DES EPREUVES
QnxtLE est grave ^ auatère, terrible, cette dernière partie de Féducation de llioinme ! L'àme ne peut se défendre d*un saisissement profond à la vue des périls et des maux qui, sous tant de formes diverses , assiègent rhumanitéy et qui peuvent atteindre chacun de nous, dans le cours si rapide de son existence. Combien de fois la raison du sage en a été. momentanément troublée! Combien d'esprits ont succombé, en voulant sonder le grand mystère, et s'expliquer loriginé des calamités qui assiègent le monde ! Les uns ont perdu la confiance au suprême dispensateur; les autres ont ima^ giné un génie malfaisant , égal en puissance au génie du bien, indépendant de lui, et s*acharnant sur la créa-: ture comme sur une proie livrée à ses fureurs : tant il en coûte pour consentir à accepter les misères de la vie comme une épreuve salutaire , et pour y puiser les instructions quelles renferment! Certes, ce n est pas avec de vaines ^>éculations, avec une morale toute poétique, quV>n peut affronter cette portion de la destinée ; on est ici aux prises avec des réalités qui ne laissent pas de cours aux illusions. I^a vérité seule , la vérité la plus solide , peut résister à une ausâi rude expérience.
3o8 DU PERFECTIONNEMENT MOHAL.
Cependant cette éducation est inévitable ; il ne nous est pas donné de nous soustraire à ses leçons ; elle est nécessaire en elle même; car nous tirons des leçons qu*elle nous apporte les plus importantes lumières et les plus puissans secours. Combien n'est-il pas déplorable que nous en repoussions le bienfait ^ que nous la fassions tourner à notre perte ! L'épreuve , en cessant d*ètre utile, en devenant funeste à notre caractère, n'en devient d'ailleurs que plus dure à supporter; et cette remarque suffirait pour faire pressentir que , dans le plan de nos destinées, elle nous est envoyée en effet pour servir à notre amélioration morale.
Nous comprenons ici sous le nom A' épreuves ^ et les périls, et les privations , et les revers , et les souffrances physiques, et les douleurs de l'âme, parce qu'en effet toutes ces choses, considérées au flambeau de la sagesse , ont évidemment pour but d'éprouver la créature humaine , de lui enseigner à se connaître , de l'améliorer, de lui donner une garantie de ses hautes destinées, de la préparer à en être digne. C'est pourquoi l'éducation qu'elles offrent à l'homme est, de toutes, la plus difficile; car elle est celle qui renferme les instructions les plus profondes ; elle est celle qui doit produire ses fruits dans un avenir plus lointain ; elle enseigne à envisager la mort; elle enseigne à mourir; elle forme la créature comme un élève pour l'immortalité. Aussi, pendant que les autres éducations morales dont l'homme recueille les influences, se ralentissent, celle-ci persévère ^ et devient ordinairement plus active dans les derniers jours : la douleur tient les clés de notre carrière terrestre; c'était elle qui nous en avait ouvert l'entrée; elle nous ouvre aussi la sortie et le passage à une vie meilleure.