LIV. III. S£€T. II. CHAP. YIII. Sl
près de noua , que notre indifférence n'aperçoit pas i que peut-être notre MyoU té dédaigne. Quelque magAifiques que soient les tableaux dans lesquels la philosophie et l'éloquence ont peint la constance de Phommé de Inen dans radversité, ils n'ont point encore épuisé ce sujet y et celui, qui visite l'asile ignoré du pauvre trouve encore de nouveau}: traits à y joindre : c'est peu de ces. privations accumulées qui se font sentir à l'indigence si vivement et sous tant de formes à la fois; mais cet abandon f cet isolement qui laissent trop souvent son, cœur sans consolation terrestre;, mais votre pitié elle-mmie qui vient le blesser peut-être par ses soupçons ou sa hauteur ; mais ces affections de fa* mille, qui deviennent pour lui unpoison, la source des tounaens les plus cruds^ des anxiétés les {Jus dàshirantes ; un tel spectacle dévoré constanmient sans distraction y sans espoir peut-être^ quelle épreuve, grand Dieu 9 pour la créature sensible, et que de choses elle révèle qui nous sont inconnues peut-être! C'est au chriràanisme qu'il a été réservé de dévoiler à la terre tout oe qu'il y a de sublime dans l'héroïsme de l'indigence, d'ériger presque une telle condition en un privilège moral, par la dignité qu'elle confère et les vertus qu'elle enseigne.
L'épreuve des privations et des souffrances , considérée comme une éducation qui à pour objet la culture de l'amour du bien, peut y contribuer sous plusieurs rapports: elle favorisera le recueillement de l'âme, en la délivrant des illusions qui la trompent, des distractions qui la dissipent, en la contraignante secréei en elle-même une existence nouvelle; elle favorisera l'oubli de soi-même : elle forcera la personna-i
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licé de se dépouiller d'une foule d'intérêts qu'elle s etait créés , et qui Tenaient lalimenter à leur t^ur ; eUe donnera un nouTel essor aux affecliofiSy parce qu'elle fera trouver, tout ensemble, un secours dans celles qu'on obtient, un soulagement dans celles auxquelles on s'abandonne, une consolation inépuisable dans les unes et dans les autres; enfin , en ramenant la pensée à ce qu'il y a de plus réel dans la destinée humaine, elle conduira à en mieux aperceToir le TéritaMe bot, à mieux sentir l'autorité des devoirs qui en sont les lois : elle fem reconnaître ce qu'il y «de positif j0t de sérieux dans' cette science de la sagesse, que notre frirotité, trop souvent, relègue au rang des théories* Alors, el en présence de ces augustes images , l'iteie alEe^sée se sentira renaître; la vertu se montrera à elle sous ^ei formes les plus pures, l'admettra à un commerce plus intime; il existera pour elle, non p^s seulement des adoucissemens, niais des joies câestes qui lui fussent restées inconnues dans les jours de la prospérité. Oh ! que la vertu panât belle, quand on se trouve ain^ hee à face avec elle, n'ayant plus qu'dkseulepour tout bien, mais la possédant tout entière, la contemplant sans voile, lui ofErant un coeur purifié par l'adversité! Mais pour pénétrer dans ces admirables secrets , pour recueillir ces salutaires influences, il £iut entrer dans les rudes voies de l'épreuve , avec des dispositions coove^ nables : il faut y porter le calme , non pas seulement le calme extérieur des sens, mus ce calme intérieurqui appartient à une conscience satisCûte ; il faut y porter le désir sincère de recueillir ces enseignemens si graves, qui doivent s'y offrir à nous ; il faut y conserver , y nourrir la faculté d'aimé, qui seule £ût goàter la doii*