INTERROGATOIRE DE FRANKLIN
n'acc(ïrderaient pas sans cela , ^^et les -citoyens ont toujours payé les frais de port.
D. Quand avez-vous reçu les instructÎMto dont vous avez parlé?
R. Je les ai apportées avec moi , lorsffue je suis veiip en Angleterre il y a environ quinze mois.
D. Qoand avez-vous communiqué «es insbwtions ao ministre?
R. Aussitôt après mon arrivée, lorsque. l'on délibéiait sur I0 timbre à imposer à TAmérique , et avant que le bill ne fût porté.
D. A quoi la Grande-Bretagne aurait-elle le plus d'intérêt ? à employer les bras de la Tirginie à. la culture du tabac, ou* à des manufactures? . •
R. A la culture du tabac , assurément «
D. A quoi les Américains mettaient-ils leur vanités
R. A se servir des modes et des €ri>rioationft anglaises.
D. A quoi mettent-ils lear vanité maintenait ?
R. A porter leurs vieux habits , jusqu^à ce qu'ils sachent eux-mêmes s'en iiajire de neufs.
( Use retire^, )
VKOCkS CC»1TR£ FRASTKLIj^ 65
»lft f AfTS AEt^ATCn AIT PHOCift tvnjsri. A VKAKKLfir MfAlTT LE OimSKlL mm AU »Oit,T DSft L£TT»B»
^mcncMttaom vr d'outieb, (t)
Atast été y dès ma jemieMe , pins on monis «ngaffe dan» les afEaires putliqnes, il m'est sourent anif é dan» le cours de ma vie d*étre aroèremcDt cenoré |»o«ir la fart que y y ai prise. En général , jt n'ai pas répondu à ces critiqoes, pensant, lorsqa'eiles étaient justes , qu'il falait mieux me cor^ riger qne me défendre , et lorsqu'elles n'étaient pas méritées, <|i^un temps assezeourt apporterait ma joMifieation, L'expérience m'a confirmé dans Topinion que cette conduite était conTenaUe; car,
(i) Viurn! ée ee procéf (ût Us rejet de U pétition de VaMtmW^ <le MaMaebiMeiff, et U deilitaifoft d« Franklin comme gnaitre gi- **nldef p<Meii en Amén<jiie.
malgré les attaques nombreuses et quelquefou vi-^ rulentes que les efforts d% l'esprit de parti oot dirigées contre moi , j*ai eu le bonheur de oAnser- ▼er jusque dans un â^a maintftwnt avancé une réputation aussi intacte ( m'est-il perfris de le dire ? ) que celle àç beaucoup dliommes publics que j'ai connus ; et je n'ai jamais, eu sujet de me repentir d'avoir négligé de la défendre.
J'aurais donc dû , pernstant , comme il conviest aux vieillard», dans mes vieilles, habitudes , ne faire aucune attention à la récente invective du solliciteur général, ni au débordement de calomnies des journaux ; mais mes amis m'ont tourmenté pour répondre 4 me disant qu'ajfant été injurié le premier par un officier public du gouvemonent, devant une cour supérieure et respectable , le esnseil privé, «t les injures de cet offieier, .propagcei par le rapport de cette cour^ ayant servi de baie aux diatitf>es insérées dans les journaux, je me devais à moi-même , surtout au moment de quitter l'Angleterre, d'établir les faits qui doivent me conserver l'o^nion favorable du public Tel eille motif qui me fait prendre la pliune ; car, autrement , ayant depuis quelque temps renoncé ^uà-peu à tout» liaisons politiques, ayant résigné mes fonctions d'agent , déterminé à me retirer dans va petite famille pour y passer dans le repos h
|Mtt à» jours qui me restcat, îodiffireDt à l'opioion ^ «MirtÎMos dont je n'ai rien i demander MA à déôrer ; certain que le temps diauperût bient6t le nna^ de |iotittiéxie nooTeHement foalevé par iei prqngca et par Tesprit de parti, je n'auraif îaauif pemé à prendre la peine d'éenre une apoloçe de mn conduite politique, ni à donner à mea aniîi la peîuede ta Kre»
Foor que cette conduite puiaie être mieux oomprice, et ta coniéqnenoe aperçue plus dairement, il leaMe nécessaire que Je commence par exposer les prinaipes qui m*ont fait agir. J'ai pensé depuis ioog'fempsque la seule véritable politique de l'Anglelerre est de tendre au bien-être de tout Vem» fîft hriiiumiqâep et non de cberelier l'atfantage ^wte seule de ses parties , an détriment des autres. En CKMMcqiifnfr , tonte meaure qui devait p roc u ier dn bénéfiee* k la niâ»patrie en oocasionant une perte à ses colonies» ou faire Çigner les colonies en laîaant perdre TAnglettrre , snilout quand de part et d'autre le béné6ee était médiocre et la perte considérable , toute restriction k l'autorité de la aére-patrie quand cette autorité n'était pas préjndktable aux libertés des colons , toute atteiofe aax prititèges des colons quand ils ne nuisaient pas aux intérêts de la mère-patrie , méritaient , '4 mes yeux, d'être condamnées comme de Tincon-
venanQ^ , de la parlialllÊ, dé rinjustit^ , do ia méchanceté ; comme tendant à créef des lUssensions et à affaiblir cette union dont dépendait , en grande partie , la force , la solidité et la durée de l'empire. Je me suis donc opposé , autant que ta^ Ta permis ma faible influence, à 4out projet, soit ici, soit dans les colonies, qui nie paraissait avc^ cette tendance. Aussi m*est*il souvent arrivé^ que ., taudis 4|u*on me reprochait ici d'être trop Américain, on me trouvait 'trop Angldii «q Amérique.
Ayant fait , à l'occasion de l'acte du timbte i des recherches hur la natiy'e de Tuilion de l'Aègl^terre avec sei colonies, je suiii démente 'convaincu que le lien de cette union est le roi et non le parlement ; qu'en se transportant en Amérique , pays hors du royaume , on n'y a point emporté avec sot le» lois alors existantes ; car, dans ce cas , les puri- . tains y auraient été soumis dans les^onies aux vexations des actes , des dîmes ; des cours spirituelles, etc. , auxquelles ils ont voirfu se soustraire en 8*expatriant , et ils auraient en vain quitté leur pays natal et toutes les aisances de sa civilisation, pour aller lutter contre les fatigues d'un nouvel établissement dans des déserts éloignés , s'ik y avaient emporté les maux qu'ils Voulaient fbir, ou s'ils avaient laissé derrière eux un pouvoir capable d'envoyer les mêmes chaînes à leur suite ," pour les
CONJRE FRAINKUN. 69
en chaTge|> en Amérique? Ils emportèrent pourtant avec eux , par convention , leur foi enverâ le roi , et un pouvoir législatif pour faire ^ sous sou agrément , un nouveau ^corps de lois par lesquelles ils seraient gouvernés. En conséquence, ils de vinrent des état^ diitincts soumis au même prince , unis, comme est Tlrlande (0« ^ ^^ couronne, mais non au r(>^nttiii^d'AngIeterf>e , et gouvernés chacun par ses lois propres , quoique sujets du même souverain , et ayai^t individuellement le droit de décréter, le^rs subsides pour ce souverain.
En même temps je regardais le pouvoir suprême du roi sur toutes les colonies comme de la plus gr4nde importance poDr elles : c*étaît un dernier ressort pour régler tous l^urs {lifférends , un moyen de maintenir la paix entre elles , un centre où leur force commune pouvait se réunir contre un ennemi commun, Cette autorité me paraissait donc , tant qu'elleserait dans ses justes limites, devoir toujours être maintenue aussi soigneusement par les colons que parjes habitans de l'Angleterre.
Conformément à ces principes , et comme agent des colonies, je me sui» opposé à Pacte du timbre, et j*ai travaillé à en obtenir le rapport , attendu que c*était une infraction aux dix)it^ des colons ,
(1) Comme feuiourd'iuii le H«aovr«.
MQS avantage réel pour la Grande-Bretagne , puisqu'elle pouvait compt(er sur des subsides plus considérables par nos votes libres que par des taxes arbitraires suivies de la perte de notre respect et de notre a0ectîon d'où dépendait en grande partie son commerce avec nous ; qu'elle perdrait, parla diminution de ce commerce , plus qu'elle ne pourrait gagner par de telles taxes , et enfin que c'était détruire rharmonie qui avait si heureusemedi subsisté jusqu'alors, et qui était si essentielle à la prospérité générale. Voulant , autant qu'il dépendait de moi, maintenir, de l'autre côté de l'Océan, le respect pour le roi et l'amitié pour la nation an» glaise, et , de ce côté-ci,;quelque égard pour les colonies, ce qui tendrait de part et d'autre à entretenir cette barmonie, j'avais grand soin, en toute occasion, dans Ijes, let^*es adressées en Amérique, de représenter les meswes qui blessaient ses intérêts comme n'émanant ni de la^ royauté ni de la nation f maisxomme tenant aux plans d'une administration qui voulait se foire valoir par ses taleos en finances , ou se servir de nouveaux revenus pour se procurer par des places et des pensions de nouvelles créatures , ajoulint que le roi était un bon et gracieux prince , et le peuple anglais notre véritable atni. En Angleterre , je représentais les américains comme affectionnés à la Grande-Bre-
tagne , eomme attachés à ses intérêts et à sa gloire , et ne songeant à rien moins qu'à s'en séparer. Je pensais n'avoir dépassé d'aucun côté les bornes de la Térilé ; je le pçnse encore , et j'éprouve la satisfaction intérieure que procurenfde bonnes intentions, nènie quand elles n'ont point de succès.
Animé de tels sentimens , je n'ai pu voir qu'avec cbagrin l'envoi des troupes à Boston : leur conduite en cette ville m'a causé une extrême inquiétude ; car j'ai craint qn'il ne résultât de cette mesure la plus ilcheuse des conséquences , une rupture entre les deux pays. Mon chagrin a redoublé, quand j'ai Ts que là-bas on considérait cette mesure comme nationale, puisque personne ne s'y était opposé id, et connne une preuve que là Grande-Bretagne n'avait plus des yeux de mère pour ses colonies. J'en ai parlé noi-mème quelquefois en ce sens, dans la conversation , et j'avoue que ma qualité d'Américain m'y faisait metti^ quelque chaleur. Quelle fut ma surprise, quand j'entendis affirmer par un homme de crédit et de distinction qu'il ne m'est pas permis de nommer en ce moment , que non-seulement la mesure que je blâmais particulièrement avec tant de véhémence , mais tOutePles autres qui faisaient l'objet de nos plaintes, n'avaient pas pris naissancedansle gouvernement anglais, mats avaient été pnjetées , proposées à l'administration , sollicitées
et obtenues par quelques Américains des plus considérables, comme n^essalres au h'ipn de leur pays! Comme je ne pouvais admettre la probabilité de cette assertion , il a entrepris de «ne convaincre et
d'en donner la preuve à mes Concitoyens, par mon intermédiaire , comme étant ici leur agent. En conséquence , il m*est venu voir quelques jours après, et m*a produit ces mêmes lettres du lieutenant gouverneur - Hutchinson , du secrétaire Olivier et de plusieurs autres , qui ont<leptiis été le sujgt de tant de débats.
J'ai été surpris , mais convaincu ; et je me suis senti diaposé à faire partager ma conviction à mes concitoyens, comme il le. désirait; car, d'après ce que j'éprouvais moi-mênfe , il me semblait que tette connaissance devait amener une réconciliation, vivement souhaitée par moi da^s Fintéiét commun. Je regardais d'ailleurs comme de mon devoir d'inforjner mes commettans d'une nouvelle si importante pour leurs affaires. Mais il se trouvait nue difficulté. Cette personne ne voulait pas me permettre de prendre copie des lettres ,-et , quand j'aurais pu le faire, l'authenticité de ces copies aurait pu êtie douteuse et contestée. La simple assertion que je les avais vues anrait eu encore moins de certitude: je désirai donc pouvoir me servir des oiiginau*,'cequej'ai enfin obtenu sous* les condi-
^CONTOE FRATÎKUlf. -3
tioitf e%freme$ qu'on ne ies imprimefail pas, qu'on u*«fi iirerMt aucune copie , qa\m ne les inontre- Kik qu'à un petit nombre de pmonnesà la tlte du gouvernement, et qu'on tés renverrait avec le plus ^randioitt.
rû aecêptè ces conditions , à la charge desquelles ïû traninûft Jes lettres originales au comité de wrespoBdanee à Boston, sans en prendre ou eu r«ser%Kr aucune cQ0ie pour moi. J'ai d'autant plus aisément consenti à ees restrictions , que je «iaûguaîs qu'une telle publication, dans l'ét»t d'irritation où M trouvait depuis long4emps l'esprit public, n'oc- «»Mouât quelques scènes tumukueuses , dont les eirnséquences auraient pu être déplorables. Je ne me suis lait aucun scrupule de les envoyer; car, puisqu'elles avaient été envoyées en Angleterre, pour nuire auK Américains, pourquoi s'interdire d'en user |ioui- l'avantage de l'Amérique? Leurs auteursavaieut pris eux-mêmes pareille liberté avec Un lettres d'autnii , eii envoyant ici celles de Rosue «t d'Auefamuty, en confirmation de leurs propres calomnies contre les Américains; des copies de quelques^nes des miennes ont aussi été transmises dans «* pays^i par des officiers du gouvernement. Pour- <|noi donc aurait^n exempté les leurs d'être traitées de /a même manière ? A qui avaieut^lles été ici ? Je n'ai pu former à cet é^'ard que
74 • nvocÈs ^
des conjectures; car je n'en avais point été instruit, et il ne s'y trouvait pas d'adresse quand, je les ai reçues. Ma lettre, où elles ont été incluses, contenait pins en détail les motifs qui me déterminaient à faire c^ envoi ; j'en donnerai tout4-rheure un extrait.
Mais eonime Ton a, au Contraire, nettemeat affirmé qu'i/ n'est pas vrai que j'aie transmis , en ma qualité d'agent, ces lettres au comité de eorrespondance de l'assemblée , «nais que je les ai envoyées à une jpnte, dont les membres sont mes correspondans particuliers ; que, craignant d'être connu pour les avoir transmises , j'ai insisté pour qu'on en fit un secret, et que j'ai montré Id plus grande sollicitude pour que ce secret fût gardé; comme on a voulu tirer de là une preuve concluante que je me sentais coupable d'avoir employé des moyens peu délicats pour me procurer ces lettres; comme on a prétendu que , dans ma crainte de les voir découverts, je n'ai pas osé signer la lettre qui contenait l'envoi , lettre qu'on n'a sn être de moi que parce que mon écriture était bien connue; je dois, avant de donner l'extrait de cette lettre, faire observer ici que, sur le même papier, j'avais d'abord écrit la copie d'une précédente lettre avec ma signature ordinaire ; et qu'en con- '^équence , celle dont il est question en ce moment
conunei^aît par ces mots : Ce^qui précède fist une copie de ma dernière lettre. Toute la première partie était consacrée à rendre compte de ce que j*avais Êiit pour les affaires de la prevince , et particulièrement au sujet de deux pétitions qui m'aVaient été envoyées par rassemblée pour être présentées au roi. Ces circonstances ont dd démontrer à tout le moilflc que la lettre était de moi, aussi bioi que mon écriture bien connue aurait pu le prouver à ces correspondans particuliers à qui Ton prétendait que jWais fait cet envoi. Si donc j*avais espéré rester inconnu parce que je ue signais pas cette lettre de morf nom , il aurait Callu que \é fusse aussi stupide que cet obeau qui, dit-on, croit ne pouvoir être aperçu quand il n'ff caché que sa tête. Si je pouvais compter sur mes correspondans pour tenir secrètes une leftre et une affaire dans laquelle il fallait que ma participation leur fût connue, je pouvais aussi bien leur confier mon nom , et je u'avais aucun motif pour l'omettre. Dans le fait , la seule chose sur laquelle j'ai insisté, pour tenir rengagement que j'avais pris, a été que ces lettres ue fussent ni imprimées ni copiées; mais je n'avais pas même l'idée de désirer qu'où fît mystère de la part que j'avau prise à ct^ttc affaire ; et bien loin de demander le secret , je u'ai pas, le moins
du mande, donné. à entendre quUl me serait agréable de ne pas être nommé en cette occasion. Si j'avais «u ce désir, j*aurais été hien insensé de m'imaginer que la personne à qui j'écrivais , que tout le reste du comité de correspondance, que cinq autres 'personnes nommées dans ma lettre , « que toutes les autres à qiii le comité jugerait convenable de montrer ces pièces», qu*en outre trois personnes d'ici qui avaient été instruites par ilioi.de ces faits , s'accorderaient tous pour me garder le secret , sans que je l'eusse prescrit, sans ff^ je l'eusse demandé.
Voici, au surplus, la partie.de ma lettre qui contenait cet envoi.
« A cette occasion , je crois devQJr tous* informer qu'il est tombé depuis peu entre mes mains partie d'une correspondance à laquelle je crois pouvpir avec raison attribuer l'origine de la plupart de nos griefs , pour ne pas dire 4e tous. Je ne suis pas libre de vous dire par quel canal elle m'est parvenue, et j'ai engagé ma parole qu'elle ne serait ni imprimée ni copiée en totalité ou eu partie ; mais j'ai été autorisé à en donner communication à quelques-unes des personnes distinguées de la province , seulement «pour leur satisfaction. Dans la confiance que vous observerez religieitsemcnt ma promesse, je vous envoie ci-incluses les
letin» orifpiiaJeii, afiu d'aller au-devant de tout fimp^pa d*erreur dans la copie ^ d'iaterpolaijon , d'omimkm. L'écriture de leiîn auteurs fera ététaemt reco nm ie. Il pourra ie Êdre qu'ils ne trouvent pai bon que leur oonduite soit ainsi dévoilée^ quoiqu'on le Cuse avec ménagement et sans bruit. Mais s'ils sont honnêtes gens, ou prétendent l'être, et fi'ils cooriennent que iout, les hormétes gens désirent que la bonne inteUigence et l'ftarmonie stibsUiem entre les colonies et leur mère-patrie , îk doîrcnt peu regretter qu'au fiûble risque de leur réputation de sincérité et d'esprit public parmi leon eompatrioles , on avance 'vers un résultat si désirable. Pour ma part , je ne puis disconvenir que mon ressentiment contre l'Angleterre, occasioné par les mesures arbitraires de gouvernement prises par le dernier ministre, ne se soit considérablement calmé depuis que la lecture de ces lettres m'a convaincu que ces mesures ont été projetées, conseillées et provoquées par des gens en dédit parmi nous , et dont par conséquenlt les a«is avaient et n^ pouvaient guère manquer d'avoir tout le poids nécessaire pour induire en erreur. Je crois que leur lecture produira le même effet sur TOUS ; mais , comme je vous l'ai dit , je ne swii pas libre de les rendre publiques. Je ne puis vous pirrmettre que de les lire, de les iaire voir aui^
autres membres du comité de correspondanoe, à MM. Bowdoin et Pitts du conseil , aux docteurs Cbaunoey, Coopep et Winthorp, et au petit nombre d'autres personnes à qui vous jugerez convenable d*en donner, connaissance. Après les avoir gardées quelques mois , je vous prie de me les renvoyer.
m. Quant à leurs auteurs , je conçois sans peine et charitablement comme possible que des hommes élevés dans des préjugés d'omnipotence parlementaire imaginent que rien ne saurait justifier la moindre opposition même contre les exactions les plus inconstitutionnelles de ce corps, et regardent comme leur devoir de détruire, autant qu'ils le peuvent 9 cette opposition. Mais quand je les vois troquer les libertés de leur patrie contre des places, et les vendre pour des salaires et des pensions qu'il faut extorquer au peuple; quand je les vois, pleins de la conscience du mécontentement qu'ils inspirent , appeler des troupes pour protéger el assurer leur jouissance , exciter les inquiétudes de la couronne, la provoquer à agir contre une grande masse de ses plus fidèles sujets, créer des haines entre les différens pays qui composent le même empire, causer des dépenses énormes à Vancienne patrie , pour éteindre ou prévenir des rébellions imaginaires dans la nouvelle , et à la nouvelle pour payer des
gratifiealions iautiles à d'mutil£s officieri et à des ettneiMtf ; je ue puis que douter de leur ûucéniè Mène dâtts les prîaci^ politiques qu*ik professent, et je les tiens pour des gens au service des dr^ constances , cbercbaDt leur profit particulier au prix du malheur public, traîtres envers les'intéréts non-seulement de leur propre pays, mais même dti |;ouiEemement qu'ils prétendent servir , et et Tuniv^valité de l'empire lirttannique.
« Tm llionueiv d'être avec estima et res|Nict , Monsietir, votre très iiumblé et très obéiiwant serviteur, ainsi que du comité ,
Hz lotire suivante est du 5 janvier 1773. ElU» est adressée à la même personne , et commence en ces termes : « J'ai eu l'honneur de vous écrire le s décembre dernier , en \om envoyant des let» tre* originales de quelques personnes de Boston.
J'esp^ qu'elles vous seront parvenues • Je
passe alori à Vautres adirés relatives à mes fonctions d'agent ; et cette lettre est signée de moi f eomme k l'ordinaire, La vérité est que jamais je n'ai écrit une lettre anonynui à qui que ce fût en AflMriqne, pendant tout le temps de mon séjour à Londreé , à nibtns que deux ou plusieurs lettres ne se trouvassent sur le même pa^wer , que les pre-
8o PR0CÈS
mfères ne fiuéeat que des cdpies de précédente* lettres , et que la d<jmière ue t>*f référât pans ce ca^ , il est fort possible que j'aie regardé oonuBe JDUtile de signer plus d'une de ces lettres.
La première lettre qui m*a ao^wsé réo^kn de cette correspondance e«t datée de Boston , du 34 mars 1773, et commence ainsi : « Je vient de recevoir votre lettre du s décembre dernier , avec les pièces qui y étaient incluses. Je vous ed remercie beaucoup. Je les ai communiquées à quelques-unes des personnes que vous me nommez. Elles sont d'à vi s que sans doute la publ ication de ces pièces offrirait des inconvéniens , mais qu'il serait très i propos d'en prendre des copies et de les garder ici , attendu qu'on peut se trouver par la suite dans la nécessité d'en faire usage. Cependant je leur ai lu ce que vous m'écrivez à ce sujet , et je leur ai déclaré que je ne pourrais aucunement permettre qu'on en prît des copies entières ou. partielles, sans votre exprés coiuentemeut J^ai promis de vous écrire à ce sujet , et je me conformerai strictement à «otre décision. *>
La seconde lettre, du 30 avril 177 3, porte:
- Je vous ai mandé , dàn% ma deniiêre , que les
l»ersoniies â qui j'ai communiqué les pièces que
vous m'avez fnvoyées sous couvert de votre lé;ttre
u a décembre dernier , pensaient qu'il convieo-
CONTRE FRANKLIN. 8i
drait dé les garder ici pour en fiaice usage plu» tard suivant que no^ affaires pourront ^'exiger, ou tout an moins qu'il en faudrait tirer des copies * authentiques avant de les renvoyer. Je vois que l'aurai dans cette affaire une tâche très difficile , s\ vous ne parvenez à obtenir que hous|>uissionii les garder o|i les cojpier. J'attends vos instructions à ce <lujet , j'espère qu'elles seront telles que nous le désirons tous, car l'avis unanime est que cet envoi n'aurait mené à rien , s'il ne s'agissait que de montrer ceV lettres à un petit nombre de personnes , uniquement pour satisfaire leur airiosité. »
Le 9 mars , avant d'avoir reçu les deux lettres qui précèdent ^ j^écrivis encore à la même personne, etk lui rappelant mes deux lettres des a dé« cembre et 5 janvier ; et sachant combien on abusait «i de la mmndre apparence de mouvement Ubas ; craignant que , si ces lettres , malgré mes recommandations , venaient k être rendues publiques, il n'en résultât - auelque événement plus «érieux , je terminai en disant : « Je dois espérer qu'on prendra grand soin de maintenir la tranquillité publique ; car nos ennemis ne désirent rien tant qne de nous voir, par des insurrections, leur fournir un bon prétexte pour envoyer au milieu de nous une force militaire plus considérable , et
aa ^ PEOCÈS
nous «Mtijétir à itn régime encore plus sèvèr^ Il doit être érident pour tojus • que l'auginentatioo ra|4de de notre force donnera bientôt assez d'importance pour qu'on ne laisse plus à Técart nos jivtes réclamations et nos privilèges^ et pour que * Ton ne nous refuse aucune des garanties que nous pouvon^^uhjdter pour la li}>re jouissance de nos droits. » * *
Une lettre que j'mi ép'ite le 6 mai commence ainsi : « Je n*ai pas reçu de vos nouvelles depuis le 28 novembre. Je vous ai depuis éo-it, à la date des- a décembre , 5 janvier, 9 mars et. 3 avril , des lettres qui , j'espère , vous sont parvenues ». Ainsi dans deux lettres , sur trois que j'ai écrites depuis l'envoi du 2 décembre , je rappelle ma lettre de cette date , ee qui prouve que je n'avais nul dessein de cacher que j'en fusse Tauteur , et que par conséquent TaccusatioA de Tavoir envoyée ano- ' nyme est dépourvue de probabilité.
Dans une lettre du a juin -1773 , j'accuse réception de celle du a^ mah , et ne pouvant répondre sur-le-champ à l'article qui demandait la permission de copier la correspondance, je garde le silence sur ce sujet, me réservant d'en parler par la plus prochaine occasion , que j'attendais deux jours après. Effectivement, le 4 juin» j'^ écrit une nouvelle lettre qui se termine ainsi :
- Quant aux lettres que je tous ai communiquées , je n*ai pu obtenir la permission d'en laisser prenclre copie ou de les publier ; mais on consent que TOUS en gardiet' les originaux aussi long - temps que TOUS jugerez utile de les conserver en votre possession. » ^
En juillet 1773, je répondis ainsi qu'il suit à la lettre du 20 avril : « Les lettres dont je vous ai £dt l'envoi n'étaient pas uniquement destinées à satisCûre la curiosité de qui que ce fût ; mais j'ai pensé qu'il pouvait être utile de les poiontrer à quelques amis de la province, et même à quel' ques personnes du parti du gouverneur , afin de leur faire mieux connaître sa conduite et sa politique , sans toutefois donner de la publicité à ses lettres. Je crois vous avoir déjà mandé qu^il n'est pas nécessaire de me les renvoyer promptement; et quoique je n'aie pu encore obtenir de consentement à ce qu'il en soit tiré de copie , je suis autorisé à vous dire que vous pouvez les montrer et les lire à autant de personnes que vous le jugerez convenable »
La même personne m'a écrit le i4 juin 1773 , dans les termes smvans : « J'ai fait tous mes efforts pour me conformer à vos instructions relativement aux pièces que vous m'avtz envoyées. Je ne les ai montrées qu'aux personnes que vous m'avez
84 PEOCË8
indiquées. Le docteur Goper et un membre du comité savent seuls d^ qui je les tiens. J*ai constamment évité de prononcer votre noii| en cette occasion, de manière que, n vous désirez que cela reste secret, il est. possible qu'on ne -sacbe jamais qui les a envoyées et à qui elles ont été adressées ici. En ce qui r$e concerne, j'ai tUs raiéons pour désirer qu'il ne soit peu question de mon nom ; car cela pountût m' être nuisible. Tsd pourtant cru qu'il était de mon devoir de les communiquer, comme vous m'y autorisiez, attendu que l'objet en est important et d'un haut intérêt pour le gouvernement. Et malgré tous mes foins et mes précautions , il est maintenant de notoriété publique que ces lettres se troturent id. Si Ton fait attention au nombre de personnes qui devaient les voir, et qui n'est pas moindre de dix à quinze, on s'étonnera qu'elles n'aient pas été éventée» plus tôt ». Il me raconta ensuite de quelle manière l'assemblée, en ayant entendu parler , l'obligea de les produire , mais en s'engageant à* né ^ pas les taire imprimer; qu'ensuite l'Impression en lut néanmoins ordonnée , l'assemblée s'étant trouvée dégagée de sa promesse par la circonstance qo*iui de ses membres (t ) en produisit des copies à la
(i) C« nwmirrt ^tait M. Hancock.
chambre, comme, venant de les recevoir d'Angleterre. Il finissait par dire : « J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour me conformer strictement aux restrictions que vous m'aviez imposées ; mais d'après le détail dans lequel Je viens d'entrer, vous devez sentir qu'il m'était impossible d'empèdier que ces lettres ne devinssent publiques, et ainsi j'espère que je serai à l'abri de tout blâme à ce sujet. »» * -
Cette lettre fait voir comment , sans que je m'y attendisse, on fit un secret a Boston- que l'envoi fût venu de moi. La personne à qui je l'avais adressé avait ses raisons pour désirer qu'on ne sût pas que c'était elle qui avait reçu et communiqué cette correspondance. Or , comme on l'aurait soupçcAnée , si l'on avait su que c'était moi qui avais iait l'envoi , il fallait qu'elle gardât le secret sur cette circonstance; aussi fit-elle présenter ces pièces au comité par une autre personne^ (i)
rai répondu à cette lettre , le a 5 juillet suivant, ainsi qu'il suit : « Je reçois votre lettre du 14 juin, contenant des copies des résolutions du comité relativement aux lettres. Je vois , d'après le compte que vous me rendez de cette afEaire, que vous ne
(1) On a m dcpuii qae b personne i qui Franklin avait adrea«i edie eorrcspondanee était M-Cnsbing, alors orateuf de la chambre dct repitiratans de UaisacLasetu.
S6 P&OGÈ8
pouviez prévenir ce qui s*e8t passé. Qtiant à ce que ToD a dit que d'autres copies étaient arrivées d'Angleterre , je ne crois pas que cela soit possible. C'était un expédient pour dégager la chambre de sa promesse. J'espère que la possession des originaux, et les mesures prises en conséquence, auront un effet salqUiire pour la province , œ qui me procurera une grande satisfaction. Je remarque que vous me dites que le docteur Gooper et un membre du comité savent seuls que c'est moi qui ai fait l'envoi. Je ne vous avais pas demandé le secret à cet égard; car, persuadé que je ne fusais que remplir mon iUvoir d'agent , et tout en m'attendant bien que cet envoi irriterait vivement non-seulement les gens qu'il démasque , mais même ici l'administration , je m'inquiétais peu des conséquences. Cependant, aujourd'hui que les lettres ont été copiées et imprimées , contrairement à la promesse que j'avais faite , je suis charmé que mon nom n'ait pas été prononcé ; et comme je ne vois pas de quelle utilité il pourrait être au public, je désire continuer Y incognito^ quoique je doive difficilement m'attendre :• ce qu'il dure.Qunnt à vous, vous pouvez compter que je ne vous nommerai jamais, à moins que, pour ma justification, je ne me trouve obligé de montrer votre lettre à la seule personne qui autrement pourrait se croire en
droit de me reprocher *à moi l'inexécution de ma promeffe. • ^
Avec la lettre du x4 juin , dont j'ai parlé , j*en reçus une à*une autre des personnes à qui l'on avait ^t oette conununication , et cpii me disait « que troi» personnes seulement savaient à ikMton par qui et à qui cette correspondance avait été transmise , et que le secret enjKraif gardé aussi loog'temps que je le désirerais ». Je répondis, le 25 juillet f dans des termes presque identiques avec ceua de mi|n autre lettre du même jour.
Le 10 novembre, la même penonne me répliqua.
« Malgré toutes les enquêtes et les sollicitudes du gouverneur et de ses amis , me disait-elle , on ne sait encore ni qui a envoyé les lettres ni qui les a reçues. Ce secret n'est connu ici que de deux personnes et de moi; il ne cessera jamab d'en être un 9 à moins qu'on ne parvienne à se procarer de votre côté de l'eau des lumières que j'ai des rusons pour croire qu'on n'a pas encore obtenues. Je ne puis cependant qu'admirer Totre honoéCeiranchise dans cette affaire, et votre généreux ouMi de tous les désagrémens qui peuvent résulter pour TOUS du service important que vous avez rendu a notre pays offensé. »
Ce que j'écrivis à un autre ami , le même jour encore , sS juillet , montrera la crainte que j'avais
loujoMTS d'une déplorable rupture que l'état eias péré des esprits pouvait entraîner; et Toicî par quels argumens je cherchais à détourner ce malheur : •< J'apprends avec plaisir , dtsais-je ^ que vous êtes appelé,.«u conseil, et que ^ vous allez prendre part à nos affaires publiqiies. Vos talçns, votre intégrité, votre sage attachement aux libertés de notre pays , seront d'un grand secours dans ce temps d'orages, pour faire entrer dans le port notre faible barque. D'après les journaux de Bos* ' ton , il parait ici qu'il existe parmi nous des esprits violens qui sont pour une rupture immédiate. Mai» je me flatte que la prudence dfe la masse de nos concitoyens verra que notre force croissante oe peut tarder à nous placer dans une situation où il fÎEiudra bien faire droit à nos réclamations; que par des levées de boucliers prématurées , nous pouvons attirer sur nous encore un siècle d'oppression; que de même qu'entre amis toute querelle ne mérite pas un duel,. et entre nattons toute injure une guerre, ainsi entre les gouvernés et les gouvernaos toute erreur d*administzation, tout empiétement de droits, ne mérite pas une rébellion. A mon avis , il suffit, pour le présent , que nous maintenions nos droits , en toute occasion , sans nous relâcher d'un seul ; employant tous les moyens pour \& faire généralement com"
CONTRE FRANKJJN. 89
prendre et apprécier par le peuple ; entretenant rharmonie entre les colonies , auxquelles leur . union dans lea mêmes sentimens doit donner une plus grande force ; nous souTcnant que cette contrée protestante y Aotre mère-patrie, quoique depuis quelque temps mère dénaturée , diMt conserver son existence , et que son poids dans la balance de i*Earope , même sa sûreté jusqu'à un certain point, peuvent dépendre de notre union avec elle. £n nous c»nduisant ainsi , j*ai la confiance qu'avant peu d'années nous obtiendrons pour nos iftestinubies privilèges 'toute la liberté , toute. la sàieté que nous pouvons désirer. »
Il me répondit le 3x décembre : « Je partage entièrement les sentimens exprimés dans votre dernière lettre. Aucune personne sensée ne peut , suivant moi, approuver des remèdes désespérés, à moins d'un cas désespéré. Le peuple d'Amérique est extrêmement exaspéré par les efforts que Tadodnistration multiplie pour le soumettre au pouvoir absolu. On l'a amusé en lui parlant des dispositions pacifiques du ministère ; on l'a bercé de l'espérance qu'au moyen de ses humbles pétitions , tous ses grieCs auraient leur redressement. Il a donc, de temps à autre , présenté des pétitions, mais qui n'ont produit d'autre effet que de lui faire plus vivement sentir son esclavage. Au lieu
QO . * PROCÈS
des redressemens promis , on a tous le» aas imginé quelque* nouvelle manieuvre qui né pouirait avoir d*autre ^ut que de rirriter dp plus an plus, La dauière mesure prise par la compagnie des Indes , de soumettre à un drcÂt le thé qu'elle envoie ici , semble avoir porté le dernier coup à la patience. Vous avez sûrement entendu parler des mesures prises à Boston y à New- York et à Philadelphie, pour empêcher le paiement de ce droit, en renvoyant le <thé à ses propriétaifes. Mais comme à Boston ce renvoi était impossible , la destruction du thé en a été la conséquence. Dieu seul sait comment se termineront ces commotions. hc peuple, dans toutes les colonies, parait irré* vocablement déterminé à ne jamais pajer le droit sur le thé ; et si le ministère est décidé à soutenir cette mesure par force , je tremble des conséquences ; j% crains véritablement qu'il ne change TAmérique en un champ de carnage. Eperons des évènemens plus heureux. »
On m'assure que l'administration possède on grand nombre des lettres que j'ai écrites ou reçues depuis plusieurs années sur les affaires publiques ; et qu'elle s'en est procuré des copies aux greffes des diverses assemblées , ou en les arrêtant à la poste. Je ne condamne leur industrie ministérielle ni ne m'en jplains ; qu'ils comparait à leurs
CONTRE F&ANiaiN. 9 s
eopîtf ici extraits que je Tiens dedomier, et j'en appelle à eiix-anrec assomice, ils les tioiivcnmt «xaels et fidèles : ib y Tenant que mes lettres oDt teada sans eesse 4 prêcher Ja pariemy; à BMttre en 0vde eootre toute lioleoee , quelque sujet de plainte qu'on pàt avoir ; ils y irerroDt que la prospérité de renipire dépend de l'unicn de ses diverses pvties ; que I» sonveraiA est bien disposé en notre laveur, et la maise de la nation pleine d*aniitic et de bienfcâllanee pour nous ; que le ministère seul ttt prévenu eontre nous; que les sentimeds des aiiaistifis peuvent dianger avec le temps, ou les ■inistres être changés eux-mêmes, ou que , si ces ehancei nous manquaient, le temps au moins nanslerait in&iUiblement justioe, puisque la force, le poids et Ilmportaoee de l'Amérique augmentent coMinaelleraent et dans une progression rapide ; que par conséquent son amitié, devenant tous les jours pfatf désirable , devra être de plus en plus aénagée en aecordant plus d'attention & ses droits. Leijoamatix ont annoncé que des preuves de inkûon se rencontrent dans plusieurs de mes lettres. Cea doit donc être une nouvelle e^èce. Le génie d'invention des légistes courtisans a toujours été merveilleusement fertile pour découvrir des trahiions nouvelles, et e'en est pedt-éHe une aujourd'hui 4fÊ€ de censurer la conduite des ministres.
g 2 . PROCÈS
On n'cD trouvera cTauçune autre sorte dans ma correspondance , j*en suis bien assuré.
L*effet que les lettres du'goutrerneur ont produit sur les esprits dans la Nouvelle^ Angleterre, quand elles y ont été connues , a été précisément celui auquel je m'attendais et que je m'étais propow en les envoyant. On a vu alors que les griefs "qui avaient aigri violemment contre la mère-patrie n'y avaient pas pris naissance, mais étaient l'ouvrage de deux ou trois de nos propres concitoyens. Il en est résulté que le ressentiment contre l'Angleterre s'est calmé , et est retombé , comme cela était juste, sur la tête de ces misérables qui étaient les auteurs de tout le diaL
Les deux chambres, le conseil et l'assemblée des représentans, prirent cet ol>jet en considération. La chambre des représentans , sur le rapport d'un comité spécial, adopta Je mardi 1 5 juin 1773, une longue série de résolutions dont la oonclusîon était : « que la chambre regardait obmme de son devoir envers le roi et ses constituans de mettre humblement sous les yeux de sa majesté la conduite de son excellence Thomas Hulchinson, écuyer , gouverneur , et de l'honorable André Olivier, écuyer, lieutenant - gouverneur , et de supplier sa majesté de vouloir bien les éloigner pour toujours du gouvernement de ce pays. »
• * GOKTRE FRANKXIN. 93
D^apvèft ces résolatvnv , on védigeib nne pétition qui me fut transmise pour être présentée à sa majesté, lord Dartmouth, secrétaire d'état pour les colonies , étant à la.campagne lorsque je la reçus, je la lui envoyai dans une lettre qae je lui adressai le 21 aodt i77'3. Sa seigneurie me lit la réponse fuivvile:
* SttdwcU, t6 aoAt 1773'
« Monsieur ,
«J'ai reçu votre lettre du ai courant, avec Tadresse^le la cbambre des représentans de Massadnuetfs, que je ne manquerai pas de mettre sous les jeu du roi là première fois que j'aurai Thonneur d*étre admis en sa présence. Je ne puis m*empèeber de tous exprimer le plaisir que j*ai eu à apprendre les dispositions du peuple de cette province à rttter en bons termes avec la /nère-patrie , et ma sérieuse espérance que le temps n*est pas éloigné où tout sujet de mécontentement cessera , et où le bonheur et la tranquillité se rétabliront eotièrement dans la colonie.
« Je suis f Monsieur , Totre très humble et très
obeinant serviteur ,
« Dartmoutb. *»
Quiconque c<rtuuut lord Dartraouth ne pourra
ijioater de la siin^rité» de» boDs souhaite qu'il m'expErimait dans cette lettré ; et si les autres serviteurs de sa majesté avaient heureusenvtot €u des dispo'sitions aussi bienveillantes , avec autant d'attention aux intérêts publics et autant d'adresse à les ménager que les homm^ d'état d'Angleterre en prennent ordinairement pour se' procurer leurs places et pour s'y maintenir, ils avaient une belle ^occasion de rétablir, entre la Grande-Bretagne et'ses colonies, Tharmouie qui y régnait autrefois et qui était  nécessaire ' pour leur avantage réciproque : ils n'avaient qu'à rétablir les choses dans l'état où elles étaient à la fin de Ia*dernière guerre. La pétition que leur envoyait la province qui avait le plus à se plaindre était une dé<Paration solennelle ; qui déchargi^it l'Atigleterre de tous sujets de plainte pour les faire retomber sur quelques-uns de ses propres citoyens. Elle ne demandait pas vengeance de ces méchans hommes, quelque méritée qu'elle fût ; elle Sentait qu'il était difficile à une administration de punir un gouver* neur qui avait agi d'après ses ordres, quoique les ordres fussent la suite des rapports infidèles et calomnieux de ce gouverneur :• elle se bornait à demander qu'il, plût à sa majesté de retirer des mains d'Hutchinson et d'Olivier le gouvem^ent de la province , €t do. mettre en leur plaee des
CONTRE FRANKLIN. gS
•agoi et de bonne foi. On pouvait les placer aîUeun, leur accorder des pensions comme k tant d'autre», on tes laitfer, coBune les boucs émissaires des aueienf, emporter dans le désert tous les'péefaés que se rq>rocbent les deux pays, et dont la cbar^ge pèsera justement sur eux , auteurs de tout le mal.
Mais les ministres n'enreni pat la sagesse de laisîr celle occasion. Ils aimèrent mieux la rejeter et m*oiitrag6r, me punir pour la leur avoir offerte. Les dameurf de la cour s'élevèrent contre moi , tmame contre un incendiaire ; et Taction oiéaw doni je m*applandissais, parce qu'elle me parûssait devoir affaiblir nos différends, me fut «eprocbée comme une tentative malicieuse pour les envenimer : étrange subversion de principes !
Je n'ai pas été plus heureux pour une autre action à laquelle j'avais aussi été conduit par les ■leiOeuivs intentiims , et qui a contribué à exciter ces clameurs. Lorsqu'on a appris ici que ces lettres avaient été publiées en Amérique , beaucoup de recherches ont été faites pour découvrir qui en avait donné connaissance. fiiL Temple , employé dans les douanes, en a été accusé dans les journaux* Il s'en «*i4 détendu. Une altercation publique s'en est vui«ie entre lui et le frère et exécuteur testamentaire de M. Tliomas Whately à qui l'on «nppo-
96 ' HaOCÈS
sait qne ces lejltres avaient été écrites, M. William Whately, .que quel({ues personnes soupçonnaient d-en avoii^ donné communication, croyant qu'à la mort de son frère , elles avaient pu tomber entre ses mains. Comme la personne à qui je les avais envoyées m^avait mandé, dans une lettre que j'ai rapportée ci-dessus , qu'elle avait des raisons pour désirer qu'on ne la nommât pas ,. et que , par le même motif, elle n'avait pas voulu qu'on sût qui les avait transmises, je ne suis pas Intervenu dans cette discussion , présumaiit qu'elle se terminerait , comme le font ordinairement les querelles de journaux , quand les parties et le public s'en trouveraient^ ennuyés ; mais tout>à-coup , et sans qu'on s'y attendît , cette dispute a produit un duel On a séparé les combattans; M. W. Whately a été blessé, quoique non dangereusement. Cette circonstance , cependant , m'a inquiété et m'a donné le regret de ne l'avoir pas prévenue.; jnais , croyant l'affaire finie , j'ai continué à gacder le silence jusqu'au moment où j'ai appris que le duel , s'étant trouvé interrompu par des personnes que le hasard avait amenées était considéré comme n'ayant point eu son, accomplissement , et que probablement il recommencerait aussitôt que M. Whately, qui se rétablissait tous les jours , aurait recouvré ses forces. J'ai jugé alors que mon intervention devenait
. CONTRE F&ANmJN. 97
nécessaire, et , comme la querelle n'avait lien qn'à cause de Topinion publique , j'ai cru qu'il ne s'agissait que de l'éclairer pour terminer toute contestation. *
J'ai donc déclaré, dans une lettre du a 5 déoembre 1773 , que j'ai Eût insérer dans le PubUc Advertiser^ que c'était moi qui avais obtenu commonication des lettres dont il s^agissait , et qui les avais envoyées à Boston ; que M. W. n'avait pu me left communiquer, y^fce qu'elles n'avaient jamais été en sa possession , et ^ue , par la même raison , M. T. n'avait pu les retirer de ses mains, pour me' les remettre ; que c'étaient des lettres' écrites par des personnages publics à d'autres personnes publiques , syr d6i affaires publiques et dans la ^iie de provoquer des mesures publiques ; qu'en ma qudité d'agent j'avais regardé comme de mon devoir de les transmettre à mes' commettans.
Cette déclaralion a d'abord été généralem^t approuvée, si ce n'est que quelques personnes m'ont blâmé de ne pas l'avoir faite assez tôt pour prévenir ie duel ; mais je n'avais pas le don de prophétie. Je ne pouvais prévoir qu'un duel aurait lieu; je ne prévoyais même pas qu'une des deux partie trouverait mauvais que j'eusse donné cette explication. Je m'imaginais leiu" rendre service à toutes deux
en écartant d^eux tous soupçons et en faisant disparaître la cause de leur querell^ 5'aurais cru naturel qu'ils m'en fissent tous deux des remercimens; mais je me trompai S Tégard de l'un d'eux. Pent-èfre est-ce sa blessure qui Ten'a empêché d'abord ; puis ses liaisons à la cour lui ont probablement djcté une conduite différente. Le se|ul rapport que jlavais eu ayec M. William Whately avait été relatif à une prière qu'il m'avait faite de prendre des^informalions sur quelques terres en Pen^^lvanie , qu'il supposait avoir été jadis achetées du pi'emier propriétaire par le major Thomson, son grand-père: il n'avait à ce sojet que des renseignemens incomplets par des traditions de famille , et, comme le major n'en avait point parlé dans son testament, on ignorait s'il les avait vendues 9U s'il en avait disposé de quelque autre manière. Je me donnai la peine d'en écrire à un de mes amis, homme de loi distingué, bien au fait de ce genre d'affaires, et le priai de me procurer des éclaircissemens. Il ùi,% ma prière,quelques démarches qui ne restèrent pas infructueuses ; il m'écrivit qu'il ayait découvert les terres; que le
, propriétaire les réclamait , mais que, pour lui , if regardait le titre des héritiers ThoiBson comme dédsif ; que Ton s'en remettrait facilementen possession,
. ce dont il se chargerait pour M, Whately, si Celui-ci le désirait ; dans le cas où M. Whately préférerait
vendre ses di'oits, mon ami m'atytorisaità lui en offrir cinq mille livres sterling. Jesuis allèlui communiquer celte lettre chez lui , dans Lombferd-street j environ* . un moi» avant son 'duel , et c'était la première ibis ' que j*^ entrais. Il a été cBarmé de cette nouvelle, e][ est venu chez moi une ou deux fois, pour se concerter sur les moyens de faire valoir son titre* Je fais mention de quelques-unes de ces circonstances, afin de prouver .que ce A'est point par suite 4e relations préalables avec lui que œs fameuses lettres sont venues à ma connaissance ; cai* elles étaient en Amérique près d'un an avant que . j'aie su ou> était sa demeure ; et' je parle des autres pour faire juger de s^ gratitude. Je l'aurais excusé de ne pas me remercier de l'avoir dispensé de hasarder sa vie une seconde fois; car, quoiqu'il pût se trouver servi au gré de ses désirs , il pouvait . craindre , eu montrant quelque satisfaction , de paraître avoir peur d'un' second duel. Peut-être aussi conptait-il la vie pour peu de chose. Mais , dans tons'les casyune augmentation de fortune avait quelque valeur pour un banquier. Cependant le remercjment que le digne homme m'a fait pour qss deux services a été de me jeter sur les épaules un procès devant la cour de la chancellerie, sans m^avoir directement ni indirectement fait aucune demande, ni adressé aucun avertissement préalable.
too .EROCÈft ' •
Sa pr«inte portait : <• Qu^il était admioiimteiir des biens laissés 'par feu son frère Thomas Whately; -que des letfh» avaient été écrites à sondit frère par les gouTemeufs Hutchinson et OliTÎer; , ipie ces lettres se trouvaient en la possesaiim de son frère , à Tépoque de sa mort^ ou en cette de queUpte autre perwrme , h qui il les aurait remises pour les Ut9f £t les Itti rendre ensuite ;<]u'elles étaient tombées d*ulië manière qnelconcpie entiv mes maSns; que, pour ne point être découvert r • j*avais supprimé ou fut supprimer Fadreise des» dites lettres à Thomas Whatel3r;que^ Cûsant le métier d'imprimeuf^ J*aTais , par mes ageos oa confédérés, fait imprime^ et ptihlier ces ]^klres eo Amérique; que j'en avais vendu un grand nombre; que j*àvais menacé de les fiûre aussi imprimer et ▼endre en Angleterre; qu*// m* avait demandé Xà, remise 4es opginaiix desdites lettres et de tous les exemplaires des copies qui en ont pu être faites , me requérant de ne plus çn imprimer lA en' vendre^ et de compter avec lui des profits que j'en avais retirés ; qu'il espérait que j'aurab satia&it à sa demande, mais que je m'y étais refusé, etc. , contre toute justice et contre ma conscience , an grand dommage de tui , plaignant ; qu'en conséquence , il suppliait le lord diancelier de m'obliger a déclarer comment ces lettres étaient venues en
CONTRE FRANKLIN. roi
ma possession , quel noinbre d'exemplaires j*eiir avais imprimé et vendu , et à compter açec lui ^i bénéfice , etc. »
Ce monsieur devait savoir lui-même que tout ce qu'il avaitfak ètmt' entièrement faux, une seule drconstance iigiceptée, celle que son frère avait remis ces lettres à quelque autre personne pour les lire. Ceux qui n*ont pas en affaires litigieuses plus d'expérience que je n'en n'avais , car je n'avais en aucun procès , d'aucun genre , vont être sans doute aussi surpris que je le fus moi-même : je sais maintenant que, suivant l'usage de la cour de la ohancellerie , te défendeur doit prêter serment que chaque point de sa réponse contient la vérité; tandis que le demandeur n'affirme pas par serment la vérité de sa plainte , d'où il résulte sans doute qu'il n^est aucunement obligé d'y tenir compte de la vérité, et qu^il lui esl. permis* d'y mentir autant que bon lui semble. Je ne comprends pas )e motif de cette procédure » à moins que ce ne soit pour encourager à plaider.
J*ai répondu , sous la foi di| serment , « que les lettres en question m*avaient été remises et étaient venues entre mes mains, comme agent de la cham hre des représéntans de la province de Massachusetts ; que , lorsqu'elles m'ont été remises , j'ignorais à qui elles avaient ét/é adressées , aucune
adresse n'y étant jointe; qu*avant oe OMMoent j'ignorais Texistence de ces lettres; ijue, defts» plusieurs années , je ne m'occupais plus de la profession d'imprimeur ; que je n'avais ni imprimé ni
, lait imprimer ces lettres ; que^e n'avais effiwé aucune adresse qui aurait -pu* être sur lesdite» lettres, ni su que personne l'eût ûât; qu'en ma qualité d'agent de la province, j'avais envoyé ces lettres , comme j'avais cru que mon devoir l'eu-
' geait, à un membre du comité, avee lequel j'étai» chargé de con^spondre toutes les fois que l'intérêt de la province me paraissait l'exiger; qn'ellei m'avaient été remises pour en ialre Tenvoi ; que le plaignant ^e m'avait jamais fait aucune demande , comme il l'aliénait dans sa plainte ; que je n'avais tiré aucun profit de ces lettres, et que je n'entendais en retireraucun , etc. ■»
^*Ce fut \en cette époque qu'il devînt évident que toute idée de conciliation avec la colonie de Massachusetts , en accueillant ses pétitions , et en foisant droit à ses plaintes , avait été abandonnée ; qu'on s'en tenait aux mesures de sévérité , et que c'était un parti prfe par la cour de décrier et d'avilir les habitans de cette province, et mot avec les autres ^ comme son agent. C'était le bon ton de tout ce qui tenait au ministère de répandre des diatribes contre eux et contre moi , ^lu»
' ' CONfRE FRAÎÎKLIN. loS
toutes les sociétés et daî^ tous les joiypaaux ; et il me fut sigoilléy bien long-temps avant l'événement , et comme chose arrêtée , que la pétition , demandant la révocation des gouverneurs , serait rejetée , l'assemblée censurée , et moi , pour avoir présenté la pétition, puni par la perte de ma place de maître général des ptstes. J'étais donc préparé à tout cela ; mais j'avoue que l'attaque de M. Whately m^a surpris tout-à-fait à l'jmproviste ; car, d'après ce que j^ viens de dire de ses obligalions envers moi, et lorsqu'il n'y avait de ma part aucune provocation , jamais je n'aurais pu imaginer qu'un homme fût assez bas pour entamer contre moi , de son propre mouvement , im procès aussi vexaloire. Mais une circonstance que, (leu après 9 j'ai apprise accidentellement, a jeté pour moi du jour sur cette affaire : un de mes amis (i) venant un jour chez moi', au soi*tir de la trésore* rie , m'a montré ce qn'ih appelait une jolie ch^e pour un de ses amû. C'était un ordre de payer cent cinquante livres au docteur Samuel Johnson pour un semestre de sa pension , tiré par le secrétaire de la trésofirie sur ledit sieur Whately. Je l'ai connu dès-lors comme bftnqui^ de la trésorerie
{\, William' Strahan, mfmbrr du parlcirten» el imprimciii: du rp'c
io4 - PROCÈS
pour le paiflment des pensions, et comme ayant, en conséquence , des liaisons intéressées avec l'administration, ce qui pouvait expliquer comment il ausût été déterminé par une impulsiq/^ Congère à me susciter la persécution de ce procès. Gette- circonâlance, au surplus , ne servit qu*à le faire paraître a mes yeiix. encore plus vil que slL^eût agi de luimême. ^ ^
J'ignorais quelles démarckes lui et ses confédérés , les ministres , se proposaient de faire dans cette cause : je ne croyais en vérité pa^ que le banquier , voyant qu'il n'existait pas de profits à partager , eût consenti à dépenser un liard de sa pQche pour ce procès ; mais l'état de nies finances ne me permettait pas de m'engager ici dans une lutte judiciaire avec la trésorerie^ «urtout lorsque l'administration venait de prendre soin d'empêcher mes oommettans de la UTouvelle-Angleterre de me payer aucun traitement,* et de me rembourser mes dépenses , en envoyant au gouverneur une instnietion spéciale de ne signer aucun mandat qui pour" raiiétre tiré à cet effet sur Ut trésorerie.
C'est une si évidente injustice de priver ainsi un pays du droit dé se' servir de son argent pour payer un agent chargé de dé^ndie ses intérêts , tandis que son gouverneur , jouissiOiid'un salaire considéralile pris sur les fonds arrachés à la pro-
eONmE FRANKLIN. io5
^ioce par acte du parlement , peut payer largement les Ifauëuit et les Wedderbum pour insulter et diffamer les citoyens et leur agent, qu'une telle conduite n*a pas besoin de commentaire. Mais c*est lÀ ee qa'oD appelle gouvernement ! *
jo6 * . * RÉCIT
:pÉciT