‹ Du pape (volume 5)Chapitre 18 sur 41 · III · texte numérisé non relu

III

Considérations politiques.

L'erreur redoublant toujours de force en raison de l'importance des vérités quelle alta-

(0 Nisi Dominus reliquisset nobis seinen.

Isaï. I. ç). )

( »79 ) que s'est épuisée contre le célibat religieux; et après l'avoir attaqué sous le rapport des mœurs , elle n'a pas manqué de le citer au tribunal de la politique , comme contraire à la population. On avoit répondu à ses sophismes d'une manière victorieuse. Déjà Bacon , malgré les préjugés de temps et de secte, nous avoit fait penser à quelques avantages signalés du célibat (•). Déjà les économistes avoient soutenu et assez bien prouvé que le législateur devoit ne jamais s'occuper directement de la population, mais seulement des subsistances. Déjà plusieurs écrivains appartenant au clergé avoient fort bien repoussé les traits lancés contre leur ordre sous le rapport de la population. Mais c'est une singularité piquante , que cette force cachée qui se joue dans l'univers se soit servi d'une plume protestante , pour nous présenter la démonstration rigoureuse d'une vérité tant et si mal à propos contestée.

Je veux parler de M. Matthus dont le profond ouvrage sur le Principe de la population est un de ces livres rares après lesquels tout le monde est dispensé de traiter le même sujet. Personne avant lui , je pense , n'avoit clairement et complètement prouvé cette grande loi

(i) Sermones Jïdeles , etc. C FUI, ( Op. t. X. )

( ^«o ) temporelle de la Providence : Que non-seulement tout homme n'est pas né pour se marier ; mais que dans tout état bien ordonné , il faut quil y ait une loi^ un principe , une force quel' conque qui s oppose à la multiplication des mariages» M. Malthus observe que l'accroissement des moyens de subsistance, dans la supposition la plus favorable , étant inférieur à celui de la population dans l'énorme proportion respective des deux progressions , l'une arithmétique et l'autre géométrique, il s'en suit que l'état, en vertu de cette disproportion , est tenu dans un danger continuel , si la population est abandonnée à elle-même: ce qui nécessite la force réprimante dont je viens de parler.

Mais le nombre des mariages ne peut être restreint dans l'état qu'en trois manières, par le vice , par la violence ou par la morale. Les deux premiers moyens ne pouvant se présenter à l'esprit d'un législateur , il ne reste donc que le troisième , c'est-à-dire qw'ilfaut quily ait dans Vétat un principe T?ioral qui tende constamment à restreindre le nombre des mariages.

Et voilà le problème difficile que l'Eglise , c'est-à-dire le Souverain Pontife a , par sa loi du célibat ecclésiastique, résolu avec toute la perfection que les choses humaines peuvent

( i8i ) comporter , puisque la restreinte catholique est non-seulement morale , mais dii^ine , et que l'Eglise l'appuie sur des motifs si sublimes , sur des moyens si efficaces, sur des menaces si terribles, qu'il n'est pas au pouvoir de l'esprit humain d'imaginerrien d'égal ou d'approchant. Salut et honneur éternel à S. Grégoire VII et à ses successeurs qui ont maintenu l'intégrité du sacerdoce contre tous les sophismes de ■ la nature , de l'exemple et de l'hérésie !

V'VV'VV^'V'V^'V'\/1V'V'V'VV^'V%'^'VV\'VV»'X'V\»'*^*''V%'\VVVV%/^VX/\*VW'W\'W»

Page 1