‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 112 sur 150 · LIT. III. SECT. II. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIT. III. SECT. II. CHAP. V

plus ifëcondes en jouissances ; elles mettent en jeu les facultés actives; elles peuvent offrir l'occasion d*exer« cer des vertus plus variées ; elles protègent mieux cour tre la routine : mais on devra s y défendre de la distraction qui dissipe à la fois et la pensée et le sentiment, de la mobilité et de l'inconstance auxquelles elles ex«^ posent le caractère ; on doit y être armé d'une vigilance bien plus sévère sur soi-même.

Il est des professions dont les perspectives sont bornées dans une sphère très-restreinte , qui sont sujettes à peu de chances , qui ne promettent guère d'avancement progressif; elles protègent la modération ; elles excercent à la persévérance, à la patience, quel« quefois à la résignation. Il en est qui se placent entre les dangers et les espérances ; elles sont fécondes en émotions; elles excitent puissamment l'ardeur de la volonté, et rénergie du caractère. Dans les premières, on doit se préserver de l'abattement, du décourage* ment, de l'apathie qui pourrait gagner jusqu'aux facultés du cœur; on doit se créer un avenir par ses af* fections. Dans les secondes , on doit se préserver des rivalités jalouses, et diriger tous ses soins à conserver l'égalité de l'âme. Dans les premières, c'est surtout Tamotir du bien qui demande à être entretenu contre des influences léthargiques; dans les secondes, c'est l'empire de soi qui a besoin d'être fortifié , pour op* poser la modération des désirs aux séductions de la fortune.

Il est des professions qui nous mettent plus particulièrement en contact avec les choses; il en est d'autres qui nous mettent plus spécialement en rapport avec les hommes.

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