EXTRAITS
VV JOCEMAL DE FAA^iai^.
KfcAj»ftf,fir ,à Mm reUmr d'Angleterre^ ca 177$^ lut f de» l« lendemain de ton mrhrkt à WHsMphie, éltt député de PeiMyliranie an eontpré»* Il prît une part trèt aetîre wax tratanx de celte aMeniblée^ qni^ aprè» avoir déclaré rindépendance de TAmérique , avait be»of n de défendre eet afif»* ehiMement par la forr'4;^ Tôt» le» tt^à% fe tonr* nai<;nt ver» une alliance avec la France. Le» pand» lalen» dont Franklin avait déjà donné de» prciift» conmie négodateur^ m vertu incorni]rtitple^ um rnntikre kAsAoï» conseillant et in^vranlablé, la célébrité penonnelle dont il jouiMoit en Enrofe , ta qualité d'aitodé étran|^ de racadéane de»
•denee» qui Tavait élu en 1773 , le brillant accueil qu'il avait reçu en 1767 et en 1769 dan» dcn vojrage» qu'il avait lait» k Pari» , atltrèrenl f«r Un
0U JOUaNAL DE FRANKLIN, aog
le choix du congrès. Quoique entré dans sa 71° année, il ne put résister au wœu général, et se laissa nommer commissaire psè&la cour de France, a? ec Silas Deane et Artluir Lee. Il s'embarqua à la fin d'octobre 1776 avec deux de ses petits-fils , William-Temple Franklin et Benjamin Franklin Bâche.
On sait quels furent ses succès en France, Tim- Dense popalarité qu'il 7 obtint, et les résultats importans de ses négociations. Yoici quelques fragmens très courts de son journal. On doit regretter mement qu'il 7 en ait eu si peu de publiés.
Passy, dimanche avant midi, i3 décembre 1778. — Un homme est venu me dire qu'il a inventé une madiine qui agirait d'elle-même, sans l'aide àe, ressorts , de poids, de l'aîr, de l'eau , ni d'aucun des élémens; sans travail d'hommes ni d'aniniaox , ef qui aurait une force suffisante pour faire mouvoir quatre machines à couper du tabac; qu'il en avait fait l'épreuve , et qu'il me la montrerait si je voulais aller chez lui; qu'il en vendrait lesecret deux cents louis. J'ai douté ; mais je lui ai promis d'aller chez lui la voir.
Un M. Coder est venu avec une proposition pas
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écrit pour lever six cents hommes ^ on débarq^ rait sm* les côtes d'Angleterre et d'Ecosse pour j bràler et raD^nner les villes et les villages , afin de mettre 4)n terme aux dévastataons de même na^ ture commises en Amérique par les Anglais. Je Taî remercié, en lui disant que je n^appixiuvûis pas son projet; que Je n'avafs d'argent à mettre à rien de pareil ; que d'ailleurs le gouvernement de France ne le permettrait point
Un autre est venu me dethander mon patronage et ma recommandation auprès du goufemement, pour une invention moyennant laquelle un luis* sard pourrait cacher ses armes ^ son uniforme et des provisions pour yingt-quatre heures, de ma^ nière à ne paraître qu'un voyageur drdii^re; ce qui permettrait à un corps opusidérable de s'^Itroduire homme à homme dans une ville, sans exciter aucun soupçon , et , se fassembhmt ensuite , de s'en emparer par surprise. Je lui ai répondu que , ni^étant pas militaire , je n'étais par conséquent pas juge compétent , et je lui ai 'conseillé de s'adresser au bureau de la guerre. Il m'a dit qa'il n'y connaissait personne , et qu'alors on n*y ferait pas attention à lui. — Lejiombre de projets ridicules qu'on me propose est si grand , et ils m'ont, jusqu'à présent, pris une telle partie de inon temps , que je commence à tout repousser ,
D0 JOUKHAt DE FaA!VKIISI. »ii qaûitp^ Mit poMflile qn'it «Va Uvctre qudqueâ'
/ai reni on jNujaet d*ini pby»kMn ineemmi (i) , qm fMmlêt à moii eianM» mi ÊUmcire tar Uftu âimaUéttre^ tmAnsastsiX de» expérieoee^ dans one fludDbre obioift, 11 parait bien écrit ; il eft en angkriiySTée une teinte de gallidfoie ; je désire roir ksexpéricnees, sans quoi je ne fpi/(s porter on bon
/^^zMF^^ ^6 jum 1784, — M« Waltersdorf f est veno me Yjpsr , et m'a infonné qa*on dnel avait en lien hier nMtin entre an officier fîrajiçiis (2) et on {lentilhomme uiédoi» de la suite dn roi. Geliii^i a été toé sur la plarie , et le premier a été dangereosèment lileaté. Le roi de Iftaède n*en montre pas de re»fi«rnlinieiit , parée qo'fl pense que le Suédois a été f a^esseor.
M. Waltendorff m*a demandé si j*a?ais to le roi de Su^:de, Je n'avais pas encore eu eet bon' nenr. il m*a dit qpieta conduite ici n*est pas goâ* 1é«; qo*il fait k peine attention à son propre ann Iwssadeqr qui , connaissant les usages de cette cour»
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aia , EXTRAITS
pourrait Fen instruire , mais que le roi ne daigne pas le consulter. Il parle toujours delui, a-t-iiajouté, se glorifiant sans cesse de sa révolution , quoiqu'on sache qu'elle a été rojivrage de M. de Yergennes. Aussi oommeuce-t-on à en être las , et voudrait-on le voir partir ; mais il se propose de rester jusqu'au la juillet. Il a renoncé à son projet d'euTahir la Norwège , ayant appris que le Danemark était prêt à Vy recevoir. Il prétend que les Danois ont dessein d*attaquer la Suède , quoique ce soit un fait ccmnu que le Danemark n'a pensé à faire des préparatifs militaires purement défensi& que six mois après qu'il avait commencé les siens* J'ai demandé s'il était certain que le roi eât eu l'intention d'envahir la Norwège. « Tout l'annonçait clairement , m'a répondu M. W. , la marche de ses troupes, leurs dispositions, les fortifications qu'il fait construire. La Suède souffre en ce moment une grande disette de vivres ; plusieurs personnes y sont mortes de faim ! On a dit que le but du voyage du roi était de faire un emprunt, et qu'il avait offert de* vendre Gothenbourg à la France , chose qui n'est guère probable. »
J*ai eu la. visite de M. DussaulL II m'a dit qu'on répand le bruit d'une alliance entre l'Autriche , la Russie et l'Angleterre ; le but n*en est pas connu ; qu'il s'agit d'une contre-alliance entre la France ,
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la Pruice et b Hollande , dans laquelle ou croît qae FEspa^iie entrera. Il a ajouté qu'on parle de cfaangemens dans le ministère ; qu'il y a des cabtles€ontre M. de Yergennes; que M. de Galonné doit être nommé ganU-det'Sceaux ; bruits qui , comme bien d'autres , ont peut-être été fobriqués an PalaU'RoYal,
29 juin, M. Hammond , secrétaire de M. Hartlej , est Tenu me dire que M. Hartley n'avait pas reçu par le dernier courrier les ordres qu'il atten* dait pour son départ ou pour la continuation de fon séjour ; qu'il attribuait ce retard à l'incertitude sur les conditions à proposer pour un traité de commerce, jusqu'à ce que le rapport du comité du conseil ait été soumis au parlement, et ait fak eonnaftre sou opinion ; et qu'il regardait ce délai oonune un signe qu'ils ont dessein de faire quelque chose.
Il m'a dit qu'on assurait que le roi de Suède avait ftocordé à la France le libre usage du port de Gothenbourg, ce qui alarmait les puissances Toi- Mnes ; que cette droonstance pourrait , en temps de guerre , mettre en grand danger la o6te s^tentrionale d'Angleterre.
Zojuin, M. Dupont « inspecteur du commerce , «st venu me parler de quelques difiicultés relatives ^ port franc de Lorient Je l'ai renvoyé à M. Bar-
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clay f négodait «rofricain eteommmtâate pour les oomptei. Comiie îl m*a dit qu'il n*enteiidaît pat bien Tanglaif , et que M. Bardâf oe parie pas français , je lui ai offert mon pelit-fik pour l'acoom- ^apigr comme interprète , ce qn*il a aeeepté.
Je loi ai denumAé si les Espagook du continent ^fn^PTMJ^fft ne oonimerçaient pas avec les fies à sucre françaises. Il m*a dit que non : le leiU eovmffce des Espagnols avec les îles françaises corniste en bestiaux qu'ils achètent à Saint Domingue, On m'avait dit que les Espagnçb portaient de la fitrine des îles françaises sor le continent H n'en avait pas entendu parler. SI nous pouvions vérifier que ce comnieree fût permis ( peut-être des bordsdoMississipi)^ les États-Unis n'ont-ili pas, d'après le traité , i réclamer le même privilège ?
1*^ juillet. Le nonce du pape est venu m^infomer que le pape, à ma recommandation, avait noanaé M. Jobn Carrol supérieur du clergé catholique en Amérique , et lui avait donné plusieurs des ponvoirs qui appartiennent aux évèques, et qu'il serait probablement nommé évéque in partièus arznt la fin de l'année. Il m'a demandé ce qnt lui conviendrait mieux de venir en France ou d'aller à Saint-Domingue , pour recevoir d'un autre évèqne l'ordination néoecsaire. Je lui ai indiqué Qnébee eoBune un endroit plus oonvemdble que les dcnx
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autKf. n m'a tait observer 4|ue c'était une pro* ▼iooe anglaise , et que notre gouveroemeot irou<' T«nit peut-être mauvais «pie M, Carrol s*y rendit. Je lui ai répondu que je ne le croyais pas « à Boins qoe cette ordinatiou ne donnât quelque autorité sor notre évéique à Févéque qui la lui con* fêrerait. Il m'a dit qu'il n'en tarait rien ; qoe iors« qu*il serait ordonné il serait entièrement indépendant de tout autre évéqœ , et même du pape , ce que je n'ai pas très bien compris. H a ajouté que b congrégation de prûpagandd fide avait décidé de recevoir et de défrayer à Rome deux jeunes Américains pom* les instruire dans la littérature et dans les sciences, fl m'avait déjà dit qu'un plus grand nombre recevraient leur éducation gratuite en France. On lui a écrit d'Amérique qu'il s'y trouve vingt prêtres , mais qu'ik ne sufiGsent pas , les nouveaux établissemens sur les bords du Mississipi en exigeant davantage.
Le nooœ m'a dit que noos verrions que les ca« ttioliques n'étaient pas si intolérans qu'on les repr^ «entait ; que l'inquisition à Rome n'a pas autan! de pouvoir qu'en Espagne, et que ses cachots , en ce dernier pays , sont plutêt des prisons d'état ; que la congrégation aurait voulu prendre à ses 6ais l'éducation d'un plus grand nombre de jeunes Américains , et qu'elle pourra le faire par la suite;
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mais qu'en ce mométit elle est BOrchârgée, ayant def étères de toutes les parties du moude. Il m'a parlé en termes fort légers du nouwau converti de Boston, Thayer\ m'a dit lui avoir cooseiUé de ne pas aller en Amérique , et de s'établir eu France ; mais qu'il éprouvait le besoin d'aller con- Tcrtir ses compatriotes ; que cependant lui-même ne connaissait rien encore à sa nouyelie religion, etc. J'ai reçu une lettre de M. Bridgen de Londres, en date du 2a juin, m'annonçant .que le conseil de la Société royale m'a voté une médaille d'or pour ma lettre en faveur du capitaine Cook. (i)
(1) Franklin, malgré la guerr* de rAmériqtie coDir« TAnf^eterre , arait délivré k Texpédition de décourertea du capiuioe Cook la Muvegarde auJTaote :
A loui eapitaiuti ftem>\manioni4ivait$tâuxttrmi$,r<mnduie*née par le emgri$ du Etot$-OnU d'dmériquê, mOMteuânf» giurrê 0990 la Grandt-Breiagne.
Unnivsa .
Un TaÎMeaD ayapt été équipé en Anglelerre , avant le eonmcncement de cette guerre , pour faire dei découvertei dani d^t flMra inconnue!, toua la couduile du célèbre navigateur le eapilaine Cook, entrepriM véritablement louable en «oi, ptriM}» l'acetoiiaemeol dea connaÏManeee géograpbiquea /aciliie let communicatioM entre lea nationt éloignée* et rechange dei productiona utiles et def ol^ett d'ioduitrie , favoriie let arti, augmente et multiplie Ira jouiiaancea de la vie , et agrandit le domaine àa aeiencea i l'avantage de lliumanité entière; le préaent eft poor 'recommander à rhacvn de voua , dans le caa où ledit vaiffcaa ,