LEE
• Les pétitionnaires, agens de diverses colonies^, profondément frappés de la crainte des malheurs urgens qui menacent les sujets de votre majesté en Amérique , s'approchent humblement de votre trône pour vous soumettre , en toute humilité > l'opinion qu'ils ont conçue , d'après de mûres réflexions , et d'après la parfaite connaissance qu'ils ont du pays et de ses habitans ; que s'il plaisait à yotre majesté d^BUtoriser une réunion de délégués
DES SÉGOCIATIOXS. ij^
éa aSSgtmi» proviocei , et de oomiiier une otf flbmmn yenaona de ce pays , dictiogiiéei par loir noç et leur sageiie, pour proider celte auem- Utt , toattnar arec lesdîts délégués, preodre une CTwwwsanff esaete des véritables griefii des colo- «o, et adopter Je» mof eus de mettre fin i tnntes ifawfîrwf, moyens qui seraient ensuite ratifié» pir viaire majestés sielleles tromrait justes et coutcnaMei, une telle ntesure serait suivie des pins uhiUîres eAets y préviendrait de grands malheurs y «(nélaUirait rbarmonie qui a fi long-lerops esisté <t qui est si nécessaire au bonbenr et à la prospé' riié de Ions ks sujets de votre majesté dans toute tébeadot de ses domaines. Puisse le riel les oou' wncr inlaets k votre majesté et à ses dcscendans! CtA le von sincère des fidèles sojets e| rcspec- *ce«s fcrviteurs de votre majesté. »
j4 t honorable lord DartmottA , etc,
«Mylordy
• Pénétré de crainte des malheurs urgens dont TAn^fetem et ses colonies sont m en arées par «nie des funestes divisions qni existent entre HIes t f ai réfléchi avec grande attention â tous ta
xSo RÉcn*
moyens ({a*il soût bon d'employer ponr prévettr eu calamités. La grande importance d*ane Biïûte ifn nous intéresse tons m'excusera, je l'espère ,jiaqD'i un certain point auprès de Totre seigneurie, de me •Kfgwl^tr à TOUS donner mon humble opinion à ce sujet f sans qu'elle m'ait été demandée. Je prends donc la liberté de toos exposer que je pedie que si sa majesté jugeait toonvenable d'antoriier dw ronnion de délégués de chaque province , i telle époque , et en tel lieu que sa sagesse jugerait convenable, pour y conférer avec un on plosienn commissaires que sa majesté nommerait , sur les moyens à prendre pour établir une union solide et durable entre l'Angleterre et les proTmces d'Amérique, une telle mesure ne pourrait qu'avoir les plus heureux résultats. Je ne puis donc que faire des vœux pour qu'elle soit adoptée , penoaoe ne désirant plus sincèrement et plus ardemment la prospérité générale des domaines britannique» que votre très humble, etc.
« B. FftAnmxjH. »
Bsmarques sur U projet de M. Barclay.
Art. I". En conséquence de cet engageaient , tous les actes rdatifr à Boston et à la pro f in cg
DES NÉGOCIATIONS. iHi
de MasMchnsetts seront suspendus , et dès qu'il aura reçu son exécution , ils seront entièrement rapportés.
Cet amendement rend inutile Part. tV.
Art lY et Y. Les nombreuses pétitions envoyées jnsqu'ici en Angleterre par les assemblées des colonies , qu*on a refusé de recevoir , ou qu'on a reçues sans y faire droit, ou auxquelles on n'a répondu qii^vec dureté et en réprinoandant les pétitionnaires, ont , je crois, donné aux Américains un dégoût invincible pour en présenter de nouvelles. Quand même leurs amis les engageraient aujourd'hui à recourir encore à cette voie , on n'y réussirait pas. D'ailleurs tout ce qu'ils demandent se trouve sous les yeux du gouvernement dans la pétition du congrès, et il dépend de lui d'y faire droit en tout ou en parlîe. On ne peut espérer de mieux connaître l'opinion des colonies par des pétitions partielles que par cette pétition générale.
Art. VU. Au lieu de qui seront jugées nécessaires, lisez qu* elles jugeront nécessaires, ' Art. XI. Tel qu'il est rédigé , cet article est de peu d'importance. La première proposition était que les droits seraient supprimés comme injustes ; mais on peut les laisser , ear ils ne seront probablement jamais perçus.
lî. i6
i8a R^crr
Mémt avec VamendenileQt ci-derant proposé à Tarticle premier, je ne crois pas qu'il soit enraie ce (ju'il devrait être. Si Von a uniquettieot pour objet de prévenir l'effusion de sang en ce liiom^t, et les autres mauk que k guerre ^eut -causer à rAmérique , il est possible qu'on atteigne ce but; mais si Ton désire une réconciliation sincère , il Êiut écarter toute cause secrète de mécontentement , et faire justice exacte des -deux cdtés. Ainsi Boston doit payer les cargaisons de tbé qoî ont été détruites ; mais l'Angleterre doit indemniser Boston du tort que lui a foit l'acte de blocus, parce que cette mesure a eu lieu contre les usages adop* tés par toutes les nationa sauv^;es ou dvilifées , c'est-à-dire sans avoir préalabtemeot deiomdé satiafiictjon.
Art Xni. Les juges ne doivent rien recevoir du roi.
Quant aux deux autres actes , la colonie de Massachusetts doit s'exposer à tous les hasards et à tous les malheurs de la guerre, plutôt que de souffrir que le parlement puisse changer ses chartes et ses lois. « Ceux qui peuvent renoncer à la !i- « berté pour obtenir cpielques momens d*un salut « temporaire, ne méritent ni liberté ni saluL »
B. FRAirxvir.
M 4mtU qim Ton ftmmnUf k Vimf^HÙoa i^MU' mm 4t» éroûi^ mm qu*tU mAmtélMw^éeêW»
yuftéoi é»m Im tmhuim^ «t àtm qu« le* wUtom muA mêhr^miUi de mfuuf»^ U» e^Uxieun.
faut »pr ftim^benléiut «t lami èéumr*
Mhi dit lsw|M pour Cair^defMmvdk* d«)etkm««
tmmUk âêi b prM^inc» de Mâméhmmu m faA m rémir , 4'«fir<^ m nouirdle eon^itotiou f m iitÈAtmm att nou^edoi «kwm»! ^ pour cet ohjeC^ iM9 roeiMiiMiltre au purU^unmt le ptmffoir de «ImiM' ^ «e» «I»ju1e» , ee qn^eéle ne fera jamaii». ta pr^^l*«îto«» (|«'4W Itti (ait ert «elleHW ; £«tf/«^ </'tf^ «cv /er*/ /wtf*, /*/# « 'WWW eotwiemmU poi , fikm ms fétidm, et nom y rifléclùroru,
\M ûfuOMm 4m ^^mrtsi de» H« p««t étf« |yle |«f «M Vm igMr4le$ il n'en ««t pat de même de «AU» de« i^if^ruâMnf attendu la difliéreoee de «MMlifuliofi ^ ec^l'wiet . H e» t |MfMble qu'of» l«Me 4mwwiide trtm^4»mcerUun/^t proirîiic«», |»«r 1k« a*i#^ d*«i lurdean, qoaud tmU* ^ttii àa
i84 RÉQT
Canada, — Nous De pouvons endurer que le despotisme pèse sur aucun de nos compatriotes. Il faut qull y ait liberté pour nous tous , ou pour personne.
Dans Taprès-midi , mistress Howe m'envoya une lettre de lord Howe qui lui ténitngnait le désir de me voir chez elle le lendemain , pii le dimanche matin , pour affaire importante. Je n'avab pas entendu parler de sa seigneurie depuis quelque temps; je m'empressai de répondre que j'aurais l'honneur de me rendre chez mistress Howe le lendemain à onze heures.
M, Barclay , le docteur Folhergill et moi, nous nous réunîmes chez le docteur , comme nous en étions convenus. Je leur remis mes remarques j et nous en causâmes. Je leur lus aussi les projets de mémoires et de pétitions que j'avais préparés. Mais conune ils pensèrent que de tous les actes relatifs à la province de Massachusetts , .celui du blocus du port de Boston serait le seul dont on obtiendrait le rapport pour prix de mon engagement de faire payer les cargaisons de thé ; et que moi j'insistais pour que tous fussent rapportés, déclarant que je ne ferais mon offre qu'à cette condition , je remis en poche mes notes. Ils con-
* DES jNÉGOCIATIONS. i85
vinrent cependant de faire part de moi^ opinion , ti de voir si quelque nouvelle concession ne pourrait pas être oltfenue. Ils remarquèrent aussi que j'avais signé ; sur quoi je leur dis que sachant, et par eux-dêmes et par d'autres voies, que les ministres étaient informés que j'avais été consulté sur cette affaire , je ne voyais pas qu'il y eut à continuer le mystère ; et que puisque la communication par intermédiaires de leurs «pinions et des miennes occasionait des délais , et pouvait donner lieu à des malentendus par suite de quelque erreur ou de quelque omission dans la ti'ansmission de nos idées, je ne voyais pas pourquoi nous ne nous réunirions point , afin de discuter une bonne fois tous les points en litige ; que si donc' on le jugeait convenable , j'étais disposé à avoir une conférence avec tel membre du ministère qu'on voudrait. Ils parurent approuver ma proposition, et me dirent qu'ils la communiqueraient
Le lendemain matin , je me trouvai au rendezvous que j'avais accepté avec lord Howe. A son air de satisfaction , je jugeai qu'il tenait de lord Hyde, à qui M. Barclay avait pu l'apprendre, que je consentais à présenter une pétition , et à souscrire un engagement pour le paiement du thé , d'où Ton espérait que les conditions d'arrangement
iS6 RÉOT
offertes mr le minûtère pourraient être aoteptées. Il m'informa qu'il était (|uestioA de l'aivt>yer en qualité de commissaire pour arrangeâmes différends en Amérique : il ajouta , par un excès de politesse, que, sentant son insuffisance ]»our cette mission, et connaissant mon savoir et mm talens , il ne penserait pas à s'en charger sans moi ; mais qu*avec mon secours il le ferait volontiers , parce qu'il fonderait ses espérances de succès sur mon assistance; qu'il avait donc désiré cet .entretien pour savoir si je voudrais raccompagner , comme ami , comme second, comme secrétaire, ou sur- tout autre pied; qu'il sentSit fort bien que, s'il était assey heureux pour £sdre quelque Ëbose cpii pût être utile , il le devrarit entièrement à mes avis et à mes soins, et qu'il ne se ferait pas scrupule de m'en laisser l'honaenr en toute occasion; qu'il avait déclaré au ministre l'opinion qu'il cvait conçue de mes bonnes dispositions en faveur'de la paix, et que son désir maintenant était que je l'autorisasse à dire que je consentais .à l'accompagner , et.que je coopérerais avec lui au grand ouvrage delà réconciliation; qu'on savait que j'avais la plus grande influence sur l'esput des Américains , et que , si quelqu'un au monde pouvait les décider à accepter des propositims raisonnables , c'était moi.
UgB HÉGOCIATIOflS. t$j
U fèftmân que j'éUi* forl obfi{é à m m- |pMin# def «pnrf0o ÂircraUe qo'dle mit de moi, et ile Vhmmtsar qo'eUe ne iaiMit eu téaioigiiaiit r<«fî» €tm^ojt9 nei faii:^ mofen»; nudi qoe je défMi Mfwir qnellei prapéntions on eoinpf ait iufe à r^AoïMiiie ; que^ fi elle» étaient nûfoonaUe» en cUeMiiénM», il était poMiMe que je let Iwe fofaltra IfeUei i nef eoneiloyea»; naïf que, dan» le en»- eo ntr a ii e» je Jotitatf qu^il (6t poMiftde k fenotÊtÊti d'en irentr à boot , et que bit» ceT' t Mmtmai ji^ ne pentre]i|ieijdfaif faf * Lord Howe mt ék $krn qu'il ne ne denandait paf non ai» i»* tnee fgn» aroir last k» réflexion» eontenablof ; qw( eette alUfC était de grande inportanee, et qve 9 fil i^en ebargeaît, il itififlerait fiour être ni» à néne d'indennifer amplement et ai^ce générofité en» qu'il prendrait avec lui, et moi tout partieslièremeot, fan» parler de proroeife» aMurée» pior de» ip'atffiealionf «ubiéquente», « Et ponr donner an ministère une occaHon de montrer fc» fiMinc» difpofitionf à rotre égard, ajonta>l-il , ait fi^;miettr»-iroof , M, Franklin, de vou» en prœnrer d'afanoe quelque marque , par exemple, le paiement dn arréraf^ de Totte traitement «onme afent de la NouveHe-Anuplelerre , qui , à ee que j'ai appri», a été arrêté depuis quelque Umpftf — Mylord, répondif-je, je re^derai
xSS RÉCIT
oofoune ua grand honneur de coopérer avec vota« seigneurie à une si bonne œuvre , sur un pied quelconque; mais si tous attendez quelque service de rinfluence qu'on me suppose, oubliez tonte idée de commencer par obtenir pour moi quelques faveurs des ministres; car, les accepter ce serait détruire cette influence ; on les considérerait comme un salaire de la trahison des intérêts de mon pays ; mais fiiites-m^i seulement voir les propositions , et si je les approuve , je n*hésiterai pas un instant , et je serai prêt à accompagner votre seigneurie au premier avis ». Il me dit alors qu'il désirait que j'eusse une conférence à ce sujet avec lordHyde , et me demanda si j'aurais quelque répugnance à voir ce lord. Je répondis que je n'en avais pas la moindre ; que j'avais beaucoup d'estime pour lord Hyde , et que je me rendrais chez lui quand il voudrait me le permettre. Lord Howe me dit qu'il loi en parlerait , et qu'il me ferait avertir.
Le lundi suivant, je reçus de lord Howe la lettre ci-après. Pour la miewiL comprendre, il faut £ure attention que dans l'intervalle lord Hyde avait pu avoir communication , par M, Barclay , de mes remarques sur le projet de ce dernier, et que cette lecture avait probablement changé le dessein qu'on formait de se servir de moi en cette occasion.
■ GraftoD-ttreet , so février 1776.
u N'ayaut eu qae ce matin oecasioa de causer avec lord Hyde de Taffaii-e dont nous dous soin« mes entretenus, mon digne ami, la dernière fois que j'ai eu le plaisir de vous voir , je me hâte de vous informer , sans délai , de ce qu'il pense de ma firoposition. •
« Il m'a dit qu'aucune objection personnelle ne l'empêche de vous voir ; qu'il aime la conversation des gens instruits , et que par conséquent la vôtre ne peut que lui faire plaisir. Mais il croit que , re • lativement aux différends actuels avec l'Amérique, ses principes ou pour mieux dire ceux du parlement, sont tellement opposés aux vôtres» qu'une réunion qui < n'aurait d'autre but que de discuter cet objet vous ferait prendre une peine inutile. Si vous pensiez autrement, ou si quelque circonstance heureuse pouvait rapprocher des opinions si différentes , il s'estimerait heureux de servir de eanal pour rétablir l'harmonie entre l'autorité et un homme de votre réputation. D'après la connaissance que j'ai de l'opinion de sa seigneurie sur les hommes et les choses , je puis vous assurer que rien ne se perdra au passage.
• Je suis , avec une par£ûte estime ,
« Votre très obéissant serviteur ,
« HowB. »
igo RÉCIT
Comme je n*avats pas ei^vie de m'introduirt'de force auprès de lord Hyde, je 'pensai , quoiqu'im peu piqué de son refus de me ▼oir, qu'il Takdt mieux ne montrer qu*une indifférence convenable, ainsi que je tAcbai de le faire par k réponse suivante :
CmeiMireet , lo féTrier 1 7f 8.
'« N'ayant rien à ajouter sur les affaires d'Amérique à ce que lord Hyde a déjà vu dans les pièces qui ont passé sous ses yeux, il me semble que le respect m'interdit de donner à sa seigneurie l'embarras (f une visite , puisqu'il lui parait que cette discussion ne pourrait être d'aucune utilité. Je ne lui en suis pas moins obligé de la pennission qu'elle me donne de la voir, et j'en profiterai si quelque circonstance me porte à croire que cette entrevue puisse être utile.
« J'ai l'honneur d'être , avec estime et respect , « Mylord ,
« De votre seigneurie le très humbk
et très obéissant serviteur ,
Dans cette même matinée , on eut soin de ré* pandre dans toute la ville le bruit que lord North ferait ce jour-là, à la chambre des communef, une
DES NÉGOCIATIONS. i^i
ilfioii ptcifiqae pour rétablir rbarm^Die entre rAsfteterre et rAmérique. La cbavbre se trouva donc an grand ecnnplet , et chacun des membres était dans l'attente. Le parti Bedford , ennemi de l'Amériqiie , et qui avail &it adopter Jes mesurea de sévérité , était alarmé, et commençait à jeter les hauts cris contre la timidité du ministre , et contre la flnctuiiion de sa politique. On commençait à compter les voix f pour voir si Ton ne pourrait pap^ en rejetant sa motion , le désarçonner et le précipiter burs de l'administration. Ses amis.crai*' gnaient pour lui , de tous côtés on cabalait et l'on efaocfaotait dans la salle. Enfin une motion , car on en avait promis une, fiit faite par lui , mais ' je d«ute fort que ce fût celle qui avait d'abord été prtyetée. Je suis tenté de croire, d'après son état d'imperfection , d'après l'impossibilité qu'elle répon4ft à ce qu'on semblait en attendre , et d'après quelques «utres circonstances, qu'elle offrait origi- Bairement plus de traits de ressemblance avec le plan de M. Barclay ; mais qu'à rinstant même de la laii», lord North y fit plusieurs «etrauchemens, d'après les avis qu'il reçut. Mon ancienne propositioo d'abandonner aux colonies le produit des droits s'y retrouvait, et bien des gens qui ignoraient ce «pii s'était passé disaient que c'était ce qu'il y avait de mieux dans la motion.
10»* BÉCIT
Motion de lord North , 20 février 1 77^,
« Lonqae le gouverneur, le cotMcil , raMembkw, on Ui eour génémle des provinces et eofnnns de sa ii»j«lté f profKWA'ont de prendre des meittre* nécesMÛres , eotiformément k leur siliiatioit , condi' Jion , et À lenrs moyens respectifs , pour conlribuer à la défense commune , dans une proportion dé' terminée par la eour générale en rassemblée dédites provinces et colonies , et disponible par Vmtorité du parlement , et s^engageront aussi k foire les fonds nécessaires pour Tentretien dn gonverorment civil et de TadminUtration de la justice <lanH lesditai provinces et colonie» , il oonvfendra f *; cette prop<isitfon obtient l'approbation àe «km» jesté en parlement , et tant que dureront ces mesures , de s*abstenir de lever et d*im|>oser «ni lesdites province» et colonies aneiins droits, m* cunes taxes ni contributions qui pourront Hn. établis pour le règlement du commerce , et dont le prodnit net sera porté exclusivement au compte desdttes provinces ti^Aiionm,»
Après un long débat sans otàre , dans leqn^ cette motion fut appu)ée par les miniAlériets avfT une grande incobérence de principes , et éprouva même quelque opposition de la part de plusienn d*entre eux , ce qni dénotait un défaut de concert
DES NIÉGOCIATIONS. . 193
{■TOTCDaiit saii% doDte des fbangemeiis impromptus tpe je mppMatt tont-à^llieiire âToir été faite tout-ô-cnap , elle fut enfin adoptée , suivant Tnsage, à noe immense majorité."'
La semaine soi vante, la seule oliose que je sus dellM.Barcl^et Fothergill , fut que lord Uyde , lonqnll avait appris que j'étais disposé à souscrire SB engagement pour le paiement du thé, avait dit que cela bd donnait une nouvelle ifie. N'ayant raçB ancuM nouvelle d^ lord Howe , j*en parlai à n soeor, et lui dis que j'attrib|iais ce silence à ce que prtdbablement il pensait ^e ce qu'il m'avait inoposé n'aurait pas lieu. Je la priai de lui de- ■ander d'avoir la bonté, si cela était, de m'en ioionDer jpar un mot , afin que je fusse libre de prendre d'antres mesures. Elle lui écrivit dès qu'il fift de retour de la campagne, où il était allé paMcr «B jour on deux , et je reçus d'elle le billet foîvant;
• Mistress Howe fiut ses oomplimens au dodenr Franklin. Lord Howe ne comprenant pas très bien ce qu'elle lui a écrit, serait fort aise d'avoir le plaisir de voir le docteur chez elle , entre midi et une heure , seul instant qu'il ait de libre ce jour-là , ou le lendemain à toute antre beore qu'il pré- UrenL
» Orafton-street Mardi. »
194 &ÉCIT
Je tnmTai lord Howe k llieare dite. H «e dédeni qne i*il ne m'airait pas vu depnis quelque leni» , e'eft qa'U comptait de jour en jour avoir qodqae ehoie de plut important à me dire ; qa*il efpérait que j*auraii tu lord Hyde, comme j^avab promif de le faire lorsque je croirais que eette lûilc pourrait être «tile ^ et qu'il regrettait que }e se Feusse pas faite ; qa'il y avait dans le message dont j'avais chargé mistress Howe quelque chose qu'il n'avait pas bien compris , c'était ce qui ooneeniail mon dcMdn de prendre d'autres mesures. Je lui di» une , depuis que l'avais vu , ayant appris le décès de ma femme à qui j'avais laissé à Philadelphie le soin de mes affaires , il devenait nécessaire qne f j retournasse le plus promptement possible ; qne si la proposition que sa seigneurie m'avait faite de l'accompagner en Amérique paraissait devoir se réaliser , Je différerais mon voyage pcnr attendre sa convenance; mais que dans le cas contraire , je liartirais par le premier bâtiment; que d'après la privation de ses nouvelles , et ta motion de lord North 9 j'avais supposé qu'on renonçait k toute idée de ce genre , et qne c'était uniquement là ce qne je désirais savoir de lui« Il me répondit que mcf demiéroi observations sur le projet de M. Barctay ayant fait d'une indemnité pour Bo»ton« i raison du blocus de son port, la ccmditJcA
de rengagement que je souscrirais pour le paiement du thé, condition impossible à accepter, ce motif avait été le courage de donner suite aux idées qu'on avait conçues. Comme j'avais en poche copie de ces observations , je montrai i sa seigneurie que je n'avais pas mis cette condition à mon engagement, etquejen'avaisdemandéque le rapport de tous les actes reiatifii à la province de Massachusetts. Ce qui suivait relativement à l'indemnité n'était que mon opinion personnelle sur la justice de cette mesure, mais sans en &ire une condition. Il me dit que les arfangeviens à prendre n'étaient pas encore définitivement arrêtés, et que d'après l'explication qucje lui donnais , il paraissait qu'on m'avait très mal cotaipris. Il me pressa vivement d*avoir une entrevue avec lord Hyde , et me demanda si je voulais lui donner un reodez-vous chez mistress Howe ou chez moi. Je lui répondis que je ne voulais pas donner à lord Hyde la peine de se déplacer , et que , puisque lord Howe pen* sait que cette conférence pourrait être utile, et désirait qu'elle eût lieu , je me rendrais chez lord Hyde ; que je le connaissais pour matinal , et que je serais chez lui le lendemain à huit heures , ce dont lord Howe se chargea de le prévenir. J'ajoutai que, d'après ce que je savais des dispositions du ministère , je craignais que ma visite n'eût au-
cun résultat avantageux ; mais lord Howe était d*vme opinion différente, et je n^insistai plus.
Le iendemain matin i**^ mars , je .me rendis donc de bonne heure chez lord Hyde qui me reçut avec sa politesse ordinaire. Nous garlàmes de la plupart des points qui diviseûent les deux pays. Je le trouvai armé de toute I9 dialectique des journaux et des pamphlets, sur la dépense de Tétal^lissement de nos colonies , la protection qui leur avait été accordée , la dette qui pesait sur TAngleterre , la justice que nous supportassions une partie de ce fardeau , sur ce que bien des parties de l'Angleterre , pas plus représentées que nous dans le parlement, étaient cependant taxées et gouvernées par lui , etc. Je répondis à tout , mais sans produire sur lui. grand effet, car malgré toute la politesse qu'il paraissait mettre à m'écouter, je crus m'apercevoir que son esprit était moins occupé de ce que je lui disais que de ce que lui-même s'apprêtait à me dire ensuite.
U avait cru , me dit-il , que la motion de lord North aurait paru donner une suffisante isatisfaction , et me demanda quelles objections on pouvait y faire. Je répondis qu'elle exigeait que nous accordassions des subsides jusqu'à ce que le parlement les eût reconnus suffisans , sans nous laisser le moindre droit déjuger s'il convenait d'en aocor-
der, ni d'çn déterminer la quotité d'après nos moyens ; que nous -devions voter ces subsides sous la menace d'exercer un droit prétendu de nous taxer à volonté , et d'employer une force armée pour nous contraindre à payer ces taxes , si nous ne donnions pas jusqu'à ce qu'on jugeât que nous eussions as^ez donné; que cette proposition était une manière tout-à-fait nouvelle d'obtenir des subsides ; qu'on ne pouvait y comparer que celle du voleur de grand chemin qui, à la portière d'une voiture , présente d'une main son pistolet , et son chapeau -de l'autre, sans demander une somme déterminée ; si vous lui donnez tout votre argent ou la part dont il voudra bien se ter, il sera assez honnête pour ne pas main dans vos poches ; sinon , son pistolet que le mode de lever des contributions en pays ennemi est plus équitable , car on demande une somme fixe , et ceux qui doivent la payer savent sur quoi ils peuvent cpmpter ; qu'en un mot un peuple libre ne peut jamais penser à commencer par accorder des subsides à de telles conditions. D'ailleurs un nouveau sujet d'altercation venait de s'élever par la prétention émise par le parlement d'avoir le droit de changer nos lois et nos chartes, prétention d'une bien autre importance que celle de nous taxer , puisqu'elle nous jetait entièrement
let est fà :
cyS EléClT
à la merci des flots, et ne nous laissait pas un privilège sur lequel nous pussions compter autrement que sous son bon plaisir. Cétait une position qui n*était pas tenaille, et comme la motion de lordNorth ne contenait rien à cet égard / quand même elle aurait pu nous être agréable d*ailleors , nous étions encore bien loin d'une réconciliation.
Lord Hyde pensant que je n*avais pas bien compris la motion, je la pris et la lui lus. Il abandonna donc ce point et me dit qu*il serait charmé de savoir quelles mesures pourraient ramener la bonne intelligence. Je lui dis que je croyais que sa seigneurie avait vu des propositions rédigées par ît effet. Il me répondit qu'il les avait lues, il s'y trouvait des articles qui ne pourraient jamais être accordés ; on pensait que j'avais des instructions et des pouvoirs pour offrir des conditions plus acceptables; mais, ajouta-t-il, j'étais extrêmement réservé , peut - être par le désir, qu'il ne bl&mait pas, de procurer de plus grands avantages à mon pays ; je me trompais dans mes es^iérances, et il croyait pouvoir m'assurer que je n'obtiendrais jamais de conditions plus fiivorables que celles qui venaient d'être offertes par lord North ; les ministres désiraient sincèrement le rétablissement de l'harmonie , et l'on pensait que la chose serait facile si je voulais y coopérer; il
VE» NÉOOCIATIOm. 199
«pénit <|ii«f éiaî* «upérieur à la faiMenie de eoih wr%€i contre eux do retêenûmmî pour tuie eir- «0fMtaiK« ^ qui n'était maintenant appnnnrée de penonne, et pour laquelle il pourrait m'étre Eut ftatisfaction ; il savait que j'étain fort considéré en Amérique ; que m je Toolais amener une réeonei' liation & dei condition* eonvenabk» à la dignité du f ^ v e r n ement , j'acqueivais en Angleterre une «ftime aoifi hante et auiwi générale, et que j'y obCiendraïf des honneur» et des récompense* o»i/édâ peuV4tre â4i mes espérances. Je répliquai que je eroyab avoir donné une preuve eonrauneanfe de mon sineère dé»ir de eooftmr an maintien de la poix lorsque ajfant appris que tout ec qu'on dé^ fifait pour Thonneur du gouvemiïment était dVbtenir le paiement du thé, j'avais offert , sans y être autorisé par aucune instrwrtion et sans Tastnrance que je serais reml>our»é , ou qu'on approuverait ma conduite , de souscrire nn engagement pot»' ce paiement, pourvu que l'on rapportât les actes relatif» à la colonie de Massachusetts , enpH fcuMnt par lequel je ris<|uajs la totalité de ma Iorti0iie« ee que je croyais que peu de p^m ^ùu^ ànieai ùdre', qu'il était vrai que des resseotimens partknliers n'avaient aucune mihieaet sur ma eondnite publique; que je n'étais point fi réservé qu'on semblait le croire , et que je n'avus rédle*
200 ' RÉCÏT
ment aucunes instructions secrètes p<nir régler ma conduite ; que j*étais certainement très disposé à faire tout ce qu*on pouvait raisonnableihent attendre de moi ; mais que si Ton me supposait en état de faire passer aux yeu^ de mes concitoyens le ndir pour blanc , et le mal pour bien , on ne nous connaissait ni eux ni moi ; et qu'ils étaient aussi incapables de se laisser tromper que moi de -vouloir les tromper. Il iie demanda mon avis sur le projet d'envoyer un commissaire sur ies lieux , et je lui en parlai dans le sens que j'ai déjà fait connaître. Je crois , soit dit en passant, qu'un des principaux motifs de lord Howe, pour désirer que je visse lord Hyde , était de me fournir l'occasion de causer avec lui sur cçt objet Au surplus , lord Hyde ne me fit pas connaître son opinion personnelle à ce sujet, et aiftsi finit notre entretien.
Trois ou quatre jours après , un billet de mistress Howe m'apprit que son frère désirait me voir encore une fois chez elle avant mon départ de Londres. Je lui répondis que j'aurais l'honneur de me rendre che% elle le mardi suivant à onze heures. J'y trouvai lord Howe , qui commença par me dire que j'avais été meilleur prophète que lui en prédisant que mon entrevue avec lord Hyde ne serait pas fort utile; il espérait que je lui pai*-
DES TfÉCOClATÏONS. not
àùoùtnk de m'aroir donné cette fieiDe, ayant agi da» les meîJIenre» iotentioui pour le poMie et pour noi ; il Toyait avec peine que les chotci ne nardiaient pas, quant à firésent, comme il Fan* rail désiré; mais il était encore possible qv'ellci frasent une foumnre plus favorable ; comme j'étais sur le point de retourner en Amérique , il se flattait que , s'il arrivait qu'il y fût envoyé pour cette affaire importante , il pourrait encore compter sur mon asMstanee* Je Fassuiai qu'il me trouverait dans tous ks temps disposé à coopérer avee loi à une si bonne œuvre ; puis je pris coo« gé de lui t et je reçus ses adieux. Ainsi se ter^ mioa ma négociation avec lord Howe, Je n'entenâk plus parler de celle qui avait été entamée avee MM, Fotbergill et Barclay ; et tout ce que je pus eoDclore de quelcfues paroles qui leur échappèrent dans|a conversation^c'est que ni Tun n l'autre n'était content de la conduite des ministre» en cette occasion. Quelques jours avant de quitti» Lon<dres, ils m'indiquèrent un dernier rendez-vous ehez le docteur. Ils me chargèrent d'assurer leurs amis d'Amérique, de leur part, que leur opinion, maintenant bien fixée , était que rien ne pouvait aisurer nos privilèges qu'une ferme et sage per« sévérance dans les mesures et dans l'association arrêtées par le congrès, et que le salut de la
aoa RÉCIT
liberté de rAngleterre dépendait de la constance et de la Tertn de l'Amérique.
Pendant ce temps, j'étais tellement occnpé à recevoir des niAis qui Tenaient me demander des noa¥elles d'Amérique, des membres des deux chambres du pailement qui venaient m'informer d^oe qui fy passait, et m'entretenir des motions qu'on y Élisait et de celles qn'pn devait y foire ; des négocians de Londres, des villes manufacturières et des ports, qui m'apportaient des pétitions ; des quakers qui venaient me consulter sur les leurs , etc., que je n'avais le temps de prendre aucunes notes. C'est donc à-peu-près de mémoire que je viens de vous faire ce récit, et il est possible que bien des choses me soient échappées; mais je crob très exacts tous les détails que je viens de donner, sauf qu'ayant pendant le même temps discouru sur le même sujet , avec tant de personnes diflîérentes , je puis bien avoir parfois attribué à tel ou tel ce qui aurait été dit en conversation par quelque autre.
Peu de temps avant mon départ de Londres, assistant à la chambre des lords à une discussion où lord Camden devait parler , et où , en effet , il parla admirablement sur les affaires d'Amérique , j'entendis partir du côté ministériel , avec nn 'légoût que je ne saurais exprimer , les réflexions
DES NÉGOCIATIONS. aoS
les plus outrageantes sur le courage, la religion , rintelligence, etc., des Américains; nous j fûmes traités avec le plus profond mépris , comme les derniers des hommei , comme étant en quelque sorte d'one espèce différente des Anglais de la Grande- Bretagne. Quelques lords, particulièrement, attaqoèrent Tlionneur américain , disant que nous étions tous des nrisérables; que nous n^avions cherché oetfe querelle que pour nous dispenser de payer nos dettes ; que, si nous avions quelques sentimens d'équité et de justice , nous consentirions à paya* le thé , etc. Je rentrai chez moi quelque peu irrité, et la tète échauffée; voulant rétorquer contre TAngleterre ce qui avait été dit sur le chapitre de Véquitéf je rédigeai un mémoire que j'avais dessein d'adresser à lord Dartmouth avant mon départ ; et je consultai à ce sujet mon ami M. Thomas Walpole , membre 4e la chambre des communes. En le lisant n s'interrompait de temps & autre pour me regarder, comn\e s'il eût cru que j'eusse perdu le sens. Étant au milieu des embarras de mon départ, je le priai de prendre la peine de le montrer à son voisin lord Camden , et de lui en demander son avis. M. Walpole voulut bien y consentir , et me le renvoya ensuite avec le billet ipi'on va lire à la suite du mémoire.
Au tris hanorahle comte de Dartmaulh^ tvn des prmdptaix secrétaires ^éUU de sa majesté.
HiMOnUI DE BBVJAMOr VRASKXJS , AGOTT DB LA FBOTIHCE OB MAMACHUSKTn.
« Attenda qu'une injure ne peut que donner ï la partie injuriée le droit d*en obtenir réparation , et en cas qu'on la lui refuse , de dre une injure semblable ; attendu que le blocu de Boston , qui dure depuis neuf fois, a Eût chaque semaine à cette TÎIle un tort égal à celui qu'a souffert la Compagnie des Indes par la destmctioa du thé , d'où il résulte que l'excédant de et tort est une injure faite par le ^uTemement britannique , et dont il est dû réparation ; tt attendu que la réparation des injures , d'après l'usage de toutes les nations saunages ou dTilisées, doit tonjours être requise , avant qu'on se fasse satis&otion en causant d'autres dommages aux agresseun, ce que la Grande-Bretagne n*a pas £ait dans le cas dont il s'agit; je, soussigné, en ma qualité d'agait de la prorince de Ifassachusetts , au nom de mon pays et de ladite rille de Boston , proteste contre la oontinnation dudît blocus , et demande solennellement , par ces présentes , satisfaction poor le
qui hM a élé oeatsumè au-àe^ de oetui tfÊ*â tootttri la Bcmçêpûe de» Iode» par la de»- InKtioo de MS eupaaofM âe t\té; et attendu que b eonqnète do golfe de Saiot-Laureot , de» c6te» de Labrador , de la Nourdle-Écotie, et de* pAcbe» rwi qoe le» Fittoçû» potêédaieot taot dan» ctf» di' fcn éfablii»eaieD» qo'aiu banc» de Terr»î<Nea«e , a clé faite par les forces réunies de la GranàtS' fntopÈt et de» colonie» , et que ai§ dernierm ont M» for pied poor ce serriee un nom! jre dlionune» pvctqoe égal à edui qu'a eoroyé FAngleferre ; fait toit de I& qœ le» colonie» ont un équiialfle et on jwte dfvit de participer aox avantage» de ce» fédbcrie» ; en con»cqoence, ao nom de la colonie de Matiadintftt»» je proteste contre Tacte »oooif» «m tt oKHoenC aux délibératioo» do parleoient , pour priver cette proTince, ainsi qoe le» aotre» , do droit de pédie , »oi» préteite qo'ellci refo»ent d'acheter de» marehandiae» anglaite», déclarant tt( tfOe »ooireraineflieot injofte et injorieox« Et f averti» qoe »atiifâction sera probablement deawwdée im jour poor toot le dommage qoi poorra élreint etfooficvteoeiécotion doditacle, et qoe fmjoràee de ce procédé »era t<jlemeot retaentie par t4mies les AiAai/«#/ qoe, dan» toote guerre fotore oà Too poorrait oiéditer d'aotm conqoéte», *m obCiendra d*el1e» ni im \»ammt ni on »billiog
aoO RÉGIT
pour y contribuer , jusqu'à entière satisfaction.
« B. FRAirKi.iir< »
I Fait i Londrm, le 16 mars 1775. ■
j4u docteur Franklin,
«Mon cher Monsieur ^
« Je vous renvoie vo|re mémoire. On pense qu'il pourrait avoir des suites dangereuses pour votre personne , et qu^il tendrait à exaspérer la nation.
« Je vous souhaite de tout mon cœur un heureux voyage, une bonne santé , et suis avee ta plus sincère estime , votre très dévoué et obéissant serviteur ,
« Thomas Walpoli. »
* Lineoin't Inn fieldi * 16 man 1775. *
M. Walpole vint chez moi le lendemain , et apprenant que j'étais allé à la cliambre des. lords , il vini m*y trouver, et me répéta plus an long ce qu'il m'avait écrit la veille ; ajoutant qii^n pensait que , comme je n'avais pas d'instructions qui me chargeassent de remettre une telle protestation , mon mémoire n'en paraîtrait que moins justifiable, et qu'on le regarderait comme une insulte
laite à la natioD. Omune il n'entrait nullement dans mes projets d*aigrir les esprits , et que mon sang s'était refroidi , je profitai de Tavis qu*il avait la boDté de me donner.
Le soir qui précéda mon départ de Londres, je reçus un billet du doctebr FotbergiU avec des lettres pour ses amis de Philadelphie. « Rassemblez ces amisi me disait-il, et informez- les que quelque spépeuses propositions qu*on fasse, elles loat toutes hypocrites; que le seul objet qu*on ait eu vue est de se prpcurer un champ plus large pour y engraisser un troupeau d'indignes parasites. Il serait peut-être à propos de les instruire des efibrts que nous avons faits avec David Barclay , et du peu d*effet qu'ils ont produit. Cest le moyen de frapper, sinon de convaincre, nos dignes amis de ridée qu'on n*a en vue rien de bien favorable pour eus , si même on ne veut pas en venir à des conditions encore plus défavorables ». Jje docteur, dans le cours des visites journalières qa*il faisait chez les grands, pour l'exercice de sa pnufession , ne manquait pas d'occasions pour bien connaître leurs sentimens, la conversation roulant partout sur les affaires d'Amérique.
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