LIT. IL SEC T. III. CHAP. V
sence des perspectives que le génie ouvre à l'humanité, yai croyez entendre retentir au fond de vous*mémes son, Moquent appel, qui vous sentes capables d'aspirer aux pannes qui lui sont réservées , ne craignez point de chercher dans votre amélioration morale une vraie initiation aux exercices de l'esprit ! Que vous faut-il? Des points de vue âevés ? Où en trouverez-vous de plus hauts que dans ces sommités sur lesquelles notre nature entre en communication avec une nature supérieure ?....Desémotions, tout ensemble calmes et profondes, qui deviennent. pour vous de fécondes inspirations?.... Où en pmserezrvousdeplus salutaires que dans les affections généreuses qu'accompagne l'oubli de soi-même? Les habitudes vertueuses garantiront le talent qui vous fut donné en partage , de se perdre dans l'oisiveté , de s'égarer dans une- ^direction fausse , de se dissiper dans de vaines et stériles, conceptions ; elles lui conféreront son plus digne prix., loi prépareront sa plus belle couronne > en l'appelant à servir les intérêts de l'humanité. Voyez , dans les arts brâlans qui décorent la scène du monde , que de pensées lumineuses émanées des foyers de la morale, et qui ont répandu au loin un éclat immortel ! queb types la. TOtu a offerts à la poésie , aux arts du- dessin i quelle éloquence elle a suggérée à la musique euVmémeli quelle vie nouvelle , quelle âme elle a répandue dans tous les tableaux dont l'imagination ébauchait les esquisses! quelle sublimité elle a donnée aux élans de l'art oratoire , aux. vues de l'histoire , aux considérations qui embrassent la science des choses humaines l Combien de couronnes . a 6...
méconnues , dédaignées encore par un talent trop rau de lui-même , qu'elle apprendrait à remporter ! Voili ce qui reste encore de plus neuf, de plus inépuisable ; i est une mine de découvertes qui peuvent , en diverses régions, être obtenues par les inspirations morales.
Dans les sciences exactes elles-mêmes , dans ces sciences positives qui, dédaignant l'assistance de l'imagination ne reconnaissent que des faits ou des calculs , n'invoquenl que des procédés rigoureux , l'esprit de méthode sera encore favorisé par les habitudes d'ordre que fonde la pratique de la vertu; l'esprit d'invention sera secondé par le goût des méditations sérieuses ; la persévérance du travail sera soutenue par les dispositions de la patience , par le mouvement d'un zèle désintéressé pour ce qui est d'une utilité générale. L'art de concevoir les grandes coordinations trouvera un appui dans ces exercices salutaires qui dirigent eux-mêmes notre pensée sur les vastes corrélations des notions morales , qui nous les rendent familières, qui nous apprennent à voir, dans une maxime universelle, des applications individuelles et prochaines. Il n'est aucun théâtre où se produisent mieux que sur celui de la morale , les rapports des vues générales aux spécialités , des théories aux faits, et des règles à la pratique.
Toute création n'est qu'une combinaison; or, Fégoïsme est , de tous les dissolvans, le plus actif; l'amour est le plus puissant de tous les principes d'union et d'amalgame. Une pensée forte est l'albance d'idées qui se trouvaient à une extrême distance l'une de l'autre dans