‹ Du perfectionnement moral, ou de l'éducation de soi-même (volume 2)Chapitre 17 sur 21 · EXTRAITS · texte numérisé non relu

EXTRAITS

noît, et nèlis allons nous coucher de bonne henre.

Mercredi i3 juillet. Déjeuner avec nos amis; nous prenons congé d'eux, et continuons notre voyage. Nous dînons dans une bonne auberge, à Meulan , et arrivons dans la soirée à Mantes. Un • , exprès du cardinal de La Rochefoucauld vient nous y trouver «avec une invitation pour nous arrêter le lendemain chez lui à Gaillon. Il nous mandait qu'il n'accepterait aucune excvse , et qu'éWiftt tootpuissant dans son archevôfsbè, ilnoos ferait amener chez lui bon gré mal gré , et ne souffrirait pas que nous logeassions ailleurs. Nous acceptons. Noos couchons à Mantes. Je me suis trocké peu fatigué de la journée , les mules n'allant qu'au pas.

Jeudi 1 4 juillet. Nous partons de b^pne heure et déjeunons à Vernon. J'y ai r«igtt la "visite du comte et de la comtesse de Tilly. Nous sanmes arrivés chez le canltnal à sl\ heures du soir ^ sans avoir dîné': c'est un superbe chftteau, bâti il y a environ trois cent trinquante ans , mais bieQ conservé. Il est situé sur une hauteur ; la vue y est belle et domine au loin sur un pays bien qin«ifc L^ cardinal est archevêque de Roiïen. Une longw g*lerie contient les portraits de tous ses prédécesseurs. La chapelle est élégante , dans le Tieux Ayle. avec dus isitraux fort bien peints, la terrassa* est ipagnifique. Nous avons soapé de bonne heure

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et aTons été parfoileinent traité^. On nous a engagés à nous coacher de bonne heure puisque no^e intention était de partir le lendemain de grand matin. Le cardinal nous a pressés de passer enomne un jour avec lui , et nous a offert de nous donner le plaisir de la chasse dans son pare ; mais la nécessité d*arriver à temps au Havre' ne nous a pas permis d'accepter. "Sous lui avons donc £Edt nos adieux et n«us sonupes retirés. Le cardinal est aimé et respecté par le peuple de c^ environs , et jouit y S0US tous les rapports , de la meilleure réputation.

Vendredi 1 5 juillet. Nous somn^ partis à cinq heures du matin, avons voyagé jusqp'à dix, et nous arrêtantalors pour d^euner,nous somnies restés dans Fauberge pendant la chaleur du jour. Nous avions appris chez le cardinal que notfe ami M. Holker, de Rouen , avait été ce jour-là jusqu'à Port-Saint- Antoine à notre rencontre. Il nous attendait d'après une lettre de M. de Chaumont. ?(ons avons trouvé ici un de ses domestiques qu'il avait envoyé pour s'informer s'il ne nous était pas arrivé cpielque accident sur la route, avec ordre de marcher jusqu'à ce qu'il eût de nos nouvelles. Il a sur-lechamp rebroussé chemin , et nous avons continué notre route. Nous avons traversé une chaîne de montagnes de craie , très hautes , avec des couches

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•de cailloux. Les fingmeiis énonnes de ces montagnes , que Veau parait avoir emportés , ont laissé des cavités de plus de trois cents pieds , ce qui indique une grande antiquité. Il semble que ces endroits ont été battus p^r la meiv Nous sommes arrivés à Rouen vers cincj heures , et nous aTons reçu Taccueil le plus cordial de M. et de madame Holker. Il y avait beaucoup de monde au souper qui était notre diner. ' Le .premier' prési4^Dt da parlement et son épouse nous ont invités i dîner pour le lendemain ; mais étant déjà engagés par M. Holker, nous promimes d'aller prendre le thé. Nous avons tous logé chez M. Holker. •

Samedi i6 Juiliet, Une députation de l'académie de ](louen est venu me faire ses complimens qp cérémonie , et Vun des directeurs m'a fait présent d'an carré nui^ique y où il m'a dit, je crois, qu'était mon nom. Mais Fixant examiné ensuite , je^n'y ai rien compris. Le fils du duc de Chabot , qui a récemment épousé une Montmorency , et colqpel d'un régiment en garnison 4 Rouen , s*est trouvé présent à la réception , comme lui-même venait me faire visite. J'ai oublié de dire''que j'avais vu avec plaisir dans le cabinet du cardinal le portrait de l'aïeule de ce jeune homme , madame la duchesse d'Anville , qui avait toujours été notre amie , ^ qui nous avait comblés de politesses à Paris. C'est

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une dane d'un esfMÎt et (Tan mérite pea com* noiM, J'ai ansd reço en cadean da docteur *** trois ▼ofaimes iii'4''9 avec une lettre polie à laquelle j'ai répondu. .

Noos avons en grande compagnie à dioer ; et k six lieores je suis allé en cbaise à portevrchez le préndent^ où nons avons trouvé une réumon de ^eas de robe. Nous y a<ons pris du thé , fort mal fait , faute d'usage, cette boisson étant fort peu en usa^ en France. Je suis allé me concber de bonne heure ; mais ma compagnie est restée k souper. Beaucoup de convives étaient invités et l'on a fait d'exceileate musique.

Dimanche 17 jmUet, Nous partons de bonne iteuK:. M. Holker nons a accompagnés quelques nulles, et nous nous sonnnes fxkX très alfectneosement nos adieux. Dîner à Ivetot, ville assez grande. If oos sommes arrivés à Bolbtc , après la plus forte joomée que nous ayons faite encore. Cest une ville de maiché , considérable , et qui semble peuplée, te peuple y est Men vétn et parait mieux nooni que celui des pays vignobles. Un imprimeur sur toiles m'a proposé de se rendre en Amérique. Je ne l'y ai point encouragé.

Lundi 18 jmtUl. Noos avons quitté Bolhec à dix heures et sommes arrivés au Havre à cinq heures dprés midi , après avoir posé en route dans une

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méchante auberge. Nous av^tts'été parfaiteroeot reçus par M. et Mad. Ruellan. Le gouverneur et* 'quelques autres persoimes nous ont fait une visite.

Mardi j^ juillet. Nous recevons des^'^isites en forme de l'intendant , du gouverneur ou commandant, des officiers des régimens de Poitou et de Picardie, du corps des ingénieurs, et de'M. limosin. M. Limosin nous propose plusieurs navires , tous très chers. Nous attendons le paquebot de South^pton. Biner chez M. Ruellan où, nous logeons. Je reçois Taffiliation de la loge' de Rouen.

•Mercredi 20 jmllet. Je rends les visites. J^en

reçois une du corps de iharine, et une du corps

d'artillerie. Le paquebot arrive. Le capitaine Jen-

nings vient no^is voir , net nous convenons de notre

transport à Cowes «vee tput notre bagage, pour

dix -guinées. Nous fixons notre départ à demain soir.

JewU ^i juillet. Autre visite du commandant, M. de YiUeneuve, qui nous invite à dîner. Devant partir ce soir nous ne pouvons pas accepter cet honneur. Nous faisons un dîner d*amis avec notre hôte et notre hôtesse. Visites à M. Le Yeillard , de Mad. Feinès, Mad. de Clerval, et de quelques autres personnes. Le soir , à Tinstant où nous comptions nous embarquer , le capitaine vint nous dire que le vent était absplumeiit contrmre, et si violent

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qo'il était ÛDpOMÎble d'y résister. Noos remettons notre départ à denuno.

Vendredi aa juillet, Nous avOiM pris congé de nos amis et notis sommes embarqués à dix heures et demie du matin. Le vent n'était pas favorable.

Samedi ^3 juillet, 'A sept heor^ aprè»4nidi nous apercerons Vile de Wiglu.

Dimanche 24 juillet. Bon vent toole la nuit. Ce matin à sept heures, étant à la hauteur de Cowes , le capitaine m*a représenté qu'il serait di fficile d'y aborder contre marée, et me proposa àt gouiremer sur Soutfuanpton, Tj ai consenti , et nous y avons pris terre entre huit et neuf hcuf es du matin. J'y trouvai mon fils, qui y étah arrivé de Londres la veille au ftoir, avec M. Williams et M. J. Alexandcr. J'ai écrit 4 l'éréque de Saint' Asaph pour Tinformer de mon arrivée; et il n'a pas tardé à venir nous voir après diner avec sa femme et miss Kitty sa fille , dans le dessein de passer avec nous tout le temps que nous y resterioosw

Lundi ^S juillet. L'évéque et sa famille logent dans la même auberge que nous , VEtôile, où nous déjeoiums et dinons tons ensemble. Je siiia allé, à midi , [nreudre un bain chaud d'eau de mer chez Martin. Flottant sur le dos, je me suis laissé aller an sommeil , et j'ai dormi près d'une heure k vue de montre, sans ro'enloncer ni me retounier :

uo.

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chose que je n'avais jamais faite , et que j'aurais à peine crue possible. L*eau est le meilleur lit qu'en puisse aroir. Je prends lecture de^ actes par lésqueb mon fils fait cession à mon petit-fils de terres dans New- Jersey et New- York. Southampton est un fort joK endroit. Nbs deux amis Français s'y plaisent fc^t. J'écris plusieurs lettres , je reçois dès visites et plusieurs livres , entre autres du docteur Lettscua les œuvres de mon ami le docteur Fotfaergîll. M. WHliams m'apporte une lettre adressée par M. Nepean, ^crétaire de Tord Townshend, à M. Vaughan, pour l'informer qu'on enverrait des ordres aux officiers des douanes à Cowes de ne pas toucher à nos bagages. Il est encore à bord du paquebot qui nous a amenés. J'écris par M. Alexander à M.Jackson , aux docteurs Jeffries et Lettsom , à mon gendre Bâche.

Mardi 26 juillet. Signature des actes entre William Franklin et William-Temple Franklin.

Mon cher ami , M. Le Tèillard , prend congé de moi. M. Vaughan arrive de Londres pour me voir.

Mercredi ^'j juillet. J'ai donné àmpn fils un pouvoir pour toucher ce qui peut m'étre dû par le gonvememeat anglais. J. Williams nous annonce l'arrivée du navire. Nous dînons tous encore une foi& avec révêque et sa famille , qui acceptent notre iii^r vitation de venir avec nous à bord. Nous nous ren^

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dons an navire dans une chaloupe. Le capitaine nous donne à souper. Toute notre société passe la nuit à bord. ^

Jeudi a8 juillet, Quknd-je me suis éveillé ce matin, ma compagnie était partie , et le bâtiment marchait à pleines voiles.

'- — Pendant la traversée Franklin s^occupa, comme dsns d^autres voyages , à déterminer la température de Teau d^la riiér , par le moyen du thermomètre. H écfiviè un essai intitulé : Quelques Vues pour l'amélioration de la navigation , qu*il adressa à M. Alphonse Leroi , à Paris , et qui l'ut ensuite lu à la Société philosophique américaine le 3 décembre 1785.

Le journal se termine ainsi :

Mercredi i\ septembre. Avec la marée de ce malin s*<est élevé un vent favorable , qui nous a portés au-dessus de la pointe de Glocester, en vue de notre chère Philadelphie. Nous avons de nouveau jeté l'ancre pour Attendre la visite de Tofiictèr de santé , qui, ayant fait sa liste , et n*ayaiit pas trouvé de malades y a perims le débarquement. Mou gendre est venu à nous dans un bateau et nous avons débarque sur le quai deMarketstrcet , où nous avons été reçus aux cris de joie d'une foule de peuple , cjui nous a accompagnés de ses acclamations jus**

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qu*à ma porte. Tai trouvé ma famille en bonne santé.

Mille actions de grâces à Dieu pour toutes ses bontés !

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