CHAPITRE XVIII
DE L^ESPKIT DISSOCIATION APPLIQUA AUX OEUTRES
DE CHARITf.
Nous avons placé le visiteur du pauvre en présence des divers ordres d'établissemens publics érigés dans un motif d'humanité ; nous avons ru comment il en deyient l'auxiliaire naturel, comment , par son concours il en assure , en étend les effets; comment aussi il aide Tindigent à trouver dans ces établissemens le genre d'assistance qui lui est particulièrement nécessaire. Il nous reste à appliquer les mêmes considérations aux associations libre? que le génie de la charité a fait naître.
Déjà ,* à l'entrée d'un sujet plein d'un si vil intérêt,, .une réflexion nous frappe : qui sera mieux placé que le visiteur du pauvre, pour concevoir l'idée de ce genre d'associations , pour en marquer le but? qui y portera des dispositions et des sentimens plus favorables ? qui sera mieux exercé pour y coopérer avec succès ? Où naîtront, s'alimenteront, s'appliqueront ces belle'*
'^w <e»«»»t étudié lie» <e»««^^ <et îi^ramkAe*'?
'*: 4tc%» m»Uue€ hrnmlme ^ itt^\nuiri tm*i pah^
yjtiie mw U» 4ipgi^»two» qm mil le hUM de rfao' ywmày^ ffmr M^et. U^^ "A tm 9e hf/me f^% à ^<w^ wèeUre tm efmmum le« ro^^^ Usf e%^^hnéM^ ♦ta ^ f«$ 4t#»rt« , * hâmrer p»r U Mterik <iç» 4i^ *«t4MWi» ^ « pfxi'|k»$^«r par tifi%emfAât ; il éc^ftmmt^ vji>fm woe »m$¥i^léi énerpe «n «rfimtniMfot ^f mi « yfifémt H «réaifi<« «i qui 4tÂt i» rivHutr ; il '^twlfe pr4$f4?r d4t;« IW:3i»lft«f incMtrefli^ »t% mao- A^<«» <ie I» rhmMa im>iiUMus ; or il ^t «U; 1;» n:^ ■vftf 4éf tiim« bç^ <M»riti0Mro.ii fliKirMiK «iç teodr« ii ^ «MMMMPMfw^r^ <ie; r»e4çr^/frd;»af l««9«nnMTee <«^ laK:« « par TcHH dmun wAM H vterinémm ^fmfi4hhf te éév^fp^temeftl le pfuf rematr-- ^w«Mrç, Sî^ dâm.^ k« ««♦<ettilyl^«« pMMî<fM<î«, Té- ««<««» prwjMiMit^ pîw rîia*^« d'wfw; Mk ;a^ii/« ^ ^ U^twtwMt «riRç U rapidité <ie Véd»tr ^ « <i»o.« -' ^«w« de «katine mffeeî^itieur , 4?fl« arj^uiert ^ p»r ' 'JkMimiHé de eettst «{m la ^rU^etti ^ un poti' * w «pi'elk n>i(kt fw»»i« r#Memi par l4e «exil elKet '^^ pmfrem^n «rditvire; <)«m;1 ne d/^ pa« '^^« fHliét d^MO id^mmer^e babitaiçl oott^tan»' *^>*iHt<«tfiie<4Çiw»^ fwo pla« *e»ûemeai par Vtm^^e^
388 1<£ VISITEVB
mats par la pratique do bien? l^entre âaa^Vnot lie ces rémâtm» : yj tois des iMPamies préoccupés 9 non de la firirole prétention de briDcr et de paraître 9 mais des plus grares et des pbtf sérieuses pensées , da désir d^étre otile ^ lenr^ semblables; des hommes modestes 4 obscure peat-étre 9 mais pleins de déroâment : leur IflH g^ge simple et sincère , respire la Menreillaflce ; on se félicite de se rencontrer dans les mimei raes^ sans se disputer le mérite de la ynotiUj ce que Tun arait présenté, Tantreledéreloppe; ceux-ci marquent le but, ceo&-lli indiquent Us moyens; d^autres font préroir les difficultés; d*»»tres enseignent k les raîncre; personne n*a^K aux honneurs, à Tiniluence; mais, i*îïy a «ow^ mission pénible k remplir, un sacrifice k hat. plusieurs sont prêts k accepter^ une douce ei»' (lance unit les sociétaires entre trux; ils goâteat Ifur estime réciproque ; ils iouissent du bienlaît en commun ; de saintes amitiés se forment oAtt eux. Heureux d'avoir été admis dans leur ecmr merce , f en reviens meilleur : mes idées se sont agrandies ; une honorable émulation s*est aB»* mée dans mon ca:»ir. il suffit quelquefois defMr faire une belle action , pour découvrir que m»* tw}me on en était capable ; le beau mot do G)r' l't'ge , et moi aussi Je suis peintre , révéla le géoî^ <lfi peintre des grâces ; mais le génie de la dtarilé n'est pas un don extraordinaire ; il est le polnmoine, souvent inconnu , il est trop vrai, an»*
légné II toas les ccrars. Qnelque doux , quelque eonrant que soit le charme qu'on éprouve à faire une bonne action , il en est un plus délicat , plus enivrant encore , c'est de le faire en commun ayec un autre. Que ne suis-je peintre ! Je voudrais représenter deux hommes de bien qui se confient le dessein d'une action généreuse , s'associent pour l'exécuter 5 faire briller la joie dans lenrs regards qui se rencontrent, et annoncer par ces deux mains qui se serrent l'une l'autre , qaelle puissance est dans Tunion des volontés ! Voilà ce que l'association produit sur une réunion plus ou moins nombreuse ce qu'elle renourelie chaque jour. Honneur h ces associations généreuses , que l'amour du bien a fait éclore , et qai , sous mille formes diverses , viennent au secours de l'humanité ! Il ne saurait y avoir une plus belle alliance que celle dont la vertu fut le 1^ principe , dont de bonnes actions seront le frurt. (1)
1 QaMI noas soit permis tl« ciler ici le pa5sage stiivaal sur les aranlages de Pesprit d*associaiion appliqué aux œnrres de bieDfuis.ince.
« La diffusion de l*esprit de bienfaisance , le frein ">:> k Vé%oûme , l*appui que reçoivent les idées mo- 'é\et et religieuses ; le renoncement à ta routine , ans prëjogcs et aux vues clroiles ; une voie ouverte à bcaocoap de jeunes gens dont la brûlante activité ne cber- (he qn*on alimcot pour se satisfaire , à beaucoup dMndividns qui , souvent , ne savent comment employer leur temps et leur fortune , et qui peuvent ainsi nti- 'uer lenr vie; le rapprochement heureux d'hommes
SgO LE VISITEilR
Pourquoi des réunions aussi utiles , ne sontelles pas plus multipliées dans la plupart des pays ? Pourquoi son^elles presquUnconnues dans plusieurs ? Leur formation , leur développement supposent deux conditions : d^une part, qu il existe un certain esprit public , une opinion farorablement disposée pour l'alliance des vues et des volontés ; d'un autre côté que U connaissance des besoins qu'éprouve la classe des malheureux, des moyens propres à la soulager , se soit répandue dans la société , ait fixé Tattention générale. La première de ces deux conditions suppose à sçn tour l'existence d'institutions qui aient un caractère généreux , des lumières généralement répandues et circulant avec facilité , l'influence d'une sage liberté politique , des mœurs publiques qui y soient conformes.
Quoi de plus propre à préparer la seconde condition, après les salutaires émanations de
(lis bien et ëcinircs, faiU poor i*aimer «t sVstlmer, •lout lei vertai sympathiques s^encouragent mntuelkineat; le patronage et les liens bienveillans quisVl»* blissent entre les classes élevées et riche* et les classes iofe'ricures ; les ame'liofBlioas progressives iotrodoites (laos la vie physique et m&rale du peuple ; les bienfaits indirects que recueille Pudministration , de ooavelles garanties donne'es à la tranquillité de l*Etat, d^s mvtces viviflautcs de prospérité répandues dans tovt le corps social. » Tableau des Sociétés et Institutions rtligieuses , charitables et du bien public de la viUt de Londres , par Gustave Degerando. Prcf'ace , pages 8 et 9.;
i>«iit â^é« i« p'amvre de» €(m»tttnmcaiùan» Ifârbi* (nèfles ( On yott .«Mm» cmnbien de rap^porU il f^^t ivtfle ^de J«» vî<»itetir9 du psiirv'jre soient prm i>»niii le^ ^en» âa monde ^ il» deviennent k lerjr f^i4ïf^ dâFft» Je monde ^ de préctetiik foyer» de ''hdieiir et de Inmière^ e^eH par eux qae le monde e»t initié amx »eereU des sodiTrances cfOf posent sur ]es elas^tes di<»graeiées par la foriane^ 'p)e son attention distraite est rappelée h entenrlre h ^f(ft% de la charité ^ dans Je tomulte des -ifiante^f âiftt» r enivrement fies plaisirs,
L'Anfiffeterre a Je mérite fravoir oJfert an i^ionde le spectaele des institotions de ce f^enre i<*< ^«s noml>rco,ses , les plus varice» , les plus ficltemeni dosées, La Hollande a celui d'offrir le iWele de h pins hclle et de la pins vaste qaî niste , dans eetie admirable société du hUn fUr ^liù ffni eml>ra»<îe tont a-la-fois et la surface '*nfi^e des Pays-Bas , et les principatrx mfyytn» 'le servir Jlmmanité, La France pewt ans si pré- ^<*wter avec qaelf|tte fierté le taWean de celles ^•»efle possède anjowrdlmi. Paris snrtont est ri^he. Il est digne de remarf|tie rjne cV«t h la ^nife de la restanrafion et v/ns le régime d'nne *>i'>erté vraie , enfin fthiemne par les institutions ^<>ftt la Vrautce est redevable k la sagesse de ^^s XVIÏI , <j»e Te^prit d^ass<'*ciation a t.fftn^ "ïencé il y prendre im essor trks sensible, et
à y recevoir Tutile direction dont nous parions.
On est frappé d'étonnement lorsqu'on jette les yeux sur le nombre prodigieux de sociétés de tout genre qui sont formées à Londres par des souscriptions particulières , et de la masse considérable de fonds que ces associations prodoisent. Il en existe plus de 5oo ; la pi as grande partie ont pour objet de soutenir les établissemens qui , dans les autres pays , sont ordinairement dotés et dirigés par Tadministration publique : c'est une suite du caractère propre aux institutions de F Angle terre , qui se sont reposées sur les efforts individuels , pour un grand Dombre d'objets d'intérêt public , auxquels la sollicitude du gouvernement , dans les autres états , a voulu pourvoir par elle-même. L'esprit national a généralement répondu à cette confiance de la législation : on lui a demandé des prodiges, il les a exécutés.
Si l'on voulait donc comparer ensemble l'Angleterre et la France , ou pour simplifier, Paris et Londres , sous le rapport des créations que l'esprit d'association a engendrées dans le champ de l'utilité publique et spécialement dans le domaine des établissemens d'humanité , il faut tenir compte avant tout de cette différence capitale dans le système administratif des deux pays. A Londres , l'État s'est borné à instituer sa législation sur les pauvres ; à peine a-t'il doté deux ou trois hôpitaux; du reste, les souscrip-
itftM ffnrée» ont fondé entièrement pre9€|ae too« k» éîMiMemeoê de ce genre. En frmce ^ cVit préeMément rîorer»e^ ce» établiMemen» , cV»t r^iBmnlrjitioin ^i le* « éle? é» , qni le» entrelient 9 le» dirige ; le» dcm» de» particulier» lui cnt été^ kri »ont ahondanmient confié» dan» ce hnt« f«r le» leg» , le» donation» ^ le» quête» , etc. Un petit nombre de todèiè» particulière» tiennent r.«pe»dant »^)r yÀiâdt^) mai» »eulement c//mme 4e» auxiliaire» , pour en étendre le Menfait 9 'foelr|ueloi» pour en perfectionner le principe* C>»t aitt»i , «rabord , qu'à Londre» '^ dix a»»ocia*
f 0««r» le» hdpftAifX ^ «ut 4«« dof «tloa» ^«pr»» , ref« «un* e«ax 4e 5aiai'Tb«nM» , île Or»7, de ft»iBl'
tvf(M«mé, on eompi» i hMtétt.t le» bopitonx gênéf»wt 4é iArttAre* ^yVetttttinsur , Middletes, qoartre li<V pîfawf de mitittftUé p^nt le* f«mn»ejf ea cenebe ; mt k^fîlaf ^oor If» mttiin» formé d»iM nn navire ; o^e «»siiM« de tunté pont te» fBs»{»die« eonfag'eiMes ^ mm «nf/e ^dt»r fe« fftfeetifmê teropbaf#!n<ffâ (>t e»ftr<ifrew' M*; d^eiKre» hftpïinnx pùor les mftl*dio« ^^n/rteii' Ml* «te^^ p«>«r le* àétrtux^h petite v<fro!e; fonr le* Msibdie* taUmé*» , iùv» Kntttuo^ p»r de» tons<rtptJon* ^iTlIeelfère»,
tP0 mtièm€ pvnr le* iKMptee* de rieilbrd* f»« à^mlunê Utfmét '. iitàépemàitmmtnl de rliostptre Emmaooel , ^imfeXittberîoe , Hn'mte'Matie ^ qoi iom.Menl (rooe do*f^rldv *«IR*a«t« , de* *o««criptf9n< partîcalîére* enfre^ rMWMnl f^wr de* 0T^be4n* le gv»»d et l>«l b^plee i9 Cbriet* et l*bo*pke rfe* E«ftB*'Tremi'^*, plftnieuf* nvuk&M oh, *<yit le* »rpbe»ia*, *ott le* enr<»n* pen- *ri*t, re^el^eni VéâaitfiMtf âéux m»i*on* d*? refrelre, 'M beepiee* de ânlatLae, l^etbleM de Kfidewell po«# )«i •tiéité» , etC'
lions de souscripteurs ont fondé , entretiennent^ dirigent autant d^hôpitaux de malades on de convalescens. A Paris , de semblables réomons seraient sans objet ; les établissemens dotés sur les fonds municipaux ont pourvu à tous les besoins. Une princesse bienfaisante avait fondé, pour les convalescens, l'hospice d'Enghien , continué par une autre princesse dont le nom est couvert des bénédictions du pauvre ; du reste , les convalescens sont aujourd'hui assistés a domicile , système généralement préférable , à l'aide du legs Montyon.- C'est au conseil-général des hospices , aux bureaux de charité , que le généreux fondateur a conûé ce soin. Peut-être ce fut à la vue des deux sociétés auxiliaires formée* à Londres, près des hôpitaux de Londres et de SaintGeorges , en faveur des convalescens , que M. de Montyon conçut l'idée de faire jouir la capitale de la France d'un semblable bienfait qui manquait k ses établissemens d'hamanité.
La même comparaison se reproduit encore en jetant les yeux sur les hospices. L'hospice des enfans trouvés de Londres , a souvent reçu des subventions du Parlement ; mais ce sont généralement des sociétés de souscripteurs qui ponrvoyent les asiles ouverts aux vieillards , aux orphelins , qui entretiennent les écoles d'industrie et les maisons de travail , les retraites où sont soignés les aliénés, telles que les hôpitaux de
pu PAUVRE. Sg'S
Betfalem, Bridewell, SaintrLac; on compte jasqa'à neuf sociétés qoi s^occupent à Londres , d'assister les femmes en conche , et dont une partie les recaeiUe dans des maisons poblicpies ; il nVst pas jusqu'à T Institution des aveugles indigenSj jusqu'à la Maison de retraite des sourds-muets de naissance , qui , à Londres , ne doivent leur existence aux mêmes principes. A Paris , les établissemens appartiennent à Tadministration publique ; ils sont municipaux ; Charenton pour les aliénés , les Quinze-Vingts pour les aveugles , Tlnstitution des Jeunesareogles et celle des Sourds-muets sont même entretenus aux frais de TÉtat. Cependant les associations de souscripteurs commencent à prendre parmi nous , une plus grande part à ce genre de secours; mais, en se proposant ordinairement un but spécial et distinct de celui qui est propre aux établissemens public. La société de la charité maternelle , visite , assiste les fcmmps en couche au sein de leur famille , les encourage ' ^ allaiter leurs enfans ; elle embrasse tous le» ({nartiers de la capitale; ses affiliations s'étendent dans toutes les villes du royaume. On salue avec respect et reconnaissance , cette inOrmeric de Marie-Thérèse , où sont recueillies , sous les auspices d'une princesse vénérée , des infortunes Twi se recommandent par un caractère partie^lier aux sollicitudes - de l'auguste bienfaitr l<'a«le de la Providence met ses souscripteur
3g6 LE VISITEUR
mesure de procurer un asile k des TÎeillar^ i h des infirmes , qu'ils n*auraient pas les moyens Ac faire entrer dans les hospices. Une ioacbaDtc institution qui n^existe qn*à Paris , si noai ne nous trompons , soulage les vieillards dam le sein de leurs familles ; c^est celle des enfani en faveur des vieillards. Trois 'nociétés , celle des jeunes filles délaissées, fondée jadis parla vénérable mademoiselle de Rercado , celle des jeunes économes, et celle qui porte le nom de comité des jeunes gens, placent des enfans en apprentissage, n y a aussi à Paris deux maisons d'éducation et de travail pour les orphelines ', entretenues par des souscription^ particulières; mais le nombre de sujets qu'elles reçoivent est peu considéra' ble. Les associations se sont principalement et sagement dirigées par la pensée de placer àc préférence les enfans dans des famiUes privées.
En passant sur le théâtre des secours à domicile, cette comparaison doit se modifier d'une manière très sensible ; car, la législation anglaise semblait s'être flattée de pourvoir , par la taxe des pauvres , à tous les besoins de ce grand service. Cependant, une foule d'associations se soni encore élevées pour assister les indigens au sort desquels on croyait avoir pourvu , et ces asso-
1 Lei orphelines de Saint* Aodrc et les enfaDt de 1> Cr»ix.
DU PAUVEE. 59-
« ialioa«' dans Tesprît qui est propre aux AiigiaU^, «i «ont parla gé le ciiauip à cultiver , ont adopté '^ftb vues e&lrêmemeot spéciales ; elle» »e divi* ^^ot donc en deux graudei» hraucbes qui as&is' lent, k« unes les valides^ les autres le» malades j «i parmi les premières, ou compte /a société générab; philanthropique et la société philun^ ihropiqae britannique et étrangère , dont le )>ut a Qo caractère vat>te , on ne suffit point à dénombrer celles qui existent par quartier, par paroisse, ou av.ec un but distinct^ il en est quatre^ par e&emple, compo«>ées de dames, qui soulaj;*fot Us femmes j deux en faveur des veuves; «ieux pour donner un asile aux indigcns momen- Uoément délaissés, plusieurs en faveur des veuves et enfans d'arti)^te8 , une pr>ur les malbeureux qui ont appartenu à la classe moyenne, l'ar rapport aux maladies , on a encore plus spécialisé , et, dans cbaque spécialité , souvent plusieurs sociétés concourent; ce n'est pas seulecnent La vaccine , qui reçoit à elle seule le« tocoui'agemens de trois sociétés ; ce sont les maladies de rorcille , celles de l'œil, la cala-* racte , les maladies glanduleuses , réelles des {KHJioon» , celles des enfans , etc., qui ont aussi li^urs sociétés particulières ; il en 6(>t aussi une f>our le traitement par Téb^ctncité j il en est jjluiieurs pour les hernies et pour la distribution des bandages , le trjut indépendam- «uent d'environ vingt-quatre sociétés de dispcn-
SgS LE VISITEUR
flaires de quartier, distincte» par le territoire '. Notre administration des secours a domicile^ qui est une avec celle des hôpitaux et hospices , pour sa direction centrale et sa dotation , pourvoit à Paris à ces difTcrens services , et , dam tous les quartiers, par un sc^l et même régime. Elle soulage les valides ; elle leur donne du travail ; elle distribue des bandages , elle fait traiter \e% malades à domicile ; des consultations gratuite* sont ouvertes dans les hôpitaux ^ Tadministration publique fait vacciner gratuitement les enfant à TAcadémie royale de vaccine et dans les douze mairies de la capitale : toutefois les associatioDs de souscripteurs ont encore trouvé ici une carrière pour e&ercer leur zèle en dehors des prévoyances de Tautorilé ^ on ne doit point oublier que rintroduction de la vaccine en France. que sa propagation u Paris, ont été spécialement Touvrage de la Société de vaccine ; sa dbsolation nous prive malheureusement aujourd'hui de rinfluence plus nécessaire que jamais , qu'elle exerçait sur l'opinion publique. Nous sommes redevables de la confection des soupes économi' ques et de rétablissement des dispensaires , à notre Société philanthropique qui a donné de «> bons exemples , une impulsion si utile , dont oo
I Non* ne pouvons remarquer sans atlenilrUsefliml Tine ■oriëtë dite de U chapelle libre de WesUitrlel. formée do poavrei gtsot, dan« le|>ut d^aisUler leur* toi* «îMi puuvre» tt iiu«»i malades.
aîmc à rappeler les éminens services. Des Sociétés , dont les travaux sont dirigés sur les progrès de Part de guérir, y joignent aussi à Paris , l'honorable engagement d^assister gratuitement les malades indigens '.
Si Ton veut toucher au doigt la différence ou plotât le contraste des systèmes adoptés dans les deux pays , que Ton considère , par exemple , ou les monts-de-piété , dont Tadministration publique s'est réservé à Paris le privilège, tandis qu'à Londres des associations volontaires ont établi des maisons où Ton prête sur gage aux indigens ; ou bien encore les secours administres aux noyés et asphyxiés , qui , en France, reçoiven t de Tautorité publique , les instrumeos , les ins- Inictions, le choix et rétablissement des surveUlaiu , tandis qu'à Londres , des réunrons de souscripteurs encouragent à secourir , et recherchent les moyens d'administrer les secours les plus utiles.
L^aatorité publique , en France , s'est réserve àt droit la surveillance et la direction suprême <lc« écoles : elle s'est même à peu près réservé *le iait leur création et leur direction *. Aussi pendant qu'à Paris plus de cent écoles sont en-
I Let Soeiéié$ medico ' philanthropique ^ «le métU' 'utCt de médtcine pratiquer le cercle médical.
t Cependant Voràoanunre rojuXe du «9 férrier 1816. a<lmetles aMocîaitioDt à fonder dec écoles, et à «n àé ■ iiiwet te» iuitilaleorf .
4<>0 Ll; VISITEI R
tretcnucs par la ville ou par les bureaux de charité, ()ue les bureaux de charité j entretiennent 'M} ouvroirs pour les petites filles , à Londres , les écoles de paroisses sont soutenues par des souscriptions et une foule de sociétés se sont formées pour fonder des écoles , destinées au premier «icgré de renseignement : il en est une, celle des protecteurs des écoles de charité , laquelle remplit précisément cette fonction de surveillance et <le direction suprême que Tautorité s'est réservée en France. Les deux pays nous ofireni ce>pendant ici un rapprochement d'un grand intérêt. Deux associations à Londres ^ , une société à Paris ^ , s'occupent également de la propagation des méthodes perfectionnées pour Téducation populaire. On peut remarquer seulement que les Sociétés anglaises disposant de plus grands moyens , agissant avec plus de liberté , se meuvent sur un plus grand théâtre, exercent une action bien plus étendue au dedans et au dehors de Tempire ; la Société ijàic nationale , par exemple , secourt près de i ,800 écoles , dont 3o à Lonr dres, et forme des maîtres et des maîtresses suivant la méthode du docteur BdU. Mais la Société française s'est ouvert une autre carrière, en travaillant elle-même au perfectionnement
1 Celles de Vécole nationale et dt- la Société brUanmiqug ci étrangère des écoles.
» L\ï Société pour l'enseignement élémentaire.
(le l^art j elle a fait beaucoup pour son progrès'. Les écoles qu^elle entretient , sont des écoles^ modèles , où les méthodes dont elle a doté le premier des arts , se justifient par la meilleure autorité, Texpérience des bons exemples.
Les écoles de charité pour les enfans du culte protestant et du culte israélite , doivent aussi , à Paris , leur existence h des associations particulières.
G^est ainsi qu'on voit de toutes parts les associations privées occuper , en Angleterre , la place que s'est réservée parmi nous l'autorité publique, tandis qu'elles se bornent , parmi nous , h agir comme simples auxiliaires à côté , autour de l'administration , et souvent encore sous son influence. Lequel des deux systèmes doit être préféré? Ce n'est pas ici le lieu d'approfondir et de discuter cette grande et difficile question. Nous nous bornerons h remarquer que le premier des deux systèmes expose à un grave inconvénient , celui d'enlever au régime des établissemens d'humanité, l'hamionie et le concert qui leur sont si utiles j il les prive d'un centre , d'un régulateur; il ne leur permet guères de s'aider, de de suppléer ; il peut les conduire à se contrarier sans le vouloir ; il leur interdit l'emploi de certains moyens dont la généralité oifre une
< La Société des méthodes d'enseignement «^occupe ' •nut de* travaux diiigéf vert ce bat.
4o2 LE VISITEUR
grande économie et une grande régularité. Il est (lifiQcile aussi que dans tut tel Aystème , les res^ sources soient calculées sortes besoins ; lesoréalions des associations yolonUiret peuvent rester au'dcssousdu but , ou le dépasser ; chacune peut accorder trop ou trop peu ; or , ici , Vtxces nVst pas moins dangereux que Tinsaffisance. Il n'exige 9, Londres rien de semblable à nos deux bejin ctablissemens de la boulangerie Scipion , et de la pharmacie centrale } il n'y a pas non plus àe bureau central d'admission pour les hôpitaux et les hospices. D'un autre côté , cVst un avantage considérable , a nos yeux , que d'appeler les simples particuliers à prendre un intérêt dnect aux établissemens d'humanité, à en connaitre la marche et les résultats ; à en seconder le* bienfaits par leur coopération : cette influence est féconde, en bonnes actions v utile aux moeurs publiques; elle tend k intéresser plus étroitement tous les membres de la société pour cens qui souffrent.
Il serait possible toutefois de concilier, eo partie du moins , les avantages des deux régimes : les associations privées pourraient se concerter entre elles , et se donner le centre qui leur manque ; Tadmimstration pourrait provoquer avec succès le concours des associations volontaires. Nos bureaux de charité , par exemple , reçoivent des souscriptions annuelles; mais les souscripteurs sont en tr^s petit nombre.
parce qu*ils ne prennent aucune eftpëcc de part au bien qui se fait , si ce n'est en donnant leur argent. Ne.pourrait-on pas organiser , dans chaque arrondissement, une véritable société de «ouscripteurs , dont les députés ou commissaires •eraient admis au bureau de charité, s'associeraient k ses travaux. Nous avons h Paris des assemblées de charité qui consistent dans une réunion k Téglisc , pour entendre un sermon , avec le soin , il est vrai , de choisir un prédica teur de quelque réputation , mais ou ne se rendent , en définitive , que quelques personnes pieuses, lesquelles eussent, dans tous les cas, payé également leur tribut en faveur des pauvres , mais ou ne se rendent guère les gens du monde , si ce n'est lorsque la présence de quelque auguste princesse appelle une poi*tion de la cour et quelques curieux : ne serait-il pas bien d'avoir des assemblées de charité où l'on réunirait le» souscripteurs et les bienfaiteurs, pour leur rendre compte de l'emploi des aumônes , pour leur exposer en détail la situation des familles indigentes du quartier ? Dans ces assemblées , le tableau des indigens secourus serait déposé sur le Imreau , afin que chacun pût en prendre connaissance , y chercher peut-être une famille placée dans son voisinage, et qu'il pût prendre sous sa protection.
A cette première cause dç diff*ércncc entre les institutions des deux pciys , s'en joint une n<^
4o4 LE VISITEUR
conde qui résulte des drconstances locales propres à TAngleterre , relatives à ses mœurs, à sa position géographique, à ses relations commerciales. Londres étant un véritable port de mer , le centre principal des grandes expéditions maritimes , la capitale d^un empire dont la marine fait la richesse et la force , les associations en faveur des marins s*)r sont naturellement multipliées, et ont embrassé tous les besoins d'une classe digne d'un si Juste intérêt. La France et Paris même , sans adopter tous ces étabUssemens , y trouveraient cependant plus d'un exemple utile à méditer \ et que les circonstances lo- 4;ale8 permettraient d'emprunter en leurdonnaol les modifications nécessaires. La législation anglaise permet aux associations privées , certains genres et modes d'actions qui seraient insolites parmi nous et qui nous surprendraient Telles sont celles qui ont pour objet, l'une de poursuivre les débiteurs insolvables frauduleux , de 8*oppo8er à leur élargissement; une autre, de protéger le commerce contre les voleurs et les filous * une troisième , de faire traduire devantlc» tribunaux les auteurs et distributeurs de mauvais livres ; telle est encore celle qui a pour objet Textinction de la mendicité et que nonsavonâ déjà eu l'occasion de citer.
Diverses associations sont motivées par les relations que l'Angleterre entretient avec l'Asie et r Afrique , par la variété des cultes -dissidens
1>U PAVVRE. 4^5
professés en ADgleterre, parle système de corporations qnt existe encore à Londres pour les »rts et métiers ; il en est plusieurs qui sont destinées à soutenir les veuves et les enfans des miuistres des cultes.
Noos n^avons guère à Paris , queTAssociation paternelle des chevaliers de Saint-Louis et celle en faveur des pauvres religieuses, qui soient dnes 11 des circonstances locales et particulières.
Si nous poursuivons nos comparaisons , après avoir épuisé les effets de ces deux causes de difiérences , nous trouverons entre les associations dont 8*honorent les deux capitales, quelques analogies intéressantes , et quelques autres difTérencesde détail quMlserait utile de signaler pour l'avantage des deux pays,
A Londres et à Paris , le grand intérêt de la propagation de la morale religieuse a excité le zHe de plusieurs réunions d^hommes et de femmes. L*un et l'autre ont leurs Sociétés bibliques, leurs Sociétés de traités religieux ^ , leurs Sociétés pour les missions étrangères. Mais le caractère du culte dominant en Angleterre , le nombre et la rivalité des cultes dissidens , don-
I II en est deux de cet ordre h Paris , Tniie r^lbo* '"{M, Paalre prolestanle. On doU remarquer que les *urie(es protestsiDles bibliques , et de trnite's religieux * «Uacfaent & j épandre Fane des traductions des livres i<«ioU , Tsutre de petits ëcriu qui poissent être ^gafemeot i l'oiage des catboliqnes.
4o6 ' LE VISITEUR
nent un plus grand développement à ces institutions, appellent les simples particuliers ù coopérer d'une manière plus directe et plus active, au but qu'elles se proposent]; elles ont aussi une direction plus variée , plus spéciale ; ou compte à Londres plus de 4^ Sociétés , on en compte 5 à Paris , qui concourent en diverses manières à favoriser les progrès de la morale religieuse ; il en est , parmi les premières , qui unissent aussi à cette destination la pratique d^œuvres de bienfaisance : telles sont , par exemple , celle dite de bien public , et celle pour le soulagement et Vinstruction des pauvres Jfn- 4îains et Asiatiques. L'honorable Société de h morale chrétienne , formée à Paris , a aussi son comité de charité et de bienfaisance ; ses utiles travaux embrassent une sphère fort étendue i la suppression de la traite des noirs , celle des jeux et de la loterie , en tant que cette suppression peut dépendre de Topinlon publique.
• A Londres et à Paris , Tesprit d'association s*est aussi dirigé vers l'amélioration des prisons ; mais à Londres , à côté de ce but général, nou> trouvons deux sociétés qui procurent Téducation aux enfans des condamnés et à ceux dr> prisonniers pour dettes. A Londres, il en exista' plusieurs , à Paris , une , pour réformer le caractère des jeunes condamnés. La délivrance dc> prisonniers pour dettes en occupe également une à Paris , et plusieurs à Londres.
A Paris et à Londres, le même principe créateur a fait ouyrir des asiles pour recueiUir les femmes séduites ou corrompues et les ramener à la vertu ^.
A Londres , deux Sociétés se proposent de supprimer le mode actuel de ramonage et de fournir un autre état aux enfans qui l'exercent ; il en est une à Paris, qui soulage et instruit les jeunes Savoyards.
U s^est formé dans ces dernières années h Londres , plusieurs sociétés pour réunir et faire soi- ^er dans des azylum , les enfans pauvres en bas âge. Une société vientdes^organiserà Paris dans lé même but.
Une société s^établit en ce moment à Paris , pour les écoles du dimanche y il en existe un j^rand nombre du même genre en Angleterre. Londres et Paris possèdent une société qui cherche à former de bonnes servantes.
Londres renferme plusieurs sociétés pour rc- ^'evoir et faire valoir, suivant des modes divers, les épargnes des classes laborieuses. Paris en a une qui tend au même objet sous une forme unique et simple.
Les cultes dissidens ont institué a Londres des associations séparées , pour soulager leurs indigens. Les protestans ont institué depuis peu
I Oatre Pétablitsement du Bon Postenr , Pari* poS' lêde celui des dames de refage de Saint-Michel , qui tabsistc par ses propres ressources.
4lO LE VISITEUR
pour améîiùrer la condition det pauvres. La France , à son tour , pourrait s'acquitter envers F Angleterre et lui ofiHr la matière de quelques échanges. Quoique Tesprit d'association soit restreint , parmi nous , dans une sphère bien plus circonscrite , il a produit cependant quelques fruits qui sont propres à notre territoire ^ Nous ayons déjà remarqué qoenos Sociétés philanthropique , de la morale chrétienne ^ et de renseignement élémentaire , ont un but beaucoup plus étendu que celles des sociétés analogues en Angleterre. Cesl à Paris sealement qu'on a eu Fidée de réunir les enfans pour secourir les vieillards, que les jeunes gens se sont associés aussi pour placer les orphelins ; c'e^t à Paris et à Lyon que les demoiselles sont venues en foule mettre leurs dons en commun dans les Sociétés des jeunes économes ; c^est à Paris que l'association de Saint-Joseph recueille les ou' vriers, les domestiques, lorsqu'ils arrivent, pour les placer et leur procurer des directions reli' gieuses j c^est k Paris que des dames se concertent pour exécuter et vendre leurs ouvrages au
I On ne peut purcoarir le tableau des aiiocialloni chuiitablei formées ù Porb , sans rendre du foad de SOI Ame , un Iioinmage d'admiration el de recooDai»' sance \ la mémoire du re'nerable abbe Legrii Duval que nous avons vu reproduire au milieu de noui la vie d*un St.- Vincent de Panic, et qui a taul concoaru » londcr les plus utiles insliliitioas.
DIT FArV»E. 4 * '
profiides indîgen». A Pam et dans toute la France, les arocaU stagiaire» près des Cours roysf tes , réanis en confidences', donnent des consul' trions gratoites aux indigens , et se cbargent de la défense de leors causes , digne et beau noviciat poor one profession aus^i honorable.
On roit à Londres an grand nombre de mai* sons de charité fondées par des compagnie» dont le» membres exereent des professions particu- ^^T(» , qni appartiennent aox conditions mojen- Des de la Société , en faveur des membres de ces «'oïDpagnies , comme celles des orfèvres, des épiciers, de» marchands de fer , des drapiers , des onarehands de soieries , de pelleterie» , etc. Sir Morton £den comptait en 1801 , 720 Sociétés amcaleê de -prévoyance , existantes en Anglet«re, et calculait à environ 64,800 le nombre fie leur» membres. Ces institutions paraissent 'lériver da régime des corporations d'arts et métier» encore en vigueur dans ce pays , heureusen>eot abdiies aujourd'hui parmi nous ; mais elles 1^ paraissent point descendre dans la classe des simples ouvriers , comme nos Sociétég de secours muiuels placées sous la direction de la Société filiilaothropiqnc ,
£nfin, ce qui est éminemment propre ^ la France, c'est le nombre , la variété , la prodi- ^euse étendue des congrégations religieuses de ^<^SV9 vouées à renseignement gratuit des en- ^3i>s pauvres, à rasshUnce des malades, au sou-
4lO LE VISlTEUa
pour eunélicrer la condition des -pauvres. La France , à son tour , poarrait s^aoquitter envers TAngleterre et lui ofirir la matière de quelques échanges. Quoique Fesprit d^association soit restreint, parmi nous , d^ns use sphère bien plus circonscrite , il a produit cependant quelques fruits qui sont propres à notre territoire ^. Nous ayons déjà remarqué que nos Sociétés philanthropique , de la morale chrétienne , et de renseignement élémentaire , ont nn but beaucoup plus étendu que celles des sociétés analogues en Angleterre. C^est k Paris seulement qu'on a eu Fidée de réunir les enfans pour secourir les vieillards, que les jeunes gens se sont associés aussi pour placer les orphelins ^ c'e&t à Paris et à Lyon que les demoiselles sont venues en foule mettre leurs dons en commun dans les Sociétés des jeunes économes; c'est à Paris que l'association de Saint- Joseph recueille les ouvriers, les domestiques, lorsqu'ils arrivent, pour les placer et leur procurer des directions n'iigieuses ; c'est à Paris que des dames se concertent pour exécuter et vendre leurs ouvrages au
I On ne peat parcourir le tableau des associations churitablei formées à Paris , sans rendre du fond de SOI fime , un hommage d^admiration et de reconnaûsance à la mémoire du vénérable abbé Legris Durai que nous avons vu reproduire un milieu de nous la vie d'un Su- Vincunl de Paulc, et qui a laul concouru à loodcr les plus utiles inslitulions.
DU PArVSE. 4 ' '
profit des indigens. A Paris et dans toute la France, les arocats stagiaires près d4;8 Coars royales , réunis en conférences-, donnent des consultations gratuites aux indigens , et se chargent de la défense de leurs causes , digne et beau noviciat pour une profession aussi honorable.
On Toit à Londres un grand nombre de maisons de charité fondées par des compagnies dont les membres exercent des professions particulières , qui appartiennent aux conditions moyennes de la Société , en faveur des membres de ces «compagnies , comme celles des orfèvres, des épiciers, des marchands de fer, des drapiers , des marchands de soieries , de pelleteries , etc. Sir Morton £den comptait en 1801 , 720 Sociétés aaticales de prévoyance , existantes en Angleterre, et calculait à environ 64,800 le nombre de leurs membres. Ces institutions paraissent dériver du régime des corporations d^arts et métiers encore en vigueur dans ce pays , heureusement alxJies aujourd'hui parmi nous ; mais elles ne paraissent point descendre dans la classe des simples ouvriers , comme nos Sodé té t de secourt mutuels placées sous la direction de la Société philanthropique.
£nfin, ce qui est éminemment propre k la France , c'est le nombre , la variété , la prodigieuse étendue da congrégations religieuses de ^*^nn vouées à renseignement gratuit des enfans pauvres, à Vasshiance des malades^ au son-
^12 LE VISITEVB
lagement de Tinfortané dans tous «es beioîns. Leurs établissemens sont au nombre de plus de 1,600 , et comprennent plus de 11,000 personnes qui dévouent leur vie entière au plus touchant ministère. La France en est redevable sans doute à Vinûuence religieuse ', mais on doit remarquer qu*aucun pays catholique ne lui est cependant comparable sous ce rapport : c est une mine inépuisable pour les trésors de la charité. Cette circonstance peut concourir aaasi à expliquer pourquoi les associations de souscripteurs sont moins nombreuses parmi nous qu^en Angleterre. Nous possédons dans les institutions des Sœurs de la charité . un vaste et puissant instrument qui manque a nos voisins.
Lorsqu^on compare , dans les deux pays , le tableau des souscripteurs qui concourent aux associations volontaires, on est frappé d^une différence bien plus sensible encore que toutes celles qui ont été signalées jusqu'ici , celle qui est relative au montant dc^ souscriptions. Il en résulte , pour TAngleterre , une grande facilite à entreprendre les choses utiles , et de puissans moyens pour les exécuter. C'est que en Angleterre , s'inscrire sur ces tableaux est non-seulement un mouvement honorable produit par le sentiment d'une générosité éclairée, mais encore un usage général , une convenance , prcsqu'un <lovoir imposé par Topinion. ' En France , une disposition semblable n'ça^ point encore entrée
4»m nm nonfr* ; il ùtni crmrr fpse f^tnrttn aime Mem ùêire hr \nf^ en lyartifralier et »an« f-lre ^/MKi ; îl eU €erî»m ri a mmnA qae heaucmip de rriH qui font 1« Heri a«ec rmpreM/rment , répinient à iie produire dan* de* IihI.^* de vi«V' '.nji4eiifr» ^ par le •eirtiment d'one délieale**e frt 'i'îwe iwMe%t»n qn'on pr^arrait trooTer trop fer»' yiïtn^9 5 lonjonr* e*t-il rjae le nf*mhrt: de» *^j*»mpteiir* e^t fofi/>ar» extrémemenl Jimilé , 'î'i'wi vriil â'peti'prè« TeparaiiiTe le» ini^#'» i^)«n»^ qne ce* nom* tonl ceirx de perv>nne* qui fte io<oi»«ent en général q»je d' one fhrXftne lrr« flfttédîftcrej que le* don* »mil par erinW-qn^nt ïJï^*! fwt owxlejtef- Il faut donc être v>bre d*a»- «•"WrtifWM , poxBT qn'elle» pfjî**enl prendre qrjel- '{lertm^Uinnee. Cepend^jnt. le bel élan qui -l'eU •A>flifle<ité àeynU peti pour le* «ecrwr* oflerU aux -rij^rlané* b^bitan* de Salin* . et p/>ar l'a^*!.*î-w»ee destinée aux Grec* , *emlde faire e^pArer '{"'il tend à .le dével^/pper parmi nou* on e*prit f'HMie pin* favorable a f;e genre d'înifîlufiorM. Il »>e faut pa* onhiier d'ailleur* que la I^^Mlaf ion *n(rJai*e prcitè^c de t^^ute* mani!f-rf'* le* a^vxia- '{•'^n» dirigée» verf le* objet* d'utilité publique , î'^r drwnele* faeulfcé* le* plu* étendue* : que la ft-Vtreest, an eontraire, peu bienveillante p<^ur *fle*,«t qoede* vue* faH^*e* et étroite*, portent trop viffvent l'^ïutoritc à le* ronfrarier en- '^vedaiM lenr* lenf^ilivc*, quand elle trouverai! '•«ut d^aranta^e* à le* enrouragr»r et à *Vnviron-
4l4 l'C YISITECfi
ncr de Icar concours. Il est digne de ranafique qu'un grand nombre d'asêociationfl de ce gare ont été 9 en France , organisées par le goofernement lui-même , placées plus ou moins dans la dépendance directe de radministratioD , comme la Société de la Charité matenelle , celle des Prisons , eelle des Chevaliers deSaiol- Louis, etc.
Que si , d'un autre côté , on observe de près la marche de ces associations dans les deux pars, et le détail de leurs opérations , on recooiuitn qu'elles renferment , relativement , en France . un plus grand nombre de coopéra teurs actif), assidus , dévoués à consacrer leur temps , leor^ travaux au bien de l'institution. Elles j soot exemptes d'une sorte de luxe et d'*appareU trop prodigués en Angleterre ; elles ont plus de simplicité, d'unité, et observent plus d'économie. '.
I Yoyex pour les afsociationi de la ville de Londres, le Tableau ies eociélé* et fies kisUUttions rcligjiatâa charitables et de bien public de la ville de Londres» P^ G. Degerando. Pum, 1834; ponr cellei de P»ri« Je Journal de la société de la morale chrétienne , Vam- ^' auoée i8a6« no* 34. S5 et 36.
Les diflerences qai se sont oSerle» entre l'Angleterre et la France deviendraient encore plus sensibles , *> nous sortions de Tenceinte des deux capitales. L'esprit d'association a fait moins de progrès et rencontré plo» d*obstuclcfl dans nos départf mens qu*à Paris. Qvelqae* grandes villes cependant s'en muiilreot aniroe'cs et «>- Tifi<fes ; celle de Lyon peut être honorablement tiif^ sons ce rapport , comme il en est peu antsi oà lef ta*