‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-mêmeChapitre 20 sur 29 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

SES UrSTXTTTIOHS DE PRivOT4SCZ.

Si le soulagement de Tindigence appelle toaU la sollicitude de radministration publique , il e«i pour elle un devoir non moins sacré , c^est d( faire tout ce qui est en elle pour prévenir IIddigence à son origine , et lorsque ce résulta! est possible a obtenir , il est bien plus précieax encore.

Le travail est le vrai, Tuniversel antidote contre la pauvi*eté , mais le travail accompagn' d^ordre , d'économie et de prévoyance.

L^adminislration publique a mille moyen ^ pour encourager le travail, ne fût-ce que pari» protection qu^elle accorde à la propriété , à U liberté de Tindustrie , à la concurrence , par le^ débouchés qu^elle concourt à ouvrir , par Ie> communications qu^ellc rend plus faciles.

Elle peut aussi encourager Tesprit d'ordred'économie et de prévoyance, en fondant, et surtout en favorisant les institutions destinée^ recevoir les épargnes et ^ les rendre produclir*'*

DU VAWRIC, 3l5

*'îwi ici, elle a beMÎa d'être secondée par ropi"

' rm publique , par les mœurs des conditions

'Vjrieasef. Il £snt répandre la lumière, la faire

' oéfrer danj les ateliers , offrir de» exemples ,

i amrmnere.

Celai qui a été témoin des misères du paurre .

"'i'. confident du pauvre, aura bien connu

'.aunent l'impréroyance et le désordre condui-^

'-ntçradaelli^mentdansrabime, celui-là, dis-je,

'T^ le plus éloquent interprète de ces Tentés

'iVjo ne peut trop Caire entendre dans toutes

. '^ classes de la société. S'il vient à rencontrer

i'^tt'un de ces industrieux individus qui vi-

«-tit an ioor le jour, sans s'inquiéter de TavC'

r.il loi révélera les dangers qui le menacent ;

■ l'ji peindra ce quHl a vu.

Les deux tiers ^ des indigens secourus dans ">. villes, n'éprouvent qu'une détresse passagère. '-^ visiteur du pauvre qui est entré en rapport "c Ini, pour lui procurer le soulagement '"nporaire qu'exigeait la circonstance, qui a v'^nu sa confiance, est donc favorablement i^cé pour donner à son protégé la direction "/pre à le garantir du danger de retomber rj^ la même situation où il a tant souffert, '/«j Ton a en tant de peine à le retirer. Nouille mbfion pour notre visiteur du pauvre!

' Cest k'^eu'près U proportion qae noos trooTons ^•ru, 4*jipr«s !« ci«s»eiiu:ut qu'opèrent iet bure»uK ' durfvé.

mission non moins belle , non moins fructueuse ! Il enseignera à celui qui sort de rabime, qui Tenait à Tindépendance , l'art de pourvoir désormais lui-même à son propre avenir.

Oh! si en effet il a obtenu assez d*empire sur l'esprit du malheureux qu'il vient de sauver, pour que ses conseils soient écoutés , qu^il préserve avant tout son protégé des pièges qui lui sont tendus , des fallacieuses promesses qui. en le flattant de l'enrichir facilement , lui prépareraient en effet une ruine nouvelle ! Serait-il vrai que les séductions des jeux de hasard viennent quelquefois assiéger l'ouvrier au sein de sa vie innocente et laborieuse? — «Mon ami, cette » fatale séduction a-t-elle jamais eu quelqu'emn pire sur vous? aurai-je besoin de vous pré- » server de l'illusion grossière qui , sous l'espoir » d'un gain honteux, même s*il était obtenu, » vous cacherait un précipice sans fond, où >> iraient s'engloutir votre repos, votre temps, T> vos mœurs , votre existence . entière. Non ; » vous vous éloignerez avec horreur d'un sem- » blable péril ! » Mais , voici d'autres jeux non moins perfides , non moins cruels , et dont peutêtre il se défie moins : serait-il vrai qu*on a pu imaginer une combinaison aussi machiavélique que celle de lever une contribution pubUquc illimitée sur les classes même les moins fortunées, en abusant de leur crédulité , en exaltant leur imagination par de fausses espérances , tn se

Dr PATJVEE. 317

mettant à leur portée par U modicité des sommes nûgécs, mais en préparant 9 parla fréquente répétition des mêmes mises , une ruine d'autant plus inéritable , qu^elle se sera opérée d'une manière insensible, en créant pour quelquesum, aux dépens du grand nombre, des gains fortuits, obtenus sans mérite, gains vraiment corrupteurs? Serait- il possible qu'une telle combinaison eût été conçue , réalisée par ceuxià même qui devaient protection aux mœurs et au bien-étre de tous ? — « Mon ami , ne voyez-

> vous pas qu'on vous trompe, qu'on se joue *• de TOUS ! Le produit de Timpôt ne vous donne- ' t41 pas la preuve évidente du prélèvement ' qu'on £aît sur le joueur, dans ce jeu inégal " quon appelle la loterie?... Vous pouvez au- " jourd'bui perdre votre petite épargne ^ demain " FOUS voudrez réparer votre perte j vous em- ' prunterez^ vous vous engagerez dans un défilé ' dont le terme n'est autre que cette même mi-

* %ère à laquelle vous venez d'écliapper. Voyez

> cette maison de prêt! une portion des effets " qui y sont déposés est sacrifiée à cette fatale " habitude! Combien d'indigens j'ai connus,

> dont la détresse n'avait pas d'autre cause.

* Voulez-vous jouer à coup-sûr ? mettez vos pe- >' tites épargnes en sûreté , au lieu de les jeter

* dans le gouffre : vous obtiendrez le lot un ' peu plus tard , mais il ne vous échappera pas. » — Cette fois, mon protégé se croit certain de

3l8 LE VISITEUR

faire une spéculation avantageuse : il a la sur une affiche le prospectus d'une tontine qui lui promet un capital considérable , acheté seulement par de petites mises répétées et continuées. « N^est-ce pas ici, me dit mon protégé, une

• vraie caisse d'épargnes? On m'accumule mes » petites économies , on les rend productives j si » je les perds , c'est que je mourrai de bonne N heure ; mais alors elles me deviendraient ioo- » tiles. J'en ai besoin pour mes vieux jours. — » Mon ami , je veux pour un moment croire à n tous ces beaux calculs ; mais , dites-dnoi , cod- » naissez-vous bien les personnes qui offrent » avec tant d'empressement de se cbargerde vos » affaires , en créant et dirigeant cette tontine? » vous étes-vous assuré de leur capacité, de leur

• solvabilité, de leur délicatesse? Qui vous garan- » tit qu'elles tiendront ce qu elles promettent? » Mais ensuite , ces calculs, les avez-vous en effet » vérifiés? pourriez-vous les vérifier? ne s'y » est-il glissé aucune erreur volontaire ou invon lontaire? Vous convenez qu'à cet égard vou!> «> êtes dans une complète et inévitable igno- » rance. Voici cependant un autre calcul j il est *> simple : les auteurs de ce projet, ne se dé- » vouent pas gratuitement pour vous rendre « service • ils veulent se créer h eux-mêmes des » emplois lucratifs ; ils vont avoir un hôtel, de» » bureaux, des commis qui seront aussi bien n rétribués ; et , tout cela , aux dépens de qui?

DU VAVVliK, 3 19

> /"applaudis à votre prévoyance pour l^époque ' de votre vieiU^^sse ; mai« d'ici Là , ne peut-il ' rieo vous «urvenir qui vous rende nécessaire» « ks éparj^ne» que vous auriez réussi à conser- ' ver? Ne pouvez-vous être atteint d'infirmités " précoces et passagères? un accident, une cir* " constance quelconque ne peuvent-iU suspen» " <Ue votre travail? n'est-ce pas là ce que vous

• enseigne Tex^périence même de La situation " d'où vous sortez?.,. Vous pouvez mourir de

> bonne heure ! mais alors même 9 n*aurez-vou8 « point à regretter que le fruit de vos économie»

* «ott perdu? N'avez-'vous pas une femme ^ des " ^aÙM qui Teussent recueilli? Si vous êtes » seul, avez-vous donc renoncé à devenir époux " et père? Alors vos épargnes vous serviraient ■ à vous établir ; un jour elles profiteraient à

• rotrc famille.. Qu'est-ce que c'est d'ailleurs, - dites-Le-moi, qua ce jeu singulier où les " liommes jouent sur leur propre tête , parient ' pour leur mort mutuelle , et fondent L'espoir

• de leur gain sur celui de voir périr avant eux ' leui's prétendus associés? vous avez trop de

* bon sen« pour ne pas le reconnaître : ce n'est " point ici uac caisse d'épargnes. C'est une com-r ' binaison immorale dans son principe , sans ' garantie , et qui ne vous offre que des dangers ' sans avantages. Oui, faites des épargnes, je vous

* «Il loue j mais ces épargnes sont bien pré- » âeuses ; elles vous ont coûté des sueurs , des

» privations; elles feront votre avenir; nené- » gligeons rien pour ne pas les compromettre, » pour les rendre réellement productives. »

Je ne me borne point k ces faibles raisonnemens; comme les exemples sont les meilleures preuves en ce genre , je lui raconte Thistoire de la caisse Lafarge , et d^autres encore.

D^autres, et ce sera le plus grand nombre, d'autres , en rentrant dans leur vie accoutumée, à la suite d'une crise passagère , retomberaient naturellement dans leurs anciennes habitudes d'insouciance et d'incurie; empressés de jooir d'un retour de bien-être , ils répugneraient à s'imposer des privations nouveUes et volontaires, à ]a suite de celles que la nécessité vient de leur faire éprouver. Elles ont été cruelles ; le père de famille était atteint d'une grave maladie; toutes les ressources manquaient; la femme et les enfans mouraient de faim ; nous avons en le bonheur de les sauver. Notre mission est-elle terminée ? Non , sans doute. Songeons à l'avenir de celui qui ne sait point y son|[er lui-même. Rendons-lui du moins profitable la leçon sévère qu'il vient de recevoir! l'instant est propice- L'infortuné est rendu à la santé ; il a retroore un état; sa femme aussi a de l'occupation; ses enfans sont en apprentissage; tout se ranime; un rayon d'espérance pénètre dans cette demeure , où furent poussés tant de soupirs. L'esprit de notre protégé est plus serein , sa raison

«>*t *f kM» trotrré Aï •« cwifi^rr e» iv^i«; il

* «î Wen t'jmwi ht itmJ^ri^ àtt nz/tr*; l/î«rfiireil- /*»3eî AWf »^j«* l«i Ut^m^ r^^m^r^^ner . art^ec <'>rce* «*» «;yn.^ ^tnerUsnte. t^n »r0ttt *iét l'orArt

* Ut^)Ui il rMTfit d*<Hr« ♦<*«*U«it: ^fu*; <1« ««t»-^

-*♦ «i»0M'«>r« rw>«ir«r^« ^ A'nn aiitr* iç«ïr« j*-w«it a*j%M J« frâtpp^rrj #jm'mi« j^Mir la vidU .>He^ lr« tnfirmiO:^ stiUnnfirfftti %» fjmt^^^tui

v^ meiXrr, ài-.kifram*. a l'^al^H du rttUtHr àf, U mi-

*i*méimt:tit f^;li#r*i*, c#rtU; th^^trut an j^/ur lui '/^«^jrwera (in prtJt c;»pîU«l , » Taîd/i Atu\%%*\ il /j«nrai mteitx kUirar fef eaf^n^, **étàblir p^^fir ^myrtf^tt éUMipUi, âf^vttuir jilu* iod*rp/rr*dsint, 4fxr*Mre %fm iW^wjt par !<? éiAvftU/jtpt^meni tU: vm in4fi%îrïfî. S'Hi% en »pp'îl'/n« a Umif.% l#?f (byxioMf^ de la yrti^t^tt'j',, ntm* myftf\*»<fn% l*r* af- ''''iifm^ An ùimiUe; wm* irit>rr<?%v/rH «a fierté.

'^T»-t-il? S'il li;* (jardi* dan» mï« m»w%., tï \i4ini

*'*■* yndfe j îl **rra t/mié à i}t»f\tu*, instant d*«m

•We ti¥imn'j il ri« l^ffir f(r:rfa ftrfMnirf* uwmn în-

•riNi} fl n«f «ait point cfmim#!rtft rm fait «ti pl^»-

» VOUS à Vous la prescrire , en confîdéranttout^ »» la sécurité qu'elle vous permet? ne tiendie/.- * vous pas aussi quelque compte de TavaDU?^ » quVUe vous offre , en vous mettant en rappcMt » avec des ouvriers estimables , en vous appe- » lant h coopérer avec eux à une mitîtiitiai) » louable ? Vous en trouverez de toutes profe*- » sions ^ et dans tous les quartiers. J^ai voOf n parole; j'y compte; c'est de ce moment qu'^ M vous êtes vraiment sauvé. »

Ces associations, je le sais et je le regrette. nVxistent pas à beaucoup près partout où eU^« seraient nécessaires ; mais , si , dans les villes oti elles sont encore inconnues , des personnes zélées , expérimentées ^ entretenaient des rapport»

d*ê(re dfitrlbtt<f «pendant que ces {evU\e§ tout êovsfre»'"-

Nombre d« «ociéU* de prévoyance cooouei \ ^.

àe la cociétj^ piiiliiD(hropique .,...,. J *

Nombre ilei sociétaires, ..••*..•. i^."*

Fonds plaçai ou en < alsse. ••.*...• t,it4,co'.

1 On remarque que les ouvriers qnl Sgorent es |> :»<

grand nombre dans ces assocutions sonl les fnpriaiMf*

et c(-'ux qoi exercent des professions analognef • *>d*

doute, parce quMli sont plus instruits et par la «estait

miens le prix de ces iustitutions. On roit attfsi «v^''

regret , que les garçons boulHn<;ers qoi foarolMmt ub«

muliîtude si considérable de malades aux lii^Urax.

n*ont iottitutf qu'une senle société de prévoyance, «>»>'

posëe seiil<?ment de «4 membres.

Les cordonniers et bottiers qoi occupent asfM l« premier rang parmi les malades de nos hôpitaux* 't les iodigcns secourus h doroirile , forment deux sociale» . ne réuolssaot ensemble que iSa membres.

Bv PAUVRE. 3ai5

habituels avec les indigens , étudiaient les causes et les remèdes de la pauTreté , on ne tarderait pas à sentir le besoin d'établissemens analogues, à en provoquer la formation : le ministère des visiteurs les mettrait naturellement à portée de faire cette bonne action de plus ; il leur suffirait d'engager, par leurs conseils , quelques ouvriers à donner Texemple. Il est peut-être aussi quel- (pies villes où Ton a même redouté là création de sociétés semblables j on a appréhendé qu^elles ne servissent à favoriser les coalitions d'ouvriers. Mais , l'expérience doit rassurer pleinement contre ce danger : Ton vient de voir que près de iS,ooo ouvriers sont ainsi réunis en association dans la capitale , sans qu'il en soit résulté aucun inconvénient. Dans le nombre de ces institutions, on en trouve dont Torigine remonte à 1694, k 1760 , etc. Il convient sans doute de. leur donner une sage direction ; à Paris , elles reçoivent des encouragemens et de précieux conseib de la Société Philanthropique , qui exerce à leur égard une sorte de tutelle bienfaisante. Biais les réunions formées dans un but favorable aux bonnes mœurs , dans un esprit d'ordre , sont naturellement animées d'intentions louables. Tout ce qui tend à faire naître, à entretenir l'esprit d'ordre , d'économie et de^révoyancc , dispose par cela mêmevaux habitudes les plus salutaires pour les mœurs. Les réglemens des sociétés de secours mutuels renferment d'ail-

leurs ordinairement des dispositions très Jotublés et qui doivent exercer une semblaUe influence d^une manière plus directe encorf : la plupart excluent de toute répartition dans Fa»* sistance mutuelle , ceux des associés qui noiouffrent que par suite d'intempérance , de débaoclie, de rixe volontaire '.

I Qa*il oooi coit permis de citer ici an lenl exenpl* (lu lion esprit qui legne dans qaelqnes-nos de ces rc* glemens : nons le prenons au hasard dans la société des secours matnels des ferblanliert'lompiites « iaslitue'e -en i8i4>

TiTBK.5. • Art. 17. - Les trois surveilletns font, dbcnn d'eus pendant quatre mois , le serrice actif q*' le besoin rëclame près des malades , ponr s*assarer ^ la moralité des candidats , enfin dans tontes les drceas' tances ou leurs bous offices sont nécessaires. Lors, de* rénoions , ils se placent de manière i voir cbacoa ane portion des membres et i en £tre tu. ils Teitleat aew au mainllen de Tordre , et avertissant le syndic de (oat ce qui est trrégulier.

Art. «o. - Aux membres dn bnrean appartient %sdu' xivement le droit de prendre , de la manière qa^ils iDge«<t la plus convenable , les renseignemens sur fa condolle prcsumée réprébensible , sons quelque rapport que ce soit , des membres , et de proposer à la sociéû I» moyens de répression , qui sont la cotisation rstrsor- (iioaire ou la radiation.

Art. a3. Dans le cas où une proposition faite par ■« ou plusieurs membres serait dangereuse on Incoavenimte , le burean, après avoir pris Pavis du coascn • aurait droit 4*écarler la proposition , en faisant eeanaltre h Pasteniblée les roptifs de sa déiision.

TiTEE tf. - An. 3. - Tons les membres seront indolgeas les uns ponrles antres.

Art. 5. - Le bon nrdre et Pintérét de la société exi(«*<

Dans le midi de la France , et en Italie , des associations analogues ont réuni un caractère religieux , à des vues de secours mutuels et pris la forme de confréries ; à Rome , elles sont l'ort anciennes et fort nombreuses^ elles pourvoient

qne les membres ne s^occupenl et ne parlent dans les réunioos. que de choses utiles, ou au moins, qui ne Mnl point dc'placées. Ils ne peuvent parler plus de troii fois sur Je même sujet.

Art «7. - Tout membre qui se présenterait dons un étal d^ivresse ou dUndéceuce serait e'ioigné sur-le-chunip, mais Sans amende.

àrU 8. - Le membre qui troublerait la tranquillité par des propos inronvenaos, menaces ou injures , et qui n^obëirait pas à Tordre que le syndic lui donnerait, de Corder le silence , 00 de se retirer , paierait une cotisation extraordinaire , etc . . . .

TiTKK 10. - Art. 3. - L^ouvrier malade par suite dMnteoipe'rance ou de deliauche , de provocation ou de rixe ToloBliiire , ne recevra aucun secours, etc..^.

TiTBE i3. - Art. i4> - Pour consarrer par un acte reli» lieux la fondation de lu socie'lc, tous les ans , le jour de b Saint- Eloi, anniversaire de celle fondation, il tera célèbre' une messe sur la paroisse où se tiendra le bureau de la socic'lé. La piétë et non rostentation dictant cette disposition solennelle, une somme de 20 francs sera consacrée pour celte messe , à laquelle tous les membres, hors ceux qui ne professeraient pas la religion catholique , seront invilcs à se reiidrj. Une antre somme de so francs sera remise dans les mains du Baiie de rarroodissement « pour être distribuée aux iiidigens. fil, par des circonstimces imprévues, culte dernière partie de la mesure ne recevait pas sou exccnljon , la désignation des iodigens serait faite par la iociété, et la somme de to fr. leur serait cxactemcut 'émise.

^^8 LB VUITEVB

k U sépulture de leurs membres; plusîcon ont éie assez opulentes pour élercr de magniiqiies églises. MaU resprit d'ordre, d'économie et de prévoyance n'est point toujours celui qni méside a leur existence.

Je suppose maintenant que mon protégé soit en mesure de porter un peu plus haut tes petites épargnes journalières, qu'U en ait le courage qu'il r«t pris goût, d'après l'essai qu'U Tical d en faire j je suppose qu'il prévoie un moment ou il aura besoin d'un petit capiul, soit pour acheter ou renouveler un métier , soit pom* se meUre dans ses meubles , soit pour rembourser une somme qui lui a été prêtée, soit pour se marier, soit, s'il est marié, pour 1 époque des couches de sa femme , soit enGn pour placer ses enfans j et à quoi un petit capital ne pourra-t-il pas lui être utile? Alors, j'aurai de nouvelles indications à lui donner. Ces indications hii seraient également utiles, s'il ne voulait oo ne pouvait pas recourir aux sociétés de secoun mutuels qui nous occupaient tout-àrheure; tclest, par exemple, le cas où il ne serait pas assuré de séjourner quelques années dans la ville où ces •ociétés sont établies.

« II nous faut, mon ami, trouver réunies, à-

• la-fois, trois conditions difficUes : il nous faut » trouver un dépôt où vos épargnes soient en

• partaite sûreté; il nous faut aussi trouver an " «établissement où elles fructifient autant que

4f4k€ *M%^mfm^^ ^ t^m A/ftu/f^tti %tA*ntfm*^ut Ujmr U'mp^ H U^tr* wAn* \*ff*ir U ^ntt, l/ot^

A*i^f. . . i</yj '',^,

* •**»♦ fi rx^'hii^rt y*% Vj» fr4ti*:* p^r ^tn^tur ,

* (fMttt » pfk^^iî, Mifiti^ *^*^m\A<: Aim^tu.hK > fr*i*^^t(tm. Vf0$* ffTff*"/, Ar, if*/% pf'fyt^* y*'U% j

* «0W» VMi <*rrti* ^ M^U w*ft ^ «« U***» Afr At^

330 LE TISITEUft

les trois visites de M. Brano '. Nous iouissoas de voir ces salutaires iostttutioos 9 îadis ^norées en France , s*j multiplier et tfy consolider de jour en jour, étendre dans nos provinces leur bienfaisante influence. La Caisse d'épargnes de Paris , a offert le pretnier exemple , et a aussi justement servi de modèle : fondée en 1818, elle a rapidement atteint le plus haut degré de prospérité , c>st^^-dir? le plus haut degré dVtilité. Le revenu de sa dotation , formé en partie des dons de ses fondateurs s*élëve à 55 .000 fr. environ ; ses dépenses annuelles ne s'élevantqu^à 44)OOofr. sont beaucoup au-dessous dcriotérét de son capital. Le nombre des comptes ouvert* aux déposans, est en ce moment d'environ 28,000, et la totalité des sommes déposées , savoir:

xo Rentes inscrites au nom des déposons , 335,620 francs en bons de rente ;

20 Sommes en numéraire et capital, 1,583,535 fr. 17 c. ^

I Cbormftnt opDvcnle de feu M. L^montey , où l'expHt le plut piquant et le plu* aimable f*ect mis au temct de la bienfaiaonce. Henreux le» hoiT<m«>s de lettres quand, d*uu tfciit, ils peureot faire aioii une Losne Action !

t La Caisse dV^pargnes a « poar f^araotir celte dernière somme, 119.97S fr. rfc rentes sur l'Élat, inscrits eu son propre nom, qui , iiu cours de 57 fr. 6S c. suflSraieot f*"»" rembourser celte somme. En i8i5, il a e'tc reçop»*"'* caisse 7o,o3« de'pûts , iormant une somme lolsle ^* 3,107,951 fr. ; il s Vst pi tfsentf^ 6,196 nouveaux dt^poians, 5,8Î6 ont demandé des remboursemcns , dont 4,^1 M*"'

Jmtfali €ti \(mr f le* fetmne» et 1«» fill«» Mf ^féfeivteivt en pinê ^aind ficymlfre que le» hotn^ me» ; le» filles de kcMitff|ae» ^ le» cmnmîâde m»» (^amm ^ le» rlonie»tîf)fie« »nrf ont ^>rment lai |i»tti» f^TMwle pafriîe 4e« #1 /rpo^an». Le ntmAne t\t% on^ vrier» n*e»t fn» am*i effit4i(U.rMf,. M»i» « tmlé' penfUnnmeot Je ee rfne le» ouvrier» »ont pr#>* W»14eiiieni moîn» in^tmiM , moin» \yrf,y ffysiiM ^ tiyfftm èeMHfTn^A ^ àc. ce f\ne lepir» %9\»ïre% »d»»i 4o«t plif» ino4Kffie»f fl ne farrit \in% r/iiblîer qne pTff»<le i^^ooormvrier» mettent en eommiin leur» *^pa»ipie» d«m rie* »oeiété» de ^t-.ynjfince. l'ii*- *»e»r»de ee» «oeî^té» t^ienn^nt au re«»e elle»- «»<^we» Af^fo^er )t h eaî»»e rl'ép«rî(ne% , le mom* J;wit de» eolleHe» faite» p;»rmi leiir» mer»' hre«.

Il p«il ^tre inl^re«*aint de ram^i^rer )ê cette «»t«r*tw« eelle d'nne r»i»»e d'ftp»rffne» de ptr^- '»«ee i eefle de Lyr/n s» été ffmdée le »i> dfcem- ^»^e «fecr j jri»qii'iffi3i d^f:emhre f^cjc», elle avait ''e<jw ,.,..,. ^ f^Cn^i'iCf îr. %-) t.

^fifà elle avait en/r^/re , .'J«c?/j8.> fr. 3f e.

.Hayf>îr r

'^'filirrf^^» âft «ont 4'.Wv4f% f»<»n'l.»r>», U m^rrw» Af>A^« à

principales villef de chaque départenaeni ; te* opératioiM acquerraient , par le- concoa» éti habitans diiséminés dans le territoire , Testeo' sion nécessaire qne peui-étre les dépôts dudieflieu ne suffiraient pas à lui donner.

Mais revenons à Tindigent que-nous aroo> ressuscité , et dont nous voudrons assurer la destinée.

Je Tai accoutumé 21 envisager Favenir : mâih tenant je ne le trouve point encore rassorr^ il veut tout prévoir ; il me dit :

« Une inquiétude me tourmente et m*assi«f e : » en jetant les jeux sur ma femme, sur mes pe- » tits enfans , je pense qu^un accident impréra 9 peut demain me surprendre, leur enlerer n Tappui que je leur prête; ils ne vivaient qo« M de mon travail ; que dcviendront^ils? les (ai- » blés épargnes que j*aurai pu accumuler m 9 quelques mois, en quelques jours ne leur k- » rontpent^tre d^aucun secours. » — «Ehbjeo ! » mon ami , nous avons encore un préservatif i> contre ce danger. Voulez-vous assurer à votre » veuve , k roê enfans 9 une ressource déteroi' • née , une somme fixe qui ne puisse leur écbap' » per, alors même quVn effet vous leur seriez » enlevé demain ? je vais vous en indiquer U* » moyens : vous avez trente ans : je suppose <^ n vous désiriez porter à 2,5oo fr. le petit patrî- » moine dont vous voulez les mettre en posse»n sion k votre mort , quelle que soit VéfOf^

» OÙ elle arriye^ il suffira qaé tous vous enga- » giez à verser 62 fr. par an j ce n^est guère que » a £r. 5o c. par mois j ce versement suffira pour » remplir vos vues , n'eussiez - vous pu vivre n qu'un mois pour remplir votre généreux des- » sein. — Une somme de 5oo fr. vous est arrivée » d'une manière inattendue , par un legs , un » bénéfice quelconque ] vous voulez aussi la » mettre en réserve , pour servir seulement à » l'héritage 4e ceux qui vous sont chers j eh bien ! » en la déposant de la même manière , vous M garantissez i,aoo fr. à votre -famille , pour le » )our de votre décès. Je ne vous donne ici que T» la proportion ^ vous comprenez que le patri- » moine créé par vous , croîtra en raison de n votre mise. » — «i Gomment cela ? me dit-il , » et que ne ferai-je pas pour être en paix sur » le sort de ma famille ? »

Alors je lui indique les assurances sur la vie g je lui explique le mécanisme et le but de cette ingénieuse combinaison dont les avantages , si bien appréciés en Angleterre , sont encore si peu connus en France ; combinaison éminemment favorable aux affections généreuses, puisqu'elle aide seulement celui qui en profite à faire jouir ceux qui lui survivront un jour , des fruits du sacrifice qu'il aura fait lui même pendant sa vie ! tant de causes détruisent les patrimoines ! Combien est précieuse celle qui sert à en recomposer de nouveaux !

336 1«B VUITEUB

Peut^tre mon protégé désire-t^il obtenir on capital II une époque déterminée ; le même gemt d'établissement lui offrira encore cette facilité : en dépoâant' chaque année une somme de loofr., un peu moins de 28 cent, par jonr , il se créera le capital ci-après :

Apres 10 ans .... i,338 fr.

i5 ans .... 3.998

20 ans . . ^^^77

3o ans . . * . 8,086

Cest encore une caisse d'épargnes , où^ d'an côté , les produits de Taccumulation sont plus élevés ; qui , d^un autre côté , e!Ûge que le versement soit périodiquement et réguliëremest c<mtinué pour la même somme , et qui ne permet pas de retirer le dépôt à volonté , mais seulement h une époque fixe. Elle ne convient ni aux mêmes personnes , ni aux mêmes circoiutances.

Le même genre d*établissemens offre encore d'autres combinaisons variées , qui se plient à la variété des situations et des vues de ceux qui veulent se créer des ressources dans l'avenir. C'est en Angleterre surtout que ces combinaisons ont subi la fécondité la plus remarquaUeet quelquefois produisent aussi les résultats le» plus compliqués. En France , où ces institutions sont encore si récentes, où l'esprit de prévoyance

DU PAUvae: 337

a trop peu pénétré encore dans les mœurs des direrse» classes de la société , où les événemens qni se sont succédé depuis quarante ans , ont disposé les esprits à voir des chances nombreuses d'incertitude dans Fayenir , le principe des assurances sur la yie a besoin de se présenter sous U forme la plus simple , pour s'accréditer dans Topinion.

Toutefois , ayant d^engager notre protégé à proSter de ce genre d'établissemens , nous apjMMterons les soins les plus scrupuleux à nous assurer qu'ils offrent les plus complètes garanties , qu'ils sont administrés ayec intégrité et prodence; nous ne nous en rapporterons point aux programmes , aux prospectus , aux articles de journaux : nous noÉk informerons du nom des administrateurs , du capital de rétablissement , de l'emploi qui en est fait ; nous examinerons les comptes annuels , qui doiyent être rendus et publiés '. C'est un examen auquel le simple

I Pluiears clahlisscmeas A"* Assurance sur la VU , ont «l^ formés i Paris , nar les compagnies qui s*occupent *^ gàsëral d^assnrances. Si nons ne noos trompons , Il B*ea existe plus en ce moment que deux : I^une d^Assu" Tance muiuelle sur la Vie , forme'e en 1830, l*uutre celle qai appartient & la Compagnie d^assnrances générales : cette compagnie , administrée avec nne grande sagesse psr les hommes les pins recommandablrs , a affecté nn capital de 5 millions, & la garantie des assurances snr fa vie : voici qnel était an 3i décembre 1 8*5 , l*état de ses diverses opérations:

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ouvrier ne pourraît se livrer ; ce genre d'institution ne lai est donc réellement accessible ; il ne peut y recourir avec sécurité, qu'autant qu une personne éclairée , qui a quelque connaissance des affaires , qui mérite sa confiance , et Ta o\^ tenue , peut lui rendre le service de le guider '. Si , enfin , notre protégé n'est a portée de profiter d'aucun de ces trois genres d'établissemewnos conseils ne lui seront pas moins nécessaires. Nous le tiendrons en garde contre les offires empressées de ceux qui désirent se charger de ses épargnes et les faire valoir j nous chercherons h les lui faire placer sur un particulier avec nne

£5 CAPlTAl.

Assurances sur la vie entière pour

.tnie somme totale de 1,608.936 fr. 3* «•

Assurances temporaires. ,,.,,, 9,871, 9^8 li Assurances difiéiées 6'ii,zi'j o5

5,113,4^1 fr. Si c

EN BEHTES.

Rentes de survie ig.iS* fr.

Assurances différées 4<>o«6

Rentes immédiates . s63,o6o

3«4,«38 fr.

T On prnt consulter avec fruit sur ce genra dVla- ^ blissemcat un utile me'moire de M. Nicolet, Pan de nos géomèlrc5 les plus estimables ; on pent aussi indi> quer aux ouvriers un petit écrit dont la lectare,soui nne forme oniusaufe , leur donnera d*utiles conseils, la Convalescence d'un père de Famille, Paris, BoJsange , 1825 , brochure de 3o pages.

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entière solidité , et de manière à ce qu'il n'épcouFe aucunes difficultés , aucun retard , «n moment où il aura besoin de pouvoir en disposer. C'est encore une circonstance où il aura à se féliciter de trouver, dans son protecteur, un homme du uionde , qui n'est point étranger aux. affaires, et qui, par ses relations , est à portée de le bien servir.

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