TOME II
23 DU PBRFEGTIONNBMBNT MORAC.
genre de dignité ; celle qu'elles reçoiyent , l'une de la proximité d'un grand avenir où se résolvent les destin nées morales de l'homme , l'autre de ce qu elle est plac^ dans le sein même de l'épreuve qui explique et prépare cette destinée» On voit d ailleurs, dans le vieillard ^ cdui qui a long-temps combattu ; dans l'homme atteint par l'adversité, celui qui combat en cet instant même; tous deux sont en quelque sorte consacrés par les exercices de la force d'âme.
Un caractère perd sa dignité dès qu'il sq trouve en défaut, et que trompant l'attente , il se contredit et se dément. Le ridicule naît partout où il y a dé&illance.
L'agitation et l'inquiétude nuisent à la dignité du ca* ractère, parce qu'elles sont un signe de faiblesse.
On croit quelquefois- acquérir de la dignité, en se montrant puissant et fort ; on se trompe : il eût faUu en même temps , et avant tout, être bon. Dans la vraie dignité du caractère , il n'y a pas seulement quelque chose d'imposant, il y a aussi quelque chose qui inspire, la confiance. Le spectateur sent que, dans leS' déter^ minations habituelles, d'un tel caitactère , il n'y a rien qui soit le produit de la personnalité , rien par conséquent qui puisse lui devenir hostile. Dans l'homoM qui ne serait que fort, il peut craindre un. oppresseur ; dans l'honmie fort et bon , il ne peut qu'espérer un protecteur. Il voit reluire précisément dans le caractère de ce dernier, cette lumière du juste et du vrai, qui doit lui servir de guide à lui-même; il y r^rouve personnifiées les maximes établies par la raison. Il suit donc sans réf pugnanceses vestiges; car ce n'est point l'individu qu'il suit, c'est le flambeau même de la sagesse.
L'homme de bien, celui dans l'âme duquel la vertu