‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-mêmeChapitre 21 sur 29 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DBS SXCOVB0 ▲ OOKICILC.

Il est deux écueîls également a craindre pour Tadministratton publique : elle a & «e dèîMfff et de trop faire , et de faire trop peu.

Il est un grand art pour Tadministration, dam tous les objets d*utilité publique î c*e«t de mettre en mouvement Tactivité individuelle , à^en diriger Tactiàn , de s'aider de son concoari et de lui prêter son appui.

Ces deux maximes fondamentales s^appliqueot h la distribution des secours h domicile , comme à toutes les autres branches de service. C'est un devoir sans doute , et un devoir sacré pour Tautorité h laquelle a été confiée la gestion des intérêts sociaux , de donner des soins à on intérêt aussi i;especta))le que les besoins de Findigent ; elle doit sa protection h tous les citoyens; elle la doit plus particulièrement h ceux qui soaf* frent. Elle recueille aussi de nombreux avantages dans Taccomplissement de ce devoir. Ma» la bienfaisance publique ne saurait s^assoder

lyU TAVVRE» 341

tivp é^roiieiiieat k la charité priyée , en exdtant, guidant les efforts de celle-ci, et aussi » en se laissant seconder , éclairer par elle. Elle a besoin sartout do concours de cette chanté ac-> ti?e qui recherche , examine , surveille et joint anx secours matériels le bienfait des influences morales. Le Tisitenr du pauvre sera tout ensemble et son ceil pour voir et son bras pour

De son côté, la charité privée, en portant M>n assistance au domicile de Tindigent , ne recomiait que trop souvent Finsuffisance de* moyens individuels ; elle court le danger de se contrarier elle-même , faute de pouvoir mettre de Tensemble dans ses opérations ; elle a besoin àe trouver un centre , un point d'appui , une direction, là où tons les renseignemens sont réunis et comparés, où s'exerce une surveillance ffénérale , où les prévisions et les secours em* Wasscnt une grande étendue et une certaine dorée.

Deux grands exemples font ressortir les graves conséquences qui résultent de l'oubli de ces «naximes. L'autorité publique , en Angleterre , *'est exagéré ses devoirs , en ce qui concerne I assistance des pauvres à domicile ; elle a voulu ''pérer par la seule puissance de la loi , tout ce *pi'on pouvait attendre du concours spontané da zèle individuel. En Italie, l'autorité, libérale , prodigue même de ses dons , a cm ne

pouToir assez multiplier et doter les asOes pci^ blics ; mais elle a entièrement négligé d'aller rechercher et soulager le pauvre dans sa demeure. Ces deux systèmes , diamétralement op' posés , ont produit absolument les mêmes effets. Tous deux ont k- la -fois et multiplié les indigens et paralysé la bienfaisance particulière , dans son application k ce genre déterminé de secours.

Les lois anglaises sur les pauvres, ont subi les plus nombreuses et les plus justes critiques*; et tous les écrivains qui, depuis un demi-siède, ont traité la belle science qu'on pourrait appeler philanthropique f%e sont réunis k les condamner. Toutefois , en exposant les nombreux et gravei inconvéniens que leur exécution entraine, on n*a peut-être pas assez impartialement examiné leur principe , on a peut>4tre fait porter trop absolument sur ce principe , les accusations que leurs effets méritent. Ce principe est non seule* ment innocent, mais juste, en tant qu'il consacre seulement, pour l'administra tion publique, le devoir qui lui est imposé , de pourvoir au soulagement de ceux qui sont privés de moyen»

1 Yoye» «n partienlier VBlstoire des Pauvres , à» »îf F, M EJen, doot un iibrtfg<$ a é'.é pnblî^ en fr«Ofa>* • par M. le dnc de la Rorbefoucaull-Liaocourt; U OUserialton du Townsend sur les lois relatives aux pauvres , et Mallhfis , Essai sur le principe de la population , lir, Jli, chap. î, ttadactios de H. Prcv»«t«

PU PAUVRK. 343

^e%Uti.ntce y «an» qu'il y ait de leur propre f*»tUi*f il exprime même en cela une véritable nkttmté, nécetffité plus évidente dan« un pay« <|iii reaferme de très grande» villes , une popui«Uoa fort aggk)mérée , un immense développen«ot d industrie , un nombre trêo considérable ^ propriétaires. Ce principe est juste encore ^ «a ee qu'il appelle ceux qui vivent dans Tai- ««oee, k s'imposer des sacrifices pour soulager ^^m qui «ouifrent ; et en cela aussi , il n'est <(«« Texpression d'une obligation morale et géaénle, U est juste enfin , en ce qu'il considère <f«ela charge qui résulte de cette obligation est «««entiellement municipale, c'est-à-dire spécl;ile ^ dbaqoe localité. Les villes , les cant/ms où lu <^»ari4é s*exercerait avec un louable empresse- Mentf ne doivent point être exposés k voir, par 'j^iUe éureoMUitice ^ retomber sur eux le soin ^«nlreteoir les indigens des cantons et <les villes <^ iMidiCérence , Tégoisme auraient refusé de

Ce pnoet|>e est â peu près le même (\\%e. celui *^ pfé^tde au sy^stème de» nexour* dua* b^s pays ^ tf eti le plus sagement conçu, Kn Fran/^ , par (nempUi^ du» (<md* publics sont ^dnitrA**ts^ëi ^flUxtk* p»rUmt , du moins «Uns les villes , «•X secourt à domicile, Os Umd» #ont pris sur le» re¥efm% muni^^ipaux , aux^pjeU on joint bi droit %ur les ^^H^xtatitt» , *|>é/.'ialemeiit r^u^rvè i*fMtr ejtiXfi desUnittion ^ mai> les revenus tmtui'

cipanx à leur tour , se composent en partie de taxes , soit de centimes additionnels, soit sortout des produits des droits sur les consommations t réunis sous le nom d'octroi ; droits qui ont été expressément rétablis pour subvenir en partie a cette branche de service. On prend aussi des mesures pour se préserver dcl'aiflucnce desio' digens étrangers , lorsque quelque circonstance morale tendrait k faire craindre une influence semblable.

Le tort des lois anglaises parait donc consister, moins dans le principe même , que dans le mode d*exécution , qui est empreint d"" exagération, qui porte un caractère trop absolu et trop rigoo' reux. On est arrivé , d*une manière progressive, à convertir en une contribution légale , ce qui n*était dans Torigine qu'une sollicitation adret* sée à la charité individuelle. Il importe de reprendre les choses à la première origine : un règlement de i53i , (22* année du règne de Henri VII ) , avait autorisé les juges-de-paix à donner des permissions de mendier; qualr' ans après , en invitant tous les babitans da royaume k contribuer par des aumônes k la sabsistance des pauvres ^ en interdisant de secourir les indigens inconnus ou étrangers , on commença à commettre une première faute : on fit défense de donner aux pauvre» des secours directs ; on ordonna k cliacun de verser ses aamôncs entre les mains de certaines personnes pré-

posées pour les recevoir et les distribuer. Une disposition aussi mal entendue, la plus absurde, ^ notre avis, qu^ont ait pu concevoir, en excluant tout rapport immédiat entre les personnes charitables et les malheureux , devait entraîner infailliblement , comme ses conséquences , toutes les aotres erreurs qui se sont bientôt succédé dans la législation anglaise : car, on affaiblissait considérablement le secours que l'indigent devait recevoir de la bienfaisance spontanée ] soit parce que le sentiment qu'on porte à Texercice de cette bienfaisance nait et s'entretient par les communications directes du particulier avec l'indigent ; soit parce qu^une portion essentielle de ces secours ne peut être fournie que d'une inanière directe ; soit enfin parce qu'il est dans les dispositions naturelles a Miomme , de répugner à livrer ainsi à Pautorité publique son offrande volontaire , de lui rendre compte de ses bonnes intentions , de s'en remettre à elle pour les convertir en bonnes actions , et de su- ^ir toutes ces conditions d'une manière forcée. 11 n'est , en effet , aucun domaine , ou nous soyons plus justement jaloux de notre liberté , que dans ce qui tient a l'exercice de cette aimable vertu qui se plait à choisir les personnes , le iemps, le mode, dans l'emploi de ses bienfaits, €t à les couvrir d'un voile.

Aussi, en i547, ^^ ^^"* ^^ règne d'Edouard VI, le législateui' commence à se plaindre de ce que

les contributions volontaires ne sont pas asseï considérables ; il prescrit de rassembler les pauyres pour les faire travailler , et , par U trop grande extension donnée à cette mesure , il commet une seconde faute.

Vingt ans s'étaient à peine écoulés depuis le fatal règlement d'Henri VIII , lorsque le gouvernement, devenu l'inspecteur, le receveur, le distributeur unique de toutes les aumônes privées, se trouva nécessairement conduit! convertir ces rétributions volontaires qui lui échappaient, en contributions obligées. Après avoir tari la source, il fallut y suppléer. Le statut de la sixième aunée du règne d'Edouard VI {i552), nous montre bien ce progrès naturel et cet enchaînement de conséquence^. Nous y voyons qu'en effet le soaverain continue à se plaindre de l'insuffisance des aumônes , se constitue le juge de rétendue des devoirs imposés à chaque particulier par le devoir moral de la bienfaisance, envient à forcer chaque particulier d'accomplir celte obligation , prétend en régler la mesure. Il prescrit qu'à un certain dimanche de l'année , le collecteur de la paroisse prendra note de ce que chacun sera en état de donner Tannée suivante , et que si, sous deux pressante* invitations du pasteur , il n'acquitte pas l'aumône pour laquelle il était noté , il sera traduit devant l'évêque diocésain , qui emploiera pour l'y déterminer, tous les moyens que son ztlc

DtJ PAUVRE. 347

lui saggérera, La résistance continua; en i563, il fallut faire encore un pas , et par le fameux statut de la 6« année du règne d^Élisabeth , on prescrivit que , dans le cas ou les instances de Ybrèqne seraient infructueuses , le récalcitrant «<*rait traduit devant le juge-dc^paix, condamné à payer la somme que celui-ci jugerait nécessaire, et mis en prison , s'il osait encore refuser. Enfin , en 1572 et 1592, par deux derniers itatuts , la contribution prit définitivement et ouvertement son caractère j les juges-de-paix furent autorisés à imposer sur les babitans de chaque paroisse une taxe générale pour subvenir aux besoins des pauvres , d'après la demande des ofliciers de ces paroisses. Chose sin- ?^ilière ! il s'est* trouvé des écrivains qui ont Joué la première mesure d'Edouard VI , en blâmant les statuts qui ont suivi ; ils n'ont pas va que l'arbre avait porté ses fruits.

I>ès le moment où le don de Taumône était converti en une contribution obligée , les me- «•jrcs de prudence et de sagesse qui conseillent He renvoyer l'indigent à son domicile propre , <ievenaient des dispositions rigoureusement exigées par l'équité envers les contribuables.

Du moment où les ofliciers cliargés- de répartir la taxe devaient déférer à la demande des inspecteurs de la paroisse , il était inévitable que la taxe n'eut aucune limite, qu'elle s'accrût indéfiniment , suivant le nombre des pauvres et leurs besoins apparens ou réels.

. Par reflet de ce système , Tindigent , en Angleterre , ne se présente plus avec ce titre respectable et touchant qui le recommande à la bienveillance des âmes généreuses ^ il se présente investi d^un droit positif, d'un droit légal. Delà , une sécurité qui fait moins redouter les chances de Tindigence, qui encourage la fainéantise et le désordre , détourne des prévoyances de l'économie, empêche de faire des épargnes; rindigent n'est plus arrêté , dans ses demandes, par la réserve que lui inspirait une sorte de pudeur ^ il est dispensé du sentiment de la reconnaissance.

. D'un autre côté, le particulier aisé est refroidt dans ses dispositions en faveur du pauvre , par le mécontentement que cause .toujours une contribution forcée , mécontentement qui s^accroit avec le taux de cette taxe ; une vertu conseillée par la morale est transformée pour lui en une contrainte imposée par la loi civile ; il trouTC un prétexte naturel et plausible, pour se dispenser de toute assistance volontaire , dans la subvention qu'il a acquittée , et dans le privilèg«! de bienfaisance que se sont réservé les magistrats. Les indigens doivent donc se multipÛcr en même temps que la charité doit s^affaiblir. Les préposés à ce service , remplissant plui<)t des oflices de police , que des fonctions de bienfaisance , ne peuvent porter dans rexercicc d'un tel ministère , l'esprit qui animerait un père

m FAVYJIE. 349

du ptuvre ; exercer sur le pauvre , par leurs conseils et leurs encouragemens , cette tutelle morale dont il a tant besoin.

Le renyoî des indigens à leur domicile , fait naitre des difficultés sans nombre , donne lieu à des rigueurs excessiyes.

En un mot , le régime institué pour accomplir Tune des plus touchantes vocations, pour procurer le socdagement de Thumanité , devient une source de vexations et d^abus. Comment s'esi-on laissé entraîner à une semblable erreur, dans un 'pays où , sous tant d'autres rapports , Tadministralion s'est entièrement confiée k Vïor dostrie ou au zèle des particuliers , et où elle j a, en effet, trouvé tant de ressources?

Nous avons dû nous arrêter à Tétude de cette expérience si instructive , parce qu'elle est plus propre qu^aucune autre à faire ressortir la vérité, qui est Tobjet du présent écrit. C'est en effet une observation bien digne de remarque , quoique peu remarquée , si nous ne nous trompons , que le vice des lois anglaises provient précisément de ce qu'on a commencé par interdire l'assistance directe que porte à l'indigent la charité individuelle , par se priver ainsi du concours du visiteur du pauvre , de ce concours qui seul peut assurer le succès de toute administration de secours k domicile ; qui , là où elle n'existerait pas, pourrait même y suppléer.

En Italie , au contraire , la législation ne s'est

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gaete occupée du soin de» indigens. Maû lei gouverneinens ont fondé ^vec une somptiieuM magnificence tous les genres d'établisseioent pour les recevoir et les recueillir , h Texccplion toutefois , des ateliers de travail , qui ne sont à peine connus que dans les corporations de fillei. Le zèle religieux, la générosité particulière ont suivi Texemple , secondé les vues des gouverncmens, et leurs libéralités sont allées sourenf jusqu^au luxe de la profusion. Mais , tout, dsns ce pays , semble avoir été conçu et combiné àam le dessein d'appeler le pauvre , de rengager à se produire, h solliciter, jamais dans rinteotioo d'aller a. sa recherche , de scruter sa vraie position, de Taidor h te créer lui-Âiéme des ressources. Ainsi , les admissions dans les hôpitaux et les hospices ne sont soumises h aucun contrôle. Ainsi , on ne rencontre aucune institution qui »A pour objet de faire visiter et assister Tindigent au sein de sa propre famille. Mais , chaque jour, des soupes sont offertes à la porte de chaque couvent , h la porte des palais des grands seigneurs 5 elles sont offertes à tous ceux qui veulent accepter à la fois et rhumiliation et le secours, sans qu'on leur demande ce qu'ils sont, d'où ils viennent. Ainsi , la mendicité est protégée , presque honorée par l'opinion autant que par l'administration publique.

L'institution des Sœurs de la Charité ne s'était point introduite en Italie , avant l'époque où

DU FAUVBE. 55 1

c/^Ue contrée a été dernièrement et momenta- Déraent soumise au régime Français; aucune institation de ce genre nVn tenait lieu. Les respectables prêtres de Tordre fondé par saint Camille de Lelli, visitaient les malades, mais esseatiellemenl pour leur porter les secours religieux. Il existe à Florence, une confrérie fondée pendant la peste qui désola cette yille , dont les membres sont obligés, à Ta vis que donne un coap de cloche , de voler auprès du malade atteint d'un accident grave et subit, ou d'une affection contagieuse ; son but est digne d'admiration 'j mais son zèle aujourd'hui a peu d'occasion de ^'exercer.

De cet état de choses résultent les conséquent ces suivantes :

Le véritable pauvre, obligé de découvrir et dévoiler au public le secret de sa misère , confondu avec le mendiant de profession , avec le vagabond peut-être , s'avilit en subissant cette humiliation, et perd l'énergie morale dont il dvait besoin; obtenant les secours sans examen, il néglige de faire valoir les ressources qui lui restent; le sentiment de la gratitude ne vient point attendrir et relever son âme ', il ne reçoit <*ucan conseil ; il ne voit le riche que sous de» l'apporta qui lui font ressentir les funestes tentations de Tenvie.

Le faux pauvre se présente avec les mêmes titres et les mêmes droits que le véritable 3 il si*

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présente avec plus d'assurance; un art hontens est imaginé, une vile émulation est excitée, pour se donner Tapparence de toutes les mis^s , et pour étaler aux yeuxles'tableauxles plus hideux.

Les secours donnés à tous sans discernement, sous la même forme , ne peuvent s^approprier à la nature , à la mesure , à la spécialité des besoins.

Les malades , les infirmes , les vieillards poovant recevoir dans leurs familles Tassistance qu'exige leur position , doivent refluer tons sar les établissemens publics.

Pendant qu'une portion de l'Italie se troavsi au commencement de ce siècle , sous k régime de l'administration française , les secours à domicile furent organisés en plusieurs contrées, notamment en Toscane et dans les États-Romains. Dans les États-Romains, l'administratioii de ces secours fut établie précisément d'après les mêmes principes et les mêmes règles qui régissent aujourd'hui ce service à Paris. Des bureaux de chanté furent institués ;, un recensement général des pauvres fut opéré; des visites fréquentes et périodiques eurent lieu ; des feuilles d'information détaillées furent remplies et donnèrent le lableau de la situation et des besoins de chaque famille pauvre ; des secours en nature, pain, viande , linge , vêtemens , lits , couchers , médicaméns, etc. , furent distribués et répartis d'après cette base : un grand nombre de personnes es-

DU PAUVKE. 353

timables se présentèrent pour remplir les fonctions de dames de charité, de commissaires, s'en acquittèrent avec zèle , avec discernement 5 le service s'établit avec facilité , s'exécuta avec régularité et produisit les plus heureux résultats. Les vrais pauvres furent mieux soulagés ; d'autres mesures combinées avec cette institution , firent à peu près disparaître la mendicité.

La Hollande , si justement célèbre par ses étabiissemens d'humanité ; le Danemarck , diverses portions de la Suisse et de l'Allemagne , offrent l'exemple de l'utile association de la charité privée à la bienfaisance publique.

En France , il n'existait autrefois aucune loi , aucun règlement général , qui se fût occupé des secours K domicile. Mais le génie de St. Vincent de Paule y avait suppléé , et l'admirable institution des Sœurs de la Charité , imitée par diverses congrégations avec la plus louable émulation , avait partout offert les moyens d'établir des marmites, des pharmacies et des distributions à domicile. Dans les grandes villes, notamment à Paris , à Lyon , etc. , des dames de Charité , des commissaires attachés a chaque paroisse , se distribuaient les quartiers, les rues, faisaient des visites régulières , réunissaient tous les renseignemens, dirigeaient ainsi l'application des secours.

Un beau travail fut présenté à l'assemblée constituante par ses comités de secoiu's et de

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mendicité. Les hommes distingués qui composaient CCS comités , étaient remontés aux vrais principes de la matière , avaient recœiUi toat ce que rexpérience des divers pays peut joindre de lumières a celles dé la méditation. Mais les plans qu'ils avaient conçus eurent le même sort que ceux qui avaient pour objet rinstruction publique , Tagriculture , et tous les genres d'améliorations ; ils restèrent comme des spéculations tliéorîques très utiles k consulter ; ils ne purent se réaliser. Le torrent dc's événemens politiques entraîna les projets, leurs auteurs i avec les institutions existantes.

Les plus violens orages de la révolution étaient à peine calmés , lorsqu'on commença a s*occuper de la restauration des établissemcns d'humanité. Les lois instituèrent des comités de bienfaisance pour toutes les communes de l'empire et les chargèrent de la distribution des secours à domicile. Au retour de l'ordre , Tadministration . empressée à réparer les désastres qui avaient désolé notre belle patrie , dirigea généralement sa sollicitude sur les besoins des classes indigentes. Un arrêté des Consuls, du 29 germinal an IX. ordonna rétablissement des marmites et les dépôts de médicamens; deux réglemens des 8 prairial an IX et 8 vendémiaire an XII , organisèrent en particulier le service des secours à domicile dans la capitale. Ce service fut confié « sous la direction du conseil-général des hospices.

à douze comités et à quarante*huit bureaux de bienfaisance ; des règles de comptabilité furent prescrites. A cette époque , les recherches et les études relatives aux établissemens d'humanité , acquirent dans Topinion une faveur remarquable : on concours d'hommes distingués par leurs Tcrtos , leurs lumières , leur fortune , leur naislance, s'y livra avec une émulation qui ne demeura point stérile ; deux philanthropes étrangers , M. le comte de Rumfort et M. le.baron de Voght, vinrent parmi nous , et contribuèrent puissamment à ces travaux , par leurs écrits , leurs exemples , leurs entretiens. L'heureuse influence que les progrès des sciences physiques exerçait alors sur l'industrie, rejaillit sur les arts économiques, et les amis de l'humanité s'empressèrent de mettre ces sciences à contribution , pour améliorer la condition et le régime des classes inférieures de la société ^ La société philanthropique fut comme le foyer duquel partirent surtout ces bienfaisantes émanations; elle institua les soupes économiques , ensuite ses dispensaires ; elle rallia , encouragea les sociétés de secours mutuels entre les ouvriers ; elle réunit les hommes qui délivraient à ces honorables travaux. C'est à

I QaHl noas soit perml* d« rappeler en parlicu'ier !«• services rendiif pur MM, le duc de lo Rochefou' canlt.Liancoiirt, PamncDlier, Dnqaesnoy, Cadet de ^*us , Cadet-Gassiconrt , Decandole , B. Delessert , Bonrrbt, etc.

356 LE VISITEUB

cette même époque que- les hèpitaux elles hospices de Paris obtinrent rapidement ces grandes améliorations qui sont aujourd'hui si jostenient admirées. Dans un voyage que fit à Marseille , quelques années après, M. le baron de Vognt , il proposa pour celte ville un système relatif aux secours à domicile , le plus complet et le plus parfait , selon nous , qui ait encore été mis au jour; ce plan commençait à s'exécuter , les recensemens étaient achevés , les mesures allaient se développer, lorsque les événemens politiques suspendirent l'ouvrage qui est resté interrompu. Il nous en reste du moins un écrit de Tauteur, qui sera toujours médité avec beaucoup de fruit.

Les bureaux de bienfaisance établis à Pans en 1801, ont rendu de grands services, qui sont peu connus et qu il est d'autant plus utile de rappeler , non-seuîemrnt pour le soulagement delà classe indigente , mais dans l'intérêt même des bonnes mœurs et de l'ordre public. Ils étaient généralement composés d'hommes respectable» par leurs vertus , choisis la plupart dans la classe moyenne de la société , un grand nombre parmi les marchands retirés; on ne pouvait voir, sans être pénétré d'estime , le zèle avec lequel ces hommes de Lien se dévouaient, dans Tobscunle » à des fonctions pénibles. Mais ,on se plaignait, et non sans raison , d'une extrême facilité dans l'admission des indigens, et d'un emploi souvent

«MM la téfuitiiàoa dc9 Mcmm « A repeigne de la retlanrailioD , «ne dernière asé' Kstarâdii a été apportée dans ee «erriee^ par. Tt^éoÊfOioiee f»jaJe do s foillei iSf 6, et Tarrété ■MMtérid d«» tç*, he réptae aetoel, créé par c«» db^effM» dMpo»ilM«ft BMt» semble ne Jamer <pM! Uen pen de elic»»e ^ délirer , et peoi Mrrir 4e îÊoâSbîe Ma mstMUftkm» de ce genre , dans lMtc« le» grandes riHe» : le» ii»tnjcik»s don- •éei par le t/oasutA, %ktÊktA de» iMMpiee» pour f «iéeafj0a ^ enilxraMeni ^ dan» leur prhrf/ysfBce^, Uind ce <|in peoi londer la dî»fril>alJon de» »«- <»w» Si domiiale^ »or Tordre, l'économie ^ la ^iplmtee f et procorer le »ouJagemeni do rrai pMfVTe^ en repoa»»ant le lactx indigent , et »an» fi«ii&ir le moindre eoeoora|^emeni à Vtnsfireîé, Chatam de» dooze hare»tt% aetueU de charité e»i Msiité d'an nomlyre indéterminé de dame» et de fMHiÎjgjiire» de cbanté qai ^ aree le» admini»' tnleor» do boreaa ^ remplûsent le» fonction» de visiteur dupaumre , telle» que non» e»»ajon» ici ^ le» ééûair* Ce»t ensemble plo^ de mille per^ ^^met ^ qm accofflpli»»ent cette nii»»ion dao» la

< C** *méiwn4iùn» »r»}«nit âé\ii été rf>n%9et et prtH VeiU* f tl^t Mf» lé minittèrt étt M. Creui, Ce minittt« »v»ic f«rM»^ pri* ^ iMi « i ert effet, «oc tot^wUtion, U Uuftf tééiié pw nUL B, DeleMCf C et C»aMi «hr b tuwaw^térg , c»( le oi^me qai » ^;é reprûdnit et adoFpte ^ iSf<!u L« oMttuâUt et I» iMflrrt de M« Crelet empêché' '*H d«fi» le temp» 4|M*il 0* rcçét feu €%é€uiU*n*

t Gk^mm l^rcstt eM c«»pe»é 4e d««xe nâmAniiif'

358 |.£ VISITEUH

capitale , et «e distribaeat «or ioos lei poiaU , la surveiliance et Tassûtance de rindigent

Ce ne sera poiat, nous Tespérons, sortir de notre sujet , que de présenter rapidemeDt ki le tableau des premiers résultats que donne le régime actuellement établi dans la capitale. Noiu le prendrons sur les années 1823 et 1824-

Voici d'abord comment se distribue la p^po* lation indigente k laquelle les secours ont été appliqués :

1823. i8;Li.

Ménages . . . 29)997 ^-Ç^^ Individus . . . .60, i38 6o,543

tear* de charité. Eo •opposant que chaque zàmiuiir trateur fciit aidé par sis. damei et commis sa ires, ce i*' mit T,7t8 persoofief ; Udts plusieurs ■dminislralcarf ont on plus grand nombre d*aides. 11 eo est qai es ont {asqu*à seise , pins ils sont nombreux, mieat ^ service est fuit, parce que la surveillance est mie a^ divisée. Une dame de cbaritë ne peut bien im^titt plus de vingt ménages , en y donnant beancoop 4e temps,

I Ce total est plus coosidifrable qae celui de iSit. qni ne s*élève , comme nous Pavons vu , qn*â «t»'^ ménages et S),??! individus. 11 nVn faut pas concisr* que le nombre des indigens admis se soit accro ; Paugmenlution apparciitif qui nftulle des éli«ls proviecde ce que les admissions accordées par les bnresai de cbarilé, sont loufours imméiUalement inscrites, laniiù que les radiations ponr départ , de'cès , etc. , ne loot inscrites que d;ins les troii mois et souvent beaocoep plus tard. L*unnée iSi* ayant ctë celle d*un recen»roent général, a donné nue base certaine et exade. Cest pour ce motif que nous Tavons adoptée ébat (c

«U> fit n^xer^eivt ««ix ^^ Mi4i5{fm» /<•« partirair** 4« p»r.'>^jrer awx htf,t\ïfA ^/.nt^^ k- bienfait

*« «»<.*«•« ^/Mf *ïw« tAi«* e«'*« /f »» *irà»ef*l 4i« rt mn€ 1 *'V|I« *ie*(t ^***<^ /ij* ^« 4Afl«« *f#».

» <î»t*-*:«< ^f »i*y|r*#f<^»ft«ft». * r»»»'? <«*««* <"w* et*-***»

36o LE VISiTEtJR

familles les plus nombreuses ; d'autres ont simplement pour objet de mettre de malheoreoi vieillards ou infirmes en mesure de remplir les conditions nécessaires pour être reçus dans les hospices, ou de procurer la permission d*étaler ou de colporter^ k des pauvres gens,. qui arec cette industrie parviennent à se tirer d'afDure. Nous lie craindrons pas d'assurer que , par ces diverses causes , le nombre d'indigens qui participent réellement aux secours ne s^élëve guère qu^aux deux tiers de celui qui figure sur les états d^inscription.

Nous désirerions pouvoir distinguer dans ces états le nombre des indigens qui appartiennent réellement à la ville de Paris , de ceux qui lai sont étrangers. Mais nous ne possédons d*aulres documens à cet égard que ceux- qui se rapportent' aux années i8o4 et i8i3; encore renferment-ils sous une même indication , les indigens appartenant au département de la Seine , par conséquent , ceux qui , nés dans les communes rurales de la banlieue , sont venus se réfugier à Paris , avec ceux qui sont nés à Paris même.

Quoi qu'il en soit , voici cette comparaison telle qu'elle est établie parle rapport de i8t6.

DV PAUVBE. 36 1

On département

de U Seine, is^SoSX ao^SGSx

Autres départe- (26,301 (60479

mens français i3,322> 39,3ioj

Etrangers a la V 1

France. 374/ 3o6)

fnconnos. 9,793} 6,1 371/ ,

Sans désignations. 8,6!i( 36,i9of»^»^^7

£o£ins chez lears ^60,735

parens 4^9^11^

Totaux. 86,936 102,806

En supposant que les tr<m dernières classes *ti répartissent ds^u* la même proportion que les trois premières , on aurait le rapport suivant et total de la population indigente.

SOH 100 IHOKiEHS

Do département de la Seine. 4^ 35 Des antres départemens. . 5i 64 ^ Étrangers ..,.•.. i j

On doit penser que la proportion des indigens étrangers sVst beaucoup aÎTaiblie depuis rétablissement du nouveau régime ; soit parce qu'une plus grande séycrité et une plus grande réserve président aux admissions , soit parce qu^un ré- ^'lement fort sage interdit aujourd'hui de rece- >oir aux secours Tindigent qui loge en garni. O'aiUeurs la réduction considérable que le terri" loire Français a subi en i8i4 et i8i5 , a dû aussi

contribuer à y faire affluer moins de pantres du dehors.

Voici maintenant la répartition des leooui ^ telle qu'elle a en lieu en i8a4 '•

Les secours en nature auxquels Tadministration a la sagesse de restreindre , autant qa*il e*t possible , Vassistance donnée à rindigent, peuvent être répartis sous quatre titres principau\' les alimens, les habillemens et coudiers, I<" médicamens , le chauffage. A la somme totaif . nous joignons celle qu'elle donne par mena;:'' et par individu , appliquée seulement aux de«\ tiers desindigens portés sur les états, d'après I' motif que nous venons d'indiquer.

Par «IL.

Première classe. Somme tôt. Parm^n. Parlr<?.

fr. c. fr. c fr. f.

Alimens. . . 4^5,585 65 33 aS ii ^i Deuxième classe.

Habiljemens et

couchers. 1 35,95a 71 6 80 3 3fi

Troisième classe.

Combustibles. . 39,4^6 64 < 97 Quotrième classe.

Médicamens . 20,774 4^ ^ 55

I Les secoor* dislrtbuifs en iS«3 ont excède ceat <^ iBes, d^ttue somme do 5o,96o fr. i^3 c. En i8«4,iii t**subi BU coati (tire une diminiUioa de 4**779 ^'* *' ' ' mais ces ilifTtrrcnres sont peu sensibles reljitivemeal • la somma (oluU;,

DU PAirVBE.

dans remploi de laquelle nous trouvons les détails suiyans :

^reoiière classe.

Pains de la kilogr. i44)37o pains.

Viande. . . .

Comestibles div.

i4,a85 fr. 67 c.

Sabots et objets divers. . . .

27,470 fr. 83 c.

ncaxième classe.

Chemises confec-

tionnées. . .

Toiles pour en confectionner. . .

4,5 10 aunes^.

Demi^layettes.

Vestes, . . ,

Pantalons. .

Jupes

Paillasses confec-

tionnées.

Toiles pour . en confectionner.

2,973 aunes.

Couvertures.

Bottes de paille. .

Troiiième classe.

Coterets. . . .

Bois à brûler.

44 1 doub. st

Les secours en argent ont tous une destination spéciale et d* exception, comme on va le voir :

364 ^^ vïsmvn

lo Aux vieyiards 9 aveugles et infirmes' l'^i^S^^fr. c.

ao Aux nourrices malades. . 536 7S

3» Auxcnfansyaccinés. . . 6.867 5o

40 Secours extraordinaires divers ^^939 67

50 Legs et donations avec em« ploi déterminé i6,525 o5

Chaque bureau de charité a établi plusieurs

maisons de secours dirigées par des sœurs de (ii-

verses congrégations charitables , où se tient h

marmite , où sont les dépôts de médicament , de

combustibles , où se font les distributions , les

consultations gratuites , auxquelles sont ordi'

nairement annexés les ouvroirs et les écoles de

filles. Les dépenses réunies de ces maisons àe

secours , s^élèvent ensemble à i43,3o6 (r. 09 c

Les bureaux de charité entretiennent en ce

moment quatre -vingt -une écoles gratoites.

' savoir :

1 On donne par mots à chaque octogénaire. . 6 (r-

Septnagénaire aii-dei^foui de 74 an« • 3

Aveugles 6

, tt f ire claïkc 6

Infirme. \ ,^ ^,^„^ 3

Mali celte dernière espèce de » ecotirs ne le coatioiie plue anioQrd'hnl <fu*a a x indigent qàl tfn foûiutientf»f le passd. On n^en admet pins de nouveaux à y p*'ticiper.

w TAxrvnz. 365

Ecole» de garçons. ^ } 8i

De filles 4^ 5

Nombre des iiisiitateurs ; saroir :

Frères de la doctrine chrétienne. ^ > ^n SéciiKers i3 > ^9

Nombre d^institutrices r

Sœurs. ....

Sécalîères. ''' '

Nombre des élères :

te": : : ' : Ip h^ •

Plas 26 oavroirs de filles dirigés par 36 soeurs et renfermant 1,026 apprenties.

La dépense totale de ces trente-neuf écoles monte k 122,742 56 c. et par tête d'élèye à 11 fr. 27 cent '.

< On ne peot pas comparer , comme on serait tentë^ de le faire , ce uombre dVIères aréc celui des enfans imeiits ao cecoors , ce dernier contfnnot tons les «•• fans an-dcssons de i« ans , dont la pins jurande pai fie ne Ta pas ans écoles , tandis que beaaconp d^enfans aiHdessns de is ans frëqnenteni les écoles.

« ladépeDdamment des écoles de charité, renseigneaient prinaire se donne encore gratuitement à Parie , dans ; HoaliredVcoles de garçons. D'élères. De filles. D^élèves.

Ecoles communales. . xe 877 xs 848

Ccoles entretenues par ^ ville de Paris , des associations on des particnlieri fo i&T^ 8 1*09

A Ces dépenses îl convient de Joindre : lo Les frab de bareaux et les traitemens d*agens comptables des bureaux de charité,

ci. . . 61,768 fr. 93c.

Et des dépenses diverses. . i3,2oi 19

Total des dépenses faites par

les bureaux de charité. . 1,335,199 38

Si on y ajoute encore la dépense des bains pour les in^ digens 2,296 20

Celle de la filature. . . 62,965 8î

Une somme mise à la disposition du ministre de Tintérieur, pour secours particuliers 36,ooo

Id. au préfet de la Seine. 9,000 »

On a une somme totdle de i44^74^< ^- 4^^que le Conseil général des hospices, consacre aux secours à domicile , sur les fonds eommonaux de la ville de Paris.

Report M >449 *<> *^^

Ecoles. iradnltas ... 4 ao6 1 H

Donnunt un nombre de. s6 a6S5 ai 9o9'

Lei écoles d>ns<>igne' tnentmutuelfigareotdans Jef reloTés pour ig „iq ,0 i5o4

On têt frappé àermr emnhien les êecfmri , réffinrtif parr iète ^ «emblent tn9tiffi»an» poor sabvtmr aux be/ioins da paarre. Le» alitoeni en forment rol)^et e«»entiel ^ et cependant , la *mât est eselii^fyeiiient rènervèc aux msi\»âe»^ »m lemaies en couche» ^ il n^écheoft en hiter ^ l^^Toie moyen ^ qae deux pain» dé denx kilozr»mùieà pârr sftmame, ponr troi« ménage»; en ^té qo'on »e«l , poar deux ménage». Combien 'le tàorp» nn ménage »e chaiiffera-t-^l arec 1 fr. f)7 cent.? Comment «e v^ir et «c concfier aree ' fr. 39 c* par t^e ? Mai» il ne faut pa» per^lre de '»e qne le» »eco«r» »ont gradué» , proportionné» k retendue de» charge» et de» besoin». 11 e»t 'rai, cependant, qne cette a»»i»tance ne »i]ffjraît pa» ptmr a»»orei' Vex'tftUmce du panvrc le plu» maBieffreiix , de celui qui e»t privé de tonte re»- ^imee ; mai» , en cela même < il y a une ntilité irwiircete. ïl en ré»altc que nul ne pcmt compter 'l^«iie manière certaine »ur de» .»econr» »nffi»an§ ^n ftw d'indigence ; et c*e»t Ik le pré»ervafif contre le grand danger de la multiplication indé* Hnie de» îndigen».

L1n»erTptfon du paurre constate »a situation , ^ àrfnU qu'elle lui donne k l'intérêt de» âme» crfbïéTeu»e» , le signale k leur bienveillance , et rjniervention de» administrateur», dame» ou 'commissaire» de charité , ouvre au»»i de» canaux par lesquels le» »eeonr» de la bienCaÎMoee prifée pourront arriver jusqu'à lui.

368 LE visiTEtm

Ces Bccours à Paris sont aussi abondsms que diversifiés. Une partie est confiée aux vénérables curés des paroisses. MM. les curés ont établi leur distribution dans les maisons de secours fondées par les bureaux de charité ; ils y font distribuer de la viande, des médicamens,- du linge, des vêtemens, etc.; ils se font assister aussi par des dames de charité. Rien n^est publié sur le montant et Pemploi des sommes versées de cette manière j mais on n'exagère point en l'évaluant a la moitié au moins de celle qu^y consacre Tadministration publique. Joignez-y les dons si abondans de la famille royale non moins empressée k soulager les infortunes privées , qu'à apporter des remèdes dans les calamités publiques , Tassistance que quarante ou cinquante associations de bienfaisance prêtent au malhcar sous les formes les plus variées , les secours distribués par la grande aumônerie , les aumônes directement remises par les particuliers, aumônes qui , dans la classe moyenne , sont fort multipliées ^ , et "^ous serez convaincus qu'à Paris* il est suffisamment pourvu aux besoins de la classe indigente. Mais , il est utile , nous le répétons , que ce résultat soit obtenu sans qu'il y ait

I Les marchands de Paris sont en gënërol forth»mains iet charitables. Beaucoap d'entre eux ont leors pauvres d'adoption qui viennent recevoir cbaqne le* meine un secoars détermine ; des traiteurs et reitaa* raus distribuent des alimens , etc.

D17 PJkUVRE. 369

rien de iixe , de certain , pour chaque indigent ''n particnlier , «eul moyen de soulager les îndigens sans les multiplier.

Le nouveau régime établi à Paris pour les secofors k domicile, peut receroir sans doute encore divers perfectionnemens ; nous en indiquerons quelques uns ci-aprës dans le i8« chapitre/ Néanmoins, il a produit Aeê avantages considérables : le nombre des indigens inscrits a été réduit presqu'k moitié ; le recensement et ie classement des pauvres a été mieux déterminé; la distribution des secours, mieux réglée j la surveillance , mieux établie. On s'étonne (\m le régime adopté dans la capitale , ne le ^oit point encore dans les départemens. Peutêtre n'y a-t-on point encore eu Toccasion de connaître les principes sur lesquels il est fondé , et les fruits qu'il produit , et c'est un des motifs poar lesquels nous avons essayé d'en donner ici nne idée. La distribution deê secours h domicile n'est point dirigée dans les départemens par des institutions semblables , d'après des règles uniformes. Dans plusieurs villes, comme k TouloQse par exemple , l'administration civile s*en est essentiellement remis k la sollicitude des njfés et des sœurs de la chanté. On ne peut 'Certainement trouver des organes plus respecl'ibles et plus dignes de confiance à tous égards; "ïais , on se prive par Ik d'une coopération qui "multiplierait les ressources ; on refuse aux sim-

370 LE VISITE1FB

plet particulicrt Toccasioii de ùâre de bonne» actions , et de recueillir des instroctîoBS otîle». Au reste, Tinstitution des boréaux de dkanté, telle quVlle existe maintenant a Pari» ^ soj^wse arant tout on cboix d'administrateors bien pénétrés du véritable esprit de leors fonctiou- S^il arrivait qu*on confiât cette missiez à des hommes qui n'y chercheraient qo^oo mojreo àt considération , oo k des hmnmes toormentés h besoin d^ezercer lenr actirité, d'obtenir uat influence, les plus sages règlement demeureraient stériles, rinstitution pourrait masquer son but, aller même contre son bot. Les institutions prospèrent par le caractère des hoomiei qu'elles emploient '.

I Soiiraat M. de Liancoart, dans tes nppori» kVki- ÈeatMét cobstifoante , no» hÂpilass, arant *a réroMÎM, renfermjtieol 9$,oo« iodiridaf de U>at Age et de tMâ.»ete. Paris ctfnleoait , iodigeos valide*. ....... Sa,**»

Malades C.A«a

CotiT^iescens ».«•»

AIUd^ f.«^

Eofass « 4^M»

Orpbeltss, vicUbrds iocaralHen 17^*

Snirant les calcolf da mime fphîlaolbrope , h popsbtioo indigente , en %énénl , ti*éthire toot an plos aa dixième de la popnlaltoo totale « dans les temps mafte*renx , et an ringtiéme dans les temps ordinales»

Fonreroj . dans an travail général ponr rorganisaftiaa d^s secoars publics préparé p«nr le Conseil d*étal,d«a*e ceUe dernière proportion comme le résultat S^néral «^

•î VaA*iiimê $ cru lAf ■; « t/n nu totftptuit A»n» U ti$ht»€ w'tlU fMÊ*f€ê h$»€ntâ,

WMl««#, l^iMv y ffmtpUi ttt^t pi»mt«ê, Iferlin « «or »a»«

'f*nmn$^ itc fKtKti^^nfni 4éi% p^tn/fti» k 4&mit,Att 4^n$tt»^

î/*** mér^^i»%fti^ pi>nvf«i^, Uffm^nt ;

Itt4**i4«* é€ Uftti i%0 , , , , , 9^M«

Amiufit&t* \f/t^tuui ù p4fpnli,ii^i* nwfttfme 4«

^i4ffte^i» *,,,,» ,,,,,,,.,. \,P**t

t^ê 4mtirtit» tfffmé* ,.*,,**»,*,,»* ty»i>**

U» tritéf4ê, , , , , . i^''»

Le» ;tVté*éf,à. ,»»*,,,,,*,.»,,., tK*t

^* êrtpUffiÎK* rfi*^i 4*n* tê* U^puj;* » » » . 9$'»

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3'JO LE VISITEVK

pie* particulier» Toccasiim de faire de bonne» actian» , et de recneillir de» inutroction» otile»' Au reste, riostitution des bureaux de charité, telle quVlle existe maintenant k Pari» ^ «oppose avant tout un choix d^administrateur» bien pénétré» du véritable esprit de leur» (oudiôiu. ty'i] arrivait qu*on confiât cette mî»»ion ^ de% homme» qui n'y chercheraient qu^nn mojen àt con»idération 9 ou k de» homme» tourmenté» 6a besoin d^exercer leur activité, d^obtenir 00^ influence, le» plus sages réglemen» demeureraient stérile» , rin»titutîon pourrait manquer »on but, aller même contre »on but. Le» imti' tution» prospèrent par le caractère des hùomtx qu*ellcs emploient ',

I Snivftht M. d« Lf aocoart , daos te» rapporU & l'Av êetnh\é9 coii»U((iante, nos h6pltaa«, tiW0tii*M ritt^^U^» rttnfermaiêol «8,oo« indiriduf d« tout à$9 «i d« toot »«**.

Varié cofiUn»it , indigenf vulidei , . 3«/)m

M niadft .,,,...,,». f.<^

Conré\e%een» .,,,,,,..,,.....* ^^^

KWénéê %A^

Enfsof * ^*^

Orphelins, vicUlardi incar&M«)i. ...... . t?^*

Sakantles ralculf du même fphiUntlirope , h popblloo IfidigenU , «o $énéru\ , sV^éve tout aa pla» «« dixième d« la popalaii«n lolal« « dans l«s temps «naibc** renx , et «n vingliéme dans lef temps ordioairei.

Pooreroy « d&n« on travail %énéttti pour Vorp^niuii*» ùfà seeoars publics prépara ponr le Cooâcil d*étal«deoK r elle deinièfe proportion comme le ri^salUt f tfn^i «^

^ ■**"*'- ' • - ' - -^ ^ , . jyv^

*iHfi«k*i» *• idive 45j<, ^^j^

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