‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-mêmeChapitre 17 sur 29 · DES MALADIES DI} PAUVRE ET DE LA CONVALESCEKCT · texte numérisé non relu

DES MALADIES DI} PAUVRE ET DE LA CONVALESCEKCT

Pour l'ouvrier qui vit de son travail , la santé est tout, puisqu'elle, est la condition de ce travail* une simple altération de la santé, qui, sans le condamner à se mettre au lit, diminue cependant ses forces j un accident , une simple indisposition passagère, mais qui le forcent de suspendre son occupation accoutumée , lui causent un préjudice ti'ès sensible et commencent à lui faire sentir le besoin. Que sera-ce si la maladie est grave , etTarrache pour quelque temps à toute espèce de labeur, si elle dégénère eu une infirmité chronique j si une infirmité vient à affecter Tun de ses organes , Tun de ses membres, ceux dont sa profession exigeait un emploi habituel et exercé , s'il perd ainsi Taptitude au genre de travail pour lequel il avait accpiis de l'habileté ? d'un côté , la source de ses modique : revenus est momentanément tarie j de Tautro . de nouveaux besoins se font sentir , et il ne peut plus se suffire à lui-même Je le suppose père de

DIT PA17VBK. 21^

^iifflc; a faa^a que sa famille continne à sub- ^ffT : s'a n'a pas qaelqacs petites épargnes en nurve, a faudra mettre en gage on vendre «fcesfivement ses effets , ses inslnimens , son «nelMîr,- a finira par se dépouMIer de tout ; a » eodcttera et se trouvera arriéré du moins pour wn lojer. Cest nne mine complète. Ce n'est putoBt : pendant qn^a est malade, souvent il perd sa place , s'a est occupé par un maître ; ses pratiqaes, s'a travaaie pour son compte ; ses ressouFces à venir sont eUes-mêmes atteintes et fra»ee, de stérilité. Voak le tableau dont nous somoief témoins chaque jour j voBà Fune des ^»«e. les plus fréquentes de Findigence , et cer- ^«ement l'une des plus dignes de notre juste ^^'"■"Meration.

Peut-être a succombe; il laisse alors une ^eoveet des enfans en bas âge; le travaa de •aveave ne peut suffire à TentreUen de cette pebte Éanaie. Peut-être il demeure infirme pour

I^t ^^ '^' ^"^"^ ' *^* ^^"""^ '' accroîtra lui- «^ les charges de cette faoûlle infortunée

^ a devait être , dont il avait été le sou^ tien.

n échappera peut-être à ces derniers malheurs ; mais il est menacé de les subir : celte «nufc terrible s'ofee k sa pensée, épouvante ^ épouse; eUe nous effraie pour lui. Combien "■^ crucnes inquiétudes ne peuvent-eUes pas '^corc aggraver ses maux ! Il lui faudrait des

2l8 LE VlSITEVm

consolations , de bonnes pnrolet , des témoignages d'intérêt, des soins de détail, des loinJ assidus. Qui les lui portera f ses camarades., ses amis, absorbés eux-mémes'par leurs occupatioDs obligées , n*ont pas le loisir de venir s*asseoir à côté de son lit de douleur.

Si les maladies, si les accidens deviennent m funestes pour celui qui jusque-là n'avait point connu rhorreur du besoin , combien n'accable* roat-ils pas Tindigent que d*atttres causes ont déjà plongé dans la misère, une veuve, par exemple, entourée de plusieurs petits eniiaiis? Ces pauvres enfants n'ont plus de pain ; ils ne peuvent m6me plus recevoir les soins de leur mère ; ils gissent abandonnés , ils sont déjà momentanément orphelins. Quel spectacle! Toos sont assaillis à-'la-fois par des besoins diTCrs; aucun ne peut porter secours aux autres.

Ce ne sont point là des malheurs qui viennent d'eux-mêmes s'offrir à vous , qui s'étalent sor votre passage. Ce ne sont point là les malbeoreux qui viennent assiéger votre porte et solliciter vos nonchalantes aumônes. Ces infortunes si réelles , si amères , il faut aller vous-même les observer, les juger, peut^tre les découvrir. Vous ne les connaîtrez même qu'en pénétrant dans Tasilc de l'indigence, en y retournant fréquemment. C'est un privilège réservé au visiteur du pauvre. Sa missirm se montre ici dans tout C4^ qu'elle a de plus utile.

MallieareasemeDt , an grand nomhre de proffssioni laborieasef exposent ceux qui les exercent 7 k des midadtes , ^ des accklens , k des infirmités [méfliatnrèes ; quelques unes même les Qccammnent d^une manière presqu^inévitable : il en est qui condamnent k respirer habituellement des vapeurs délétères , qui mettent en «langer de faire des clnites et de recevoir des blessures , qui forcent de subir les intempéries (les saisons ou des degrés de température mal en harmonie arec les dispositions de notre corps , f(ui Citiguent certains organes, qui contraignent à desliabitndes trop sédentaires. Le travail d^ail' leors a aussi ses excès dont les suites , pour être (i*abord insensibles , n'en sont quelquefois que plus durables. Enfin , Touvrier, lorsque sa santé coDunence h s*a1térer, néglige ordinairement de prendre les précautions convenables ; il laisse enraciner 9 invétérer le mal ; il ne consent à interrompre ses occupations habituelles , que lorsque les forces Viennent k lui manquer. Tout conspire donc pour lui ravir son premier , son plus nécessaire trésor. De combien de soins , de précautions le riche ne s'entoure-t-il pas , pour prérenir des maux dont il est cependant bien moins menacé ! Puisse Fart de la médecine réunir tout ce quMl a de lumières , pour arrêter , <lan« leurs causes , ces funestes maladies qui «'attachent comme autant de fléaux aux diverses <'<^mditions laborieuses , pour indiquer par une

32a LE TISITErR

hygiène spéciale , les pratique» , le régime , la disposition des lieux ou eelle des appardls les plus propres à garantir Toiz^er des périls qui Tattendent ! Ce serait la certainement Tune des plus importantes applications de se» savantes recherches ; c'est aussi Tune de celles âi Tégard desquelles il reste le plus à faire'. En Angletene, il s'est formé des associations philanthiopiques qui ont pour objet essentiel de provoquer ces bienfaisantes applications poui* certaines professions déterminées, les. encourager, les récompenser , en répandre la connaissance. Mais , après avoir tracé à Touvrier les précautions dont il doit s.'environner , il faudrait obtenir de kii qu'il se prêtât à les (^server , et c>st une chose moins facile qu'on ne pense ; son impré» voyance, son obstination , déconcerteront peutêtre notre sollicitude \

X Rappetons cependant , les Maladies du pamnv^ pnr RelTetfus; te Traité des Maladi9» des artisans, d'après Romasai , par M. le docteur Pâtissier, Paris , i&tfs; les rapports niuiaeU du conseil de salubrité, ëUbti près de la préfecture de police ; ceux des médectos chargés du service des dispensaires. Ici encore nous rencontrons et nous bénissons le nom du généreux Hontjon, dont ia prévoyante sollicitude a aussi compris cet important sujet dans le nombre do ceux pour lesquels il a fondé des concours annuels.

a On a indiqué des précautions simples pour éviter que lea ouvriers qui pUeni la céruse , n*en respiceat lu poussière i on a picscrit ces précautious par des ré-

ValiietifeitfcaieaiatiMt, VÎMiéM^enee â ion tour ^ «ne esMMe féconde de maUdies de Umm gcorcsi Ha «^onr iatalnlMre, Iwiiide , nul aéré , une «MUTÎtore maltainr , det TéteoietBs tnanffifant , le dé£wt de Unge et la maipropreié Uop ordinaire dans eette ntoâlkm, les mhu», le cfaagrio, t'ahatffHitfpt , toat eoncourt à altérer la santé, LVJyfttion pb^fiqae des enfans qoî appartiens Mot mu eaaâikumM inférienres, et spécialement <]ei ealans des paarres, mnltiplie pour eux lei cksnees de maladies et d^aceidens, altère ^ bonne benre leor constatation. Dé|à dès le ixreeui , le lait de leur mère est fréquemment TKié on appasrri par le maurais régime et les peinet du eontr '. L^indigence , en méoiie temps <;a*cile multiplie tes maladies et les accidens , leur donne un caractère plus grave , en rend les •«■tet plos funestes , soit par le manque de métenens, de tecourt de tous genres , soit par l'aWcnee , ou rinsu^ance de ces soins qui ne «oat pat moins nécesiaires que les remèdes, soit

t;l«Meat; on n'a pa parvenir k y faire obéir lef mal- WareM omwrier» que cette méffii^enem cendamoe è des «4aili<» enelUê ci iaévitablet. Il a falln recourir alors • mte erdonnaoce royale, qui interdise la fabrication *i (4 Tcoie de la céttut en poudre,

• C*eft MUS doole à la mamxMUt éàucBiion physique lae rcfwreiit les emhn» daaa la capitale , qn*il faut »Unb«er au résultai ohêervé par le ministère de U P**ne : c*est que la» population de lajcapitale est celle loi demc an rectuiemeat les individus lea plus ehéitfs.

323 LE VUITEUB

par Teffet natarel des dispoailioiis morales ; cette dernière influence est partiadièrementsensâile obex les malheureux qui aeat tran^MMrtés daos les hôpitaux.

L*ignorance , la crédulité , TimitatioD, yiennent trop souvent aggraver encore, surtout dans les campagnes , les maladies et les acddens auxquels sont sujets les individus des conditions inf'érieures , en leur faisant adopter aveuglénieBt de prétendus remèdes qui sont , on funestes , ou utiles seulement en certains cas et sons certaines conditions ^ en les précipitant an-devaut de ces empiriques qui ont un art merveillenx pour dominer Timagination du vulgaire, à Tégard desqueb les lois ne sauraient être trop sévères, et que la police a le tort de tolérer avec trop ({"indulgence .

Combien il est à désirer du moins que Fouvrier , que Tindigent ne viennent pas joindre encore k tant de causes fâcheuses qui menacent leur santé , celles qui appartiendraient au vice et au désordre ! Combien il est k désirer que des habitudes vertueuses leur fassent recueillir du moins , dans la position ou ils sont placés , Tunique avantage qui peut compenser tant d'inconvéniens , celui d'une vie active , frugale et bien ordonnée ! C'est ainsi que, jJus on pénètre dans la destinée humaine , plus on la suit dans loaUts ses conditions , et plus aussi on reconnaît rhaque jour, % nécessité de» bonnes mœarS}

DU PA1IVBE. aa3

leur action tnlâaire sur notre bien-être et sur Unu nos intérêts. £t , si la plus noble fonction du Tiiiteur du pauyre , dans la mission qui lui e4t confiée, consiste dans Tinfluence morale qu'il peut exercer sur les dispositions, le caractère et Us habitudes de Tindigent , l'assistance qu'il lui prêtera sous ce rapport, sera aussi la plus propre <ie toutes à le préserver des maux qid viendraient encore aggraver sa situation.

S'il était nécessaire de confii^mer par de nouvelles preuves , la déplorable alliance qui existe entre la misère et la maladie , on en trouverait une bien remarquable dans le rapport fait deruièrement à TAcadémie royale de médecine , par M. le docteur Willermé , sur les tableaux du mouvement de la population de Paris , dressés par M. Villot, pour les cinq années de 1817 il iSai '. £n comparant , dans ce lumineux rapport, le nombre des décès à la population dans chacun des douze arrondissemens de la capitale, l'auteur parcourt successivement les diverses uuses auxquelles on a coutume d'attribuer une plus grande influence sur la mortalité ; il fait \oir que , ni le voisinage du pauvre, ni Pabaisseuieotdu sol , ni le rétrécissement ou la sinuosité <ics rues , ni la hauteur des maisons , ni l'exf>osition considérée relativement à la direction des vents , ni la qualité des eaux , ni la densité

\^oyez ce rapport duos les Archives générale* de nedecint^ 1836.

124 I'^ VMiTEUR.

6t raggflomération de la population n'agissent assez puissamment pour concourir d'une manière sensible à Taccroissement de la mortalité , ou que du moins , leurs effets se trouvent en partie neutralisés par l'action de causes opposées i tandis qu'au contraire, on voit la mortalité croître dans un rapport constant et fort remarquable avec la pauvreté , tellement que , dans l'arrondissement le plus riche ( le deuxième , ou celui de la Chaussée-d'Antin ) la mortalité n'est que d'un sur soixante-deux habitans ; tandis que dans l'arrondissement le plus pauvre (le ia«, ou celui des faubourgs Saint * Jacques , Saint- Marceau , Saint-Victor ) , la mortalité est d'on sur quarante-trois, d'où le docteur Willcrmé conclut avec raison , que la misère est non pas la cause unique , mais la cause principale des grandes différences que l'on remarque dans la mortalité. Ces différences vont , comme on vient de le voir , jusqu'au rapport de s li 3.

Les résultats que le docteur Willermé a tirés des tableaux de M. Villot s'expliquent, il est vrai, en partie par cette circonstance , que les maladies et les accidens dont les indigens sont atteints , deviennent pour eux plus fréquemment mortels , attendu le défaut de soins et l'insaffîsance des secours , explication qui du reste est aussi fort affligeante ; mais cette circonstance* ne suffii'ait point pour rendre compte d'une différence aussi notable.

BU PAVVBE. 325

£n comprenant dans ces résultats les décès présumés qui ont eu lieu dans les hôpitaux et les hospices , en les classant d'après le nombre des individus que chaque arrondissement envoie dans ces hôpitaux et ces hospices , on retrouve la même loi ; mais on rencontre des différences bien plus notables. Les quartiers les plus pau* vres sont ceux qui fournissent naturellement et le plus de malades aux hôpitaux , et le plus de vieillards etd^incurables aux asiles publics. L^ administration des hospices civils de la capitale a fait dernièrement dresser ce relevé , à l'occasion du legs Montyon , en ce qui concerne la première classe. £n comparant ce relevé à celui de la population indigente de chaque arrondissement, on le trouve , comme on doit s'y attendre , dans une proportion à peu près croissante. Il peut être intéressant de rapprocher entre eux tous ces divers élémens , pour examiner quelles sont les inductions qui en ressortent. C'est ce que nous avons essayé de faire dans le tableau ci-après , où nous avons fait entrer , avec les documens fournis par M. Villot et qui ont servi de base aux judicieuses remarques de M. le docteur Willermé, ceux qui ont été recueillis par le Conseil général des hospices civils de Paris.

Il en ressort, i» que les trois arrondissemens dans lesquels la population indigente est relativement la plus forte , les lae , 8« et 9e , sont

ceux qui envoient le plus grand no lades aux hôpitaux , et en même te mortalité est aussi le plus élevée, tan trois où la population indigente est la ble , sont ceux aussi qui envoient le malades, et ou les décès sont plus rares, ae et 3e. )

a» Que dans les arrondissemens où r grande activité industrielle d'un degré élevé , le nombre des indigens est en moindre et la mortalité plus faible.

Que les partisans du système de Mal rassurent donc ! Le fléau de la maladie charge que trop d'apporter à Tindig seul remède que cet auteur considère c efficace.

Si maintenant nous cherchons k dée quels sont les genres de maladies ou d*i tés dominantes chez les indigens , voici qu indications qui peuvent nou^s fournir des do: approximatives .

En consultant les derniers comptes mor administratifs des hôpitaux et hospices ville de Paris , nous trouvons que pendant née [8aa, les hôpitaux de la capitale ont une population totale d'environ 43,4oo luala en comprenant tant ceux qui existaient au janvier, que ceux qui sont entrés pendant cours de Tannée. Sur ce nombre , il se trouve environ 33,8oo hommes , i5,8oo femmes , 3,Soo

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W FAVVBC. 237

aniuu, Noaf n'y eomprenMu point les malades qai, ap|>arteiiaiit am hospîees de yieillards, ««ax orphelins , atn en£aais tronrés ^ ont été traités dams les infirmeries de ces établissemens.

Sar ce nombre total de malades , nous trouvons qœ les maladies médicales ordinaires , en rotii|»rennent environ , savoir :

Hoomies 13,750 f

Femmes 7,ï5o >33,o5o

^Eniaa» 3,i5o \

Ites maladies catanées , scropbalenses , etc. , traitées àThôpital Saint-Louis 9 environ ; savoir :

Hommes 2,i5o i - ^r^

Femmes, ...... 1,400 î '

Lea maladies vénériennes ; savoir :

Hommes 1,600 1

Femmes I9700 ^ ^^

Eofom i5o ' ''?""

Pfourrices i5o 1

Les maladies chirurgicales , blessures , ulcères, ronron y savoir :

Hommes 7,3oo /

Femmes , 2,55o S 10,360

En/ans Aoo \

Enfin , nous trouvons un nombre d'environ 285o femmes traitées dans la maison d'aceonrhement.

ly^où Ton peut tirer les proportions suivantes:

Sur le nombre total des malades , les hommes

représentent plus de

Les femmes a peu près les

Et les enfants , environ

On n'est point surpris de voir le nombre des malades reçus dans les hôpitaux , plus considérable parmi les hommes , lorsque l'on considère , d^une part que les travaux auxquels ils se livrent , exposent davantage leur santé , et d'un autre côté , qu^il afQue dans la capitale un nombre considérable d'ouvriers et de journaliers^ venant des provinces , qui , s'y trouvant isolés . n'ont , lorsqu'ils tombent malades, d'autres asiles que les hôpitaux ; la même cause n'existe pas au même degré pour les femmes , il ne vient guères de 611es que pour s'y placer comme domestiques ; le nombre , il est vrai , en est assez considérable.

Sur le nombre total des maladies médicales ordinaires , les hommes représentent un peu plu-^ de ;^

Les femmes de îV^

Les enfans de. . in

C'est-à-dire , que la proportion générale est à peu près la même, les hommes malades étant presque aux femmes comme 3 est à a.

Le nombre des maladies chirurgicales offre pour les hommes une proportion bien plus forte encore.

00 TAVVRt. yi/Q

Les faonmie» , plusde. . . . . . ^^

Les femmes pas toat^à-fait

Les enians , pat même

Les hmames sont donc aux femmes presque rooime 3 est à i, ce qui n'est pas étonnant , les hommes étant, surtout dans les classes laborinises , bien plus exposés aux accidcns que les femmes. Mats une sorte de compensation s*étabfit, si Ton tient compte des femmes en couche ; en ks joignant aux autres maladies chirurgicales des femmes , le rapport des hommes aux feomes devient ici à peu près , comme ^3 est À 54 , ou pas toui-Wait comme 3 est à a , c^està-dire , un peu moins élevé cfue pour les maladien médicales.

Les hommes atteints des maladies de la peau ^ «ontaux femmes à peu près dans le rapport de S à a.

Enfin, dans les maladies vénériennes , le nom^ We des femmes paraîtrait excéder celui des liommes dans le rapport de 9 h 8 h peu près. Mais cette différence se réduit de moitié , si Ton fait attention qu'un certain nombre de maladies àf. ce genre sont traitées à Thôpital Saint-Louis , et donnent un rapport opposé : 100 hommes et la femmes.

Cest à dessein que nous avons détaché du taUeau général , les maladies cutanées et glan- <luleiises auxquelles il faut joindre les rhumatiimes 'y notre intention est de faire remarquer

iSo LE V»ITE17A

combien ces maladies sont générales et àffaônent chez les indigens ; et ce résultat devient bien plus sensible encore , si, au nombre des malades internes , traités dans les salles de ïhApital Saint-Louis (celui qui est spécialement réservé à ce genre d^affection) , nou« aioutons le nombre de ceux qui y sont admis aux consultations gratuites , et qui ne s^élèyent pas k moins de neuf à dix mille par an ; et si nous considérons que d'ailleurs les rhumatismes sont traité» aussi dans tous les autres hôpitaux.

Parmi les 35oo malades traités dans Thôpital Saint-Louis , pour les maladies cutanées et autres analogues, on en trouve près de 2000, c'està-dire plus de la moitié, atteints de la gale, 870 de dartres , ce qui montre ou plutôt confirme qucUe part le défaut de propreté occupe , chez les conditions inférieures , parmi les causes qui altèrent la santé.

i3oo Enfans environ ont été admis en 1833 . au traitement externe de la teigne.

Les rhumatismes spécialement traités à Saint- Louis , en assez grand nombre (53o cnviroD) occupent aussi une place considérable dans les autres hôpitaux de la capitale , ce qui s'explique naturellement en songeant combien les individus des classes inférieures sont exposés a l'humidité , dans des logemens malsains , et à l'iotempérie des saisons , par les professions qa'il't exercent.

DU PArVBE. 23 1

On voit avec peine la petite-vérole occuper tonjoars une place considérable dans la mortalité des hôpitaux de Paris et dans le tableau des décès à domicile , pendant ces dernières années , les ravages de ce fléau ont encore été croissans. Us accusent Timprévoyance , la négligence , les préjugés des parens ; on a pu remarquer encore que ces ravages se sont fait sentir principalement dans les quartiers les plus pauvres de la capitale.

Parmi les maladies ordinaires traitées dans les hôpibiax, celles qui paraissent être les plus générales sont , la pierre , les catharres, la phtisie pulmonaire , les inflammations ; les coliques de peintre sont aussi très fréquentes.

Les fractures occupent le premier rang parmi les maladies chirurgicales traitées dans les hospices de Paris ; à leur suite , viennent les abcès, les cathétérismes , les tumeurs , les cataractes ; les flstules lacrymales sont assez multipliées, l^n nombre considérable d'hernies afflige la classe laborieuse. Indépendamment de celles qui ftoat traitées dans les hôpitaux , on voit figurer «lansles rapports de Tadministrationla délivrance (^ 300O bandages aux hommes , 420 aux femmes, donnés à des indigens externes.

Qa*on veuille bien nous pardonner d*avoir un instant fixé Pattention sur ce triste tableau àes misères humaines. Les observations auxquelles ii donne lieu peuvent être fertiles en consé-

a3a LE VISITEUA

quences. Les relevéf que nous avons dierdié à tirer des derniers rapports officiels sur les liôpitaux de Paris , ne peuvent sans doute nous fournir une lumière complète sur les maladies des pauvres ; car , d*un côté , une grande partie des malades reçus dans les hôpitaux, n^appartiennent point à la classe des indigens reconnos et enregistrés comme tels , et , d'un autre eôté. un grand nombre d'indigens reconnus sont traités à domicile. Mais , nous n*avons aucun document pour classer ces derniers, et II défaut de ces informations , celles qui sont tirées de rexpérieoce des hôpitaux , nous éclairent du moins par Tsiulogie; car, les individus reçus dans ces asiles sont plus ou moins voisins de Tindigence; ils sont à peu près soumis , dans leur genre de vie , au même genre de causes dont la santé des indigens subit rinfluence.

L^âge le plus général des malades reçus dan» les hôpitaux de Paris est de quinze à trente ans. Il faut eu chercher sans doute Pexplication dam cette circonstance , que cet âge comprend les individus des deux sexes qui , parleur condition, se trouvent plus généralement isolés , et ne peuvent guères être traités à domicile. Ce qui confirme encore cette explication,c>st que les deux tiers des malades reçus dans les hôpitaux eoni des célibataires , et que les veufs ou les veuves forment les sept huitièmes du reste.

Parmi les professions , celles qui fourmsient

w PAUVRE. a33

le plus de midades aux hôpitaux sont , parmi les hoBiQes 9 les boolaii|fers , les cordonniers , les joamaliers, les commissionnaires et porteurs d'eau , les maçons et tailleurs de pierre , les ser^ niniers , les menuisiers , les domestiques , spécialement les cochers , les peintres en bâtiment , les tailleurs d'habits ; et parmi les femmes , les couturières et ouvrières en linge , les domestiques , et spécialement les cuisinières , les blanchisseuses ; et , pour les deux sexes , les individus sans état. Il n'en faut pas conclure que ces professions soient absolument celles chez lesquelles Tindigence et les maladies sont les plus fréquentes; car, les professions les plus nombreuses, doivent, toutes choses égales , donner plus' de malades : et d^ailleurs dans les professions exercées pa^ des individus isolés , demeurant chez des logeurs , comme les garçons boulangers , les maçons , par exemple , les malades doivent se faire porter de préférence dans les hôpitaux , par la difficulté d'être traités à domicile. Cependant, il est aussi plusieurs de ces professions qui, par elles-mêmes, exposent davantage les unes aux maladies , les autres aux accidens : parmi les premiers , on doit ranger les peintres en bâtimens , fréquemment atteints de la colique occasionnée par Temploi de la céruse ; les boulangers , exposés à une chaleur excessive ; los cordonniers et les tailleurs d'habits , condamnés à une vie trop sédentaire ; parmi les

^34 I«£ ' VMITEUK

seconds , les maçoBs , eouvreim et porte-&îs- D'après les régîemens de radinmistaratiofi^ les infu'ines incurables et les vieiHards ne peuvent être admis dans les hospices de Paris qu'avec un certificat du bureau de charité, attestant qu'ils sont portés au tableau des indigens ; on peut donc en conclure avec plus de certitude l'application des résultats de la classe indigente. Or, nous trouvons les résultats snivans pour

Tannée i8aa :

Bomm. Femtù, Total.

Aliénés, fous etimbécilles. ^6 i553 3^99

Épileptiques 187 290 4^7

Cancéreux 89 ^J^ 333

VieiUards au-dessus de 70

ans ou estropiés . . . a}649 4?^34 6,6^3 Appartenant aux hospices

de la Salpétrière et de

Bicétre , auxquels il faut

joindre , comme appar*

tenant aux deux hospices

des Incurables. . . . 545 SgS i)i4^ Époux , a celui des ménages 669

On remarcfue que le rapport du nombre des hommes k celui des femmes , est précisément ici en raison inverse de celui qui s'était offert à nous pour les malades reçus dans les hôpitaux. Le5

nv VAVVEE. a 35

feaune,» sont plus sujettes à raliéaation mentale , aux infinaiiés incurables ; elles parviennent à une plas extrême vieillesse.

Pendant le cours de la même année , le nom'bre des ménages indigens admis aux secours h domicile , dans la ville de Paris , s'est élevé à 37,762 , formant 54*37 1 individus.

Il présente un nombre supérieur de près d*un cinquième à celui des malades reçus chaque année dans les hôpitaux ; un nombre un peu inférieur à cinq fois le nombre des vieillards , aliénés et incurables existans dans les hospices.

Mais si à ce dernier nombre . . . . iî*75i nous 'joignons celui des enfans trouvés ;

savoir :

10 A rhospice 33o

ao Placés î ^«-^^"«"8 f e " «««• 'l^^jl ,6,656 (au-dessus de la ans. 3,974)

£t celui des orphelins ; savoir :

i» Alliospice 754

ao Placé. 5 «»»-^essous de la ans. 691 J 5^5 ^au-dessus .... i,9i5*

La population des indigens secourus k domicile sera , a celle des individus recueillis et présens dans les hospices , à peu près dans le rapport de 3a k 54- La population ordinaire des hôpitaux de Paris a été , en i8aa, de 5,095

LE VISITEUA

maladea. £n la réuoùsant à celle du» hotpîoes ,

i)0U8 avons un total de 37,181 individus , réunis dans les établiasemens publics, et de 91,532 individus habituellement secourus. Les malade» existant ordinairement dans les hôpitaux , B*en forment que le ^ ; ils sont k peu près au nombre des indigens comme i est à 10.

Mais il importe de remarquer que dans le nombre des indigens admis et enregistrés, il n'en est guères que les f qui reçoivent les secours , comme nous Texpliquerons par la suite ( Chapitre XVI).

On ne saurait atteindre par une assimilation complète des observations que présente la capitale , à ce qui doit avoir lieu dans les provinces. Plusieurs causes doivent introduire des différences très sensibles : une foule d'ouvriers viennent chercher du travail a Paris ; un grand nombre d'indigens y aflfluent aussi du dehors^ le luxe , la corruption des mœurs , les séductions de tous genres , y rendent les causes de la pauvreté plus profondes. Aussi, enofiî'ant cet exemple , ne prétendons-nous point en généraliser les conséquences. Il serait a désirer que des rapprochemens semblables fussent exécutés sur les principales villes des départemens j qu'il» fussent même aussi exécutés pour les petites villes et la population des campagnes, enverrait probablement décroître les proportioni d'une manière graduelle. Dans tous les cas, le*

comfMraifOiu qui en résulteraient , seraient d*un extrême intérêt.

Lorsqu^on arrête sa pensée sur ce grand nombre de maladies et d*accidens qui affligent les classes laborieuses de la société , et sur les funestes conséquences qui en résultent pour leur bien-être , on appelle de tous ses vœux les moyens qui peuvent tempérer ce fléau. Que les propriétaires et les directeurs des établissemens d'industrie , que les chefs d'ateliers mettent au rang de leurs premiers devoirs , de veiller k la Santé de leurs ouvriers ! Qui , mieux que le visiteur du pauvre , pourra écarter de l'indigent valide qui lui est confié , les causes qui peuvent attirer encore sur lui des infirmités passagères et durables ? Il tâchera d'abord d'arracher l'indigent lui-m^me k cette insouciance , k cette imprévoyance aveugle qui lui font ordinairement négliger entièrement les plus simples précautions de régime, nécessaires k la conservation de la santé ; il lui conseillera de choisir un logemens moins humide , plus aéré , de tenir ce logement plus propre ; d'observer plus de propreté aussi sur lui-même ; de se nourrir d^alimrns mieux préparés , autant qu'il est possible , d'éviter tous les excès , même ceux du travail ; il ■s'adressera surtout au père , k la mère de famille , pour obtenir qu'ils donnent k leurs enfans une meilleure éducation physique , qu'ils conbcntent du moins k ce que cette éducation leur

238 LE VISITEVE

soit donnée, et surtout qu'ils ne se refusent pas à laisser mettre ces enfans , par le bienfait 4^ la ■vaccine , à Tabri de la petite-vérole et de tontes ses funestes conséquences. Que si Tindigent tombe malade, ou s'il est atteint d^une infirmité habituelle, une fonction nouyelle com' mence pour le visiteur du pauvre , fonction touchante , sacrée , mais pénible , et qui eaige une active soUicitude.

Nous supposons en ce moment que l'indigent devra être traité à domicile. Tout àTheuren-^us aurons occasion d'examiner quels sont les cai où il est préférable de le faire transporter dans un hôpital ou un hospice.

Il s'agit de lui procurer les directions d'an médecin ou d'un chirurgien , les médicamensou les objets de pansement , le linge , le boâilloni le feu dans certains cas et certaines saisons ; il s'agit de faire en sorte que ces secours arrivent h temps , soient bien et à propos appliqués, et, pour cela , que le malade soit entouré habituellement de quelques soins qui devront devenir plus multipliés et plus assidus suivant la nature de la maladie. Il s'agit encore de lui faire goûter les consolations morales et religieuses, dont il a besoin à tant de titres. Si vous le laissez à lui-même , une partie de ces dispositions sera ou négligée , ou mal remplie , soit par ignorance , soit par incurie , soit par défaut de ressources.

vu PAUVRE. 239

Ce iera déjà beaaocmp faire poor lui , que de loi indiquer Taïuistance qu^il peut trouver dans les éUblissemens publics , et de Taider h. Tobr tenir.

Trois genres principaux d'établissemens sWfrent, du moins dans quelques grandes villes , pour assister les indigens à domicile , pendant leurs maladies : les consultations gratuites données dans les hôpitaux , le service de santé organisé par les bureaux de charité, les dispensaires ouverts par des sociétés de souscripteurs.

En jetant un coup-d*œil sur le genre et Tétendoe des secours que ces trois ordres d^établisscmens procurent dans la capitale , nous aurons une idée de ceux qu^ils fournissent ou peuvent fournir en d^autres villes , toutefois , en tenant toujours compte < dans ces inductions, des différences essentielles qui résultent des circonstances locales.

Il n^existe peut--étre pas un établissement où le traitement externe des malades et les consultations gratuites aient reçu une aussi grande extension qu'à Thdpital Saint-Louis. Le nombre des malades qui en recueillent le bienfait, s'élève presque aux trois quarts du nombre de ceux <fQÎ sont reçus dans tous les hôpitaux de la capitale réunis. Ce fut en Tannée 1816 que fut ouvert ce traitement externe , sur la proposition et la demande du docteur Biett, Tun des médecins de cet hôpital , aussi distingué par ses

24o I.E yi8ITEV&

lumières que par son ardent amour de l*biimanité , et qui , après avoir créé ce service , remplit cette npssion avec un zèle admirable ^ Depuis lors , le nombre des malades qui se sont présentés à Saint-Louis , pour j participer an traitement externe 9 s'est élevé gradadleBcnt depuis 4i330 jusqu'à a8,3i6 ; pendant le coon de dix années 9 > 7^9^79 malades en ont pro6té,' sur ce nombre , i33,3i5 étaient atteints de maladies médicales , et 45,564 de maladies chiruT' gicales. Un traitement et des consultations semblables sont également donnés à Thôpital de la Charité , deux fois par semaine , à des jours distincts pour les hommes et pour les femmes atteints de maladies médicales , et tous les jcort pour les maladies chirurgicales. Le nombre des malades qui y participent , s'élève par jour de 40 à 5o pour la premi^e espèce de maladie , de i5 à ao pour la seconde.

Un service du même genre est aussi établi au bureau central tTadmUsionf des médecins j remplissent tour à tour la fonction de reconnaître et de visiter les malades et les infirmes qui se présentent pour les hôpitaux et les hospices.

En 18:12, ils ont donné 1 1.740 consultations gratuites ; savoir :

I Dcpub iSfi, M, le docteur Cloqoct doone lr« c00- •aUatioM chiftirgicales.

BU PAUVRE. a4l

Pour hommei. Poar femmes.

Écrites . 653 373 aSoi ^om bfi emi-

^^MMws^^M - ^'/, r /o f ronpoar lésina -

Verbales. 11,087 5,doo 5,4<'1\ ladtes médicales

iet 3/8 poar i«s

Notre célèbre Dupuytren donne aussi , a THÔtel-Dtea , k la suite de sa clinique , des consultations gratuites , qui s'élèvent à environ 3o par jour.

Les malades ne trouvent pas seulement à Saint-Louis et k la Charité , les conseils de médecins éclairés ; ils y subissent aussi les opérations chirurgicales qui peuvent avoir lieu sans que rindividu retourne ensuite a son domicile. Ils prennent aussi, a Saint-Louis et à la Charité, des bains ou simples ou de vapeurs , ou de Barrège ; ils y reçoivent des fumigations sulphureu6€B;à Saint -Louis ils reçoivent aussi des douches. L'hôpital Saint-Louis est devenu le plas bel établissement de bains de la capitale , depuis que , par les soins du conseil général des hospices , une foule d'appareils y ont été dressés pour y administrer , à diverses températures , sous toutes les formes et surtout à Tétat de vapeurs , une foule de préparations médicamenteuses employées dans les traitemens des maladies de U peau. Aussi voit-on accourir , pour y recevoir le traitement externe non-seulement des malades des environs de Paris , mais quelquefois des individus venant de départemens

2^1 LE VI51TEVE

assez éloignés. Le nombre de bains 9 doochesct fumigations , délivrés à Saint-Loois, ans maUdes externes, s'est élevé depuis 18169 de i633o > 127,753 , et en 10 ans, à 776,697 '. A la Charité, il en a été délivré près de 18,000, en 1826^ Le nombre des malaides traités à domicile , à Taide des consultations gratuites que nous ve-

I Eu Toici le di^Uil pour 184 3.

Simples ^o^i

0« vapeurs 47«^

Simple* ....... 4^

Sulphnreuses tS

Douches . . . < Alkalines »< 7 '•*<*

Asceadantes «S4

De vapears . • . . • a«9o6

r Sttlpburetucs. .... iO«3«6 ft

FUMittAllO»!. 5 McrcancUes 3go J jg

] Aromaliiiues tff,296 | '

( Alcoholiqnes t^ '

TotAl. . . la*;,:?'

a Fam{galio!)S lulphureuscs ^^

C simples fi.r''

Bfcini < <le vapeur* 4.*-

( de Burrcge S.fiS-

Total. . . . s";,!'/

II serait i détirer qu'on pût prendre note dans lei hâpitaox, de Ptssae qu^ont les maladies ainsi admts<^« an traitement externe; il n*esl pas doiUcnx qa*eUes vtfnruient nne mortalité beaucoap moindre; nuis, il P'r$t1t bien difficile r|tie ces rensef^emens pnbsent élre olitenns d^une manière exacte et complète.

Doas de rappeler, surpasse donc dans sa totilité, presque de moitié, celui des malades traités dans les hôpitaux, et nous pouvons mesurer ainsi loate fimportance de ce bienfait.

Cependant il est essentiel de remarquer que rc genre de traitement ne peut s'étendre aux maladies et aux accidens les plus graves, à celles qui retiennent le malade enfermé dans sa demeure, puisqu'il exige que llndividu admis à en joair, se présente lui-même à Thôpital. Mais , H a d*an autre côté , cet avantage immense , que l'on peut jr recourir facilement , dès les premières atteintes du mal, et avant qu'il ait acquis, par les retards ou les erreurs de régime , un caractère funeste.

L'assistance, que les consultations gratuites des Ii'^pitam ne peuvent offrir aux malades à domicile , leur est donnée parties bureaux de charité et les dispensaires.

La plus grande partie des indigens inscrits aux bureaux de charité , sont traités k domicile , par l'assistanee de ces mêmes bureaux , pour leurs maladies , accidens ou infirmités ; ils reçoivent les directions des médecins attachés k ces bureaux , médecins choisis avec soin et animés en général do xèle le plus louable : les maisons de «eeoars instituées dans chaque quartier , et diri- ;;ée8 par les Sœurs de diverses congrégations charitables, fournissent les médicamens, le bouil • Ion , lorsqu'il est nécessaire , de$ cotrets pour le

244 ^K yiSITEUB

chaufiage , et {«rétent des draps pendant k coon de la maladie. Les respectables Sœors Tintent aussi assidûment le malade. Mais, 8*il est célibataire on veof , s'il n*a auprès de loi ni anemère^ ni one soeur , ni une fille , si son logeaient ne renferme ni cheminée , ni poêle ; si même il n'a pas de lit , tons ces secours seront insuffisans. Peotètre le visiteur rénssira'-t-il à pourvoir k ce qui lui manque ril décidera une voisine à veiDer près 4u malade , à lui donner de temps en temps ses remèdes ; il lui procurera quelques ustensiles. Mais enfin, s'il n'a pas d'autres ressources, 3 décidera le malade à se laisser transporter à Hiôpital, veillera à ce qu'il soit transporté sans retard et dès l'origine de la maladie , il rencooragera, le consolera dans cette résolaticm bien pénible ; il lui procurera encore , ou une voitore, aa^h. défaut , le brancard de la maismi de se* cours , pour faire ce tinte voyage.

Nous ne possédons aucun document aotlieBtique , aucun relevé qui nous conduise à déterminer exactement le nombre des malades annuellement traités à domicile , par les soins de> bureaux de charité. Nous n'avons cgalemcot aucun document pour déterminer la mortalité telle qu'elle résulte de ce mode de traitemeoL Nous pouvons seulement assurer, d*aprës l'expérience, qu'elle est très peu sensible : une circons* tance j contribue essentiellement : c'est qu'en général; les médecins des bureaux de charité

DU PArVBE. 24s

envoient à l'hôpital les maludes atteints des affections les plus graves. Du reste , nous pouvons raisonner d'après l'analogie que nous offrent les dispensaires; car, le mode de traitement est le m^me, et les conditions se rapprochent, si elles ne sont pas exactement semblables.

Les six dispensaires de Paris ont traité pendant le cours de 21 ans , 40,427 malades, dont 3o,66a ont été guéris , i4i5 sont morts , et 7783 se sont retii^s , soulagés, ou pour d'autres causes. Un peu plus de la moitié de ces malades sont venus eux-mêmes aux dispensaires , consulter les hommes de l'art; les autres ne pouvant s'y transporter ont été traités à domicile. En 1 824, i858 bains leur ont été administrés , sur le pied de I fr ai fr. o5 c; illeur aété fourni des médicamens pour une somme totale de 42.462 fr. 43 c. Mais la société philanthropique parait reconnaître que le pr« de ce médicament est assez élevé. Le traitement de médecins , chirurgiens , élèves , agens , s'est élevé pour les six dispensaiies , en 1824, à 9»36o fr. et les dépenses des loyers et autres frais à 4»i4o fr. 4© c. \

A Londres , on a établi des dispensaires spéd'aux pour chacun des genres principaux d'in-

1 II serait utile qa« ies rapports de la Société philanthropique fissent connaître la durée moyenue dea maladies , leur classificalion ; disiiaguassent aussi parmi ics malades traites, les $9xes, les Ages, les principales professions.

%^6 LX VlilTEin

firmiiétf. D'après la manière dont te ttoare or-^ fl^nUé Je aervioe nédlcal dea diapenfasref de Paris 9 doni chacun compte 9 indépendamment des médecins et des chirurgiens ordinaires, plusiemrs médecins et chirurgiens fort distingué! , on ne pense pas qu'une séparation semUable y fut d'aucune utilité; et, d'un autre cdté, la dii- Iribution des dispensaires d'après la division des ((uartiers , a le précieux avantage de mettre chacun d'eus à portée du malade, quel que soit le genre d affection dont il se trouve atteint

A ces trois genres de traitemens que Ton peut ilans la capitale, procurer à Tindigent, sans qu'il quitte son domicile , il faut joindre deux autres genres d'assistance qui s'offrent encore dans des cas particuliers* .i^

L'un est celui que la société de charité maternelle accorde aux mères enceintes.de leur quatrième enfant $ belle institution , qui chaque année secourt ainsi cinq à six Cints mères de famille et leurs enfans nouveaux nés.

L*aulre consiste dans les vaccinations gratuites opérées , tant au comité central de vaccioe . que dans les douze mairies de Paris*. Plus de 2000 enfans participent chaque année è et bienfait

Les dispensaires ne fournissent ni le bouilloo.

I Le nombre d«i iraccinations gratuites t^eit ^*^ un i8a5, à l*Acad<fniie roy&lo de médecine, à ii43f « t" mafrie du ite. arrondUi ement , ft 195 ; da tae, à 646.

ni le chauffage ; ils «apposent donc que le malade est ponrFu par lui-même de toutes ces choses , et c'est une recommandation sur laquelle on ne saurait trop insister , que de ne point adresser aux dispensaires , des indigens qui seraient privés , de ce genre de ressources. Les pauvres réduits à une extrême misère, ne doivent donc point participer à cette classe de bienfaits, réservée a des conditions moins misérables, £lle n'en a pa& moins Theureux résultat de sauver plus d'un sujet laborieux, du danger de la pauvreté, et d'empêcher celui qu'atteint un commencement d'indigence, de tomber dans des derniers abîmes de la misère. Le visiteur du pauvre saura faire ce discernement ^ lui seul est à portée de le bien faire.

En dirigeant le pauvre « suivant sa position, k recueillir , dans ses maladies ou ses aceidens , les secours de l'un des trois genres de traitement que nous venons d'indiquer , le visiteur ne lui rend pas seulement le service de lui épargner une dépense inutile : il lui en rend un bien plus conaidérable encore j il le sauve des mains des empiriques , des pernicieux conseils et de ses propres erreurs , dans l'emploi de faux remèdes.

La tâche du visiteur du pauvre ne finit point avec la maladie de son protégé. De nouvelles sollicitudes l'attendent pour le temps de sa convalescence.

Bénie, mille fois bénie soit la mémoire du vé-

248 LE VISITEVB

nérable Mtmtyon, qui, pamii tant d*iiistftations bienfaisantes érigées avec une libéralité jusqu^alors sans exemple et dans un simple particulier , a fondé celle des secours destinés aux conyalescens sortant des hôpitaux ! Son âme généreuse avait apprécié Tune des situations les plus dignes d'intérêt , un genre de bes^ns auxquels jusqu'alors on ne s^était pas spécialement occupé de pourvoir. La nécessité d'ouvrir la porte des hôpitaux aux nouveaux malades qui se présentent , ne permet pas toujours de conserver ceux qui en occupent les lits , au-delk de Tabsolue nécessité ; ils sont donc renvoyés chez eux , encore convalescens : souvent ils sollicitent euxmêmes, comme une faveur, la permission de sortir de ces tristes asiles , avant leur entier rétablissement. Le temps de la convalescence exige encore beaucoup de soins, quelquefois même une continuation de traitement, pour prévenir ou des rechutes ; ou un état prolongé de langueur, ou même des infirmités durables. Parmi les convalescens que nous avons occasion de visiter chaque jour , depuis dix-huit mois que la fondation Montjon est en activité , nous en avons trouvé un grand nombre encore alités , ayant besoin d'être visités par les médecins. La plupart , du moins , sont hors d^état de se livrer à leurs occupations accoutumées : il faut quMls se reposent , qu'ils soient bien vêtus , chauffés , si c'est en hiver. Cependant le plus grand nom-

brt $€ irome précisément an contraire dbn» U pbt cstiéme détresse , «lors qu^ils auraient he- HÀu de proidre ces diverses précautions* Quelqoeiofs , ils se bâtent de reprendre lenr trarail avant d*aToir recoorré des forces suffisantes, he plus MNirent ils négligent le régime qui leur serait nécessaire. Sont-ils même enti^-remcnt ré' tablis? L*nn aura perdu sa place chez les maîtres 40 il lenrait ^ dans Tatelier ou il était employé ; l'aatre a été oMigé de mAtre en gage ou de vendre $eê hardes , ses ustensiles , pour payer son loyer; il faut venir k leur aide pour les remettre ^ flot. Voil^ Il quoi M. de Montyon a pourvu. Le legs qu^il a affecté k cette destination , ne s'élève pat i moins d^un revenu annuel de 332,68^ fr, La iomme est énorme 9 et cependant l'emploi qai en est fait , d*après une expérience de dix- IiuitnMHs, n'oifre aucune superfétation , quoiqu'il ne s^applique pas à la moitié àeê convalesceoj qui sortent des hôpitaux 9 le plus grand nombre n*ayant aucun besoin de secours 5 ou n'étant point k portée de les recevoir , par suite (i'DDe fausse indication de domicile. Elle a donné, icrme moyen 9 une somme de 20 £r, environ, I)Our chaque convalescent effectivement secouru : "T, quelquefois il faut lui procurer une couverture, fournir des chemises, des v^temens, une rhauMure, souvent du pain et de la viande, pen- Hant plusieurs jours ; il faut ou lui remplacer se» '«utils, ou Taidcr k payer son loyer; 20 fr. ne

25o LE VISITEUR

sont pas trop pour cela ^ Ils représentait douze journées de séjour à l'hôpital.

Ce que M. de MoQtyoo a fait d*une manière

1 L€« rtftollaU d« rapplicatioo qni n éié faite de ce heaa l«g«, n*«yaiit poiDt «acore été pnbUtfCt on rem, peul-élre, avec quelque intérêt, ceux qui ont été recueillis par Pun des bureaux de chaiiltf de Paris, celai da 1 le arroudissemeiiu

Cet arrondtsaement renferme une population totale de 51,766 iodiridus , une population indigente de eo8o ménages, et de 4091 iodÎTidus.

1600 conralescens sortant def hôpitaux, ayant Indiqué leur domicile dans le ne arrondiMement » ont été adre»* $é» au bureau de charité; snr ce nombre 04 seolenieot appartenaient aux indigens dé\& connus et ioecrils.

58a seulement ont élé admis h participer aux bienfait! du legi Montyon* Plus de ia moitié, des convalescens sortans n*a point soUicitë les secours on ies a même refuses. D^uulres ne se sout point trouves à leur domicile. 11 f*en est-fort peu présentés qui aient sullicîlé des secoure, sans y avoir réellement droit.

Les secours délivrés h ces con?alescens ont consisté : 1* en secours en nature, pour une somme de 8,457 rr.43 c. a«Eo argent 3,ai7 *'

Ou terme moyen , par tôle ao o3

Le pain fourni s^est élev^', Urme moyen, par tétc, h 3 kilogrammes environ, la viande à a kilogrammes, et les habillemen* h environ 10 fr. 90 c

Les sommes données en argent, ont servi h acquitter du petites dettes , surtout celles du loyer, k retirer des effets du Mont'de-Piélé , k rach<tter des ustensiles, à procurer des souliers ou autres ob|ets que le bareaa u 'était poiut à portée de fournir en nature , enfin a payer chex les logeurs la nouiritore de quelques oovrieti «|ui n^étaient point en mesure de se nourrir enz-mâine*.

BV PAUVRE.

générale , par une prévoyance éiendue de Vavcnir, trace k la charité privée ce qu^elle doit faire dans les cas particuliers. Qu'elle attende le malheureux au sortir de Thôpital, qu'elle le recueille , le soigne , le surveille , jusqu'à ce que la santé lui soit pleinement rendue ! Elle préviendra ainsi des misères durables et peut-être irrémédiables.

Il y a à Rome et à Londres un hospice spécial pour les convalescens. Madame la duchesse de Bourbon en a aussi fondé un k Paris ^ situé rue de Babylone , sous le nom d'hospice d'Ënghien , qui est conservé et entretenu aujourd'hui par S. A. R. Mademoiselle d'Orléans , princesse dont l'inépuisable bonté s'occupe en tant de manières des intért^ts de Vinfortune. Mais cette espèce d'établissement ne convient guère que pour quelques cas d'exception. En général , il est plus utile aux convalescens de revenir chez eux , respirer un air pur, faire de l'exercice, commencer, s'ils le peuvent, à s'occuper; et c'est k la charité privée qu'il appartient d'aller au-devant d'eux pour les aider dans ce passage de la maladie à l'entier rétablissement.

i5î LE VWïTEtTÊ

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