‹ Du perfectionnement moral, ou de l'éducation de soi-même (volume 2)Chapitre 16 sur 21 · DU JOURNAL DE FRANKLIN · texte numérisé non relu

DU JOURNAL DE FRANKLIN

montrera pi U9 de générosité. Vous ne voyez jamais vos foHes que lorscfu'il est trop tard pour les réparer». Il in*a dit (\ue lord Sheffield cherche cQntifluelleinent à aigrir le parlement contre TAmérique ; qu'il availrdepaî*» peu pul)lié le compte des loyalistes qui y avaient été massacrés, etc. tout cela probablement inventé.

Jeudi i5 jatUet. Le ballon du duc de Chartres est parti ce jna(in de Saint-Clond : luinmème était dan» la galerie avec trois autres personnes. Xi faisait hcauconj^ de brouillard « et on les a bientôt perdus de vue ;>«aais. Tappareil était en mauvais état , en sorte qui» Ton ne pouvait ouvrir la soupape pour donner passage à Tair. Craigtiant donc que le ballon ne crevât, ils y firent un trou, qui s'élargit , cjR qui l«ur occasiona une chute rapide , mais sans acddeqt. Ils s'étaient élevés à une grande hauteur, avaient rencontré un nuage de neige, et un ouragan qui les avait effrayés.

Dîmanclte i8 juillet. Un hou aljbé vient de m apporter un gros manuscrit , contenant un projet de réforme pour toutes les églises et tous les 4tat5 , la religion , le commerce , les lois , etc. C'est un projet qui est éclos dans son cabinet, sans KraRiic connaissance du monde. Je lui ai promis d'v jeter lef yeux , et il doit revenir jeudi prochain. 11 «»t étonnant combien de l^slateurs ont la bonté

aa4 EXTRAITS

de m'apporter de nouveaux plans pour lé^oovêr- , nement des États-Unis. "

Lundi tg juiUet. J'ai eu les Américains à dîner avec deux Anglais , MM. Whito et v!^ul(|fio^ Celui-ci était officier à Gibraltar: pendant b'^SeK nier siège. Il prétend que les Espagnols auv^enl pu prendre cette place , et qu'elle est maiaââant sans utilité ponri- Angleterre ; qu'on la dit destinée à recevoir une flotte qui empêche la jonction des escadres de Brest et de Toulon; ce'qni ed^'mie chimère. Qpc tant que les Espagnols seroal^itres d'Algéziras y ils pourront toujours , ^vec leure chaloupes canonnières, qu'ils soi)^ >ievi|ius îén habiles à manœuvrer , rendre impossible à fltte flotte d'y séjourner.

Mardi ^o juillet. Mon petit-iils a été à la cour. Point de nouvelles, n ce n'est que \^ ijbptte d'Espagne , destinée contre Alger , a mis à la voile. Je n'ai reçu qu'une lettre d'Amérique par le paquebot ; elle est db collège de &hode-Island qui désire que je sollicite des bienfaits du roi, ee que je ne ferai point par des motifs ^u^ je leur exp^jqplerai. Il est inconcevable que je n'aie pdibt de ^Ittrts du congrès. Les traités avec le Danemark , IfÂBTlugal; sont tous négligés. M. Hartley fait M*(néHies plaintes. M. Hammond est venu dittuf a%'éb moi. Il dit que M. Fitt commence à perdre sa po^^yla-

rite; M» notnrdJe» Um«a H mai prcjM pour i« m»' rine d&OAent heiateotip ùe mëmnU^etnealL II a été )>r)lSté en «ffi^jei tork.» .S«n Mil pour le» Inde»* ^>rM«t»te» ne pSMefa iréri|al>l^«*ent fM», et Ton nroii iin'ii n« pent pa» tenir lonfÇ'teifïp»^ M, Hank mnd e»t nn ami de ]ll. Fox ^ dont le» ami», qui (fiA perdd leur» place» , sont appelé» Us Âtartftê de

H'UrcrefU 3f juillet» Le eonrte de Haga (le roi 4e 5kiède) m*et»if€ne »a carie poor prendre congés M, Grand m*a dit qn^jl a acheté ici nian hn»te, intt, ttiaï de M. d^Alemlnat «o Did^ol, afin de Msenyponer t!tt mwot*

Jemli ^'x jttilleX Ixrrd FiU^$mwtf tih de Inrd MiellMirM! f vient d'arrif er ; il m'apporte de» lettre» ^ de» papier». Il crnit JM. Pitl en danger de per* àfe M majorité dan» la diaoïbre de» commone» , <|«Mi|iie maintenant elle »oit encore cDn»fdérakk!!y farce qu'il n*a pin» de qnoi la payer. Je Ini ai dit <|fie goNf emer par nn parlement ipi'il fant evr* fompre^ c'eftt employer une maebioe bien eoi)i« feoM ^ qne le peuple anglaia déenntrirait gTec la temp» f qooiqu^il ne fait pa» eneore lait , (fte f fétMfMs fe parlement doit tonjonr» £ure la irolonté dti n»nt»tre ^ et ixtre pa^é avee IVgent do people pMir la laire, il retiendrait au méme^ et à meilleur Marché , iTétre ffiofenè de première main par le

2a6 EXTBAITS

miiujtre , saut parlasaent. On a paru trouver ce raisonnemeut assez clair, liord Fitz-Maurice panit ua jeune homqoe aimable et sensé.

Mardi ht juillet. J*ai eu la. visite de lord Fitz- Maurice. Son père m ayant prié de Nu donner les avis que je croirais pouvoir lui être utiles , je loi ai, par occasion , conté la vieille histoire de Démosliiène qui, comme on lui demandait qoèl était le premier point de Tart oratoire, répondit : Vaction; le second ? Vetction ; le troisième ? Vacûon. Je lui dis qu'on entendait ordinairement par ce mot les gestes dont un orateur accompagne son débit; mais que je croyais qu'il èiustait un autre genre (faction , de bien autre importance pour ua orateur qui veut déterminer le peuple à suivre ses «vis; cest que chaque action de sa vie donne* uné^opioian aussi favorable de sttn intégrité que de ses taieaa ; que cette opinion une fois établie, tons les détails, toutes ies difficultés , les oppositions qu*ordinaire' ment le doute et le soupçon font naître se trouvent prévenus; qu'un tel homme, qnoique médiocre orateur , aura toujours l'avantage -sur Toratear le plus accompli, de la sincérité duquel on ne serait pas assuré. Afin de lui {adre sentir toute l'importance dont il est , selon moi , pour un homme piblic d'avoir une bonne réputation , comme parti' culier , je lui dis que j'étais convaineu que si

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George in a^ait eu , comme homme , une mau> vaiiè réputation , et Joho WUkes une boqne , ce dernier aurait chassé Tautre de son royaume. Lord 8hett)urne , père de lord Fitz-Maurice , a malheu- • reusement la réputation d'être peu sincère ; ce qui a lïeaucoup nui à son influence. Pour moi, je n*ai jamais eu à m'en plaindre, dans toutes les relations que j'ai eues avec lui.

Après avoir passe en ï'r^nce près de huit ans et demi , j'ai prfe con^ de la cour et de mes amis , et suis parti de PasSy avec mes deux petits4ils , le i a juiUet 1 7 8 5 , à quatre heures après midi , pour retourner dans ma patrie. Nous sommes arrivés vers boit heures à Saint-Germain. M. de Cliaumont avec sa fiUe Sophie nous ont accompagnés jusqu'à Aa/iterre.M^ Le Teillard doit venir avec nous jusqu'au Havre. Nous av«us trouvé à Saint-Gejrmain les miss Alexander, aveemistress Williams notrecousîne, qui avait rcienu un logement pour moi chez M.«Braoit. Ttiironvé que le mouvement de la litière que le dnc de Coigny m'avait prâtée ne m'incommodait pas beaucoup. C'est une des litières delà reine, traînée par deux fort belles mules, avec une autre pour le muletier. M. Le Yeillard et mes enfans sont dan» une voiture. Nous prenons le ihé chez M. Be-

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