‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-mêmeChapitre 15 sur 29 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

on CHOIX , DE I^ MBSCSE ET DE X^ SCITE 3 DàJSS X^ - DISTAISUnOV DES ££OOC&5.

fiiEï connaître la situation du pauvre , la nalare et retendue des besoins qu''il éprouve , ses ^spositions, son caractère, c>8t avoir détermioé d^ayance le genre de secours qui lui seront nécessaires.

Cependant , il est ici quelques considérations tjui demandent à être méditées ; elles conduiront peut-être à faire reconnaître que le visiteur du pauvre est encore sous quelques rapports , le canal le plus opportun et le plus utile pour «ire parvenir au pauvre les secours qui lui sont destinés.

U est certaines règles fondamentales, trop connues pour avoir besoin d'être développées , mais qu'on ne saurait trop souvent rappeler , parce que la négligence , Tinexpérience , le délaut de réflexion , une bonté trop aveugle , les font trop facilement oublier ou méconnaître par

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ceux.-là mêmes qni portent au pauvre le plus bienveillant intérêt.

U faut , autant qu'il est possible , donner eo nature , c'est-à-dire , donner les cboses Déee«saires , plutôt que Targent qui servirait à les procurer.

n faut donner les objets qui correspondent an plus instantes nécessités.

n faut donner ceux qui sont le moins susceptibles d'abus.

Il faut donner non en provision , mais an for et a mesure de la consommation.

n ne faut jamais accorder , ni sous le rapport de la qualité , ni sons celui de la quantité , qa^'on secours inférieur a ce que le pauvre se fût procuré lui-même par son travail, en sorte que, mjôme étant secouru, il demeure encore dans une condition moins favorable que s*il eût pu subvenir lui-même a ses propres besoins.

Le secours doit être fourni à propos , an moment opportun , ni plus tôt , ni plus tard. H ne doit point se prolonger au-delà de la durée de la nécessité qui Tappclle ; il doit s'étendre^ se restreindre , se modi6er avec elle.

De graves erreurs ont été commises dans le^ spéculations théoriques sur Tart important àt la distribution des secours , parce que les anUor* de ces spéculations n'avaient pas été sans doute à portée d'étudier attentivement par eux-mêmes la condition du pauvre.

On a «apposé qw* F^u-jf» ii» in^niarw^fi . nu* le manque de iramil^ vs. > ii»n<':f t»»» .niv»*-hnces , étaient les Oîis<fs »eTu?r «ii»^ »^.^^.<i^i»^^*5 de la panyreté. Ssan «{.vi*"!^. «^r^Tiw» nK*imie circonstance p«raly^*î, 1*0*1 ut >vi , me \n plusienr» branchen iTm^iu-in'-.** tiii - v.':iivi«»Tir lieaacoifp de bra:)^ ii «e ivnut xne «i;*^»*» 1<» paorre» comp^me dl^ ton*» «-ifrix "nw v» i*^v*nt plus être employé^i <i;«ns *i»^ ^cnr^» 1<»^r^?*e-«?nni», et qui n'ont pa rèof^^ fw.yci * i' v.*H»j*»r i' in#* antre maDÎere: *»»» 4r>ntf^. U>r^pi in«» li«*?tt»» vient dBi^er vaut eoBfr'»** , l* *i*»^ ini^n tu jr-.t i«»3

'^jui n'obtieimenf par kar nriv*it tii« w «Uire ie pins modiqne. Maw <e ^Anr là i«»^ .îr:.»i*»^ pas-» <«ïgwe» , ce âo«t d*i eas exrr »4M*iin;«;r<»s La 3«iv- Tretéqni en e^t le tésait-it. C3C imi H«;»n paAs*- :er cooinie sa canse.

Ma», de ce qae la ce^-ufif^n 4n tr;»v <)il et la <iiiette eBgendve de noavetlei «*l^s-^es <ie paiv- ^e» , 3 ne tant peu ef>n«îiore «pie la p:iuvr«»té teOeq^'efle se prrxinît daiw Tetat wiin^ire de w» société? , sort la con«jcqnence de ces deux »nême» eanse^. Elle derWe d"an ci»nrre de canne» ''omtan^s , Kabîtoelle? et ordinaires d/^nt l'aetÎMi est hkérîtable daiw le^» société* même oà le tnrul est le plas demandé , on les sobsistances vitA. le plas aMndantes,

Les contrées de l'Europe on les auhsistancrs ^''tX le pla,s abondantes et 00 Ton vit a mciHeor

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marché, le midi deTItalie, par exemple, sont celles où Ton voit le plus grand nombre de pauvres : celles au contraire , comme la Suède, où les subsistances sont plus rares et plus chères ^ sont celles qui offrent le moins d^indigens. Il peut même arriver quelquefois que rextrême abondance des denrées , vienne , sous unrapport. augmenter le nombre des pauvres, si, par la gène que le propriétaire et le fermier éprouvent, en ne pouvant vendre leurs récoltes , ils se trouvent forcés, dans leurs dépenses à une réduction qui restreint la demande du travail.

C'est pour avoir commis cette erreur fondamentale queMalthus, dans son Traité sur la population^ si neuf, si profond, à plusieurs égards, mais quelquefois si paradoxal , s'est trouvé entraîné par la rigueur même de ses déductions logiques , k des conséquences si singulières , eu critiquant le régime suivi dans les sociétés modernes pour le soulagement des pauvres , conséquences qui , révoltant en nous le sentiment de rhumanité , auraient bien dû l'avertir par cela seul et lui faire soupçonner qu'il était tombé dans quelque méprise capitale , sur les principes qui lui avaient servi de point de départ.

Les calamités extraordinaires qui , en venant fondre sur un pays ou sur une cité , privent momentanément un grand nombre d'ouvriers de leurs moyens accoutumés de travail, ou occasion-

PU PAVv&£. iG5

u^t , dznt les subsistances , une rareté et une (lévatkm de prix par lesqu^es les familles qui 'lUt les plus faibles ressources , se trouyeut e.\pat>ées aux horreurs de la faim , ces calamité» (if'maodent elles-mêmes des remèdes extraordinaires qui ne peuvent guère être apportés qu'avec le concours de Tadministration publique. tVe grande prudence j un grand discernement sr/ot nécessaires dans le choix de ces remèdes , et i administration publique pourrait , par un zèle mal entendu , se laisser surprendre par des erreurs qui aggraveraient encore le mal au lieu de ^ le soulager. Nous aurons occasion d'indiquer dans Tutt des chapitres suivans , en quoi la coopération de Tadministration publique peut être nécessaire dans ces deux hypotlicMCs , et le» erreur» dont elle doit se garantir. Nous ferons reloarquer seuleoient que la cessation du travail , pjur devenir une cause générale , quoique pas- "«f^ère, de pauvreté, doit affecter certaines branches d'industrie qui emploient un très grand nombre d'ouvrier» , entraîner une paralysie presque entière dans cette branche d'industrie, ce qui suppose que la matière de l'objet d'un ^fmblablc travail se rapporte ou à un objet de luxe ou de caprice, dont la consommation peut ^'tre momentanément interrompue , ou à des obj<*Uqui trouvant ordinairement leur débouché au-drthors , ne peuvent plus s'exporter par l'effet <i*une guerre ou de quelque autre circonstance.

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Mais il est difficile que cette cessation de travail frappe sensiblement sur l'industrie qui poorroit à la consommation intérieure , et aux objets de nécessité qui correspondent à la consommation la plus générale. De plus , lorsqu'il se trouve un grand nombre d'ouvriers inoccupés , le faible prix qu'ils sont contraints de mettre a leur journée , suggère à quelques particuliers l'idée d'un genre d'emploi qu'ils n'eussent point entrepris sans cela. Alors même que la branche d'industrie qui a été frappée , ne se ranime pas , il arrive donc presque toujours que quelque autre branche se développe et la remplace. De la sorte, après une souffrance et une stagnation temporaires , de nouveaux moyens de travail viennent s'offrir. Quant aux subsistances , il est aujourd'hui bien reconnu qu'il n'y a presque jamais de disette véritablement réelle. A peine les plus fortes disettes supposent-elles un déficit égal à la quantité de subsistances nécessaire pour alimenter ce pays pendant quelques jours de l'année ; en supposant que ce déficit fût de dix jours, ce qui est beaucoup , il suffirait donc que chaque habitant réduisit sur sa consommation journalière un trente-sixième au plus de ce qu'il dévore, pour que l'équilibre fût rétabli. Or, assuré ment , rien n'est plus facile , sans que ni le^ forces , ni même les jouissances en soient dimi' nuées d'une manière sensible. On obtiendrait certainement cette réduction , en évitant seule-

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meot b déperditioii qui résulte da ç&spîiiaçc . *'n soignant mieux la conseiTalîoD des denrées « jV débit et la préparation det alimens. Hais . en Mipposant que chaque îndiTÎdn réduisit en effets «.iiaque jour , d^un trente-sixième ^ La quantité (l'aiimens qu^il consomme, cette réduction ne serait pas aperçue d^une manière sensible : bien loin qu'elle fût préjudiciable aux forces et à la d'inté, elle leur serait certainement utile ^ si même eHe était quatre ou cinq fois plus considérable encore j car, il est reconnu qu'on mange généralement beaucoup au -delà du besoin réel , qu^nne plus grande frugalité , serait dans tootes les classes, un régime très salutaire. D'aill«?urs, la disette n'affecte guère qu'un seul genre 'le denrées j le pain ordinairement. Ce n'est donc pas même la quantité totale des subsistances qui '^t diminuée dans cette proportion. Les per- '^onnespeu aisées , réduisent leur consommation f^ alimens plus recherchés et plus chers , se '"'intentent d'alimens plus grossiers. Or, l'élévation du prix sollicite naturellement chacun à opérer cette réduction insensible , à prendre avec plus de soin les mesures d'économie. Enfin » la production des genres de denrées accès* ''>ire8 est excitée par une plus grande demande. £n définitive , il reste certainement beaucoup plus de subsistances , même dans les grandes di^ celtes , qu'il n'en faudrait pour nourrir toute la population , si , par une bonne distribution . il

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était po»Mble de faire k chacun ga jojte |»art ^ 6t. lui imposer le ré^poie conTeDable, Lcsprirâtion^ trop réelles qui accablent alors la nniltiinde, proYiennent'des alarmes elles-ménies qui para' lysant la circulation , laissent les marcbés aride. de Texcës des précautions qui fait faire des proirisions exagérées , de Télévation du prix ei^ . qai excède les facultés de§ classes les moins fortunées , mais qui , ellC'-méme résulte en pajti« de ces causes artificielles. Ainsi se dissipe cett'^ fable trop légèrement conçue , présentée et pro^ pagée , sur un prétendu déficit de subsistances qui menaçait sans cesse et tourmentait fréquenment nos sociétés modernes, ef qui seiait U cause principale de la pauyreté.

Mais , nous ne derons nous occuper en ce moment que de Tétat habituel des choses , et de« causes de paurreté qui agissent ordinairement

Ici, 1 observateur qui étudie de près la condition du pauvre , reconnaît que le manque de 1 rarail est un cas isolé, fortuit , et assez rare. Od ne le rencontre preM]ue jaoïais dans les villages : Textréme variété de ^ occupations champêtres d'y laissant guère de bras inactifs. Dans le» rifle» i ' et surtout dans les grandes villes, plusieurs de* travaux de l'industrie sont sujets h une certame oscillation qui entraine , pour un nombre d^oorrier» plu« ou moips considérable , quelques interruptions d'activité. Cette oscilbtion résulte quelquefois des caprices de la mode , quelque'

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fois des yariations des saisons ; ou d^antres drconstances qui occasionnant une consommation irrégulière , inconstante , occasionnent aussi des Tariattons parallèles dans le nombre des ouvriers demandés pour y satisfaire. Ce genre de suspension de travail se fait plus particulièrement sentir aux ouvriers qui travaâlent pour le compte «raatrui , ^ ceux qui sont moins appliqués , 00 moins habiles , ou k ceux qui , travaillant pour leur propre compte , n^ont pas assez de capitaux pour préparer de nouveaux objets de fabrication, ci les conserver en magasin pendant le temps de la stagnation. Elle se fait sentir encore d^une manière plus marquée à ceux qui ont adopté nn ^enrede travail entièrement spécial, et qui, par cette circonstance , sont moins propres a embrasser en peu de temps un autre genre dWcu-> pations. Enfin , cette suspension momentanée <te travail ne plonge dans une détresse absolue , <|ue les ouvriers qui n'ont pu ou su mettre en réserve aucune économie pendant qu^ils étaient utilement occupés.

On est à cet égard facilement trompé par les apparences , les fainéans ne manquant jamais d^^éguer que le travail leur manque , lorsqu*en ofiet ce sont eux qui s*j refusent, ou qui du moins s*en acquittent assez mal pour qu'ils ne trouvent pas de maitres disposés à les occuper. Ouest trompé encore, et surtout dans le pays où de fausses vues sur Vadministration des se-

cours publics , ou des institutions mal dirigées encouragent la fainéantise , ce dont nous n'avons malheureusement que trop d^ezemples.

Mais , lorsque la distribution des secours publics sera soumise k un régime sage et bien entendu, vigilant , réservé, sévère pour la fausse indigence, généreux pour la véritable , cette source d'indigence se trouvera singulièrement réduite ^.

Il y a des causes dlndigence permanentes et sans terme : il en est de temporaires , plus oq moins durables.

Les premières comprennent d'abord la vieillesse , et celle-ci va croissant de jour en jonr ; ensuite les infirmité» incurables, la privation d'un ou de plusieurs membres , enfin la cédté. Au nombre des infirmités incurables se placent quelquefois l'aliénation mentale , et toujours l'imbécillité.

Mais une partie de ces causes , quelque étendue et inévitable qu*en soit l'action , permettent encore quelque travail , travail borné , il est vrai , qui ne peut guère être exécuté qu'à domicile , qui ne demande ni beaucoup de force , ni des organes parfaitement sains.

Parmi les causes temporaires figurent , enpre-

1 Chargi^, depuis plnsienrs années , cl*aae dirUion qai romprend environ trois cents ménages panvres, dans la rille de Paris , )e n*ai goère compté bahituellemeiit dans ce nombre qu*an oa-deox ménages que le manqua de travail eftt contraint de recourir aux seronrs pnblics.

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mière ligne , la maladie et les blessures. Si Tindtgent est seul , les nécessités qui résultent d^unc telle situation sont absolues. Elles sont plus grandes lorsque ce malheur atteint le chef de la famille : elles se font sentir encore s'il atteint un ou plusieurs de ses membres.

Les femmes en couche rentrent dans cette première catégorie.

U y a certaines infirmités qui , sans être précisément la maladie , nuisent à la capacité de travail : une poitrine délicate , la vue faible , etc.

Aq second rang des causes temporaires se joint la conditi<m de TenfiEince chez les orphelins.

Vient ensuite la yiduité , lorsqu'une veuve est chargée de plusieurs enfans en bas âge. Le tra- ?ail d'une femme suffît à peine à ses propres l>esoins.

Un mari et une femme , chargés d'un certain nombre d'enfans en bas âge , peuvent être mo- QKDtanément hors d'état d'entretenir toute leur famille , si la profession qu'ils exercent est peu Incrative.

Dans ces deux dernières hypothèses , le travail pourvoit à une partie des besoins ; les secours ne sont nécessaires que pour combler une lacune.

Bnfin , la dernière cause est cette cessation de trayait qui provient de ce que Touvrier ne trouve pas à s'occuper.

On voit combien doit varier le genre d'assis-

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tance que réclament des conditions si diverses. Le premier de tous les soins doit consister à faire en sorte que le pauvre trouve encore a. stccomplir la portion de travail dont il reste capable, et veuille Taccomplir quand il la trouve; etc^est pour ce motif quil importe de n'offrir jamais qu'un secours inférieur à ce que le travail eût procuré. Il s'agit moins , le plus souvent , de pro* curer directement Toccupation , que de fournir les occasions , d'ouvrir les rapports qui conduiront à l'obtenir ; on ne peut trop exciter , contraindre même , au besoin , l'indigent à s'industrier lui-môme. Il faut le tenir en haleine, d^ns l'intérêt de sa dignité morale , pour l'empêcher de retomber sur lui-même , pour exercer son énergie et son activité , au besoin même pour le distraire. Toutefois , il est souvent nécessaire de l'aider aussi. Par exemple : Une pauvre vieille femme ne peut plus travailler de ses mains : mais elle peut encore vendre en colportant ; si même elle a peine à marcher , elle peut vendre en étalant au coin d'une rue. On sollicitera pour elle de l'autorité municipale, les pennissioDs nécessaires ; on fournira un rouet à une autre qui est retenue chez elle ; on recommandera un vieillard , un homme privé de son bras , pour être gardien ou surveillant. Quelquefois même on tâchera de procurer la petite avance de fonds nécessaire à ces malheureux pour avoir soit les instrumens , soit les matières , soit les objets de ven-

(e rar lesquels «^exercera leur petite indusirie.

Ce qui est surtout à désirer dans la portion de trayafl qu'on procure aux indigens , c^jest de pooYoir la faire servir aux indigens eux-mêmes , comme , par exemple , de faire confectionner les «hemises , les habits distribués aux pauvres , par les mains d'autres pauvres On réunit ainsi demi bienfaits a-la-fois. De plus, comme il est essentiel que le travail procuré directement à Hodigent soit moins productif pour lui que ce* lui qu'il aurait obtenu par lui-môme , on trouvera aossi dans cette combinaison un moyen d'éco- OQfflie.

Ce premier genre d^assistance épuisé , viennent les secours proprement dits.

Pour les malades et les blessés , ils compren* nent les soins du médecin ou du chirurgien , les médicamens ou pansemens , le linge , le bouillon ^ le chauffage. Quelquefois dans les maladies grades ^ il est indispensable de fournir une garde ; mais, alors aussi, on peut employer une autre iadigeote , et faire ainsi du bien a deux k-la-fois.

Pour les valides , les secours peuvent embras» <er, suivant les cas , les alimens, le pain et les soupes eu première ligne , les layettes des petits eniaos, les vétemens , la chaussure , lé chauffage en hiver , le coucher , les meubles et les nsten* Aies les plus indispensables , le paiement de quelque terme de loyer , la délivrance de quelques effets mis en gage.

Pour 1«8 enfans , Téducation et Tapprentitsage complètent les deux ordres de secours que nous venons d'indiquer.

Le* degré de confiance que mérite le pauvre , par sa sagesse , son économie , son esprit d^ordre , doit influer beaucoup sur le choix du genre de secours qui lui seront apportés , en tantdnoKMns qu'on est libre dans ce choix.

En général, le pain est de tous les objets d'absolue nécessité , celui que l'indigent se procure avant tout , avec les ressources qui lui restent . et c'est cependant aussi celui qu'on doit araot tout lui procurer. La raison en est que c'est cdoi dont il peut le moins abuser , qull se fournit au jour le jour , au fur et ^ mesure du besoin. A côté du pain , et presque au même degré , se placent les soupes économiques , dans les villes où Ton a usage d'en confectionner et pendant la saison où elles se distribuent. Cependant ce second genre d'alimens rencontre dans la pratique quelques inconvéniens qui n'existent pas pour le premier. Les indigens vendent quelquefois les bons de soupe au lieu de les employer : s'ils veulent rapporter la soupe chez eux pour la partager avec leur famille , il faut la faire réchauffer : tous le» estomacs ne s'accommodent pas de ces soupes , telles du moins qu'elles sont ordinairement préparées ; on voit fréquemment des indigens qui les refusent. Il serait très utile encore de distribuer des pommes de terre et du bouillon d'os ,

«juoiqae cela ne soit guère en usage. Car , Tindigeot, quelle que soit sa détresse , ne peut vivre «eolement fie pain , et ce sera lui rendre un double service que de lui procurer au prix le plus ccoDomique les alimens qu^il y peut joindre. Il emploiera alors les ressources qui lui restent à »e procurer les autres objets qui lui sont néces- Mires ; en attendant il aura du moins vécu ; on aura pourvu au plus pressé ; la faim ne s^ajoume pas.

On reconnaît ici une seconde erreur fondamentale de Malthus. Malthus suppose que le pain et les alimens distribués au pauvre par la charité publique ou privée , augmentant dans U même proportion la consommation totale des ^uixistances dans le pays , diminuant d'autant ce qu'il en reste pour les autres consommateurs, fera élever 4e prix de ces denrées , en accroîtra encore la rareté. C'est n'avoir point vu comment ies choses se passent dans la réalité. Il arrive précisément tout le contraire. Le pauvre, à qui îoqs distribuez le pain et les légumes , se les fût procurés lui-même , ainsi que nous l'avons <^it, avant toutes choses , avec le peu qu'il a ^ nwis abrs , il se fut refusé des objets d'une né- ''essité moins pressante : le cbaufTage , le linge , les habits, le mobilier, etc. ; peut-être même, il eut vendu ou mis en gage ses effets. On ne voit insère de pauvre , quelque pauvre qu'il soit , njourir de faim. Que fera donc la cbarité pu-

blique ou privée ? Elle lui procurera les mtoes alimens , en lui rendant la faculté de pourvoir alors à ses autres besoins. Mais la charité publique ou privée , si elle est bien éclairée , loi procurera des alimens mieux confectionnés , plus nourrissans ; elle y emploiera des denrées qui eussent été perdues j appelant à son secoors les lumières des sciences et des arts , elle obtiendra des alimens tirés de substances jusquV lors négligées, comme le bouillon d*os, que noas citions toutrà-rbeure. La préparation en grand diminuera la déperdition \ sous ces divers rapports, la distribution des secours procurera une économie sur la masse générale des subsistances , bien loin de Tappauvrir. Un plus grand nombre d*iiidividus sera nourri avec la même provision de denrées ^ ou bien ces individus beront mieux nourris , et la salubrité des alimens conservera mieux leurs forces. Rassurez-vous donc , amis de Thumanité , que des théories construites avec un art si savant, avaient un instant troublés ! Non , il n^est pas nécessaire de devenir barbare envers le pauvre , pour préserver la société de Timmense danger qui la menace ! Non, il n^est pas nécessaire de faire mourir le pauvre de faim , pour que le reste de la société vive ! Le pauvre sera nourri , se portera mieux , les marchés ne seront.point dégarnis , et il y aura du pain pour tout le monde» Occupons-nous sur toutes choses de ce qui

peot caasexyer la santé da pauvre. Sous ce rapport , après les alimens viendront le linge , la cbaussure et les vétemens. îl suffit que vos indigens aient deux chemises , si c'^est de vos dons qu'ils les reçoivent ; car s^ils en avaient un plus grand nombre , il serait à craindre qu^ils ne vinssent à les vendre et à les mettre en gage. Vous donnerez des sabots : les sabots , chaussnre si économique , sont en même temps une chanssore très saine, parce qu^elle préserve bien de rhumidité ; tâchez , pour Thiver , que Tindigent puisse mettre aussi des chaussons de laine. Vous choisissez Fentréc de l'hiver pour donner les vétemens , parce que c'est surtout en hiver qu'ils sont indispensables , parce qu'étant neufs iU sont plus chauds , parce qu'en hiver le pauvre est tourmenté d'un plus grand nombre de besoins et a souvent moins de ressources : à rentrée de l'hiver , vous donnerez aussi des couvertures. Si vous accordez une paillasse garnie , il est probable qu'on ne la vendra pas ; mais , il n'en est pas de même du bois de lit , des matelats. Connaissez bien le pauvre auquel vous avez à faire : vous avez cru le meubler 5 peutêtre dans quelques jours vous le trouverez aussi dénué qu'auparavant. Il serait bon d'avoir des coucbers , des chaises, des tables , que l'on put prêter tour-a-tour aux indigens dont les besoins ne sont que temporaires. Vous ne délivrerez lo bois et le charbon qu'en très petite quantité ,

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ne fût-ce que pour contraindre k mettre la pim grande économie dan» sa conservation. Lorsque le linge et les hardes sont mis en gage , tou* trouverez bien plus avantageux de fournir les moyens de les retirer , que de les remplacer par de nouveaux achats. L'essentiel serait d'éviter, s'il se peut , qu'on mette en gage.

Il en coûte de le dire , et cependant 00 oe saurait trop insister sur cette recommandation: il faut se montrer avare ^ très avare , presque dur , en accordant ces diverses choses si mes^ quines cependant et si misérables , aux sollici' tations du pauvre. Des qu*il a surmonté la bonté qui TcmpOchait de demander, ses instances pour obtenir n''ont souvent plus de bornes , surtout s'il voit que son importunité arrache des concessions k votre condescendance. Nous aimerions H lui faire goûter le bien-être ^ mais ce serait mal entendre ses intérêts ; il lui est utile de sentir encore la privation et la gêne; car, c*est l'aiguillon qui doit l'exciter k s'industrier , k employer toutes les ressources qui lui restent encore. D'ailleurs, l'expérience enseigne que l'on abuse plus facilement de ce qu'on a reçu en don , que de ce qu'on s'est procuré a la sueur de son front; qu'on le ménage , qu'on le coD' serve avec moins de soin. £n6n , les désirs iC multiplient avec la facilité d'obtenir.

Ces règles austères reçoivent cependant dc< exceptions : il est des pauvres tellement esti-

raables , qu^on n'a pas besoin' de s'armer visà-?is d'eux de ces précaution^ multipliées, parce ^'oQ n'a pas à craindre qu'ils abusent de ce lu'ils ont reçu j il en est de tellement respectables , qu'on devrait leur procurer un véritable bicn-étre , si la chose était possible. Mais ce ne M)nt pas de semblables indigens qui vous tourmentent par des sollicitations indiscrètes. Au reste , les caractères ne se distinguent pas par <ie« différences aussi tranchées 5 entre les indigens qui méritent une confiance entière, et ceut? auxquels on n'en peut accorder aucune , se trouve une infinité de nuances. On ne peut donc établir des catégories absolues : on mesurera les précautions sur les dangers. Ainsi le choix de» recours ne se modifiera pas seulement d'après la nature des besoins ; il se modifiera aussi d'après li?9 dispositions du pauvre , d'après les habituàf*% de sa vie , suivant qu'il sera plus ou moins régulier , prévoyant , soigneux , économe et »age. Or , il est plus difficile certainement de bien déterminer ce genre de conditions que Je précédent ; cette élude ne peut appartenir qi'à celui qui a pu avoir , avec le pauvre , des rapports fréquens , et obtenir ou surprendre le secret de ses qualités ou de ^es vices,

L*expérience acquise sur l'usage que l'indigent aura fait du secours que vous lui aurez accordé, nt^iendra la lumière la plus sûre dans le choix ♦le ceux que vous serez appelé à lui accorder

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par la suite. Vous reconnaîtrez si le genre d'assistances qu^il a reçu de vous , était bien en effet celui qui lui était le plus utile. Vous découvrirez s^il Ta employé suiyant vos intentions , S'il a porté dans cet emploi le soin et Tespèce d^économie nécessaires. Vous répéterez vos essais ; vous apprendrez par la à bien connaître le caractère de votre protégé , a mieux pénétrer dans le secret de ses vrais besoins.

Pour que cet esprit de suite puisse être appliqué h la distribution des secours , il est nécessaire que rindigent demeure d'une manière constante et fixe sous Tinspection et la tutelle du même visiteur 5 qu'ainsi, d'une part , il ne change point de quartier, et que d'un autre cèté, le visiteur , au lieu de diriger tour-k-tour sa sollicitude sur divers infortunés , s'attache à celui qu'il a une fois adopté.

Dans le cours de cette inspection habitueUe , il remarquera si la condition du pauvre s'est aggravée , améliorée , modifiée sous quelque rapport ; il évitera de laisser prolonger le secours un seul instant au-delà de celui où il a cessé d'être indispensable. D'un autre côté, souvent , par on secours apporté précisément au moment opportun , il préviendra des nécessités qui eussent par la suite exigé des secoui's plus étendus. Au moment , par exemple , où une famille va mettre ses effets en gage , il lui épargnera l'emploi de cette triste ressource, toujours ruineuse pour Tavenir.

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Mais , comment toutes ces précautions pourroDt-elles être prises , toutes ces règles observées , si la main qui donne et Tœil qui étudie ne sont constamment assoâés ensemble ? L^une se guide par les indications que Fautre suggère, et celui-ci s^instruit par Tefifet des dons que Tautre a distribués. Le don ne doit d'ailleurs airirer au pauyre , qu'accompagné de conseils , d'exhortations , quelquefois de réprimandes , et quel est celui qui peut lui adresser un tel langage, si ce n'est celui qui a obtenu sa confiance, qui a dà apprendre à le bien connaitre ? '.

J Toaionrs préoccupe de la tdoue idée' qui domine MacjUèmr, Malthos ne Toit de remède i la puavreté SM daoi la rédaction dn nombre des ourriers (EsseU "trie principm 4e pafulati»». , etc. , IradncUon de M. Pre> voH, tir. IT, cbap. 3, tome m, pageig.) Une bonne «'XlenninatioB serait ainsi un rrai bienfait pour la société homaine. Mais, tant quHi j aura des uurriers, c*eat-é-^e , des traraillears qui ne rirent qna de leur Irivail, il y aura des paarros, parce qa*il j aura des Heillardi, des infirmes, des malades, des orphelins, et que les canses réelles et ordinaires de la panrrelë ceatiaaattQt à agir. lUminnes le nombre des onrriers, TOUS feras augmenfer le prix des ob|ets confectionnés P*r eu; la demande se ralentira; le travail & son tour <«n moIm demandé, il j aura moins de production; **9X deV;#obiet*' qui servent a la coasommation de la cluse inlerîeare , rencbériront ; la condition de Pon* vcirr CB deviendra peut-être moins aisée.

l8l LE VISITEUR

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