‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 119 sur 150 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

BU PLA.I5ia ET DU REPOS.

Ce travail qui nous eoûte tant de sueurs n est cependant peint sans quelques charmes : l'exercice ré^lë de Factivit^ suffit pour lui donner de Tattrait ^ pour en faire presque un besoin : pn voit des personnes oisives se donner un travail manuel , pour se délivrer du poids du désœuvrement ; la plupart de nos divertisse* men^ sont une imitation du travail, un travail privé seulement d*unbut sérieqx ; le travail, d'ailleujrs^ engendre les voluptés et les joies du repos; c'est un privilège qui lui est exclusivement réservé ; il relève ces volMptés, en leur donnant le caractère d'une récompense.

La nature s'est complu à nous recommander , par Tapement de la jouissance , ce qui devait nous être utile. Aussi cet agrément ne s'atlache-t-il au repos que pendant 1^ intervalles où il doit en effet réparer nos forces* Il cesse et fait place à l'ennui y si le r^pps est anticipé ou prolongé outre mesure.

Non- seulement la nature, comme, une mère prévoyante y nous invite^ par l'attrait du plsôsir , à recher* cher ce qui doit satisfaire à nos besoins; mais par une aimable et tendre sollicitude , elle a encore semé sous nos pas une foule de plaisirs innocens que nous dédain gnons trop souvent d^ goûter , et qui nous sont gratui-

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tement concédés. De totites parts , des formes élégantes se dessinent, des nuances gracieuses s'étalent, de douces harmonies se produisent , de suaves parfums s exhalent; la terre se pare de fruits et de fleurs; le ciel se déploie connne une tente magnifique ; lair même que nous respirons semble nous faire respirer le bienêtre ; on dirait un vaste banquet auquel la créature humaine est conviée chaque jour ; il nous est servi avec une libéralité si sincère que les plaisirs n'ont besoin d'être achetés par aucun effort, qu'tt se prodiguent surtout rHâc conditions les plus nombreuses et les mmns favorisées de la fortune; ils ne nous demandent quW peu d'attention et une disposition calme; ils sont d'autant plus précieux qu'ils sont plus vutgatres, et, par conséquent 9 plus universels; ils soèt d'autant ^ salutaires qu'ib sont par eux<^êmes renfermés dans les bornes de la modération; ils^sohtd'antatit plus inépuisables que leur variété est infiiiiê, étque se succédant les uns dLVX autres, ils re|>araissent avec le charme de la nouveauté. Serait-il possible de ne pas recoïmaitre, dans ces dispensatîons , une vue de la Pl»6vidèiice, vue qui éclate aussi manifeste que bien&isadté ? N^nnoncent-elles pas que lauteur de toutes choseis a non^sealement permis à la faible créature de goûter iei^iâs le bien -être, mais lui tt même, en quelque sorte, enjoint de se reposer dan^ lebonlieufp En assignant à ces plaisirs innocens une place dans le cadre de notre destinée, elle les a presijûe pron^s au riiiig des- devoirs. Wbus-iiiêmes, en acceptant le délassement mérité qu'eHc nous envoie , nous a[iprenons encore à la bénir : le paisible sourire du contentement peut aus^ exprimer la reconnaissance. Ce serait donc une fausse sagesse que

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