‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-mêmeChapitre 13 sur 29 · DB8 MOYENS D^OBTENIR LÀ COHFIANCE DV PAUYBE · texte numérisé non relu

DB8 MOYENS D^OBTENIR LÀ COHFIANCE DV PAUYBE

Il est une condition préliminaire et indispensable pour travailler à Tamélioration morale da pauvre , et même pour diriger utilement les secours qu*on lui destine : c'est d^obtenir sa coniiance.

Mais cette condition n^est pas facile.

Il y a des indigens qui cherchent à tromper. L*habitude de Thumiliation dispose naturellement au mensonge ; la faiblesse cherche un secours dans la ruse. £n présence de celui duquel il attend tout , le malheureux dissimule ses propres torts , comme il exagère ses besoins. Moins vous êtes à portée de vérifier les faits qu^il aDègue , plus il se flattera de vous surprendre. Il a tant besoin de votre pitié ! tout lui parait permis pour la faire naître. Ces fausses peintures qu'il vous fait , ne sont presque à ses jeux qu'une sorte d'artifice oratoire employé pour vous toucher.

Il est des indigens que la timidité condamne

au contraire à nous cacher leur véritable situation ; et quelle cause en effet rend plus ordinairement timide que le malheur? ils fuient donc , et se replient en eux-mêmes. Ils n'^ont pas le coorage de soulever le voile qui enveloppe tant de misères : la^vue de Tabondance et du luxe qai nous environnent , leur impose, ^es infortunés! ils rougissent de leurs misères; ils craignent de rebuter notre patience; ils craignent que leor voix, ne cous importune au milieu de nos jouissances. Quelquefois une fierté respectable leur inspire cette réseiTC : ils ne veulent point s'exposer a nos dédains. Quelquefois même une délicatesse exagérée , quoique admirable , les porte a déguiser leurs besoins , aussi long-temps qa^ils espèrent y pourvoir sans une assistance étrangère.

En général , la différence des rangs , des con- (iitions et surtout celle des fortunes, élèvent entre les hommes un mur de séparation , arrête les communications intimes. La confiance; comme Tamitié , suppose une certaine égalité ; elle soppose le retour , ou du moins la possibilité du retour. Il faut , pour se confier , être certain d'être compris; il faut donc parler le même lan- S^Se , être soumis aux mêmes impressions , être placé dans les mêmes points de vue. Qu*y a-t^il de commun entre cet indigent qui reçut peu d^éducation , qui a passé sa vie dans les sueur» du travail , qui vit aujourd'hui dans toutes les

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privattona 9 et cet heureux du siëcle , 1m des plaiurs , dont le» moindres désirs sont prérenns? A peine le premier reconnalt-il dans le< second un être qui appartienne à la même nature. A son Insu peut^ire , un germe secret d*enyie se développe dans le cœur de ce malheureux 9 à la vue de celui qui fut comblé des dons de la for* tune 9 et s*il ne le porte pas k Taigreur , du moins il Tempéche de s^ouvrir arec abandon. Quelle sympathie espérerait-il d*un être qui n'éproora jamais rien de semblable aux tourmens qn^il endure ? quelle attention espérera-4^il pour deê détails qui sont pour lui d^une extrême importance, mais qui 9 pour l'homme présent, sont absolument sans valeur ? il est gêné par la supériorité que le seul hasard a accordée li un autre homme sur lui , par Tespëce d^autorité que cette circonstance prête k celui-ci sur sa propre destinée 9 par la dépendance où il se trouve , par la surveillance dont il va devenir Tobjet. D ne suppose guëre que Thomme favorisé de la fortune soit exempt d'orgueil et de vanité , et rien ne repousse davantage qu'un soupçon de cette nature. Si même il reconnaît les vertus de celui qui vient 2i son secours , il est gêné peut-être par l'image de ces vertus elles-mêmes, et par la prévoyance des efforts qui seront tentés pour opérer la réforme de ses mœurs.

Tout concourt donc à élever des barrière» entre le visiteur et le pauvre , lorsqu'ils auraient 'ant besoin de s^enteudrc.

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Ce n^est pas dans un jour que Ton triompliera de ces obstacles. Ce n^est pas non plus par les mêmes moyens que l'on surmontera des difficultés d'une nature aussi difierente.

Quels sont les moyens d'éviter les pièges que nous tend Fun , d'obtenir la confiance que l'autre nous refuse , d'établir avec tous un commerce propre à nous éclairer sur leurs besoins , à nous procurer une salutaire influence ?

Nous reconnaîtrons le menteur à son ton af-^ fimiatif , à son assurance affectée , à l'abondance de ses paroles; aux précautions qu'il prendra pour éviter toute vérification des faits qu'il allègue, à son empressement à venir nous visiter , aox prétextes qu'il emploie pour nous épargner les visites imprévues que nous voudrions faire chez lui. Défions-nous de tonte demande dont l'objet est annoncé comme tellement urgent qu'il ne laisse pas le temps de réfléchir et d'examiner. Défions-nous de tout récit trop bien arrangé pomr n'avoir pas été préparé d'avance et appris en quelque sorte par cœur. Rapprochons toutes les circonstances : soyons sur la piste de celui <{aî veut nous surprendre ; rendons-lui ruse pour nise ; au besoin , faisons-le tomber à son tour , dans quelque piège où son mensonge vienne à se . découvrir au grand jour , afin qu'il soit couvert alors d'une salutaire confusion. Il est pénible de le dire; mais l'expérience journalière force de le ^reconnaître : trop souvent les pauvres affectent

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une grande exactitude dans les pratiques de piété , pour se rendre plus favorables les personnes bienfaisantes. C*est en pénétrant dans leur intérieur , en étudiant leurs rapports avec leur fa^ mille , avec leurs voisins , en examinant remploi qu'ils font de leur temps , qu*on démêle les traces de rhypocrisie. Quelle que soit la juste importance que nous attachons aux d ;voirs religieux , ne faisons pas de leur observance , une condition tellement annoncée antérieure à tontes les autres , que Tindigent qui nous aborde se croie obligé de commencer , par son apologie sous ce rapport , les demandes qu'il va nous faire ] ne lui laissons pas lieu de supposer que Taccomplissement de cet ordre de devoirs peut le dispenser de tous les autres.

La bonté se montrant trop facile pcnt devenir un encouragement pour le mensonge qui cherche à la séduire. Elle doit donc savoir contenir quelquefois ses propres mouvemens , ne pmnt se montrer trop promptement attendrie , quelquefois même (ceci est dur à se prescrire) , se défendre de l'attendrissement. Pour démasquer le mensonge , on peut feindre un instant d'en être dupe ; mais , pour le corriger , il faut bien convaincre un menteur que loin de trouver aacun avantage à tromper, il n'a rien k espérer que d'une véracité scrupuleuse. Dans moê rapports avec les indigens chez lesquels le penchaol à tromper annonce un fond de bassesse , con-

Mrroiu «K dignité calme et mesurée; bnprioim*'4eur ^ §^ii «e peut , un respect qui réprime iabos <|u^ (ont de la p^vrole; <{u*il« ooa« voîeot «tt^otifi , esdtctf à vérifier let &it« , et toujouri ;'Jtite« 4«0Lf tuH réfolutioaf à ieur égard. L^é« «juîté appelle la vérité , eUe« sont ueurn.

Maie, gard(m«-iiou« de houk armer de préeau- ^ ïMii MffibbMes 9 ri6^^i« de ceux qui ne méri^ tmtpas Bof «oupçoiu ! Lorsque nouf rencootronj à^ ce» pauvrea iotérea «aa« qui n'otent révéler U>at le» cecreta de leurs disgrâces , ne nous battus point de leur arracher ces confidences avec utte cufiostté indiscrète ; craignons de les blesser ; 'efpectoas cette espèce de pudeur dont ils en- ^'^pent lear misère; qu'ils voient que nous i>'4Kroasen ea%. et le malheur, et la dignité skvec b<jw4ieîlf le supportent. Ne violons point Tasile <^ ils se sont réfugiés; quVui^mémes viennent xivuf l'ouvrir ; interrogeons peu ; attendons qu'on vfli disposé a nous parier. Oh ! qui pourrait se pvdooner d'avoir Immilié , offensé , par un doute '^uneux, l'être qui souffre? Relcvons-leaucon- ^me a «es propres yeux par nos égards et par ^*» (éooîgnages de notre estime ! Il Cnuàra savoir , dans Toccasion , le croire sur parole ; il taU' •ir» éviter , dans la forme du secours accordé , ce 'l<^ annoncerait la défiance.

Nous ne saurions trop nous prescrire , eu géiieml , 4'observer des égards , dans nos manières «t notre langage 9 envers les indigens dont le ca-

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ractère moral n^est pas dégradé. Ces égards sont dûs sans doute à la dignité de la nature humaine, que leur misère ne saurait altérer; ils sont dûs à leur patience , à leur courage. Ces égards , en les relevant à leurs propres yeax , soutiendront aussi leur courage ; ils calmeront Tamertume de leurs peines; ils les rapprocheront de nous ; ils leur donneront une preuve certaine et délicate de notre bienveillance ; car , on ne compte pleinement sur la bienveillance, que lorsqu^on la sent unie au moins k un commencement d^estime.

Il est impossible sans doute de détruire entièrement dans Tcsprit du pauvre les impressions que produit la différence des situations dans lesquelles le sort nous a respectivement placés. Mais , nous pouvons d'abord atténuer ces impressions elles-mêmes , en évitant de faire trop ressortir aux yeux de Tindigent les circonstances qui annoncent ce contraste. Ne les appelons point à être témoins de notre luxe , de nos plai sirs j sous ce rapport , conmie sous beaucoup d'autres , il y aura un grand avantage a aller chez eux , plutôt que de les recevoir chez nous , sans cependant que Taccès de notre demeure leur soit jamais interdite. La facilité a nous laisser aborder par eux, chaque fois qu'ils ont besoin de nous , prévient les humiliations les plus pénibles , celles qui naissent de l'appréhension d'être rebutés , tempère singulièrement ce que

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Vataerh vue de§ mpérioriiét mma\e«.

Maie la iWtUi ^fue ooti* taisont au pauvre , dao« ânu propœ 4<wa«e»i€ , combLe l>ica mieux encore fJA interraiie^ Là ^ c est de ta »it4iatîoB »eule que wnm «oauues oocopés txMie deux ; li« U nouf «ait ^'ieu mieux dispocéi à Té^x^uter ; iii ii voit dauy Ttsireiifea ^pe jmm* «af^i^eoa» avec lui , noa pUi «oe aiœple coiMLesceiidaoee de noire |/ait « uuM \etkmm%!fàSà%it <i*iioe affection sîniCÎ're. Que rien «orlout^ daju WH n»anière«, dan» no« e»precHQM 9 ne vienne alors tralûr de notre part Ja répuptaftee et le debout ^ à La vue de« ftiailion« de la 4w«ère t Que rien n^annonee ou l'aflect»lien d'usé diarité Castueuse qui «e (erait un wé' iitede eet eflort , ou les reeberelies d^uue inve»tiçilMB soupçonneuse 4 ou le retour seer^t d'une >«ttité 4}ui eroirait «'abaisser par un semblable coflMMree ! Tout ^ dan? cette visite ^ doit causer" >erde notre part le caractère le plus naturel et W Corobes les f^s simples^ Ob ! combien alors oe» bonnes gens en seront attendris ! qu'il» vous i*tTimi £He ! que , tout en se récriant sur la fatigue <}tte vous avex éprouvée , sur la triste réc<'ption qu'ils sont réduits à vous £aire dans leur misé' ntUe iéjour , ils seront cependant radieux de )«« , de vous posséder ainsi ! car , vous êtes pour sucettes «nstans à eux,

<i^MJlle que toit la distance des rangs « f«ti&oiis '««sortir- disons prévaloir, autant qu*il rst eu i»ou* , b:s liens de La graj^de confraternité reli-

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gieuse et morale. Si Findigent nous voit sincèrement convaincus de ces rapports sacrés qui unissent tous les membres de la famille humaine, il les sentira mieux aussi lui-même , pour retrouver les moyens d'entrer en commerce avec nous. Sachons Taimer véritablement , voila tout le secret. Le malheur a un instinct admirable pour discerner et reconnaître Taffection qui s'adresse k lui. Que jamais il ne puisse craindre de nous importuner par ses gémissemens ! Ecoutons-le , non-seulement avec patience , mais avec une attention favorable ; c'est Tun des traits auxquels se manifeste le mieux la bienveillance. N'exigeons pas trop de lui j ne nous refusons pas à entrer dans les moindres détails : une sollicitude paternelle- ne néglige rien. Sachons pardonner de petits torts excusables , au milieu de tant de circonstances contraires. Qui oserait se découvrir sans réserve , tout dire , tout avouer , s'il n'était assuré de Tindulgence de celui qui Técoote? Mettons-nous k la portée du malheureux, parlons sa langue, pénétrons-nous de ses habitudes, montrons-nous sérieusement occupés de tous ses intérêts ; surtout , associons-nous aux intérêts de son coeur ! Une caresse aux enfans fera épanouir le cœur de la mère : peut-être alors , elle se laissera entrainer à vous dire une portion des thagrins qui la contristent : elle vous racontera diverses circonstances de sa vie 5 elle vous montrera les détails de son petit ménage^ elle vous

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cQBfiiltera sur ses craintes , sur ses projets ; elle t'en trooyera soulagée , eo même temps qn^Ue se yenra éclairée ; elle ne tous redoutera pins aotant. Réjonissez-^ous d'ayoir ren/porié sur elle cette diMice idctoire ! Ne cherchez point a toak sayoir dès la première fois ; mais aussi , ne laissez point refroidir cette heureuse disposition; revenez Heniôt, reprenez naturellement le cours de ces entretiens. Déjàils ont produit leurs fruits, car TOUS avez été mieux plaôè pour donner une ntile assistance ; désormais on sera k l'aise avec ▼OQi. Oh ! quel moment que celui où un coeur accablé du poids de tant de peines, peut enfin l'oorrir , s^ahandonner h un coeur qui Tentend et loi compatit 1 Quelles consolations pour celui qui soaf&e ! Qelles récompenses pour celui qui soulage I Quelle puissance nouvelle est apparue sur la terre, pour protéger Thumani té contre les attemtes de la douleur !

Si rindigent cesse d^étre efirayé , repoussé par rimage des différences qui existent entre nos situations réciproques , Fimpression inévitable qn^il continuera d'en recevoir , pourra sous quelque rapport , avoir un effet utile. Elle servira à nous conserver une certaine autorité dont nous aurons besoin quelquefois , à prêter pins de crédit SL DOS conseils.'Il est nécessaire au bon ordre de la société , que les classes inférieures apprennent à envisager sans amertume les positions plus heureuses , et à respecter les distances que

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la ProTÎdence a établies entre les conditions diverses; cela est nécessaire même au repos de ceux qui appartiennent aux conditions les moins faTorisées. Que Tindigcnt nous approche donc , maintenant qu'il est disposé k voir sans amei*tume le spectacle de Taisance où nous vivons , et k n'éprouver auprès de nous que le sentiment qu'inspire une protection bienveillante. Par les mêmes motifs, nous conseillons d^éviter avec soin que noU'e condescendance pour le pauvre ne dégénère en familiarité ; nous perdrions dèslors une portion de Tem pire que, pour son avantage , nous devons excercer sur lui. Il s'appuiera mieux sur nous en reconnaissant notre sapériorité ; il abuserait peut-être si nous descendions à son niveau. Les pauvres sont à beaucoup d'égard» comme les enfans; ils en ont Tignorance; ils en ont l'imprévoyance ; ils se laissent facilement aller; ils veulent être soutenus , contenus, dirigés ; il leur faut plus qu'un bienfaiteiu' , il leur faut un instituteur dont le caractère ne soit jamais méconnu d'eux.

Défendons-nous cependant de leur prodiguer les enseignemens , et ne nous abandonnons pas sans réserve aux impulsions de notre zèle. Quelques paroles semées à propos, d'une manière naturelle , germeront , lorsqu'elles rencontreront des dispositions favorables. Mais , les longs . discours , les sermons , iraient le plus souvent contre notre but. Celui qui a faim et soif écoute

4\^ pctt 4e patMace le« tfaité» de morsle. Agâ«' Min» ^'«iwfid et MMM raMMmeronf eofuite^ 0*4111i*iMv^ 4mi« &es «0MlilkMM iafénettret de la co- 'itié^ ie« «sprito iOAt «o général pl«« vîvcflieot iréffè$4^ p»n4e» wmçêeit et c^wcim*, ik «wt peu ai|>aMe» de mâkvre le* déreioppemeiM et de i'^icir lof^emp» leur aUefiti<N>. U laut éviter par^ i^rsMif tMft d*e%pa9er let •aMimet ia«ir«setioiH ot la flMMraie , à Cnre naître le déf oét et la las- Miu4«> MetnnNM done retendue de nof eon«eil« 41 U rapafit» de eeui^ <{4d le« reçoivent ; ériUm* il» iorinef pédante«(|nef qni refroidUfent et rebutent; reBéém» Mni»iblef le* rérîté« que noti» w^ylosf ÎAQukf ner 9 «an* leur rien Caire perdre 4? U 4ifnîté <{<u doit leur eoneilter le re«peet, ^^tte le niallieureitt, dan« no« arîf mène let pkit ^kre*, aperçoire tOttî<Mir« un ténKWfnaf e de )idEMtMn4|uenau« Ini portant!

My M 4fiiie uo art pour régler no« rapport» y^ec le paurre; Ton est trompé lortqu^on suppose 'fue r«n peut 9 aree eette ^«se d^indtvidus, se Usier aller 9U%, impressions du moment, comme 4tUMi lorsqu^'on eroit pouvoir se àirï^ar eavera *m- par des te^e* uniformes et générales^ Ce» difectioBs varient eoeore « suivant le degré d*é- «W'^Uon <{u ont reçu les indîgens avec lesquels iJ<wis «ommes en relation ^ et suivant que leurs U;iliîl«4es sont plus oa moins grossières. Elles ^ ^neat aussi d'après Tâge et le sexe, La vieillesse tvmùe'i La mài*ère\ mérite de singuliers égard» ;

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les infirmités donne&t des titres particuliers à rindulgence.

Une certaine expérience de ce genre de commerce , peut seule enseigner la manière de s*j prendre , au milieu des circonstances et de dispositions si différentes , pour obtenir ou la confiance du pauvre ou du moins Tautorité morale C[u*il a besoin de ressentir. Mais Thabitude des communications avec les indigens peut à son tour conduire à quelques fausses manières de voir et d*agir; il est des pauvres tellement déhontés 9 avilis , que le dégoût et Téloignement qu'ils inspirent ^ rejaillit infailliblement sur ceux qui se présentent avec les mêmes dehors. Lorsqu'on a été souvent trompé , en se livrant au plus doux des penchans, on devient quelquefois défiant jusqu'à Fexcès ; quelquefois on ne sait pas assez se défendre des tristes impressions que fait ressentir la vue de l'ingratitude. Quelquefois on se décourage par l'inutilité des efibrts renouvelés pour arracher un malheureux à ses funestes passions, et on désespère trop facilement de toute guérison. On se blase sur de certaines choses ; on se fait des routines sur d'autres ; on prononce trop promptement sur la foi des inductions ; on croit pouvoir juger d'un coup-d'œil ; on se dispense de scruter avec le même soin , se confiant trop à l'expérience acquise.

L'un des dangers dont nous avons le plus à nous garantir dans notre commerce avec les mal-

heureux, est la facilité à nous laisser surprendre |)ar des préventions favorables eu défavorables. Trop souvent les personnes qui se dévouent à l'honorable fonction de soulager Findigence , conçoivent certaines prédilections , certaines répagnances également aveugles. Le ton , Tair, les manières du pauvre peuvent suffire pour exciter ce$ capricieuses dispositions , dont on ne se rend point compte, qu'on aurait peine k s'avouer. Ces préférences se résolvent cependant en de vraies et réelles injustices : souvent elles récompensent Tastuce et Tintrigant; le malheureux qui se trouve encore affligé de disgrâces extérieures , n'en est que plus K plaindre. Ces préférences aperçues , senties par le pauvre , produisent sur lui les impressions les plus funestes ^ elles enhardissent ceux qui nous tendent des pièges ; elles repoussent ceux qui avaient besoin de se faire connaître; elles excitent quelquefois entre les indigens de tristes animosités; elles enlèvent aux dons de la charité le caractère qui devait les faire reconnaître, qui devait en faire bénir la source.

Le visiteur du pauvre doit s'attendre k recueillir constamment un mélange de peines «t (le jouissances. Souvent il éprouvera de tristes mécomptes : il verra le malheureux qu'il aura voulu soulager conspirer lui-même contre ses généreux desseins , convertir en poisons les remèdes , déconcerter les plus sages prévoyances ;

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quelquefois même payer les bienfaits par la malveillance ^ Il s'affligera de trouver des âmes tellement dégradées , que rien ne peut les arracher à Fignominie ; teUement insensibles et dénaturées , qu'aucune affection ne peut les émoa« voir, n faut d'avance se résigner à ces dores expériences , pour n'en être point refroidi. Mais aussi quels dédommagemens ! Voir an pristemps, la nature se ranimer, se parer de fleurs, est un spectacle moins doux que de voir des créatures humaines renaître tout ensemble et à la sécurité et k la vertu ; eh ! quoi ! une teDe puissance serait-elle accordée sur la terre? une semblable résurrection serait -elle notre ouvrage?

1 J'ai m , depais pea, deux admluiitrateitrt de charil^ citét devant lea tribananz par des paarres qu'ils avaient secooroj, soos le prétexte de torU supposé*, poors^ entendre attaqner par les plus Indignes calomnies.

BU PAVTRF. iSg

CHAPITRi/ fx.

DE L*éDUCATIOV DES EH7AVS DES PAUVHES.

Plus on étudie les causes de rindigence , et plus on reconnait que le défaut d'éducation est celle çpii fait le plus d''indigens , comme elle est aussi ceUe qui fait le plus de criminels. Un des pltis grands services que nous puissions rendre aux pauvres est donc de préserver du moins leurs enfans d'une aussi funeste influence; une l)onne éducation mettra ces enfans en mesure <le soatenir un jour leurs vieux parens , de les consoler. N'est-il pas d'ailleurs dans notre missioD d'étendre notre sollicitude sur la famille entière, d'aider aux parens k remplir l'un de ieors premiers devoirs?

En pénétrant dans ces malheureuses famUIes, on est quelquefois confondu autant qu'attristé , (ic voir jusqu'à quel point peut aller la cruelle ■Qdifférence des enfans pour les auteurs de leurs jours. Infortunés vieillards ! Je vous trouve ^cols, abandonnés , sur le lit de douleur où la "Daladie vous retient ! N'avez-vous donc pas un fils, one fille? où sont-ils? Vos larmes me le

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disent. Mais , si vous leur aviez proiCuré une éducation convenable, serie^vous délaissés de la sorte ! qu'en avez-vous fait pendant le cours de leur enfance?

Une bonne éducation physique , dans les classes inférieures, aurait déjà Timmense avantage de prévenir beaucoup de maladies , de donner plus de forces et d'aptitude pour le travail ; mais cVst de quoi on ne s'occupe guères , et le régime des enfans , en tout ce qui n'est pas sous la loi de la nécessité , est abandonné aa hasard. Celte nécessité, en 'soumettant les enfans aux privations , k la fatigue , tendrait sous un rapport h. les fortifier ; mais la négligence , le mauvais régime , Fexcès des privations et des fatigues elles-mêmes , tendent d'un autre côté à affaiblir leur tempérament.

Les enfans des pauvres respirent, des le berceau , Tair le plus infect, dans les tristes habitations qui servent de refuge k leurs parens ; la plupart du temps , ils y croupissent dans Tordure ; ils y souffrent du froid , de Thumidité ; ils y sont exposés à mille accidens. Si la mère veut rester auprès d'eux , il faut qu'elle renonce au travail que sa profession exigeait peut-être hors de chez elle ; si elle les quitte , demeurant sous la garde d'une voisine, ou tnéme abandonnés tout seuls , ils peuvent se blesser , se bràler '•

1 Le jour même où je venais de tracer cei lignes, i*u>

L^i qu*ib eommeacent à pooToir courir , Ils innt peni-étre errer dans le§ met. Ces tnccmvéoîeiif fODt encore let moiof âdienx : la pre- «ihe éàaeatMim cammeace beaucoup plus tdt 'fo'oo ne le pense eomtinméuieut. Ayant que kf ea&iM «neot en âge d'aller 3i Téeole , iU re» '/«fent chaque jour une foule d^ImpreMums , ii» eontnctent de nombreusci balntadei qui iaâaerottt beaucoup tnr leurf disporitionf et i^w caracth'e ; les obf ets qui frappent leurs re» ^ardf , Icf discours qu'ils entendent, les exemples ^kntilii sont témoins; liffari simples |eux euxui^mcf font dé|k une sorte d'éducation ; on est qtKlqudbis étonné de Toir combien le germe ^% Yiccf peut se dérelopper de bonne heure. Ail contraire 9 le goât de Tordre , Tattention 9 rappiicatiott 9 robéissance'9 le sentiment du res* p'^, celui de la gratitude peuvent prendre D^ÎMancc àk* les plus jeunes années.

Cet considérations ont suggéré k des pert^rnoe* bienfaisantes le dessein de réunir les encrai dcf paurres an-dessous de sept ans, dans ^% asiles où ils seraient confiés à des personnes «vref . où ils respireraient un air salubre, recevraient les soins nécessaires, seraient tenus proprement, s^essaieraient à d'utiles exercices, commenceraient graduellement k ébaucher quel-

troavtf i|Mtr« petiU cofaM en bu flg« , seak , dans noe '•^Mibrs en dîfortf rs ) l« père «t la mère éuleot ton* ^nt «lUf li^rc ftii-dehorf leur oavrsge accootomé.

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que petit travail , préluderaient k rinstraction qu*ils doivent recevoir ensuite '. On ne peut assez applaudir à une idée aussi ingénieuse et aussi sage tout ensemble. Lk où elle n^a point encore été exécutée , on pourrait trouver du moins des personnes qui moyennant un modique salaire, recevraient les petits enfans en dépôt , et quoique cet arrangement fût bien loin de procurer sous tous les rapports les mêmes avantages que les salles d^asile , on rendrait cependant un service essentiel aux parens qui ne peuvent soigner eux-mêmes leurs enfans en bas âge , si on leur procurait les moyens de les confier k des personnes honnêtes , soigneuses , et logées dans des conditions plus favorables à la santé. Il y a quelquefois des maîtres et des maîtresses d^écoles qui consentent à se charger de cette surveillance dans des salles particulières.

t Uo ëuhliuement de ce genre fat formé à Paris . il y H plas (la vingt ans, par one dame qa^iotptn le génie de la cbarilé et dont la ?ie offre tous les aaodèles. Eu iSis, M. le baron de Voght, dans son beau travail snr l'organisation des secours à domicile poor la ville de Marseille , proposa d*y former des asiles de ce genre , en montra tous les avantages , en traça Vot^iiisalion. - L*Anglet<^rre s'est ensuite emparée de cette idée; les azylums i^j sont multipliés, y ont alteiat rapidement un haut degré de perfection , en inspirant k plus vif intérêt an public. Paris voit se former en ce aïO' ment une association dirigée par des dames pleines de sèle , qui , nous l'éprouvons , ne tardera pas i voai iéire tonir des mêmes bienfaits.

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