UT. II. SECT. III. CHÀP. VI
le rare privilège de satisfaire pleinement aux vœux tx besoins de la morale ; aussi esfr-ce de ce caracqm le distingue si éminemment , que ses premiers iseurs firent sortir leurs plus éloquentes apologies ; iraient bien qu'en appelant la vertu en témoignage, ae tromperait pas leur attente. Aussi , ses premières (oêtes furent-elles, soit parmi les hommes de bien , ni les hommes simples qui avaient résisté à la corfou du siècle, soit aussi parmi les sages qui avaient fondement médité sur les lois éternelles de la morale, •que les Justin, les Théophile, les Athénagore, les Btbène , les Clément d'Alexandrie! Magnifique homrçe rendu au christianisme , qu'il ait pu foire déserter aie même de Platon (i) !
jfcns le système général des êtres, tout procède par gradation continue , comme tout tend à une extrême Jché , quelle que soit l'admirable complication des sj c'est une pyramide immense dont la régularité ivre d'autant mieux qu'on en étudie davantage dis. Au degré inférieur de l'échelle gisent les aces inanimées , inorganiques ; successivement dsation se produit , se déploie ; bientôt elle reçoit de la vie ; le sentiment n'est encore qu'une , l'action qu'une simple mobilité. Avec la morale igence, commence une région nouvelle, qui couina les pères de l'Église se sont accordés a présenter les ! la morale naturelle comme les prolégomènes du Chris- ,et à chercher les preuves les pins éclatantes du Chris- *<W sa conformité arec la plus pare morale naturelle.
iv^awM
rotin* le» précédentes : c'est l'atmosphère dans laque! outre l'homme ; mais elle commence seulement à h L'échelle demeurerait-elle subitement interrompue ? progression s'arrèterait-elle précisément au point où no* vue vient à défaillir ? ce qu'il y a de prééminent dai l'ensemble du système serait-il exclu delà loi commun* le dessein restera- t-il avorté, la où il acquerrait pli d'importance? Ah ! il eut été bien mieux de le laisSi incomplet dans les espèces inférieures ! La nature eut ], se passer de quelques insectes, de quelques reptiles: e^ ne peut s* passer des degrés supérieurs dans l'ordre K l'intelligence et de la bonté. ^
Oui , l'homme est aussi un anneau intermédiaire dfe^ la chaîne des êtres. S'il voit ce qui est à ses P"aV pretaentee qui est au-dessus de lui. Ce qu'il y a dep^ relevé dan» I1>umanhé> la perfection morale et iutett tueUe* w*pN^*n*nt ce qui touche de plus près à a nature supérieur» , ce qui en reçoit les ptusiminédil '
iuttUttlàiMfclL
Kh I que«iguifieraieut donc ce mouvement secret, r WutOtoW* « die notro ame > qui se dirige incessamn^ vw* nue \Àm haut* perfrctioav tons ces soupirs qui **L Itml wmMauuueut un ordre meilleur, tous ces reg^ ' P ¥m*\4* m haut» pour attendre f accomplissement ij^ |vuuri tt\Y*t*eoi cette notion de Finfini , devenue '*J^ j •on W plu» cruel » d elle n'est pas une espérance p*^ et glpi'teutp \ cette tendance à gravir sans cesse ; ces ^ ^ qui Invoquent tout ce qui est capable de nous £«\J**' ce sentiment intime qui nous atteste que nous son* **
L1V. II. 8EGT. 111. CBAP. VI. 70
6t, les néophytes d'une vie meilleure ; cette dignité , • fierté naturelles qui seraient si peu justifiées , si nous xmsidenons que ce que nous sommes en effet ; ces rions si vives, si pures , et qui n'auraient qu'un objet usager; cette faculté d'aimer qui ne rencontrerait des objets si imparfaits et si limités ; cette vertu diète, si vraie dans tout ce que nous pouvons contrôler Fexpénence, et qui serait trompée sur ses plus chers îàs, dans ce que nous ne pouvous vérifier encore? eserait la terre, orpheline de Dieu ? Que serait l'humaé, déshéritée de l'immortalité future? Ah! la nature «le tout entière invoque et par cela même proclame, urài unanime , ce dernier rapport de l'homme avec tuteur , du présent avec l'avenir , qui seul donne la *tan de tous les problèmes de l'existence ! k religion, sans doute , est un soupir de la faiblesse; l*dk est surtout un vœu, un besoin delà vertu qui punrrit ces nobles instincts auxquels la religion doit pire; la vertu tressaille à la vue de la religion , de la joie qu'éprouve un fils lorsqu'il vole dans les bras mère. Et quelle voix s'élèverait donc dans Tintéfeflwmme, pour répon d re à la voix du Créateur, (n'était celle de la conscience? quelles puissances , recevraient la religion se présentant sur la id lai porteraient les hommages de l'humanité, si ces puissances morales qui l'animent , l'été- |tfb dirigent? quelle racine pourraient jeter les > religieuses dans une ame privée du sentiment de i est juste et bon? quel langage la piété pourrait-
cherchera pas un moyen de se rassurer dans ses écarts, de se dispenser des obligations actives, mais une lumière qui le garantisse des erreurs , une force pour triompher des obstacles, un encouragement pour mieux faire. Il entrera, en un mot, dans le véritable esprit de la religion, parce qu'il aura été inspiré par la droiture de son cœur(i). ♦
Le perfectionnement intellectuel contribue aussi, pour sa part, au développement du véritable esprit religieux. ' Car il ne faut pas oublier que le perfectionnement intellectuel dépend bien moins de l'étendue des lumières que de cette harmonie des facultés, qui est comme la santé de l'entendement : or, les vérités religieuses s'offrent naturellement à un bon esprit, comme un bon esprit est nécessaire pour les bien comprendre. La Providence a voulu que les fondemens sur lesquels ces vérités s'appuient, fussent placés dans le domaine du bon sens (2) ;
(1) Lorsqu'on entreprend de traiter le sujet le plus relevé qui puisse s'offrir à la pensée humaine , on s'impose de contenir en soi les émotions qu'il est propre à faire naître ; on craindrait de ne les exprimer que d'une manière trop imparfaite j on tremble de ne pouvoir trouver un langage qui corresponde a de telles vues , et cette réserve est d'autant plus impérieuse qu'on a de plus justes motifs de se défier de soi-même. Mais les âmes élevées vous comprennent j elles achèvent ce qu'on n'était pas capable de bien dire; il suffit, si on leur a pu rappeler du moins ce qu'elles savent bien mieux sentir , et si on a mérité d'invoquer jeur témoignage.
(a) C'est ce que l'auteur espère avoir démontré, dans no, Traité tur lesietence de Dieu , qu'il se propose de mettre aa.