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CHAPITRE VI

SUPa£lKATIB DU SOUTERAIN FOIfTIFB, REGOI^NUE DAlfS TOUS

les tehfs. — temoignages catholiques des égusbs

d'occident et d'orient.

Rien dans toute l'histoire ecclésiastique n'est aussi invinciblement démontré , pour la conscience surtout qui ne dispute jamais , que la suprématie monarchique du Souverain Pontife. Elle n'a point été sans doute, dans son origine , ce qu'elle fut quelques siècles après ; mais c'est en cela précisément qu'elle se montre divine : car tout ce qui existe légitimement et pour des siècles, existe d'abord en germe et se développe successivement ^

Bossuet a très-heureusement exprimé ce germe d'unité, ot tous les privilèges de la chaire de saint Pierre, déjà visibles dans la personne de son premier possesseur.

« Pierre, dit-il , paraît le premier en toutes manières : « le premier à confesser la foi ; le premier dans l'obliga- « lion d'exercer l'amour ; le premier de tous les Apôtres , a qui vit le Sauveur ressuscité des morts , conome il en « avait été le premier témoin devant tout le peuple ; le « premier quand il iallut remplir le nombre des Apôtres; « le premier qui confirma la foi par un miracle ; le prête mier à convertir les Juife ; le premier à recevoir les <c Gentils; le premier partout. Mais je ne puis tout dure; a tout concourt à établir sa primauté ; oui , tout , jusqu'à

« ses fautes La puissance donnée à plusieurs porte

« sa restriction dans son partage ; au lieu que la puis- « sance donnée à un seul, et sur tous et sans exception,

[ I ) C'est ce que je crois aroir suffisamment établi dans mon Estai tur (*' principe générateur des inslilutions humaines.

« emporte la plénitude Tous reçoivent la même puis*

« sance , mais non au même degré , ni avec la même éten- « due. Jésus-Christ commence par le premier, et dans

a ce premier il* développe le tout afin que nous ap-

a prenions que Tautorité ecclésiastique , première-

« ment établie en la personne d'un seul , ne s'est répan- « due qu'à condition d'être toujours ramenée au prin- « cipe de son unité , et que tous ceux qui auront à « l'exercer, se doivent tenir inséparablement unis à la « même chaire ^ »

Puis il continue avec sa voix de tonnerre : « C'est cette chaire tant célébrée par les Pères j où ik « ont exalté conune à l'envi la principatUé de la chaire « apostolique , la principauté principale , la source de « Funitéf et dans la place de Pierre, Véminent degré de « la chaire sacerdotale; F Eglise mère, qui tient en sa « main la conduite de toutes les autres églises; le chef de « Tépiscopat, d^oû part le rayon du gouvernement, la K chaire principale ^ la chaire unique, en laquelle seule « tous gardent Tunitè. Vous entendez dans ces mots saint « Optât, saint Augustin , saint Gyprien, saint Irénée, « saint Prosper, saint Avite, saint Théodoret, le concile a de Chalcédoine et les autres; l'Afrique, les Gaules , « la Grèce , l'Asie , l'Orient et l'Occident unis ensem-

« ble Puisque c'était le conseil de Dieu de permet-

« tre qu'il s'élevât des schismes et des hérésies , il n'y « avait point de constitution , ni plus ferme pour se sou- « tenir, ni plus forte pour les abattre. Par cette consti- « tution , tout est fort dans l'Eglise , parce que tout y « est divin et que tout y est uni ; et comme chaque partie « est divine , le lien aussi est divin , et l'assemblage est

(1) Sermon sur l'unité , lr«jpartie.

t tel que chaque partie agit avec la force du tout

< C'est pourquoi nos prédécesseurs ont dit gtCils

« agissaient au nom de saint Pierre^ par V autorité donnée

« â tous les Evéquesen la personne de saint Pierre, comme

« vicaires de saint Pierre; et ils l'ont dit lors même

« qu'ils agissaient par leur autorité ordinaire et subor- i

« donnée ; parce que tout a été mis premièrement dans

« saint Pierre , et que la correspondance est telle dans

« tout le corps de l'Eglise , que ce que fait chaque Evêque,

« selon la règle et dans l'esprit de l'unité catholique,

« toute l'Eglise, tout l'épiscopat et le chefdel'épiscopat,

« le fait avec lui. »

On ose à peine citer aujourd'hui les textes qui d'âge en

âge établissent la suprématie romaine de la manière la

pins incontestable, depuis le berceau du christianisme

jusqa'à nos jours. Ces textes sont si connus qu'ils appar- I

tiennent à tout le monde , et qu'on a l'air en les citant

de se parer d'une vaine érudition. Cependant , comment refuser, dans un ouvrage tel que celui-ci , un coup d'œil *-^

rapideà ces monuments précieux de la plus pure tradition? Bien avant la fin des persécutions , et avant que l'Eglise parfaitement libre dans ses communications , pût attester sans gêne sa croyance par un nombre suffisant d'actes extérieurs et palpables , Irénée qui avait conversé avec lés disciples des Apôtres , en appelait déjà à la chaire de saint Pierre , comme à la règle de la foi, et confessait cette prindpauté régissante (H'y«/tovta) devenue si célèbre dans l'Eglise.

Tertullien , dès la fin du IP siècle , s'écrie déjà : « Voici un édit, et même un édit péremptoire, parti du « Souverain Pontife, l'Evèque des Evêques *. »

(i) TertuI] de Pudiciîià , cap. I. x\udîo edictum et quidem peiempto*

Ce même Tertullien , si près de la irudltion apostolique , et , avant sa chute , si soigneux de la recueillir , disait : «Le Seigneur a donné les clefs à Pierre et pak lui ù l'Eglise ^ »

Optât de Milève répète : « Saint Pierre a reçu seul les « clefs du royaume *des cieux , pour les communiquer aux « autres pasteurs^. » t

Saint Cyprien , après avoir rapporté les paroles immortelles : « Fous êtes Pierre , etc. » ajoute : a C'est de là « que découlent l'ordination des Evéques et la forme de « l'Eglise ^. »

Saint Augustin , instruisant son peuple et avec lui toute l'Eglise , ne s'exprime pas moins clairement. « Le Sei^ « gneur, dit-il, nous a confié ses brebis , parce Qu'il les « a confiées à Pierre^. »

Saint Ephrem , en Syrie , dit à un simple Evêque : ypfj^ « occupez la place de Pierre *; » parce qu'il regardait jj^ Saint-Siège comme la source de l'épiscopat. ." i

rium : Pontifex scilîcet maximus , Episcopus Episcoponim dicit , etc. (T^rlull. Oper. Paris, 1608, in-fol. edit. Pamelii , p. 999. ) Le ton irrita et même un peu sarcastique ^goute sans doute an poids du témoignage.

(1) Mémento clayes Dominum Petro , et pbb bum Ecdesi» refiquisse. Idem , Scorplac, cap. X , Oper. ejusd. ibid*

(â) Bono nnîtatis B. Petrns etprœferri Apostolis omnibus meroil,

et clayes regni cœlorum communicandas cœteris solus accepit. Lib. YII. contra Parmenianum , n. 3 , Oper. S. Opt. p. 104.

(3} Inde.... Episcoporum ordînatio et Ecclesiamm ratio deeurrit. Gyp. epist. XXXIU , éd. Paris. XXYU. Pamel. Oper. S. Gyp. p. 216.

(4) CommendaTÎt nobis Dominus OTOS suas , quia Petro commeudATÎi* Serm. CCXCVf , n. 11 , Oper. lom. V, col. 1202.

(3j Basilius locum Pétri obtinens , etc. S. Ephrem. Oper. p. 725^

Saint Gaudence de Bresse^ , partant de la ménie idée^ ippelle saint Âmbroise le successeur de Pierre^*

Pierre de Blois écrit à un Evéque : « Père, rappelés* vous que vous êtes h vicaire du bienheureux Pierre '•

Et tous les Evéques d'un concile de Paris déclarent n'être que les vicaires du prince des Jpôtres^.

Saint Grégoire de Nysse confesse la même doctrine à la face de FOrient. « Jésus-Christ , dit-il , a donné par « PiEuus, aux Evéques, les cle& du royaume céleste'.»

Et quand on a entendu sur ce point FÂfrique, la Syrie, l'Asie Mineure et la France , on entend avec plus déplaisir un saint Ecossais déclarer , dans le VI^ siècle , que les mauvais Evoques usurpent le siège de saint Pierre^,

Tant on était persuadé de toutes parts que Tépiscopat entier était , pour ainsi dire , concentré dans le siège do saint Pierre dont il énumait!

Cette foi était ceUe du Saint-Siège même. Innocent P' écrivait aux Evéques d'Afrique : « Vous n'ignorez pas ce « qui est dû au siège apostolique , (fou découle Vépisco- « pat et toute son autorité,... Quand on agite des ques- « tions sur la foi , je pense que nos frères et co-Evéques

(1) [On mieaz de Brucia , TÎUe dîtalie. ]

(2) ^taiiqnam Pétri successor , etc. Gand. Bris. Tract, hab. in die sua orâbu Magna biblioth. PP. tom. II , col. 59 » în-fol. edit. Paris.

f3) Eecolite, Pater, ipiia beaU Pétri Ticarius esUi. Epist. GXLYIII, Op. PetriBlesensis, p. 233.

(^ Bominus B. Petro cujus TÎces indigni gerimus ait : Quodcoinine HgaTeris, etc. Concil. Paris. YI, tom. YII, GoncU. col. 1661.

(5} Per Petmm Episcopîs dédit Chriitus clayes cœlestiam hononm. Op. & Greg. Nyss. Edit. Paris, in-fol. tom. III, p. 314.

(6)Sedem Pelri Apostoli immundis pedibns... usurpantes Jadam

qoodammodo in f^TU cathedra.... statimnt. Gildœ tapientii pretb, im ^cehs» ordinem aeris correptio, Bibliolh. PP. Lugd. in-fol. tom. YllI^ p. 715,

« ne doivent en référer qu'à Pierre , dest-à^dire à Fauteur « de leur nom et de leur dignité^. »

Et dans sa lettre à Victor de Rouen , il dit : « Je oom- « mencerai avec le secours de Tapôtre saint Pienre, far « qui VapœtoUU et répiseopat ont commencé en Jésus^ « dhristK »

Saint Léon , fidèle dépositaire des mènes maximes , déclare que tous les dons de Jésus-Qu*ist ne sont parvenus

aux Ef^équee que par Kerre^ afn que de lui^ comme

du eheff les dons divins se répandissent dans tout le corps ^.

Je me plais à réunir d'abord les textes qui établissent la foi antique sur le grand axiome si pénible pour les novateurs.

Reprenant ensuite l'ordre des témoignages les plus mar^ quants qui se présentent à moi sur la question gâEiérale , j'entends d'abord saint Cyprien déclarer, au milieu du m^ siècle , qu^il n'y avait des hérésies et des si^ismes dans l'Eglise, que parce que tous les yeux n'étaient pas tour-

Cl] Scientes qaid apostolic» fedî , qabm ornnes hoc loco foAÛ vpsam seqai desideremni Apostolom , debeatur à quo îpse episcopatas et toU anetoritas bajns nominis emernt. Epist. XXIX.

Idb. I, ad conc. Garth. b. 1, inter Epiât, rom. Pont. edit. B. Constant, col. 888.

(2) Per qnem (Petmm) et apostolatus et opiscopaiiu in CHristo cepit exordinm. Ibid. eoL 747.

(3) Nunipiam niai per ipsum(Petrnm) dédît qnidqnid aliis nonne* gayit. S. Léo. Senn. IT , in aàn. aasnmpt. Opér. edit. Ballerini, tom. II, col. 16.

(4) Vi ab ipso (Petro)qnasi qnodam capite dona sna relit in corpus omne manare. S. Léo. Epist. X ad Episc. proT. Tienn. cap. i, ibid. col. 633.

Je dots ces prëdenses citations au satant auteur de la Tradition di fBglitê iwr rimtitution dei Evêques , ipii les a rassembles atec beav Mup de go4t. ( Introduction , p. xxxiii.)

êts sur le préire de Dieu, sur ce Pûulife qui juge ciaulii rEgliae A LÀ PUCE DE iisw^-€m^7K

Au I¥® fiiëole, le Pape Aaastase appdte tous les peuples dffétieiis me$ peupla , et umu» les Egfises (ànéti^MKs des membres de mon propre corpsrK

Et quelques années après, le I^ape saint CélestiB appelait ceS'Siémes Eglises nos membres^.

Le jPape saint Jules écrit aux partisans dVusèbe : IffnmsHWMs qiM tubage est qu^cn nous écrive éf abord, et fé'm dédie idée qm est juste?

Et quelques Evècpies orientaux, injustement dépossédés, aj^ant recouru à ee Pape, qui tes rétablit dans leurs fiéges ainsi que saint Athanase , rbisiMf»ien qui rapporte ce Sut, observe que le soin de tomUe VE^iee appartient au Pape à cause de la dignité de son eiége K

VeiB le oaôKeu du V* ûèele, saint Léon 4it au concile deCUcédowe^ eu lui rappelam^sa Mtrei ^avien : H 9$ i.(Mgit pius de discuter audaeieusemeni, maie de eroire ; ma iMre é Maioien , éPkeureuse mémoire, ayant pleinement et trèS'Clairement décidé tout ee qui est dé foi $ur le mgtiisfede VineamationK

El INoseore , patriarche d'Alexandrie ; ayant été précé*

(i)Iieqae alionde hcreses oborta tnni, ant nata loiit schismala, qa&m dum tACBiDQrn Bbi non obtemperaior, nec nnns m,igçcl^ .9/i tompui judez TiCB GhristI cogitatur. S. Gyp. Epist. LY.

&i %Î9|. Ana^t. ad Job. Hien». apad Goost. ^î^t. dçpDtt. îprfolw p. 739. — Yoy. les Yies des SS. trad. de l'angU d'Alban 9oltor, pat H. rabb^God/çseard , in-8, tom. III, p. 61^9.

(3) Ibid.

(4) Epist. ran. Pont. tom. I. Sosomène , Ut. III, c. 8.

(5) Unde, fratres charissimi, reject&.piffitus Qodadàdbpntaiidk cantstf fidem dlTÎnitùs inspîratam , yana errantiom infiddilai coDfûeaaat , naé iJceat dfifendi (|nod non licet credi, etc.

demment condamné par le Saint-Siège , les légats ne voulant point permettre qu'il siège au rang des Evéques » en attendant le jugement du concile , déclarent aux commissaires de l'empereur , gtie si Dioscore ne sort pas de Vassemhlée , ils en sortiront eux-mêmes^.

Parmi les six cents Evéques qui entendirent la lecture de cette lettre, aucune voix ne réclama ; et c'^est de ce concile même que partent ces fameuses acclamations qui ont retenti dès lors dans toute l'Eglise : Pierre a parlé par la bouche de Léon , Pierre est toujours vivant dans son siège.

Et dans ce m^e concile, Lucentius, légat du même Pape I disait : On a osé tenir un concile sans V autorité du Saint-Siège , ce qui ne s'est jamais fait et fCest pets permise

C'est la répétition de ce que le Pape Célestin disait peu de temps auparavant à ses légats, partant pour le concile général d'Ephèse : Si les opinions sont divisées , souvenez-'Vùus que vous êtes là pour juger et non pour disputer^.

Le Pape, comme on sait, avait convoqué Iui*même le concile de Ghalcédoine , au milieu du Y® siècle; et cependant le canon XXVIII® ayant accordé la seconde place au

(1) Si ergo praecipU Testra magnificentîa , aat ille egrediatur , aut nos eximus. Sacr. Gone. tom. lY.

(2) Flenry, hist. eccU liy. XXVIH , d. U . — • Fleury , qni traTaUlait à bàloDs rompus, oublia ce teite et on autre tout semblable. (Lir. XII, n. 10. ) £t il nous dit hardiment « dans son lY e dise, sur Thist. ecclës. n. 11 : Vont qui atex lu cette hittqire , tous n'y avez rien eu d§ «emblahle. M. le docteur Marchetti prend la liberté de le citer laî-ménae à kii-méme. (Gritica, etc. tom. I, art. S I, p. 20 et 21.)

(3) Ad diapntationem si Tentum fuerit , tos de ecrom sententiis dijudf-* •car» debetii , non sobire ceriamen. ( Yoy. les actes du cône. )

siège patriarcal de Gonstantinople , saint Léon le rejeta. En vain l'empereur Màrcien, Timpératrice Pulchérie et le patriarche Ânatolius lui adressent sur ce point les plus vives instances ; le Pape demeure inflexible. Il dit que le nP canon du F' concile de G. P. , qui avait attribué précédemment cette place au patriarche de G. P« , n'avait jamais été envoyé au Saint-Si^e. Il casse et déclare nul , farVautmtê apostolique ^ le XXVIIP canon de Gbaloédoine. Le Patriarche se soumet et convient que le Pape était le maître ^

Le Pape lui-même avait convoqué précédemment le IP concile d'Epbèse ; et cependant il l'annula en lui refusant son approbation^*

Âtt commencement du VI® siècle, l'Evéque de Patare en Lyde disait à l'empereur Jusdnien : Il peut y avoir plu^ sieun souverains sur la terre; mais il n'y a qu'un Bq>e sur toutes les Eglises de Tunivers\

Dans le VU® siècle, saint Maxime écrit, dans un ouvrage contre les monothâites : « Si Pyrrhus prétend n'être pas « hérétique, qu'il ne perde point son temps à se discul* « per auprès d'une foule de gens; qu'il prouve son inno- « cence au bienheureux Pape de la très-sainte Eglise « romaine, c'est-à-dire an Siège apostolique à qui appar- « tîemient l'empire , l'autorité et la puissance de lier et

(±) De U Tient que le XXVIIIe canon de Ghalcédoine n'a jamais éié mis dans les collections, pas même par les Orientanz. Ob Leonis repro^ haiionm. (Marca de Tet. can. coll. cap. III , $ XYII.)

Yoyei encore M. le docteur Marehetti. Appendiee alla critica di Flenrj» tom. II»p. 236.

(2) Zaoearia , Ànli-Febronio , tom. U , in-8, cap. XI , n. 3.

(3) Uberat. In breTÎar. de causa Nest. et Eutych. Paris, 1675, iii-6', t. XXII , p. 775.

jf dé àdi^f sur toutes l&s églises qui sout dans le mond^ « mi TÔùffe^ tkqiik p feM "toutes ]frjLl^ïÉR£& *. *

Au ihilléii de ce HiMé M^ , lés ËVê<!iuë^ d'ÀErt(^e ^ titùâè èà éôucile, éi^eht àU Pâj^é Dréodoré, (kuâ liué idtte Àjftibdale : ivi» Zbâ cddipes tM décidé ^.detm té ^î «^ f(iÂ^ mètnê davu Uê pàsys ÎBèpluà éUngnêi , rien ne itojir ifife eùc'akitùè ni admis, ntam ^ wire 5tV^ ttr#^e )^ idt piè tonnaièstmee K

 la iSu tM tiii^e léîède , tes Pèârès dû yi^ a)nct!e rai (in^ de C. P.) reçoivent, dans la quatrième session, la Mm di Pkpé ÂgafOM»!, qtà dit au^oàcilet « Jamais « t^EHilse apcA&tiidi^ë àe b^ écartée eu vieÈ du éheinitai « de la vérité. Toute TEglise catbelil^, VbvA les cc^ici- « ks^ceÊbnléniipfiâiy ool toujoars endirassé isadoecrine « tontee celle du Prime êes Jpâéret^ »

RksPèresiCépondeHt : Ouil tdU est lansèrkoOe règle de la foi; la religion eit 4eufat^$ demeurée iftàkétcMe dam b Siège apoaklUque. ifmu prometieeu de eêpmtr d taeemr de 4a eommumvn "eaUkoligue um$ tetac • jwt œehmt

'(f)iir(iÉânÉtB t^ Vsft dttnA. -S. ^ttdiàe , -Mê ^ Chi^f^è , ÀAh né à €. P. «B i580. 1!jù8 Op. (|r«ft M latîàà. Tnk , 1575 > ft v«l. âi^ol* -i-9iUbtk FPbÉMik XI,pag. 96. -*- Flemij ^ ap^ «tmr «promis de donner «n«xtEail de xe (fa'û y a île lemaranable dans TonTcage de saini Maxime qui a fourni celte citation, passe en entier sons silence tout le passage qa'on Tient de lire* Le docteur Marchetti le lui reproche justemmt. (Gritica , etc* tom. I, cap. II, p. 107.)

(2) Antiquis regulis sancîtum est ut quidquid , quamyis in remotîs Tel m longinquis agatur proTinciis , non priùs tractandum Tel acdpiendnm

sit , nisi «d notîtlam alnus sedis Testroi hiisset deductnm. Flenrr traduit :

«Les trou Primats ëcriTÎrent en commun une lettre synodale an Pape « Théodore, an nom de tous les ETÂques de leurs proTinces , où» après « aToir Hiconnn Vâutorité du iSaidt-Siéi;e , ils se plaignent de la nouTeanlé « illii a'pMni i €. P. » (Hist. eccl* Ut. XXXYIU, n. 41.) La traduor

()on ne sera pas trouTée sernle.

n^êfre pas ff accord avec cette Eglise, — Le Patriarche da G. P. ajoute : J*Qi souscrit cette profession de foi de ma propre inotn*.

Saint Théodore Studite disait au Pape Léon ID, au commencement du IX® siècle : Ib n*ont pas craint de tenir un concile hérétique de leur autorité , sans votre permission , tandii jgi^ils ne pouvaient en tenir un , même orthodoxe , à votre insu , suiyârt l'angieniw coutume *•

Wetstein a fait, à l'égard des Eglises orientales en général , une observation que Gibbon regarde justement connue très-importante. « Si nous consultons , dit-il , « lliistoire ecclésiastique , nous verrons que dès le W « siècle ' , lorsqu'il s'élevait quelque controverse parmi a les Evêques de la Grèce , le parti qui avait envie de « vaincre, courait à Rome pour y faire sa cour à la ma- « jesté du Pontife , et mettre de son côté le Pape et Té-

« piscopat latin C'est ainsi qu'Àthanase se rendit à

« Rome bien accompagné, et y demeura plusieurs a années*. »

(1) Hoic profession! snlMcrlpsi meA manu , ete. Job. Cpisc G. P. ( Voy. le tom. Y des conc. edit. de Coletti , col. 622.) Bossoel appelle cette déclaration du Ylf concile gënëral , un formulûirû apprcutépOÊr touU tBglite eatkoliquô (Formulam totà Ecclefià compnrfiatam). U Saiiti^iége , en «erlti dei promenée de iou ditiim Fondateur , ne pouvant jamais faillir. (Defensio deri gallicanî , lib.XV , cap. VU.)

(2; Fleary , hist. eocl. tom. X, Ut. XLV , n. 47.

(3) G'ett-à-dire depuis rorigine de TEglise , car c'est depuis cette époque seulement fju'on la Toit agir extérieurement comme nue sociëtë poblîquemeot constituée » ayant «a hiérarchie, ses lois, set usages » etc. ÀTant ton émancipation , le christianisme était trop g6né pour admettre le cours ordinaire des appeb. Tout s*y trouTe cependant, mais seulement en germe.

(4) Wetstein, Proleg. innoT. lest. p. 19, «té par Gibb«o , Hist. de W décad. etc. ia-8. tom. IV , c. XXI.

Passons à une plume protestante le parti qui avait envie de vaincre : le fait de la suprématie pontificale n^en est pas moins clairement avoué. Jamais FEglise orientale n'a cessé de la reconnaître. Pourquoi ces recours continuels à Rome? Pourquoi cette importance décisive attachée à ses décisions? Pourquoi ces caresses faites à la ma^ jesté du Pontife? Pourquoi voyons-nous en particulier ce fameux Athanase venir à Rome, y passer plusieurs an* nées 9 apprendre la langue latine avec une peine extrême , pour y défendre sa cause? A-t-on jamais vu le parti qui voulait vaincre^ , faire sa cour de même à la majesté des autres Patriarches? Il n'y a rien de si évident que la suprématie romaine , et les Evêques orientaux n'ont cessé de la confesser par leurs actions autant que par leurs écrits.

n serait superflu d'accumuler les autorités tirées de l'Eglise latine. Pour nous, la primatie du Souverain Pon« tife est précisément ce que le système de Copernic est pour les astronomes. C'est un point fixe dont nous partons; qui balance sur ce point n'entend rien au christianisme.

PoinJt d^unité d^ Eglise , disait saint Thomas , sans unité de foi,.p mais point cFunité de foi sans un chef suprême^.

Le Pape et l'Eglise c'est tout un 1 Saint François de Sales l'a dit^ , et Bellarmin avait déjà dit avec une sagacité

(1) Comme si tout parti ne voulait pas tainere ! Mais ce que Wetitein ne dit pas , et ce qui est cependant trës-clair , c*est que le parti de l'orthodoxie , qui ëtait sûr de Rome , s'empressait d*y accourir , tandis que le parti de Verrew çui aurait bien voulu vaincre, mais que la conicienee éclairait suffisamment «ar ce qu'il derait attendre de Rome , n'osait pas trop s'y présenter.

(2) S. Thom. adyersiis gentes» L. lY, cap. 76.

(3) Epttres spirituelles de S. François de Sales. Lyon, 1634. lîr. Vn, ep. XLIX. — D'après S. Ambroise qui a dit : a Où est Pierre , % est l'Eglise. » Ubi Petrus , ibi Ecciesia. (Ambr. in psalm. XL. }

qui sera toujours plus admirée à mesure que les hommes deviendront plus sages : Savez-vous de quoi il s'agit , lors- ((dm parle du Souverain Pontife ? Il s'agit du christia^

nwme*.

La question des mariages clandestins ayant été décidée à une très-grande majorité de voix dans le concile de Trente , Vun des légats du Pape n'en disait pas moins aux Pères rassemblés , après même que ses collègues avaient signé : Et moi aussi , légat du Saint-Siège , je donne mon approbation au décret, s'il obtient celle de N. S. P. ^.

Saint François de Sales terminera ce chapitre. 11 eut jadis l'ingénieuse idée de réunir les différents titres que l'antiquité ecclésiastique a donnés aux Souverains Pontifes et à leur siège. Ce tableau est piquant, et ne peut manquer de faire une grande impression sur les bons esprits.

Le Pape est donc appelé ,

Le très-sainl ETèqae de l'Eglise Concile de Soistons , de 300 eatliolî<ïne. Evêques.

Le Irès-saiDt et très-henreux Patriarche, ib*^* '<>»*• ^^^' (^oneiL

Le tfès-heureux Seigneur. S. Àugust. Epist. 95,

Le Palriarche universel. S, Léon, P. Epist. 62.

Le Chef de l'Eglise du monde. Innoe. ad PP. ConciU milevit.

L'Evéqne ëlerë au falle apostolique. S. Cyprien , Epist. III , X//.

Le Père des Pères. Concile de Chaleéd, sess. III.

(1) Bellarmin , De Summo PonlîGce , in prœf.

(2) Ego pariter legatus sedi» aposlolicœ adprobo decretum, 8Î S. B. !f . adprobetar. (Pallav. hisl. concil. Trident, lib. XXXII, cap. IV et IX ; lib.XXm, cap. IX. — Zaccaria, Anli-Febronius TÎndicalus, în-8, tom. lî, disserl. IV, cap. VIU, p. 187 et 188.

Le SouTerain Pontife des Evèques. Cône, de Chale, inpmf.

Le Souverain Prêtre. Cône, de Chale, sees, XVJt.

Le Prince des Prèlrei. Etienne, Bvéque de Carthage. Le Prëfel de la Maison de Dieu , Coneile de Carthage , Bpitt, ai et le Gardien de la Yi^^e du Damasum, Seignear.

Le Vicaire de J. G. , le Confirma- S. Jérôme , in prmf» in Evang,

tenr de la Foi des Ghrëtient. ad Damatum.

Le Grand-Prôlre. Valent. , et avec lui toute l'anti^

quité.

Le Souverain Pontife. Coneile de Chaleéd. , in Bfiit. ad

Theod, imper. .

Le Prince des Evèques. Ibid,

L'Héritier des Apôtres. 5. Bernard , lih. De Consid.

Abraham par le patriarcat. & Ànibroise, in I Tim. ///.

Bf elchisédeçh par Tordre. Coneile de Chaleéd. Bpitt. ad

Leonem,

Moise par l'autoritë. S. Bernard , Bpitt. 190.

Samuel par la juridiction. Id. ibid. et in lih. De Consid.

Pierre par la puissance. Ibid,

Christ par Tonction. Ibid,

Le Pasteur de la Bergerie de J C. Id. lib, 2 De Contiez Le Porte-Clef de la Maison de

Dieu. Id. ibid. c. 8.

Le Pasteur de tous les Pasteurs. Ibid, Le Pontife appelé à la plénitude

de la Puissance. Ibid,

S. Pierre fut la Bouche de J. C. S. Chrysottôme , hom, II , t'a

divere, serm.

La Bouche et le Chef de TApo-

slolat. Orig,hom.ir, in Matth,

La Chaire et l'Eglise principale. S. Cyprien, Epitt. LY , ad

Comel,

L'Origine de Tunilé sacerdotale. Id, Epitt. III , 2.

Le Lieu de Tunité. Id. ibid. lY, 2.

L'Eglise où réside la puissance

principale {potemtior Frinei'

paiitat. ) id, md. ///, 8.

L'Eglise , Racine, Matrice de 5. Ànaclet. Pape, Epitt. ad

toutes les autres. e^Uc, et Fidelét,

U Sê6^ mît le^el le Seigneur a S. Danuue , EpUL ad imi«.

eoBfltrail l'El^fse oniTenelle. Bpite.

U Point eaidipal et le Chef de S, Mareellin , P. EpM. ad

loiOes les Eglises. Bpise. Ântioeh.

Le Hefuge des ETèqaes* Concile d'ÀUx. Epiit, ad Fe-

lie. P.

Le Si^ soprème apostolique. S. Àthanasem

L'Eglise pT&idciite. Vemper. Justin. inl,% , eod, de

summ Trinii, Le Siège siq)rême qui ne peut être

JDg^jwr aucon autre. S, Léon, in nai. SS. ÀpoeU

Lïglise préposée et prëfërëe à Metor d'Utique, in lib. De

tontes les autres. Perfeet,

l« premier de tons les Sièges. S. Prosper, in Hb. De Ingrat.

La Fontaine apostoUipie. S, Ignace, Epiet, ad Rom. in

eubeeript.

Le port très-sûr de tonte Gommu- Concile de Rome , tout S. nion catholiq[ne. Gélate.

La réunion de ces différentes expressions est tout .à fait digne de I^esprit lumineux qui distinguait le grand Evéque de Gaiève. On a vu plus haut quelle idée sublime il se formait de la suprématie romaine. Méditant sur les analogies multipliées des deux Testaments , il insistait sur l'autorité du grand prêtre des Hébreux, a Le nôtre , dit saint « François de Sales , porte aussi sur sa poitrine VUrim et « le ThumminHf c'est-à-dire la doctrine et la vérité. Cer- « tes, tout ce qui fiit accordé à la servante Jgar, a biai « dé l'être à plus forte raison à l'épouse Sara^.

(1) Controverses de saint François de Sales. Disc. XL , pag. 247. Une critique romaine m'avertit qne , dans le brillant Catalogne qu'on fient de lire , saint François de Sales a oit^ deux on trois dëerëlalet fiinsses qni , de son tempe, n'ëtaîent point encore reconnues pour telles. L'observation, qui est très-joste, laisse néanmoins subsister dans toute leur force ia grande masse des témoignages ; et quand ils seraient tons faux , il fa«> drait encore observer que le saint Evèiiae les aurait trouvés justes. Les

i'arcouraat ensuite les différentes images qui ont pu

représenter TEglise sous la plume des écrivains sacrés :

« Est-ce une maison ? dit-il. Elle est assise sur son rocher,

« et sur son fondement ministériel , qui est Pierre. Vous

« la représentez- vous comme une /aww7ZeP Voyez Notre-

« Seigneur , qui paye le tribut comme chef de la maison ,

« et d'abord après lui saint Pierre comme son représen-

« tant. L'Eglise est-elle une barque? Saint Pierre en est le

« véritable patron , et c'est le Seigneur lui-même qui me

a l'enseigne. La réunion opérée par l'Eglise est-elle re-

« présentée par une pèche? Saint Pierre s'y montre le

K premier , et les autres disciples ne pèchent qu'après lui. t Veut -on comparer la doctrine qui nous est préchée

a (pour nous tirer des grandes eaux) au filet d'un pé- « cheur? C'est saint Pierre qui le jette : c'est saint Pierre « qui le retire : les autres disciples ne sont que ses aides : K c'est saint Pierre qui présente les poissons à Notre-Sei- K gnèur. Voulez-vous que l'Eglise soit représentée par « une ambassade P Saint Pierre est à la téte> Àimez-vous « mieux que ce soit un royaume? Saint Pierre en porte « les clefs. Voulez-vous enfin vous la représenter sous <c l'image d*mi* bercail d'agneaux et de brebis? Saint «t Pierre en est le berger et le pasteur général sous Jé- « sus-Christ ^

Je n'ai pu me refuser le plaisir de faire parler un r'nstant ce grand et aimable Saint, parce qu'il me Courait une de ces observations générales, si précieuses dans les ouvrages où les détails ne sont pas permis. Examinez

ausses dëcr^lales , au reste, peuvent très-bien sertir de témoins à la foi ^onlemporaine , et il ne faut pas croire à beaucoup près tout le mal <|u*oa en a dit.

(1} GontroTenes de S. Franc, de Sales. Disc. XUI.

Pan apr^ rautre les grands docteurs de FEglise catholique ; à mesure que le principe de sainteté a dominé chez eux, vous les trouverez toujours plus fervents envers le Saint-Siège, plus pénétrés de ses droits, plus attentifs à les défendre. C'est que le Saint-Siège n'a contre lui que Forguefl qui est immolé par la sainteté.

En contemplant de sang-froid cette masse entraînante de témoignages, dont les différentes couleurs produisent dans un foyer commun le blanc de Tévidence , on ne saurait élre surpris d'entendre un théologien français des pins distingués nous confesse!* franchement quHl est accablé par k poids des témoignages que BeUarmin et d* autres ont rassemblés, pour établir Vinfaillibilité de l'Eglise romaine; mais quHl n^est pas aisé de les accorder avec la déclaration de 1682, dont il ne lui est pas permis des'*é' carter^.

C'est ce que diront tous les hommes libres de préjugés. On peut sans doute disputer sur oe point comme on dispute sur tout ; mais la conscience est entraînée par le nombre et par le poids des témoignages.

(1) Non dissimnlandiim est in tantà testiaK>nionim mole qns Bdlarminns et alii congernnt, nos reoognoscere apoitoUc» sedis seu rom. Eoel. certam et infallibilem anctoritatem ; at longé dilBcilios est ea oonciliare cum declaratîone cleri galltcani , à <{Qà recedere nobis non permîttitur. ( Tournelj , Tract, de Eccles. part. Il , qumt. Y , art. 3/)

CHANTRE Vn.

TEflOKHAGES PÂRTIGULIEIS DE h^iGUSB ^ASUChtm*

Dans son assemblée générale de 1626, le de^ 4b Franee appelait le Pape ehefmêUle de TBglUe wmer^dle, mcaire de Dieu en terres Evêqm des Evéques et des Par triarches; en un mot, successeur de saint Pierre, en gui tapostctat et Vépiscopat ofU eu eominencement, et sur lequA Jésus-Christ a fmdé son Eglise, en lui donnant les clefs du eid avec VinfaiUibUité de la fin, jfiM Fon a w durer nu* tnuahle en ses successeurs jusqu*à nos jeurs**

Vers la fin du même siècle , nous avons entendu Bossnet s'écrier , d'après les pères de Glialfiédoine : Pierre est toujours vivant dans son siège K

n syoute : « Paissez mon troupeaa, et avec mmi frou- « peau pedssez aussi les pasteurs, qoi a votbb £gabd se-

« mnfT DES BBEBIS '• »

Et dans son ÊuBeuxsermcm sur Tunité, îl{Hrononoe8aiis balancer : a L'Eglise romaine ne connaît point d'hârésie ; « l'Eglise romaine est toujours vierge*... Pierre daoïeiire « dans ses successeurs le fondement des fidèles^ »

Et son ami, le grand défenseur des maximes gallicanes, ne prononce pas moins aflBrmativoaient : L'Eglise vxmAmB n'a jamais breé... Nous espérons que Dieu ne permettra jamais à V erreur de prévaloir dans le Saint-Siège de Rome,

(i) Ce texte se tronve partout. On peot le lire, fi Ton n'a point le» Qfëmoifes du dergë sons la main , dans les Remarqwi tur le $y$timm gaif Hean , aie. in-8. Mons , 1803, p. 173 et 174.

(2) BoBsaet , Sermon sur la rësurrecl. II« partie.

(3) BossaetySerm. sarla rësnrrect. II® partit.

(4) l'e partie.

tmm H est arrivé dans les autres sièges apostoligues SA kxmdrie , éPJntioche et Xrusalem^ parce qae Dieu a dit : M prié pciur vous f etc.^.

0 ooAvieiiit aiUears que h Pape n'est pas moins notre stgfèrieur pour le spiritud que le roi pour le temporel, et les Bvéqnes mânes qui venai^t de souscrire les IV artides de 1^2 , accordaient cependant au Pape , dans une lettre circulaire adressée à tous leurs collègues^ 2a souve^' rme puissance ecclésiastique \

les temps épouvantables qui viennent de finir, ont en* core présenté en France un hommage bien remarquable aux bons principes.

On sait qu'eitl'année 1810, Buonaparte chargea un conseil ecclésiastique de répondre à certaines questions de discipline fondamentale , trè&-délicate dans les drconstances où Ton se trouvait alors. La réponse des députés sur e^'fse j'e^canûAe maintenant, fot très-remarqindïle.

Un coneikgénèral , disent les dépulés , ne peut se tenir «ans le chef de T Eglise, autremerU il ne représenterait pas ^^Bjj^tà^erseUe. Fkury le dit ^tpressêment^ ; V autorité du Pape a toujours été nécessaire pour les conciles gênératixK

(1) ^enry , dise, sur les liberté de TEglise galiîcane» WSoiiy. opuscnk de iFléury. Paris, 1807, b-12, p. 111. Correc- Uoôs et additions attx tnèmes ^ptttedles , p. 32 et 33, iii-12.

(3J IV dite, sur THiât. ecd. — 'QoMiii^orte qne Fletfry Tait dit on ne lait pas dit? Mais Flentfy est mw idole du Panth^n français. En vain mffie plumes démontreraient qu'il n'y a pas d'historien moini fait pour •errir d'autorité , bien des Français n'en re? iendront jamais. Fleuh i>*i nn.

(4) Voyez les fragments relatifs à l'Hist. ecdéi. des premières années *> XIXe aiède. Paris, 1814 , în-8, pag. 115. Je n'eumine point ici ce que Tune ou l'antre puissance peat ayoir à'

A la vérité , une certaine routine française ôonduit les députés à dire , dans le courant de la discussion , qw h concile général est la setde autorité dans V Eglise qui soit au-dessus du Pape; mais bientôt ils se mettent d'accord avec eux-mêmes^ en ajoutant tout de suite : Mais U pour^ rait arriver que le recours (au concile) devienne impossible, soit parce que le Pape refuserait de reconnaître le concile général, soit , etc.

En un mot , depuis l'aurore du christianisme jusqu'à nos jours, on ne trouvera pas que l'usage ait varié. Toujours les Papes se sont regardés comme les chefs suprêmes de TEglise, et toujours ils en ont déployé les pouvoirs.

cHAPinuB vm.

TBKOIGNAGE JANSENISTE. TEXTE DE PASCAL , ET e£fLEXIONS sua LE POIDS DE CERTAINES AUTORITÉS*

Cette suite d*autorités , dont je ne présente que la fleur, est bien propre sans doute à produire la conviction ; néanmoins il y a quelque diose peut-être de plus frappant encore, c'est le sentiment général qui résulte d'une lecture attentive de l'histoire ecclésiastique. On y sent , s'il est permis de s^exprimer ainsi , on y sent je ne sais quelle présence rédle du Souverain Pontife sur tous les points da monde chrétien. U est partout , îl se mêle de tout , il regarde tout, comme de tous côtés on le regarde. Pascal a fort bien exprhné ce sentimenu II ne faut pa$, dit-il, /ti-

démAler aTQc tel oa tel membre de cette commission. Tout homme d'honneur doit de sincères applaudissements à la noble et catholique iotrëpidili ({ai a dicté ces réponses»

1er aè eé qu^est le Pape , par quelques paroles des Pères*.i mais par les actions de V Eglise et des Pères, et par léà eanxms. Le Pape est le premier. Quel autre est connu de tous? quel autre est reconnu de tous, ayant pouvoir d*tnr fiuerpar tout le corps, parce qu'il tient la maîtresse branche qui influe partout * ?

Pascal a grandement raison d^ajouter : Règle imporiamte^! En effet , rien n'est plus important que de juger , non par tel ou tel fait isolé ou ambigu , mais par l'ensem^ hle des faits ; non par telle ou telle phrase échappée à td ou tel écrivain , mais par l'ensemble et Fesprit général de ses ouvrages.

n faut de plus rie jamais perdre de vue dette grande règle qu'on néglige trop , en traitant ce sujets quoiqu'elle soit de tous les temps et de tous les lieux , que le iémoiffruige Sun homme né saurait être reçu , quel que soit le mérite de cdui qui le rend , dès que cet homme peut être scukmmt soupçonné d^étre sous V influence de quelque passion capable de le tromper. Les lois repoussent un juge ou un témoin qui leur devient suspect , par cette raison ou même par une simple considération de parenté. Le plus grand personnage , le caractère le plus universellement vénéré , n'est point insulté par ce soupçon légal. En disant à mi homme quelconque : Fous êtes un homme, on ne lui manque point.

lorsque Pascal défend sa secte contre le Pape, c'est comme s'il ne parlait pas ; il faut l'écouter lorsqu'il rend à la suprématie du Pape le sage témoignage qu'on vient de lire*

(1) Pens^ de Pascal. Paris, Renoùard , 1803 . în-8 , (om. FI i n© partie, an. XVII, n. XCII et XCIV, pag. 228.

(2) Ibid. n. XCIII;

Qu*uii petit nombre d'Evêques choisis , auimés , effrayés par Tautorité , se permettent de prononcer sur les bornes de la souveraineté^ qui a droit de les juger eux.mâmes, c'est un malheur, et rien de plus : on ne sait pas même ce qu'ils sont.

Mais lorsque des personnages du même ordre ^ légidhmement assemblés, prononcent avec calme et liberté la décision qu'on vient de lire sur les droits et l'autorité du Saint-Siège ^ , alors on entend véritablement le corps fameux dont ils se disent les représentants; c^est lui véritablement; et lorsque quelques années après , d'autres Evéques fulminent contre ce qu'ils appellent si justement

LES SERVITUDES DB l'EgLISE GALLICANE , C^est cnCOrC îui J

c'est cet illustre corps qu'on entend et auquel on doit croire \

Lorsque saint Gyprien dit, en parlant de certains brouilr Ions de son temps : Jls osent s* adresser à la chaire de saint Pierre j â cette Eglise suprême où la dignité sacerdotale a

pris son origine; ils ignorent que les Romains sont des

hommes auprès de gui V erreur n^ a point d^accès^ , c'est véritablement saint Gyprien qu'on entend ; c'est un témoin irréprochable de la foi de son siècle.

Mais lorsque les adversaires de la monarchie pontificale • nous citent^ u^que ad nauseam , les vivacités de ce même saint Gyprien contre le Pape Etienne , ils nous peignent la pauvre humanité au lieu de nous peindre la sainte tradition. G'est précisément l'histoire de Bossuet. Qui jamais

(1) Toy. sap. p. 62 note 1, et 63 note 3.

(2) SerTÎtutes potiùs quàm liberlates. Yoy. le tom. III de la coll. d«t proeèf-Terb. du clergë, pièc. just, , n. 1,

(3) Navigare audent ad Pétri cathedram atqne ad Ecdesiam princip»- \em, undè dignitat sacerdotalis orla est... nec cogitare eos esse Romanos ad qnos perfidie habere non possit &6ce$sum. S. Cyp. £p. LY.

connut mieux que lui les droits de PEglise romaine , ei qai jamais en parla avec plus de vérité et d^éloquence P Et cependant ce même Bossuet, emporté par une passion qu'il ne voyait pas au fond de son cœur , ne tremblers> pas d'écrire au Pape avec la plume de Louis XIV , qtie si Se S^préhngeaU cette affaire pur des ménagements qu'ion ne emprenait pas^ le Roi saurait ce quHl aurait à faire, et qiiil espérait que h Pape m voudrait pas h réduire à de si fâcheuses extrémités ^ .

Saint Augustin, en convenant franchement des torts de saint Cyprien , espère que le martyre de ce saint perscfnnage les a tous expiés^ ; espérons aussi qu'une longue vie , consacrée tout entité au service défia Religion, et tant de nobles ouvrages q«i ont illustré l'Eglise Mtant que la France, auront effacé quelques fautes, ou, si l'on veut, quelques mouvements involontaires quos humana parùm cacii natura.

Mais n'oublions jamais l'avertissement de Pascal , de ne pas faire attention à quelques paroles des Pères , et à . pins forte raison, à d'autres autorités qui valent bien moins encore que les paroles fugitives des Pères , en considérant de sang-^id les actions et les canotis"^, en s^attachant toujours à la masse des autorités , en élaguant , comme il est de toute justice , celles que lés circonstanciés rendent nulles on suspectes ; toute conscience droite sentira I9 force de ma dernië^e observation.

fl) Hisl. deBotsnet, tom. ni, I. X , n. i8, p. 331*

(2) Marlyrii falbé pnrgatum. C'est enciwe un terte Tutgafte,

(3) Pasdl^sup. p.6*.

CaOAPlTRE IX.

TixOIGNAGES PROTESTANTS.

n fant que la monarchie catholique soit bien évidente ; il faut que les avantages qui en résultent ne le soient fa& moins , puisqu'il serait possible de £aâre un livre des témoignages que les protestants ont rendus à Tévidenoe comme à Texcellence de ce système ; mais sur ce point , ainsi que sur celui des autorités catholiques, je dois me restreindre infiniment.

Commençons, comme il est de toute justice, par Luther , qui a laissé tomber de sa plume ces paroles mémo^ rables :

« Je rends grâces à Jésus-Christ de ce qu'il conserve « sur la terre une Eglise unique par un grand miracle... « en sorte que jamais elle ne s'est éloignée de la vraie foi « par aucun décret ^ »

« II Tant à TEglise , dit Mélanchthon , des conducteurs , « pour maintenir Tordre, pour avoir l'œil sur ceux qui « sont appelés au ministère ecclésiastique et sur la doc- ■ trine des prêtres , et pour exercer les jugements ecclé- « siastiques ; de sorte que s'il n'y avait point de tels Evê-

« ques , IL EN FAUDRAIT FAIRE. LA MONARCHIE DU PAPE SCr--

« virait aussi beaucoup à conserver entre plusieurs naît tiens le consentement dans la doctrine K »

Calvin leur succède. « Dieu , dit-il , a placé le trAne « de sa Religion au centre du monde , et il y a placé un

(1) Luther, cité dans THist. des Tariations, lif. I, n. 21, efe.

<2) MëlanchthoD s'exprime d'une manière admirable, lorsqu'il dit : « La monarchie du Pape , ete, a (Boisuet, Hist. des variât. lÎT. Y , $ 24.)

« Pontife unique , vers lequel tous sont obligés de tour« « ner les yeux pour se maintenir plus fortement dans « runité^»

Le docte, le sage, le vertueux Grotius prononce sans détour, a que sans la primauté dii Pape, il n*y aurait « plus moyai de terminer les disputes et de fixer la «foi*.»

Casaubon n'a point &it difficulté d'avouer « qu'aux yeux « de tout homme instruit dans l'histoire ecxïlésiastique, « le Pape était l'instrument dont Dieu s'est servi pour « conserver le dépôt de la foi dans toute son intégrité, « pendant tant de siècles ^. »

Suivant la remarque de Puffendorf , « il n'est pas permis « de douter que le gouvernement de l'Eglise ne soit mo- « narcbique, et nécessairement monarchique, la démocratie

(1) Cultûs an sedem in medio terr» colloeavil, ilH mam ÀHTisTinm prdècit quem omnes respîcereal , que meliùs in unitaie continereiilar. (GalT. Inst. VI,$il.)

Je sois tout prêt à regarder , ayec Calvin, Rome comme le centre de la terre. Cette yille a bien, je crois, autant de droit que celle de Delphes de s'appeler um&tftetM terrœ»

(2) Sine tali primatu exire à conlroTersiis non poteral, sicut bodie apnd protestantes, etc. (Grot. Totnm pro pace Eccles. art« YII» Oper. tom. IV. Bâle, 1731, pag. 658. )

Une dame protestante a commente ce texte ayec beaucoup d'esprit et de /ogement : «r Le droit d'examiner ce qu'on doit croire eii le fondement du « protestantisme. Les premiers réformateurs ne l'eBlendaient pas ainsi. Ils « croyaient pouvoir placer let colonnes d'Hercule de l'esprit humain aux c termes de leurs propres lumières ; mais ils avaient tort d'espërer qu'on « se soumettrait à leurs propres décisions, comme infaillibles» eux qui « rejetaient toute autorité de ce genre dans la Religion catholique.» (De • l'Allemagne, par mad. de Staël, IVe partie, chap. II, iB-12, pag. 13.)

(3) Nemo peritus rerum Ecdesi» ignorât operà rom. Pont, per mulia içcula Deum esse usnm in conservandà. ...... fidei doctrioâ.

(Casaub. Excrc. XY , in Annal. Bar. j

m ex Tapistooratie se troHtvant exclues par la natwe même « KJtes cboiM , eomoi^ absdfafflMiit încsqpables de mainfenir a l'ordre el rirnité au milieu de ragitation des esprits et a de la fureur des psyrtU - . »

11 syottte avec une sagesse remarquable : « La supjpres- « sUm de Tautorité du Pape a jeté dans te monde des « germes infinis de discorde ; car n'y ayant plus d'auto- « rité souveraine pour terminer les disputes qui s'éle- « xmaX di9 tcmles parts^ on a vu les protestants se diviser « entre eux j e$ de leurs propres mains déchirer Içurs en- « traillesKi^

Ce qu'il dit des conciles n'est pas moins raisonnable.

« Qm le concile^ dit-il, s(nt au-desstu du Pùpe^ c'est « une proposition qui doit entraîner sans peine l'assenti- « mçnli d^ ceux qui s'en tiennent à la raison et à l'Ecri- « ture ^ : mais que ceux qui regardent le siège de R<Mne « comme le centre de toutes les églises , et le Pape comme K FEvêque œcuménique, adoptent aussi le même senti- « ment, c'esl ce gui ne doit pas sembler médiocrement « absurde; car la proposition qui met le concile au- « dessus du Pape, établit une véritable aristocratie, et « cependant V Eglise romaine est une monarchie *. »

Mosheim, examinant le sophisme des jansénistes, que h Pape est bien le supérieur de chaque église prise à part y mais non de toutes les églises réunies; Mosheim, dis-je, oublie son fanatisme anticatholique , et se livre à la droite logique , au point de répondre : « On soutiendrait avec

(l)Pttffeiidoif, de monarch. Pont. rom.

(2) Forore protestantes in sua ipsorum viscera cœpernnt. ( Ibid«)

(df) Far CCS nota , PafTendorf entend designer les protestants.

(4} • • • . . Id quîdem non parùm absnrditatis habet, qnùm staivs Eeclesîœ monarchicus sU. (PofTendorf , De habita relig. Christ, ad yilam ci^iiem , $ 38. )

« autant de bon sens que la tôte préside bien à chaque

< membre en paiticulier , mais non point du tout au

< corps qui est l'ensemble de tous ces membres ; ou qu'un « roi commande^ à la vérité, aux \illes, aux villages et « aax champs qui composent une province , mais non à « la province même^. »

Cest un docteur anglais qui a £ait à son église cet argumeot si simple et si pressant, qui est devenu célèbre : Si la suprématie d^un ardievêqtie ( celui de Cantorbéry ) est nécessaire pour maintenir Vunitè de F église anglicane , commmi la suprématie du Souverain Pontife ne le seraiteUe pas pour maintenir Vunité de V Eglise universelle ^P

Et c'est encore un aveu bien remarquable que celui du candide Seckenberg , au sujet de l'administration des Papes : « II n'y a pas, dit-il , un seul exemple dans l'his- « toire entière , qu'un Souverain Pontife ait persécuté « ceux qui , attachés à leurs droits légitimes, n'entrepre- « naient point de les outre-passer^. »

Je ne choisis que la fleur des textes : en voici mi qui n'est pas aussi connu qu'il mérite de l'être , et qui peut tenir lieu de mille autres. C'est un minisire du saint Evangile qui va parler : Je n'ai pas le droit de le nommer, {Puisqu'il a jugé à propos de garder l'anonyme ; mais je

(i) Id tam mihi scitum TÎdetur , ao si quis afBrmaret mombra qui- (lem àcapiie régi , etc. (Mosheim, tom. I , diss. ad hist. eccles. pertin. p. 512.

(2) Si necessariam est ad unitatem in Ecclesiâ (Anglis) taendam, uoam arcbiepiscopom aliis prsesse ; car non pari ratione totl Ecciesin Dci uniu praerit Archiepiscopos? ( Gartwrith, in defena. Wirgisti.)

(3) Jure affirmari poterit ne exemplnm ({nidem esse in omni rerauj memoriA ubi Pontifex proeesserit adTersùs eos qni juribus suis inlenti . nilrà liniHes yagari in animum non induxcrunl suum. ( Henr. Christ. Seckf A^g, meihod. jurispr. aJdit. IV. De libert. Ecclos. gerni. g IIl.)

7î n^éprouve point l'embarras de ne savoir à qni adresser mon

estime.

« Je ne puis m-empédier de dire que la première <x main profane portée à l'encensoir , Ta été par Luther et a par Calvin , lorsque , sous le nom de protestantisme a et de réforme 9 ils opérèrent un schisme dans FEglise; « sdiisme fatal qui n'a opéré que par une scission absolue « ces modifications qu'Erasme aurait introduites d'une tt manière plus douce par le ridicule qu'il maniait si bien.

« Oui , ce senties réformateurs qui, en sonnant le tocsin « sur le Pape et sur Rome, ont porté le premier coup ai\ « colosse antique et respectable de la hiérarchie romaine , « et qui, en tournant les esprits des hommes vers la dis- « cussion des dogmes religieux , les ont préparés à dis- « cuter les principes de la souveraineté, et ont sapé de a la même main le trône et l'autel

« Le temps est venu de reprendre sous oeuvre ce

« palais superbe détruit avec tant de fracas Et le

« moment est venu peut-être de faire rentrer dans le « sein de l'Eglise les Grecs, les luthériens, les anglicans

« et les calvinistes C'est à vous , Pontife de Rome. . . •

a à vous montrer le père des fidèles, en rendant au culte « sa pompe, à l'Eglise son unité ^ : c'est à vous, succes- « seur de saint Pierre , à rétablir dans l'Europe incré*

« dule la Religion et les mœurs Ces mêmes Anglais,

« qui les premiers se sont soustraits à votre empire , sont « aujourd'hui vos plus zélés défenseurs. Ce patriarche , « qui dans Moscou rivalisait avec vous de puissance , n'est « peut-être pas bien éloigné de vous reconnaître ^..•••.

(1) Toujours le mâme aveu : Sont lui point d'unité,

(2) L'auleur pouvait avoir des espérances lëgiiimes à IVgard des Anglais , qui doirenl, en efTet, suivant toutes !es apparences , revenir les pre-

c Profitez donc , saint Père^ profitez du moment et det « dispositions favorables. Le pouvoir temporel vous èchap^ « pe, reprenez le spirituel ; et faisant sur le dogme les sa- « crifices que les circonstances eodgent, unissez-vous aux « sages dont la plume et la voix maîtrisent les nations; « rendez à l'Europe incrédule une religion simple^ , mais « umforme, et surtout une morale épurée^ et vous serez « proclamé le digne successeur des Apôtres^. »

Passons sur ces vieux restes de préjugés , qui se laissent si difficilement arracher des têtes les plus saines où ils se sont une fois enracinés. Passons sur ce pouvoir temporel jui échappe au Souverain Pontife j conune si jamais il n'avait dû se rétablir : passons sur ce conseil de reprendre le pouvoir spirituel , comme si jamais il avait été suspendu, et sur le conseil bien plus extraordinaire de faire sur le dogme les sacrifices que les circonstances exigent; c'est-àdire en d'autres termes parfaitement synonymes , de nous faire protestants afin qu'il n*y en ait plus. Du reste, quelle sagesse ! quelle logique I quels aveux sincères et précieux 1 quel effort admirable sur les préjugés nationaux I En lisant ce morceau , on se rappelle la maxime :

miers à l'iinitë ; mais combien il se trompe an snjet des Grecs qui soni bien plas éloignes do la vërilë que les Anglais I Depuis un siècle d*aillenrs, il n'y a plus de patriarche à Moscou. Enfin , TarchevÂque on mëtropolite, qni occupait le siëge de Moscou en 1797 , était bien , sans contredit, parmi tous les ëvâqnes qui ont porte la mitre rebelle, le moins dispose à la reporter dans le cercle de Tunitë.

(1} Combien j*aurais désir<{ que l'estimable auteur nous eût dit , dang une note , ce qu'il entend par une religion simple I Si cVlaft par hasard une religion corrigée et diminuée , le Pape donnerait peu dans celle idée.

(2) De la néeessiié d'un culte public. L 1797, in-8. (Coo-

chision. )

D'uD ennemi l'on peut accepter les leçons»

si pourlant il est permis d'appeler ennemi celui qu'une conscience éclairée a si fort rapproché de nous.

Deux témoignages importants termineront ce chapitre. Je les choisis parmi tout ce que le protestantisme a produit de plus savant et de plus respectable. C'est Midier , c'est Bonnet qui vont pailler ; écoutons-les*

Le premier écrivait au second , le 3 avril 1 783 : « L'empire romain périt comme le monde antidiluvien y « lorsque cette masse impure devint indigne de la pro- « tection divine; mais le Père éternel ne voulant pas « abandonner le monde au triste sort qui semblait Fat- « tendre, avait jeté auparavant une semence fertile. Lors « de la grande catastrophe , les Barbares pouvaient Té- « craser : mille années de ténèbres pouvaient éteindre les « lumières de la vie. Ces mille ans étaient pourtant né-* « cessaîres , car rien ne se fait par saut : il fallait élever « les Barbares nos pères , les faire passer à travers mille a erreurs, avant que la vérité pût, dans sa simplicité, « paraître sans nous éblouir. Qu'arriva-t-il? Dieu lewr a donna un tuteur : ce fut le Pape dont l'empire , ne re- « posant que sur l'opinion , dut affermir et étendre au « possible les grandes vérités dont son ambition croyait « se servir , tandis que Dieu se servait de son ambition. « Que serions-nous devenus sans le Pape? Ce que sont « devenus les Tm'cs qui , n'ayant point adopté la religion « byzantine, ni soumis leur sultan au successeur de Cbrytf sostôme , sont restés dans leur barbarie. »

Et Bonnet répondait (11 octobre de la môme année) : « Je puis vous dire encore que votre manière d'envisager « l'empire papal est précisément celle que j'adoptais dans « mon plan : je le présentais comme un grand arbre à

« l'ombre duquel la vérité se conservait pour devenir un a jour un plus grand arbre encore qui ferait sécher celui « qui ne devait durer qu\n temps, un temps et la moitié « tun temps*. »

D me serait aisé de multiplier ces textes , mais il faut abréger tje cours à d'autres témoignages.

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