‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 123 sur 150 · LIT. III* SBCT. II. CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIT. III* SBCT. II. CHAP. VIII

Voilà encore pourquoi rhomme connaît tant et de si immenses douleurs inconnues à ranimai. La douleur ne devait être le partage que de Tétre perfectible. Il n y a pas pour lanimal de douleur qui mérite ce nom , puisqu'il ne connaît que la soufirance physique, et que cette souffrance est purement instantanée , sans prévision de l'avenir, sans mesure de la durée.

Les êtres les plus distingués sont ceux auxquels est réservé le privilège des plus grandes douleurs ; car seuls il connaissent les grandes peines de l'âme.

Le seeau de la douleur imprimé sur notre destinée y annonce donc en caractères manifestes notre vocation au perfectionnement.

L'histoire nous montre , dans toutes les grandes calamités publiques, un phénomène moral extrêmement remarquable : une révolution universelle s'est opérée dans le caractère de ceux qu'elles ont enveloppés ; les uns se sont rapidement élevés aux plus hautes vertus , les autres se sont laissé entraîner à tous les excès de la dépravation ; parmi les premiers, on a vu, avec étonnement, des personnes jusqu'alors abandonnées non seulement à la frivolité , mais aux vi<;es, à la dégradation elle-même ; parmi les seconds , on a vu, avec une surprise plus grande encore , des personnes dont la vie était estimable et régulière. L'épreuve était la même pour tous : comment a-t-elle produit des effets directement contraires? de ce que les uns et les autres n'ont pas envisagé l'épreuve sous le même aspect, ne l'ont pas abordée avec les mêmes dispositions. Elle a réformé* fortifié, élevé, ceux qui ont su la comprendre; elle a laissé sans force ceux qui n'ont pas su l'accepter ; la faiblesse explique tous les désordres, comme toutes

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