‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 109 sur 150 · LIT. III. SEGT. II. CHAP. Y · texte numérisé non relu

LIT. III. SEGT. II. CHAP. Y

est y dans une société bien organisée, la marche naturelle des choses I que rhomme laborieux et économe doit en effet s^avancer par une gradation insensible et régulière à une plus grande aisance, s*il n est pas tra- Tersé par des accidens imprévus.

L'alternative des succès et des revers a aussi son uti« lité. Nous nous plaignons de Tinconstancé de la fortune I Gest de sa constance que pous devrions nous plaindre; alors, en effet, elle a plus de moyens de qous corrompre, et ses faveurs même sont moins senties. liCs succès et les revers, en se succédant tour-à-tour, nous tiennent en haleine, nous éclairent par leurs contrastes ; jugeant mieux les événemens, nous apprenons mieux à leur résister et à nous en servir.

Ces diverses considérations pourraient être appliquées également aux diverses professions de la vie; elles formeraient, par leur développement, une nouvelle branche des sciences économiques. On verrait , d'une part, quels sont les secours que chaque profession apporte , ou les obstacles qu elle oppose au perfectionnement moral de Thomme, les moyens de rendre ces secours plus efficaces , et d'affaiblir ces obstacles; on verrait, d'une autre part, comment le perfectionnement moral des individus peut donner aussi à chaque profession un plus haut degré de bien-être et d'utilité , et contribuer ainsi puissamment i la prospérité générale : on arriverait certainement à ce résultat, que de bons livres, de bons exemples, qui développent dans le sein delà société la patience, la persévérance la pro** bité, l'esprit d'ordre, et les autres vertus, comptent au nombre des moyens qui accroissent les richesses communes, tout aussi bien et mieux encore que certains instru-

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mens et certains procédés des arts j quoique ordinaire^ ment les écrivains qui traitent de l'économie politique ne daignent guère accorder une place dans leurs cialculs à ces principes moraux de la production et de la conservation des richesses. On reconnaîtrait que Thomme étant le principal instrument de toute production j que lliomme obéissant à son tour, en tant qu il est agent y aux mobiles de sa volonté et aux lumières de sa raison , il faut remonter plus haut que la simple fonction d'un moteur matériel, et arriver, de levier en levier, jusqu'aux fonctions de l'agent moral. Il est vrai que ces vues, convenablement traitées, pourraient changer beaucoup aux bases de théories qu'on est con« venu d'adopter , et contrarier plus d'un système.

La distinction généralement admise , entre les pro^ fessions libérales et mécaniques, n'est pas aussi tranchée dans la réalité , qu'elle le paraît au premier d'abord r car, dans celles qui eiçigent essentiellement les travaux de l'esprit, il y a presque toujours un concours d'opérations mécaniques ; dans celles qui se composent es* sentiellement de travaux manuels, il y a presque toujours une participation quelconque de l'intelligence ; entre ces deux extrêmes , les deux élémens se combinent dans des proportions diverses : chaque jour, et l'ami de l'humanité en éprouve une joie profonde, chaque jour , les professions mécaniques se rapprochent des professions libérales , par l'effet de la multiplication et du perfectionnement des moteurs matériels j l'homme reprend ainsi le rôle qui lui appartient dans les opérations de l'industrie, celui qui*consiste à diriger les forces ; recouvrant sa dignité , rentrant dans l'exercice de ses facultés , il devient en même temps un agent bien

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