV, p. 538 , A. 1 169. )
du serment de fidélité (i). Ce schisme dura dix-sept ans, jusqu'à l'absolution de Frédéric, qui lui fut accordée dans l'entrevue si fameuse de Venise, en 1 177.
On sait ce que le Pape eut à soufirir durant ce long intervalle et de la violence de Frédéric et des manœuvres de l'Antipape. L'empereur poussa l'emportement au point de vouloir faire pendre les ambassadeurs du Pape, à Crème , où ils se présentèrent à lui. On ne sait même ce qu'il en seroit arrivé sans l'intervention des deux princes , Guelfe et Henri de Léon. Pendant ce temps , l'Italie étoit en feu ; les factions la dévoroient. Chaque ville étoit devenue un foyer d'opposition contre l'ambition insatiable des empereurs. Sans doute que
(1) Telle est la vëritë. Voulez-vous savoir ensuite ce qu^on a osé écrire en France? ouvrez les Tablettes chronologiques de Tabbé Lenglet-Dufresnoy , vous y lirez, sur Tannée 1 1S9 : Le Fape ( Adrien IV ) n*ayani pu poi^er les Milanais à se révolter contre l'empereur , excommunia ce prince.
Et l'emperear fut excommunié Tannée suivante 1 1 60, i la messe du jeudi-saint, par le successeur d*Adrien IV, ce dernier étant mort le 1/' septembre iiSg; et Ton a vu pourquoi Frédéric fut excommunié: mab voilà ce qu*on raconte, et malheureusement voilà ce qu'on croit
ces grands efforts ne furent pas assez purs pour mériter le succès ; mais qui ne s'indignerdit contre l'insupportable ignorance qui ose les nonuner réiH)ltes? Qui ne déploreroit le sort de Milan ? Ce qu'il importe seulement d'observer ici, c'est que les Papes ne furent point la cause de ces gueires désastreuses; qu'ils en furent au contraire presque toujours les victimes, nommément dans cette occasion»
Us n'avoient pas même la puissance de faire la guerre, quand ils en auroient eu la volonté , puisque , indépendamment de l'immense infé^ riorité de forces, leurs terres étoient presque toujours envies, et que jamais ils n'étoient tranquillement maîtres cbez eux, pas même à Rome où l'esprit républicain étoit aussi fort qu'ailleurs sans avoir les mêmes excuses. Alexandre III dont il s'agit ici , ne trouvant nulle part un Ueu de sûreté en Italie , fut obligé eufin de se retirer en Frwce, asile ordinaire ck$ Papes persécutés (i). U avoit
(i) Prtse la risohâzione di passare nel regno ai Fronda, usato rifugio de Pupi perseguitaH ( Murat ibid* tom. VI, pag. 549 , A. 1661O I' ^^ remarquable que dans rëclipae que la gloire française vient de subir, les oppresseurs de la nation lui avoieat précisément fait changer de rôle ; ils allèrent chercher le Poptife pour
résiste à ^empereur et fait justice suivant sa conscience. Il n'avoit point allumé la guerre ; il ne Tavoit point faite ; il ne pouvoit la faire ; il en étoit la victime. Voilà donc encore une époque qui se soustrait toute entière à cette lutte sanglante du sacerdoce et de t empire (i). En Tannée 1 1 98 , nouveau schisme dans Fempire. Les électeurs s'étant divisés , les uns élurent Philippe de Souabe y et les autres , Othon de Saxe , ce qui amena une guerre de dix ans. Pendant ce temps , Innocent III qui s'étoit déclaré pour CNJion , profita des circonstances pour se faire restituer la Romagne^
rexterminer. Il est pennis de oroire que le supplice auquel la France est condamnée en ce moment ^ est la peine du crime qui fut commis en son nom. Jamais elle ne reprendra sa place sans reprendre ses fonctions. ( J'ëcrivois cette note au mois d'août 181 7. )
(i> Dans r Abrégé chronologique que je citois tout- &-rheure, on lit, sur Tannée 1 167 : Uempereur Friperie défait plus de 10,000 Romains , et s'empare de Rome : le Pape Alexandre est obligé de prendre la fuite. Qui ne croiroit que le Pape faisoit la guerre à rempereur, tandis que les Romains la faisoient malgré le Pape , qui ne pouvoit Tempécher. Ancorche si opponesse à tal risoluzione il prudentissimo Papa Alessandro III. ( Murât, ad Ann. tom. IV, p. 675.) Depuis trois siècles, l'histoire entière semble n*étre qu*une grande conjuration contre la vérité*
le duché de Spolette et le patrimoine de la comtesse Mathilde , que les empereurs avoient injustement inféoda à quelques petits princes* En tout cela y pas Tombre de spiritualité m de puissance ecclésiastique. Le Pape agissoit en bon prince^ suivant les règles de la politique commune. Absolument forcé de se décider, devoit-il donc protéger la postérité de Barberousse contre les prétentions non moins légitimes d'un prince appartenant à une mai^ son qui airoit bien mérité du Saint Si^e , et beaucoup souffert pour lui? Devoit-il se laisser dépouiller tranquillement, de pewr défaire du bruit ? Eln vérité , on condanme ces malheureux Pontifes à une singulière apathie !
En 1 2 1 o , Othon IV , au mépris de toutes les lois de la prudence et contre la foi de ses propres sermens, usurpe les terres du Pape et celles du roi de Sicile , alUé et vassal du Saint Siège. Le pape Innocent III Texcommunie et le prive de l'empire. On élit Frédéric. Il arrive ce qui arrivoit toujours; les princes et les peuples se divisent. Othon continue contre Frédéric, empereur, la guerre commencée contre ce même Frédéric , roi de Sicile. Rien ne change , on se battoit , on se battit ;^mais tous les torts étoient du côté d'Othon, dont l'injustice et l'ingratitude ne sauroient être
excusées. U le reconnut lui-même lorsque, sur le point de mourir, en 1218 , il demanda et obtint l'absolution avec de grands sentimens de piétë et de repentance.
Frédéric II, son successeur, s'étoit engagé, par serment et sous peine (f excommunication , à i^orter ses armes dans la Palestine (i ) ; mais , au lieu de remplir ses engagemens, il ne pensoit qu'à grossir son trésor , aux dépens même de l'Eglise , pour opprimer la Lombardie. Enfin, il fut excommunié en 1227 et 1228. Frédéric s'étoit enfin rendu en Terre-Sainte , et pendant ce temps , le Pape s'étoit emparé d'une partie de la Pouille (2) ; mais bientôt l'empereur reparut et reprit tout ce qui lui avoit été enlevé. Grégoire IX qui mettoit avec grande raison les croisades au premier rang des afiaîres politiques et religieuses, et qui étoit excessivement mécontent de l'empereur, à cause de la trêve qu'il avoit faite avec le
(^i) Al chi egli si ohligh con solenne giuramento sotto pena délia scomunica* ( Murât ibid» tom* VU, p. 178, A. laaSO
"(2) Mais pour en investir Jean de Brienne , beaupère de ce n^éme Frédéric : ce qui mérite d'être remarqué. En général, Fesprit d'usurpation fut toujours étranger aux Papes : on ne fa pas assez observé.
Soudan , excommunia de nouveau ce prince.
Réconcilié en 1280, il n'en continua pas moins la guerre , et la fit avec une cruauté inouie (i )• Il sévit surtout contre les prêtres et contre les églises d'une manière si horrible , que le Pape l'excommunia de nouveau. Il seroit inutile de rappeler l'accusation d'impiété et le fameux livre des trois Imposteurs : ce sont des choses connues universellement. On a accusé, je le sais, Grégoire IX de s'être laissé emporter par la colère , et d'avoir mis trop de précipitation dans sa conduite envers Frédéric. Muratori a dit d'une manière , à Rome on a dit d'une autre ; cette discussion qui exigeroit beaucoup de temps et de peine , est étrangère à un ouvrage où il ne s'agit pas du tout de savoir si les Papes n'ont jamais ea de torts. Supposons, si Von veut, que Grégoire IX se soit montré trop inflexible , que dirons-nous d'Innocent IV qui avoit été Tanu de Frédéric avant d'occuper le Saint Siège, et qui n'oublia rien pour rétablir la paix ? D ne fut pas plus heureux que Grégoire ; et il
(i) On le vit, par exemple, au siëge de Rome, faire fendre la tète en quatre aux prisonniers de guerre, ou leur brûler le front avec un fer taillé en croix.
finit par déposer solennellement l'empereur, dans le concile général de Lyon, en 1245 (1).
Le nouveau schisme de l'empire , qui eut lieu en 1257 , fut étranger au Pape, et ne produisit aucun événement relatif au Saint Siège. U en faut dire autant de la déposition d'Adolphe de Nassau, en 1298, et de sa lutte avec Albert d'Autriche.
En i3i4» les électeurs commettent de nou* veau l'énorme faute de se diviser ; et tout de suite il en résulte une guerre de huit ans entre Louis de Bavière et Frédéric d'Autriche ; guerre de même entièrement étrangère au Saint Siège.
A cette époque, les Papes avoient disparu de cette msAheureuse Italie ou les empereurs ne s'étoient pas montrés depuis soixante ans , et que les deux factions ensanglantoient d'une extrémité à l'autre, sans plus guère se soucier
(1) Plusieurs écrivains ont remarqué que cette fameuse excommunication fut prononcée en présence , mais non a^ec Pùpprokation du concile. Cette différence est à peine sensible dès que le concile ne protesta pas; et s^il ne protesta pas , c*est qu'il crut qu'il s'agissoit d'un point de droit public qui n'exigeoit pas même de discussion. C'est ce qu'on n'observe pas assez.
des intérêts des Papes , ni de ceux des empereurs (i).
La guerre , entre Louis et Frédéric , produisit les deux batailles sanglantes d'Ëstingen en i3i5, et de Muldorff en i322.
Le pape Jean XXII avoit cassé les vicaires de l'empire en i3i7 , et mandé les deux concurrens pour discuter leurs droits. S'ils avoient obéi , on auroit évité au moins la bataille de Muldorff. Au reste , si les prétenrtipns du Pape étoient exagérées y celles des empereurs ne Tétoient pas moins. Nous voyons Louis de Bavière traiter le Pape, dans une ordonnance du 23 avril 1 3^8 , * absolument comme un sujet impérial. // lui ordonna la présidence , hii* défendit de s^éloigAer de Rome pour plus de trois mois ^ à plus de deux journées de chemin , sans la permission dic clergé et du peuple romain. Que si le Pape résistoit à trois sommations y il cessoit de F être ipso facto.
Louis termina par condanmer à mort Jean XXH (2).
Voilà ce ^e les empereurs vouloient faire
mmm
(1) Maimboarg » Hist. de la dëcad. etc. A. i3o8. (a) Ibid. A. i3a8.
( 367 ) des Papes ! et voUà ce que seroient aujourd'hui les Souverains Pontifes , si les premiers étoient demeures maîtres.
On connoît les tentatives de Louis de Bavière, faites à différentes reprises pour être réconcilié ; et il paroît même que le Pape y auroit donné les mains sans l'opposition for^ melle des rois de France, de Naples, de Bohème et de Pologne (i). Mais l'empereur Louis se conduisit d'une manière si insupportable, qu'il fut nouvellement excommunié en 1 346. Son extravagante tyrannie fut portée , en Italie , au point de proposer la vente des états et des villes de ce pays, k ceux qui lui en offriroient un plus haut prix (2).
(i) Il ne faut jamais perdre de vue cette grande et incontestable v^rit^ historique, ^ue tous les souverains regQràoient le Pape comme leur supérieur , mime tem^ porel , mais surtout comme le suzerain des empereurs électifs. Les Papes ëtoient censés , dans Topinion universelle, donner Tempire en couronnant lempereur. Celui-ci recevoit d'eux le droit de se nommer un suc- «esseur. Les électeurs allemands recevoient de lui celui de nommer un roi des Teutons , qui ëtoât ainsi destiné i Tempire. L'empereur élu lui prétoit serment, etc. Les prétentions des Papes ne sauroient donc paroître étranges qu'à ceux qui refusent absolument de se transporter dans ces temps reculés.
(2) Maimb. Hist de la décad. etc. AA. i3a8 et iSag.
L'époque célèbre de 1 3^9 mit fin à toutes les querelles. Charles lY plia en Allemagne et en Italie. Alors on se moqua de Im , parce que les esprits étoient accoutumés aux exagérations. Cependant , il régna fort bien en Allemagne 9 et l'Europe lui dut la bulle d'or qui fixa le droit public de l'empire. Dès-lors rien n'a changé ^ ce qui fait voir qu'il eut parfaitement raison, et que c'étoit là le point fixé par la Providence.
Le coup-d'œil rapide jeté sur cette fameuse querelle , apprend ce qu'il faut croire de ces quatre siècles de sang et dejanatisme. Mais , pour donner au tableau tout le sombre nécessaire , et surtout pour jeter tout l'odieux sur les Papes , on emploie d'innocens artifices qu'il est utile de rapprocher.
Le commencement de la grande querelle ne peut être fixé plus haut que l'sumée 1076, et la fin ne peut être portée plus bas que l'époque de la bulle d'or, en 1349. Total 273. Mais comme les nombres ronds sont plus agréables , il est bon de dire quatre siècles y ou tout au moins près de quatre siècles.
Et comme on se battit en Allemagne et en Italie pendant cette époque^ il est entendu qu'on se battit pendant TOUTE cette époque.
Et comme on se battit en Allemagne et en
Italie /et que ces deux ëtats sont une partie considérable de FEurope, il est entendu encore qu'on se battit dans toute F Europe. C'est une petite synecdoque qui ne souffre pas la moindre difficulté.
Et comme la querelle des investitures et les excommunications firent grand bruit pendant ces quatre siècles, et purent donner lieu à quelques mouvemens militaires , il est prouvé de plus que toutes les guerres d'Europe , durant cette époque , n'eurent pas d'autre cause , et toujours par la faute des Papes.
En sorte que les Papes , pendant près de quatre siècles , ont inondé V Europe de sang et de fanatisme (i).
L'habitude et le préjugé ont tant d'empire ;5ur l'homme, que des écrivains, d'ailleurs très-sages, sont assez sujets, en traitant ce point d'histoire , à dire le pour et le contre sans s'en apercevoir.
Maimbourg, par exemple, qu'on a trop
(i) «c Pendant quatre ou cinq siècles. » Lettres sur rhistoire. Paris , Nyon , i6o3 , tom. 11 , let. XXVIII , pag. 220. Note.
« Pendant près de quatre siècles. » Ibid. lettre XLI , pag. 4o6.
Je m'en tiens à la moyenne de quatre siècles. TOM. I. 04
déprécié et qui me parott , en général y assez sage et impartial dans son Histoire de la déca^ dence de F empire ^ etc. , nous dit, en parlant de Grégoire VU : <^ S'il avoit pu s'aviser de ftôre » quelque bon concordat avec l'empereur, • semblable à ceux qu'on a faits depuis fort y> utilement, il auroit épargné le sang de tard « de milHcms d'hommes qui périrent dans la » çuerelie des investitures (i). p
Rien n'égale la folie de ce passafçe. Certes, il est aisé de dire dans le XVIL« siècle corn*ment il auroit Sedlu faire un concordat dans le XI.« avec des princes saos modÀation, saips foi et sans humanité.
Et que dire de ces tant dâ millions d'honn mes sacrifiés à la querelle des investitures , qm ne dura que cinquante ans , et pour Ue quelle je ne cpoib pas qu'on ait versé une goutte de sang (2) ?
(i) Maimbourg. A. io85.
(2) La dispute commença avec Henri sur la simoDÎei Tempereur vonlaot mettre les béoëfioes ecclésiastiqaei à l'encan et faire de l'Eglise un fief relevant de sa couronne, et Grégoire Vil voulant le contraire. Quant aux investitures y on voit d'un côté la violence, et de l'autre une résistance pastorale plus ou moins malhtv* teuse. Jamais le sang n'^ coulé poi^r cet objet
Mais si le préjugé national vient à sommeiller un instant chez le même auteur , la vérité lui échappera , et il nous* dira sans détour , dans le même ouvrage :
« Il ne faut pas croire que les deux factions j> se fissent la guerre pour la religion.. ... Ce » n'étoient que la haine et Tambltion qui les I» animoient les uns contre les autres pour >• s'entre-détruire (i). »
Les lecteurs qui n'ont, lu que les livres bleus, ne sauroient s'arracher de la tête le préjugé que les guerres de cette époque eurent lieu à cause des excommunications^ et que sans les excommumcations on ne se seroit p«s battu. C'est la phis grande de toutes les erreurs. Je l'ai dît plus llaut, on se baitoù a$^anê , on se battoU après. La paix n'est pas possible partout où la souveraineté n'est pas assurée. Or , elle ne l'étoit point alors. Nulle part elle ne duroit assez pour âe faire res^ pecter. L'empire même , étant électif , n'in^piroit point cette sorte de respect qui n'appartia^t qu'à f hérédité* Les changemens , ks usurpations , les çœux outrés , les projets iHisÉes , dévoient être les idées à la mode y et
(0 Maimbourg, Hist. d^ h àéQ9A. A. i3ij.
réellement ces idées régnoîent dans tous les esprits. La vue et abominable poétique de Machiavel est infectée de cet esprit de brigandage ; c'est la politique des coupe-gorges qui, dans le XV.« siècle encore, occupoit une foule de grandes têtes. Elle n'a guère qu'un problème. Commerit un assassin pourra-t-il en prévenir un autrç? Il n'y avoit pas alors en Allemagne et en Italie un seul souverain qui se crût propriétaire sûr de ses états et qui ne convoitât ceux de son voisin. Pcmr comble de malheur, la souveraineté morcelée se livroit par lambeaux aux princes en état de l'acheter. Il n'y avoit pas de château cpiî ne recelât un brigand ou le fils A*nn brigand. La haine étoit dans tous les cpeurs , et la triste habitude des grands crimes avoit fait de l'Italie entière un théâtre d'horreurs. Deux grandes factions que les Papes n'avoient nullement créées divisoient surtout <;es belles contrées. « Les Guelfes qui ne vouloient pas » reconnoître l'empire, se tenoient toujours >> du c<ité dès Papes contre les empereurs (i). » Les Papes étoient donc nécessairement Guelfes , et les Guelfes étoient nécessairement
(i) Maimbourg. A. i3i7*
( 373 ) ennemis des antipa{>es que les empereurs ne cessoient d'opposer aux Papes. Il arrivoit donc nécessairement que ce parti étoit pris pour celui de Tôrthodoxie ou du papisme (s'il est permis d'employer dans son acception simple un mot gâté par les sectaires). Muratori même, quoique ires-impérial^ appelle souvent dans ses annales d'Italie , peut-être sans y faire attention, les Guelfes et les Gibelins^, des noms de catholiques et de schismatiçues (i) ; mais on le repète encore , que les Papes n'avoient point fait les Guelfes. Tout homme de bonne foi, versé dans l'histoire de ces temps malheureux, sait que, dans un tel état de choses, le repos étoit impossible. U n'y a rien de si injuste et rien à la fois de si déraisonnable que d'attribuer aux Papes des tempêtes politiques absolument inévitables, et dont ils atténuèrent , au contraire , assez sou-vent les effets, par l'ascendant de leur autorité. Il seroit bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'assigner dans l'histoire de ces temps malheureux , une seule guerre directement et exclusivement produite par une
(i) La Itgge cattoUca. '^^ ha parte catiolica. — La fazione de' schismatici , etc. etc. ( Murât ann. dltalia tom. VI , pag. 267 , ^69 , 317 , etc. )
(374) excommunication» Ce mal venoit le plus souvent s'ajouter à un autre, lors<[u'au milieu d'une guerre allumëe déjk par la politkpie y les Papes se croyoient par qudques raisons obligés de sévir.
L'époque de Henri IV et celle de Frédéric H, sont les deux où l'on pourroit dire avec plus de fondement, que l'excommunication enfanta la guerre ; et cependant encore que de circonstances atténuantes , tirées ou de Tinévitable force des circonstances , ou des plus insupportables provocations , ou de l'indispensable nécessRé de défendre l'Eglise , ou des précautions dont ils s'environnoient pour diminuer le mal (i) ! Qu'on retranche d'ailleurs
(0 On voit, par exemple, que Grégoire VII ne se détermina contre Henri IV que lor$que le danger et les maux de TEglise lui parurent intolérables. On voit de plus qu*au lieu de le déclarer déchu , il se contenta de le soumettre au jugement des électeurs allemands , tt de leur mander de nommer un autre empereur s^ih le jugeaient à propos. En quoi, certes, il montroitde la modération , en partant des idées de ce siècle. Que si les électeurs venoient à se diviser et à produire une guerre, ce n'étoit point du tout ce que vouloit le Pape. On dira : Qui çeut la cause ^ i^eui l'effet. Point du tout: si le premier moteur n'a pas le choix , et si Teffet dé* pend dW agent libre qui £dt mal en pouvant faire
( 375 ) de cette période que nous examinons, les temps où les Papes et les empereurs vécurent en bonne intelligence ; ceux où leurs querelles demeurèrent de simples querelles ; ceux où Tempire se trou voit dépourv^u de chefs dans ces interrègnes qui ne furent ni courts , ni rares pendant cette époque ; ceux où les excommunications n'eurent aucune suite politique ; ceux où le schisme de l'empire n'ayant pris son origine que dans la volonté des électeurs sans aucune participation de la puissance spirituelle^ les guerres lui demeuroient parfaitement étrangères; ceux enfin où n'ayant pu se dispenser de résister, les Papes ne répondoient plus de rien, nulle puissance ne devant répondre des suites coupables d'un acte légitime; et Ton verra à quoi se réduisent ces quatre siècles de sang et de fanatisme imperturbablement cités à la charge des Souverains Pontifes*
bien. Je consens au surplus que tout ceci ne soit considéré que comme moyen d atténuation. Je n'aime pas mieux les raisonnemens que les prétentions exagérées.
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