CHAPITRE XIII
DBS éTABUSSEKEirfl PCTBLK» QVl OFFRENT CM ASILB ▲U PAUVRE DAMS L'iVFIRMITi , LA FIEIIXESSE . L^AEAVDOy OU MALADIE.
Grâces soient rendues à la pieuse et prévoyante sollicitude de nos ancêtres, qui a consacré dans toutes nos villes tant de beaux monumens k la charité -, qui a offert d'avance . pour des siècles, nne généreuse hospitalité ï toutes les misères humaines! A la vue de r«< touchantes et majestueuses créations , nom sommes profondément émus , nous saluons tyec respect Tirnage des vénérables fondateurs , nou* admirons le pouvoir qui a été accordé au géDÎ^ de la bienfaisance , nous nous sentons pénétré» d^une sainte émulation : Quoi ! nos pères ooi su doter Tavenir pour le malheur; et k peioc apportons nous quelque assistance k ses besoin' du moment ! Grâces soient rendues k ces administrateurs dont le zèle réalise les desseins dr^ fondateurs primitifs , conserve et perfectionne leur ouvrage ; k ces ministres de la charité , doot
ia vie entière est dévooée à servir le pauvre dan^ i asile où il est recaeilli ! Lears exemples nous i^sseraient-ils inseasiblcs ? ne nous laissent-iU rieo à faire? témoins de tant de belles actions , ne voudnonji-noas pas prendre aussi qudquc part à ces nobles travaux entrepris pour le soulézemeoi de Ibumanîté ?
Rien ne paraîtrait pins simple an premier aspect qu'un système d'administration dans lequel la classe des malheureux que Tâge 9 les infirmité^ . ou les maladies rendent incapables de tout travail , et mettent dans la nécessité de réclamer les soins d autrui, serait entièrement séparée du reste de la société , recueillie dans des établis- ^mens où seraient assurés les moyens de pourvoir à tous leurs besoins. Mais , quelle qu^ait été i* libéralité de nos pères . il n'en est point ainsi , '^ nous rajouterons sans hésiter : sous divers 'Jpports on doit se féliciter fpiil n'en soit point ainn.
Un vieillard placé dans un hospice, semble être déjà retranché de la terre ; il n'y tient plus par ^actm lien : qui s'intéresse à lui? à quoi est-il ritife? il ne lui reste plus qu'à mourir , et il va mourir sans qu'aucune larme soit versée sur sa tombe. Mais ce vieillard n'a-t-il pas des enfans, 'les petits^s, des neveux du moins? tous les membres de. sa famille sont-ils hors d'état de le rf'coeillir? Sa présence sera une charge sans 'UHite : mais le fardeau sera moins lourd peut-
a 54 t'T. vwiTErK
être qu*on ne le croirait an premier conp^fcefl La vieillesse survient par degrés; rimpnîsMiirf qu'elle amène avec elle croit aussi d^une vaniëre insensible ; il n'y a pas ici de limites tranchées ; déjà ces bonnes vieilles gens ont perdn une portion de leurs forces ; mais ils peuvent encore s'aider de plusieurs manières ; ils peavent. surtout dam Tintérieur de leur famîUe , rendra encoi*e bien des services : surveiller les enfan«. aider au petit ménage, donner de bons conseil: ils encourageront an travail ; ils préviendront plus d'un désordre. Prenons-sj garde! n'alloo* pas légèrement enlever k une famiUe Toccasion naturelle qui s'offrait de pratiquer la Yertii; que dis-^je? n'allons pas, sans une absoloe nécessité^ les dispenser de remplir nn devoir szcrt'. Noos allions procurer k ce vieillard un gîte H la nourriture dans vn hospice ; mais , n^est-cf pas aussi pour lui une portion du nécessaire, que la présence , les soins de sa famille? N'est-^ pas le premier bien de cette famille , que la présence du vieillard, les devoirs h. lui rendre. U bénédiction qu'il doit attirer sur ceux qui Yeatourent? N'est^e pas le premier bien quel*** mœurs , et y a-t-il des mœurs Ik ou n'exi«tr plus le culte dû aux cheveux blancs ? Offririons' nous une prime à ce barbare égoïsmè? Chasgerions^nous pour un misérable calcul, les sag''^ plans du Créateur? Ah! renouons, rcsserron* partout ces liens sacrés , les liens si doa^-
DU PAVVBE. 353
•ju'iostituc la nature, lain d'en lavoriver le iielâlif'netÈt l tous y gagneront, et Les heureux ellVls « u rqailliroDt sur la société toute entière.
Une dame que f avais connue <lans la société « •}ui arait tout Textérieur du luxe , vint un jour , i'/ft élégamment vêtue 9 me prier de lui procurer xie place dans un hospice pour une pauvre • fille femme : pour qui croirieat-vous que cet Wï\c était demandé? C'était pour la propre t Jute de la s<dliciteuse. £n ce moment j'ai sou» t'» jeux une fille inlirme qui végète depuis son f-LÙtace dans les hospices ; sa mère vit encore j '■"il père, sa grand'mère , ont laissé à celte mal- "'.'ureuse , une fortune assez considérable : eh ! 'Hra, le ministère public a été appelé à pour- *inre cette mère qui a dépouillé sa ûUe et l'a '.(fée ensuite à la charité publique; un oncle {ûatùàit interdire cette fille , qui s^ea ei»t fait ,x-jauaer tutenr , rivalise avec la mère ; il a fallu («f ovoqoer auprès du trilmnal la destitution de "- Uiteor.
Vous £réfflissez!... Consolez-vous : s'il y a de» p^rens barbares , il y a des adoptions inspirée!» ■fpjF la bienfaisance! Comment ne les oblien* .ri'ins-nous pas dans les conditions aisée» , ; 'lisque nous en découvrons des exemples chez "iies qui ne le sont pas! J'ai aussi sous les vi'ux un pauvre vigneron qui nourrit sa famille > 1 produit de ses bras , et qui a recueilli chez . '1 uAe vieille femme iudigeute^ incurable j on
ÎjG ' LE VISITEUR
l'entoure de soins , on partage avec elle dans riiumble cfaaumrëre. Je connais plusieurs familles de simples ouvriers qui ont adopté des orphelins , une entre autres qui en élève trois, ]>armi lesquels est une petite sourde-muette. Y a-t*il quelque hospice desliné k recevoir les crétins dans le Valais? Non : mais les Valaisans se les partagent , se les disputent quand ils n^appartiennent point h une famille qui puisse les entretenir. Ces bons Valaisans habitent, il est vrai , des maisons de bois ; ils ne sont pas riche»; mais Ieui"s mœurs sont simples, et ils entendent la voix de la nature. Alors môme qu^un vieillard n'a pas une famille h lui , ou jl puisse conserver un asile , ne trouverait-on pas une autre famille qui consentirait peut-être à s'en charger? A Genève , au lieu de recevori* les vieiHards dan-» des hospices , on les place en pension k la campagne. Cette m)&thode est excellente. Quelle différence ! Au lieu de voir errer en silence , sou> les poi*tiques de nos hospices , ces longues Gïede candidats de la tombe . désœuvrés , et n'étant lii que pour attendre l'heure fatale, nous verriens chactm d'eux ranime , rajeuni par le séjour eles diamps , prenant encore quelque part aij\ travaux qui s*y exécutent; mieux portant, pluserein, plus utile , heureusement distrait, s'expr- «;ant encore ù quelques fonctions. Ce serait au>^i un régime plus économique. *
t Le conseil gtfncral des hospices de Paris ch«rcl>«
DU PALVRK. 2J^
Voici donc dé)à uo premier odicc a remplir l'-àr le visitear du pauvre : il vérifiera si le vieillard nu point une Cumile qui soit encore en mesore de Tassister, si du moins il n^est pas |)o%%iUc de lui en fournir les moyens , en joignant ^u travail dont ce vieillard est encore capable , '{'Jelqoes secours qui compensent les £rais qu^il or:ca«ionnera , ou en rendent la charge moins l'^^nte. Il emploiera ensuite rinfluence de la f'frrsoasion, pour ramener au sentiment de leurs flevoirs ceux qui hésiteraient à les remplir. Que ''î cependant le vieillard est réellement isolé, s'il <'?t arrivé à cet état de décrépitude qui lye laisse i'icaue ressource 9 alors encore il aura besoin 'î uo protecteur pour le faire admettre dans ces r.o^pices , dont la porte ne s'ouvre pas à la pre« T'Mtkre demande , dans lesquels on n'obtient -vuvent d'entrer qu'après de longues sollici*' ^ Wions. Il est douloureux de l'avouer; quelque- >''i4 aussi ce protecteur devra lui chercher un ^ «île dans les établissemens publics , parce que '!'-* enfans dénatures ont été inexorables, ou /iême, en consentant à le conserver encore
a'feîadre ce but en accordiiol h ceux qui quiLleol les
" «pice», pour teprendre un domicile, ce qu'on ap-
; 'lie. ta pension représ enUtUve (tSo fr. par an.) Maix ,
o se Itome là; on ne t*occope point de provoquer,
.«Ticalfêreinent dans let campagne», le* ofTrcs de ceux
I roiuent traient i le charger des rieillards. Aussi le
'rtnhve de cenx qui demand<'nt la pension reprosenla-
«c rki-îl fort liantU', et presqne ions restent en ville.
2j8 le visiteur ^
auprès d'eux, lui font payer trop clièr<;iiient cr léger seiTicc par leur ingratitude et leur dureté, en Tabreuvant d'amertume.
Ce que non» disons des vieillards , s'applique également aux indigens atteints d'infirmités in> curables. Toutes les infirmités n'entraînent pas une égale incapacité pour le travail. Celui qui est privé d'un bras , peut encore faire quelques commissions; celui qui ne peut plus marcbcr ifcra en état d*agir encore avec ses mains r dans la vie de famille , on tire encore parti de ce reste de forces : la famille est une société iiata> relie où chacun met sa part de contributions . où Tun supplée à l'autre. N^ouvrez la porte de riiospice que lorsqu'il n'existe absolument aaeane autre ressource; dans tous les autres cas. les secours à domicile offriront toujours plu5 d'avantage. Prenons pour exemple une infirmité qu'on ne ]>eut. ni feindre, ni exagérer, et qui emporte h>la-fois bien des privations : ht cécité. La plupart des aveugles reçus dans lebospices , ne s'y livrent a aucune espèce de travail : il reste cependant à un aveugle bien d«*> manières de s'occuper utilement, et cet empb i le son temps lui deviendra plus facile s'il dincure au milieu des siens *. L'e.xpérience a
I LMiûpkal royul des Quinze -Viugls ne donne i|u' flfto fr. pur iin n se% merobrrs externes qui so r(*ttr<'n( Adiis leurs fMiailles; tes membres rékid4itH duns rb6ptt..< cuivcnt 1 fr. par your outre diverses funrnUiireSf 5* ^
•firtiil» «tji^*^ tx«9'ir^ui « r^/M *rfcl «4 ftMC^W*^
xviitïfûr^!» eiHbiffit*^4 «* iHMi J'Mrtvrwr ; *l» >w^ <lvi*« j*v«»^ " lUMo* #tiMii i^i^^Hi dUt» rv» *Y«^ u«m: ii^^ruM; iW^'
260 LE V151T£t'B
gles etUL-mémes , de les exciter, de les écUif cr tur les moyens auxquels ils peuvent recoonr. et de les aider, s*il est nécessaire , à en faire usage. Un aveugle d^ailleurs , a besoin de mille sotm qui lui seront mieux rendus par ses proche»; il est assiégé par la tristesse, par Tinquiétudc, par la défiance, triste et trop ordinaire conséquence* de son infirmité j séparé de tous ceux qui lui sont chers , n>n souflrira-t>il pas davantage encore? la tendresse des siens ne scra^t-dle pa« le meilleur remède pour lui rendre la sérénité ?
Si la vie de famille est toujours la combinaiioo la plus salutaire , c'est en supposant que la morale conserve , dans la famille , Tempire qui Itii appartient. Chose admirable ! sous quelque poiot de vue que Ton considère la destinée humaiiw . c*est toujours , en dernière analyse , a la morabque l'on est ramené comme a la source la plo* certaine et la plus abondante de tout ce qai peut soulager nos maux et contribuer à minbonlieur !
La corruption de nos moeurs a contraint d o>j' vrir des hospices pour les enfans trouvés, et <!') admettre les nouveau-nés , sans s'informer àr leur origine , sous peine d'^encourager l'infiat»cide. A Rome, il y a peu d^années encore, Toi* plaçait des sentinelles à côté de la crèche, lot) exigeait des déclarations : qu'arrivait-il? Chaqu*' matin on trouvait des enfans nouveau 'Dc* noyés dans le Tibre. Bénie soit ^ jamais la lov-
oKiire de ce céleste missionnaire de la charité ^ ''e ce saint Vincent-de-t'aul, qui recueillit cps infortunées créatures , qui ouvrit un asile <l c6% 'très délaissés , privés de tous soins, kTâge où tnn% les genres de soins sont le plus nécessaire'* . et rpji n''appartienaent «t rien en ce monde ! Mais, s'il est nécessaire de recueillir le nouveauné , fruit de la séduction ou de la débauche 7 >'il est utile même de le sauver de la contagion au milieu de laquelle il a reçu le jour , quel est celoi dVntre nous qui ne déplore , et* dans Tin-» t'^rèt de la morale et dans celui de Tadministra- • ion, de voir apporter dans ces mémos asiles, 'If'i enfans nés du mariage^ et dont les parens arnraient été conduits a cette extrémité , par Tex- ' ''S de l'indigence ? Dans les hospices civils de ^aris, sur cinq mille enfans reçus chaque aniiée, comme abandonnés, il se trouve de deux ff^i à trois cent cinquante enfans légitimes , que i-i misère livre à la sollicitude d'une paternité •«loptive; et, chaque année, il n'en est guères 'T'roDe centaine qui soient rendus k leurs parens; i^'i autres en restent séparés pour toujours. O wres l 6 mères .' si vous pouvez les nourrir et 1"^ soigner, combien vous êtes barbares ! Si vous '■e le pouvez , combien vous êtes à plaindre ! et lors, combien auraient à se féliciter ceux qui • 'ij.i aideraient a retenir dans vos bras ces in- ">centes créatures, qui leur conserveraient une iiriiille l cjuelles obligations leur aurait la so-
ciété! quel, ferait leur titre aux bènédictioiu du ciel !
^Si chaque fauiille pauvre était placée sous une bienveillante tutelle , si cette tutelle 6*exerçait par une influence active , individuelle , continue^ sur les mœurs des pauvres indigens , les causes qui rendent aujourd'hui le nombre des enfans abandonnés si considérable , se trouveraient affaiblies sous plusieurs rapports. Peut-être une mère jette son nouveau-né aux enfans trouvés , parce qu'ellt? ne peut ou ne veut pas l'allaiter elle-même , et qu'elle est hors d'état de payer les mois de nourrice : Eh bien ! le visiteur du pauvre lui persuaderait de remplir le devoir qui lui est imposé par la nature , lui en faciliterait les moyens , et , si la chose se trouvait impossible , il tâcherait de lui procurer les secours suffisans pour mettre Fenfant en nourrice.
On doit applaudir a la sagesse des vues qui ont porté l'administration des hospices civils de Paris, à envoyer les nouveau-nés en nourrice au dehors , plutôt qu'à retenir les nourrices dans Fintérieur de la maison , comme on en avait autrefois Pusage. On reconnaît aussi une des voe» les plus judicieuses d'une administration éclairée , dans le système de placer les enfans , quand ils ont quelques années , chez des paysans, où îl« commencent à s'exercer au travail , au lieu de Ie< conserver rassemblés dans une sorte de pension* nat ao sein de la capitale. 12,700 petits enian'»
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anrinm , sont ainsi en pension , placés et nourris à la campagne, par Tadministration des hospices He Paris , et sur ce nombre nous ne trouverons <|Q*inie mortalité annuelle de a.Soo environ, ou de I sur 7. Les cnfans y trouvent Tavantagc H'one bonne santé , les hospices celui d*une éco« iwmie sensible. Mais , il y a , par-dessus cela , on avantage encore plus précieux ; ces enfans nitrent dans une famille adoptivc ; ih prenoent Tesprit de famille; Tabandon etTisolement *mi cessé. Combien cette adoption ne peut-elle pat devenir aflectoeuse et douce chez de bonnes ?eDf du village ! combien ne peuvent-ils pas en ^Ire recompensés ! J'en citerai un seul trait entre oiille. Un pauvre tonnelier d^ Abancourt 9 département d*£are-et-Loir, nommé Guillottes^ avait •«lui recueilli un enfant, Tavait élevé comme i^ siens propres : arrivé à l'âge de la jeunesse , t^etfordin {c'est le nom du fils adoptif ) entre >a service; il se distingue par sa conduite et par «Ile traita de bravoure; il est élevé en peu de temps ao grade de li;'utenant<'Coloncl du 8« rrnaMDt d'infanterie légère , en obtenant chaque ^rade intermédiaire par un nouvel exploit; il est fitcoré de Tétoile d'honneur ; il rentrait en France , la France était pacifiée, il allait embrasser celui aoqnel il devait Téducation ; il expire i Marence en avril r8i4f et, par son testament .1 iêgne an pauvre paysan ^'^oo fr. fruit de hv% •oMwmriea, eonroe témoignage de sa fidble re*
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connaissance. Ah ! s^il eût survécu , il Yeàt récompensé bien mieux encore '. .
Une dernière classe d'infortunés dont lu destinée a beaucoup d^analogie avec celle qui Tient de nous occuper , excite la plus vive et la plus juste pitié : celle des orphelins, réclame sans doute aussi un asile , de la prévoyance de ra4ministration publique. Elle est admirable cette mission confiée à l'administration , qui Tappellc à exercer une touchante paternité envers ces jeunes êtres auxquels il ne reste plus une famille, et qui ont été frappés de si bonne heure par le plus grand des malheurs! Cependant, est-il né* eessaire que les portes de cet asile soient ouvertes à tous les orphelins qui s j présentent ? N^est-il pas désirable qu^elles se ferment quelquefois a leurs instances? La réponse affirmative paraîtra dure au premier abord ; et cependant une telle réponse est commandée quelquefois par l'intérêt de Torphelin lui-même. Bien différent de Tenfant ti^ouvé , s'il n'a plus de père . il a encore ordinairement une famille ; il peut avoir un grand-père, des oncles , des tantes, des frères ou sœurs plus âgés, qui déjà gagnent leur vie , qui seraient peut-être en état de le recueillir , qui du moins pourraient prendre qacl-
9 Le fiiit eikl connu di.iis les biiro:iux de la guerre. I^* pauvic GuilloUes n\ivait pas Purgent néressuirc l»our | futrc lever le Jugenicut r[ni lut nvait «dtogë la snccessioii
que soin de lui , et pourvoir à ses besoins s'ils étaient aidés par quelques secours : quelquefois il a encore sa mère : car, on reçoit dans les lios> pices de simples orphelins de père , et cela est juste en certains cas : mais, si sa mère n'est pas elle-même dans une situation désespérée , si elle n'est pas livrée a Tinconduite et au vice , quelle que soit sa misère , verrons-nous sans douleur le pauvre enfant arraché de ses bras , privé de ses soins et de ses caresses , croître loin de ses re* gards f la mère affranchie du devoir le plus sacré que la nature lui impose , Teufant sevré du plus dou:i sentiment que la nature avait placé dans son cœur? Il faut cependant qu'il y ait une dis-> position bien générale et bien funeste à multiplier les admissions abusives des orphelins dans les hospices, puisque l'administration des hos-> pices de Paris , s'est vue contrainte d'établir un règlement rigide et absolu qui interdit à tous les parens des orphelins , de les visiter, pendant leur séjour à l'hospice , recourant ainsi k la puissance que conservent encore les affections de famille, pour réprimer l'empressement à se décharger des devoirs que ces affections imposent. Et puisqu'un tel règlement a en effet obtenu quelque eflicacité , il en faut conclure ou que les familles , quoique nourrissant encore ces affections , ne sont pas assez pénétrées des devoirs qui j sont attachés , ou que l'excès de la misère les conduit a y faire violence. Le visiteur du
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pauyre exercera donc encore ici fa double Umction : auprès def uns • il emploiera lef mofeoi de per»ua»ion qui peuvent ranimer le fentiinenk def devoim ; auprès de« autret , il ticfac» àt procurer le« secours nécessaires poor suppléât k rin»u/iîsance des ressources dont les laaiiU«« disposent. Et pourquoi ne pourrait-on pas ùàtf directement, arec le concours des familles, n que l'administration des hospices opère en ùtveui des orphelins , pour h^s distribuer et les fAaeiT en leur procurant un état ? Elle envoie ctiaqut année à la campagne , plus de 200 enians cû bas âge; a 1 aide de son bureau de placement, elle en met chaque année en apprentissage chez de» ouvriers , phis de deux cents d'un âge supé' rieur a douze ans , en leur fournissant seulement un trousseau, U serait toujours utile qne les parens, s'ils le pcnvent , contribuassent de quelqttc chose, aux arrangemens qui sont pris poor cet infortunés , conservassent avec eux quelques relations et ne se considérassent pas comme «i?gagés de toute res|ionsabilité à leur é^itrd.
Traiisporti^yns-nous maintenant «lans les li«i|»i' taux ou trop souvent les malades sont enlas»é«. et demandons à quelquesHins d'entre eux s'il» d( se sont pas séparés d'une famille, s*ik s*en sont séparés de plein gré. U est à cet égard un (ait connu ; radministration s^aperçut il j a qnrlques années que , dans les hôpitaux de Paris, ua grand nombre de malades étaient apport^^
DU PArVKE, 267
rnoorans, désespérés à Tagonie, par qui?
(>ar leor famille m^me ! poarqiioi ? poirr évi^
1er les frais dei funérailles, en les laissant expî' rer flans Vasile de la charité ! Il a fallu organiser le boreau central d*ad mission , lui dopner des r^?lenens tout exprès pour mettre un terme à ''ft épouvantable airas. Les b<>pitaux étaient'ils Honc destinés k servir une telle violation des lois 'i'î la nature. Quelle pensée ! a l'approche de ses •Ifirniers momens , le mourant sera privé de la ''^'Osolation qui devrait en adoucir Tamertume ! '''•t époux , celte épouse , ne rendront pas le derîii^ soupir dans les bras de leur épouse , de leur ppoox ! ce p^re , cette mh'e , ne donneront pas l'i bénédiction à leurs enfans ! leur propres en* f^ns les aaront portés sur le lit préparé par la pitié publique ! ceux qui devaient les honorer , !«*' chérir, les soigner , ne leur rendront pas nthne les derniers devoirs ! Ainsi , à cet instailt 'le défaillance ou les mourans sont prêts k quitter la terre . où toutes les affections devaient se i^veillcr, ou tous les secours du cœur devaient l'i moins leur être prodigués , leurs regards mou* i«ns seront frappes de la vue d*un hc)pital , du •|»<'ctacle de ceux qui souffrent et qui expirent «-omme eux ! Ah l s'ils pouvaient être encore rendus à la vie, une telle émotion seule nr^ ^itBrait-elle pas pour les frapper d«i trait HK-irtel ?
Si} donc, il y a des familles qui portent les
!268 LE VI81TEVR
«igonisaiis à Thôpital , pour les y laisser mottrir. faut-il R^étonner qu'il y en ait tant qai y conduisent leurs malades , dans le cours de la maladie, pour les y faire traiter? Ici du moins > rintenùon peut souvent n'être pas condamnable, la nécessité peut même être impérieuse; car il se peut que le malade soit privé de ioat secours clans son domicile ) il se peut qu*^ son domicile, la maladie ne pât être traitée. Or. voilà précisément la question qu'il est avant tout indispensable d'examiner et de résoudre s « Le • malade ne pourrait-il pas être mieux soulagé n en restant chez lui? » Maintenant, sufiit-ilde l'institution du bureau d'admission pour s'en assurer? Que vérifie-t-on au bureau d'admission? Que le malade est réellement malade ? — le le crois. —Qu'il est indigent? •— Je le crois encore- Voilà tout ce qu'on a constaté. Mais , quelle est l'assistance que ce malade eût pn^ecevoir che2 lui ? A-t-il une famille qui puisse lui donner des soins? A-t-il un lit, du linge , un foyer? Voilà ce dont le bureau d'admission ne peut s*instruire. Cependant, s'il peut en effet rester au milieu des siens , il est prouvé que sa guérison est beaucoup plus probable : car , il résulte des comptes annuels publiés chaque année sur les dispensai' res de la capitale , par exemple , que la mortalité, pour ceux qui sont traités de la sorte ^ n'est aujourd'hui que de x sur 3o guéris. On demandera peut-être si ce mode de traitement
n'est pas plus dispendieux? Je demanderai a nion tour, si )e traitement a réellement pour ob- }et de traiter 1 j malade , ou seulement de le laisser mourir au meilleur marché possible ? Je ne r.Iiercbe pas ici l'économie aux dépens des jours lia malade : qui aurait le droit d'entreprendre une telle spéculation? La charité aurait-elle dit au malade , en ouvrant les hôpitaux ? a Je t'offre un asile où , à moins de frais , il est vrai , tu pourras souffrir davantage et succomber plus certainement. » Non , sans doute, au surplus , il en ^»t précisément Tinverse , et l'intérêt de l'éco- Domie est ici en accord avec celui de Thumanité. Ii(s mêmes comptes annuels des dispensaires ^ la capitale * nous montrent aussi qu'il en coûte la moitié moins avec une probabilité (double de guérir chez soi , que pour être traité 3 l'hôpital avec une probabilité double d'y périr. Que dis-|e , la moitié moins ? La journée du malade revient à plus d'un franc dans les hôlàtaux de la capitale ^ ^ et pour 36 francs par <>Q, vous avez une carte de dispensaire avec laquelle vous pouvez faire traiter gratuitement UQ malade pendant tout le cours de Tannée. La proportion est donc de i à i5. Il est vrai que les secours fournis par le dispensaire ne com-
I Tojes les rapports de la Société plii'.aulhropiquc ''C Piiris. AiiHce i8i5, pngc i|8.
t Un fr. 68 r. ri^aprcs les rapports des hApit.ux de Tjiu. Paris, i8i-i.
preilucnt que les soins du médecin ou chirurgien, et les médicamens ou pansemens; mais, c'est le principal, et plus la maladie est grave . plus cette portion des frais est prédominante. Si donc on veut Téconomie, la moindre dépense est obtenue.
Dans les dispensaires de Paiûs , la mortalité roule de i sur 25 malades enrcgisti*és, k i snr4B; elle a été de i sur a8 , terme moyen , pendant 21 ans. Celle qui a lieu dans les hôpitaux de la capitale , diaprés les derniers rapports publics, présentait les résultats snivans :
Enfans malades i sur 4i^4
Hôpitaux pour les maladies ^ de i sur 592
ordinaires i ^ ^ ""'* M9
Saint-Louis i sur i4'44
Vénériens • i sur 25,65
Maison d'Accouchemens . . 1 sur 3o
Loin de nous Tidée de faire supposer , par ce rapprochement , que les malades ne reçoivent pas, dans les hôpitaux de Paris, tous les soins et tous les secours que Tart et la bienfaisance réunis peuvent leur prodiguer! Certes , ils sont justement considérés comme le modèle des hôpitaux de l'Europe , et la sage administration qui les dirige n'a rien négligé pour y porter toutes les améliorations désirables. Mais , trois causes principales donnent lieu à cette énorme différence , et sont signalées p'ar les hommes de
ft II laoi rteoÊitiniUe nne première catuêe ièmU tU$^ mèmt ei la cc^ltîon de» m»liule9 '4âsi09 SI jfjftiir de» l^ienf^U éa âi»pett»stire ; en %htér$ti < fl« «ppâiriiefifieni à un/; fAmàïiifm plo» ^i*««^ lU »6>ttt ttneux àotf^né»^ mieux poumi» ^•^f^ f\'t exï^^e \ear ytmiHrti. La »eejmâe cs»uie Aw^rite fine f^rstaâe atUentUat i le» di^pen^aîre» ''Yrenl aui 0Mfl«de an mayeu fstcile de réeîaiaer i^i H^amr» dk» la première ffrif^itte de» màï»die» «»^tie» 9 a mie èpfHpie mi die* peuvent être en- '^«r^ fixement maîtrisée» cm goériei ^ Un/Iî.^ '•' • )U ne M«ii tran»j>Mié» <kin» k^h^prifam r|ue ^vftrffie le^ m^nie» maladie» ^ »ornt déj» «l/;f el^ypfié^'i» 9 Mf^at^èe» ^ par le déUui de »(nn» , «'^r/ent par de (à(^ten»e» improdence* , de fn- *^î<e» pre^eriptiMM , et j^mt devenue* i'%irè,mei^tA d9nfi^eren»e% ^ #(fiel/)oef&î» inévilal dément M^ielie» î let médecin» de no^ hApita»ï* ne c/i*- «At de jie fdaindre iu^tement de ce que trop ^^«qtteifMnevt on ne leur amène que de» nialadi'4 '"•^'^têpèré». La ifoitihme eau»e ne »e rtfÀ/m^ f»imde p9» motn» à no» rèÛexump le» plu» »^ rieoM» ; on reeonmtti qoe le ebat^rîn de fpiJlter «4 ùftmSUif ^ae le êpedacie de rii'Vpîtat , la vue '> tant de oialade» et de mouran» ^ en pr^liii- <4iii de Clelieo.»e» et »ini»tre» impre*»(on» »ur i^^prii de» malade»^ con/'^^rt puî»»amment a f'*ridy§eri€»etti(frU que l'art tenle pfwr le» »^»0'' '7^. Hé réduf4f/n» doue pa» Umt en elûfllr.»^ '«M» ee qui UmcJtte Ik l/« d^»luiée humaine ; te-
lions compte aussi, même sous ie rapport médical , des élémens qui sont hors du domaine de Tarithmétique ; de ceux qui appartiennent aui afTections, aux moeurs. Faut- il sans nécessité ajouter à la maladie le poids des peines morales i(ui aggraveront la maladie elle-même , et qni sont bien quelque chose aussi aux jeux deTami deliiumanité? Ce malade nV-t-il pasunefemoie. une iille ^ une mère , une sœur , une tante , qui puis.se lui présenter les remèdes , et lui donner quelques soins? Alors, ne respecterons -Doui pas , n'encouragerons -nous pas Texercice d*: ces pieux devoirs dans les plus humbles demeures ? N<: sera-t-il pas la consolation de la pauvreté même ? fie sera-t-il pas utile à ceus-lâ même qui remplissent de tels devoirs ? Epou^i infortunés ! un mal cruel est venu se joindre a l'indigence qui vous accablait. Ah! du moin^ vous ne vous séparerez pas ! plus vous êtrs a ])1aindre, plus vous sentez le besoin d'être uni* Tun à l'autre. £h bien! ce besoin si tonchaot du cœur , vous pourrez le satisfaire ! Infortuné, sèche tes larmes ! ta femme , tes enfans sont-là ! c'est à leur^ soins que tu devras la vie ! combien ils vont te devenir encore plus cbers ! eux-mêmes ils en seront meilleurs! et, de ce temps d'épreuves vous garderez tous un ton- «.'liant et précieux souvenir !
Je suis debout sur le préau de l'Hùtcl-Dieii; je vois arriver dici et de la , portés surdcshnii-
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cardf, de pauvres gens emveloppés d'uue couvertare ; leur œil éteint semble indifférent à toat ce qui se passe ; de^i femmes ^ des enfans tristes , abattus , les accompagnent. Je m'approche de ces femmes , de ces enfans ! « Votre • paoTre malade ! Pourquoi Tapportez-vous ici ? » -^Eh! nous êom/ms si malheureux J Ceci vous éprouve assez ! Que devierédrait-il à la maison, ou nous numquons de tout ? — Accourez, accourez, protecteurs généreux, tuteurs volontaires du pauvre , que j'invoque ! Accourez ! sécliez les larmes de ces familles ! Prévenez cette séparation qui serait peut-être éternelle !
Nous avons rencontré dans les hôpitaux, d'an- Hens officiers retirés , d''anciens professeurs , (i anciens employés, d'anciens marchands, et d autres qui avaient appartenu à des conditions misées, qui , maintenant, atteints par la maladie , venaient occuper les lits de Tindigence. S'ib eussent été à portée de confier à quelque âme ^réoéreuse le secret de leur malheiu-, les eût-on baissé chercher un semblable asile ? ne leur eûtoa pas retrouvé quelque parent, quelque ancien ^iui , quelque protecteur ? Ne les eût-on pas préservés du désespoir qui réduit à une telle uécessité , et qui doit la leur rendre encore plus '•ruelle?
Lies malades traités k domicile , seront épars <ians la ville , au lieu d'être réunis ; il y aura moins d'ensemble , moins de surveillance j je le
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flais. Ils seront épars ; mais c*e»i à la charilé que j<! m^adresse , c^est la charité que je suppose eu action. La charité est cooome lu lumière du jour , qui s'épanouit et se dissémine en rayons de toutes parts ; elle est comme la rosée qui tombe en petites gouttes. Combien de soins , de sentimens compatissans , peuvent être mis a profit dans celte distribution de détail , qui n'auraient point été provoqués , qui n'auraient point eu occasion de s'exercer î De bonnes action» auront lieu , et ce sera autant de richesses réellet pour la société j les bonnes actions sont fécondes ; elles ont mille effets utiles , d'une manière plus ou moins indirecte. D*a illeurs , les hommes de l'art nous l'attestent : les peines morales aggravent beaucoup les maladies du corps; le< consolations sont aussi un médicament efficace» souvent le plus salutaire. Combien de fois i' vue de l'hôpital n'a-t-elle pas causé à elle seule une impression mortelle! Combien de fois h confiance et la sérénité n'ont^elles pas rendu à la vie ! Il est une dernière considération qui doit, dans un grand nombre de cas , faire préférer éc secourir à domicile , le malade ou l'içânne . lorsque sa situation le permet. Il y a certaine^ maladies, des aifections chroniques surtout, qui ])crme tient encore au malade de se livrer -> quelque occupation; les vieillards , les inânnes et les incurables conservent souvent la même faculté ; transportés les uns dans les hôpitaux,
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les autres dans les hospices , et n'étant point alités « ils vivront dans le désceuvrement ; ils prendront Thabitude de la fainéantise : les mzlad/8 , une fois guéris . chercheront à prolonger encore lear séjour à l'hôpital . pour se dispenser «l'an travail dont ils ont perdu rhâhitnde : nous CD royons de fréquens exemples.
Qa*on ne se méprenne point sur le but de (Ci observations : prétendons-nous établir d'une manière générale que le traitement des malad s a domicile , est en soi préférable au régime des IiOpitaux? Prétendons-nous provoquer la suppression , la réduction des hôpitaux ? Nullement. .Nous aspirons seulement à faire bien comprendre quHl y a une distinction essentielle à faire dans la condition des indigens atteints de maladies ou de blessures : quelquefois ils seront plus utilement traités à domicile ; d'autres fois ils seront réellement mieux dans les hd|Ntaux ; cela dépend des ressources qui leur restent, des liens '[u*ils conservent avec des personnes de leur t^mille , et d''autres circonstances encore. Le malade qui est isolé , celui qui est dépourvu (le linge . qui ne peut faire de' feu chez lui, orront mieux à l'hôpital. 11 y a certaines maladies extraordinaires, particulièrement des maladies cfairui^cales . qui seront quelquefois mieux traitées dans des établissemens publics ; il y a .l'i^si des maladies contagieuses qui exig*.*nt qu'on i»renne un semblable parti. C'est précisément
cette dUtinction qui ext essentielle II faire . et rexamen qui doit la préparer, h qui peot-il être confié , si ce n^st an risiteor da pauvre ?
Pendant que nous voyons avec doulenr transporter dans les hdpitanx , des indigens qui < traités chez eox, cassent été moins malheurenx, ci eussent obtenu plus facilement leur ^érison . c t dans les hospices , des vieillards et des infinnp* qui eussent pu demeurer avec moins d'mcoo- ▼éniens an sein de leurs familles , nous rrfp^tons de ne pouvoir faire accneillir dans la établissemens publics , d*antres individus birii dignes d*intérêt. Oserons-nous les appeler indigens f Non , rans donte ; ils sont cependant bien malheureux.
Il est, nous Tavons dit, une pauvreté reialirp. Une personne qui, ajant vécu dans Taisanc^. se voit, dans la vieillesse , réduite h cent oa ceiit cinquante francs de revenu , et se trouve toat/' seule, peut être , sous quelque rapport, awù à plaindre que le pauvre auquel est accordé le pain de la paroisse. Entre la plus modique aisance qui se suffît rigoureusement a ellc-méiD'>. etrindigence absolue, il y a une foule de nuance^ ou de degrés ; Tisolement et Tabandon peuvent aggraver la condition de ceux qui sont pbrri dans cet intervalle , lorsque des revers de for* tune les condamnent à des privations péoU blcs.
Hommage soit rendu à nne princesse angncto
qui , dans Vliospice de Marie-Thérèse, a ourert un asile à de grandes infortunes , d'autant plus dignes de pitié , qu'elles avaient été précédées par une condition plus heureuse !
Ce qui rend utiles les établissemens publics qui reçoivent les malades ou les infirmes, ce n'est pas seulement la pauvreté , c'est surtout Tisolement. L'infortuné 'Gilbert, le vénérable Anquetil du Perron . sont morts dans les hôpitaux de Paris. Pourquoi donc ne multiplionsnous pas dans les hôpitau^i , les lits payans , avec une échelle bien graduée? qu'il y en ait pour toutes les facultés , pour tous ceux qui ne peuvent se faire soigner chez eux ! les étrangers, les ouvriers qui ont fait quelques épargnes , en profiteront.
Qu'*(Hi nous excuse , si nous paraissons un instant sorti du sujet que nous nous sommes proposé ! il est des infortunes ' qui , sans constituer rindigence proprement dite , réclament notre intérêt et même notre respect.
On ne peut assez déplorer qu'il y ait si peu d''bospices ou les vieillards , les incurables, puissent être reçus.moyennant une modique pension de i5o , 200 , 3oo , 4^0 francs par an. On ne se figure pas combien d'infortunes réelles, d'in fortunes ameres ils pourraient soulager , et soulager en ménageant la dignité de ceux qu'elles atteignent. Autrefois , en France , les veuves , les filles âgées ou infirmes , jouissant d'un petit
doaaire ou d'une petite pension , se retiraient du moins dans les oouvens ; quelques uns de ce^ asiles se rétablissent aujourd'hui ; mais les convens de femmes n'étant plus dotés , ou ^o moio» ne Tétant plus aussi richement , le prix Ae la pension dans ces retraites est beaucoup plu< élevé j souvent marnes les couvons y cherchent un accroissement de révenu. Rien de sembbblc d^ailleurs n'euste pour les hommes. Pour que ce genre d'asile puisse s'établir au prix le piu< économique , il faut qu'il soit construit sur unr très grande échelle , qu^'il comprenne plusieur centaines d'individus ; alors , celui qui ne pouvait se procurer le nécessaire en vivant chez lui. avec 800 francs , qui ne pouvait , avec ce revenu. payer son loyer, se chauffer, se vêtir, se nourrir, et acquitter encore sa contribution , sera fort bien ^ réuni avec d'autres , en versant seulement dans la communauté la .moitié de cette sommo. Ceci , il est vrai , ne peut guère s'appliquer qu'aux grandes villes. La, du moins, on peut avoir quelques établissemens , à des prix gradués , et. leur donner l'extension convenable. Mais , pour les autres lieux , ne pourrai t«oi] p' issocier le déparlement entier , instituer çà et là , de ces asiles collectifs et économiques djn« les campagnes , où ils seraient , à tous égard*^ . bien plus convenablement placés ?
Si nous n'avons déguisé , affaibli , aucun <l< ' incouvéniens qui résultent de l'admission' Ac^
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malades dans les hôpitaux ^i des vicillurds et de» iiiUrmes dans les hospices , si nous avons essuyé le montrer que cette admission ne doit avoir iijuque lorsqu'elle est absolument nécessaire, et qu'il n'y a pas d'autre ressource ; irons-nous jiisqu'à nous associer k Tespèce d'indignation ([ue quelques partisans du célèbre système de lu population semblent éprouver à la vue de ces élablissemens ! Craindrons-nous ^ avec eux , que ces établissemeus , renfermés dans les limiU^s que nous venons de tracer , n'accroissent encore rindigence au lieu de lui porter remède ? Certes , nous ne saurions découvrir en quoi ils eucoura- ^'craient la multiplication du nombre des pau- > rcs , en quoi ils favoriseraient l'oisive té ou la fausse indigence ! On ne se marie pas dans l'intention d'aller à l'hôpital j on ne met pas des cnfansau monde avec le projet de les y envoyer uu jour^ on ne se condamne pas à se priver de tout , poui* arriver à Textrôme détresse qui seule fera ouvrir la porte de l'hôpital ou de l'hospice , uniquement afin d'obtenir une telle faveur. Les abus cessent dès que les indigens n'y sont reçus (jue sous les conditions rigoureuses qui ont été reconnues indispensables. Quel serait donc h 4langer a redouter? celui de conserver a la vie b's malheureux atteints de maladies , d'infirmités, d'accidens , et d'aQliger ainsi la société de ces rxcès de population c|u'on déplore avec des accens si lamentables ! de mettix ainsi obstacle à
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ce prétendu bienfait de la nature , qui moissonnait parmi les indigens , les malades , les vieillards , surtout les enfans , et qu^on se plait à nous présenter comme le seul remède efficace contre rindigence î remède bien efficace en effet , que celui qui consisterait dans Textermination des indigens! Mais^ nous le confessons , avant d*applaudir h ce remède , nons attendrons de voir la famine à nos portes; nous ne saurions désirer que d'autres fléaux anticipent sur ces ravages. Non , non; loin de noua môme une telle concession F Les droits de ia sainte humanité , les notions de la justice, décident ces graves questions par d'autres principes, par des principes sapérieurs k toutes les spéculations systématiques. La vie du pauvre est aussi sacrée aux yeux de rhumanité , que celle du riche ; ses souffrances réclament la même assistance de qui peut les soulager; la société doit venir au secours de rhomme honnête et laboineux , dont les sueur» lui ont été profitables : ce n'est point une sio^le gci^rosité qu'elle exerce, c'est une dette qu'elle acquitte , une dette dont rien ne saurait la di^l>enser.
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