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l'obtenir sans efforts; où Textrénie' complication des relations sociales et le frottement continuel des individus, favoriseraient le jeu, assureraient le succès de ces observations fines et rapides, qui saisissent les nuances les plus fugitives dans les choses, les situations^ et les caractères.
Observez comment la nature, dans ces vastes ateliers^ procède à cette foule de transformations successives qu'elle fait subir aux substances organisées, cornment sans cesse elle dissout pour combiner, détruit pour revivifier! Telle est Tîmage des procédés auxqueb est appelé Tesprit humain. Comme on ne connaît Uen un tout qu'en examinant ses diverses parties, le travail de la décomposition doit préluder aux opérations intellectuelles; mais jusqu'alors, l'opération n'est encore qu'ébauchée; il reste à la comjJéter par des reconopositions nouvelles ; si l'on s'arrête à ce point, on n'a produit encore que des dissections ; les objets restait dépourvus de chaleur , de mouvement et de vie. & donc, en exerçant l'activité de notre intelligence , nous laissons trop exclusivement prévaloir les habitudes d'une analyse dissolvante , nous pourrons acquérir sans doute une grande pénétration ; mais cette pénétration pourra dégénérer en subtilité; mais l'esprit pourra perdre une portion de son nerf et de sa vigueur; il pourra devenir moins capable de ranimer, par des combinaisons nouvelles, les objets de ses méditations : cette disposition, en multipliant les doutes, laissera moins de ressources pour s'en afihranchir, parce qu'dle sera plus propre à faire naître les problèmes qu'à fournir les moyens de les résoudre. Une/ telle direction , imprimée aux facultés intelleetueUes, réagira à son tour sur les
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facultés morales; elle contribuera à porter l'incertitude dans les résolutions ^ la sécheresse dans le cœur. Si c est à un écart semblable dans le régime de Tintelliligence qu'on Teut donner le nom d'esprit philosophiqucy il n est pas douteux qu on ne doive redouter rinfiuence de l'esprit philosophique sur le perfectionnement moral. Mais pourquoi décorer d'un titre semblable ce qui n'est point le véritable esprit des procédés philosophiques? Celui-ci ne laisse point les opérations ébauchées et incomplètes; ses analyses ne sont que des préparations; il ne sépare que pour réunir; il ne détruit point; il transforme ^ il renouvelle*
En général ^ celles des habitudes de l'esprit qui deviennent préjudiciables au caractère^ par l'influence qu'elles exercent sur lui, sont précisément celles qui^ par suite de quelques abus et de quelque déviation, se raient réellement nuisibles à l'intelligence elle-même , quoiqu en lui apportant peut-être quelque exubérance de capacité spéciale.
Il arrive même que cette attention investigatrice, qui est l'œil de l'entendement, en se dirigeant, avec une ardeur et une persévérance trop exclusives, sur le théâtre des phénomènes extmeurs, oublie l'usage de ces exercices réfléchis par lesquels elle devrait pénétrer dans notre propre intérieur; alors, non-seulement, avec beaucoup de science, on peut rester fort peu avancé dans la connaissance de soi-même, mais le défaut de vigilance intérieure peut laisser facilement introduire l'anarchie dans le cœur : alors ia culture des facultés morales languira dans son principe; ce ne sera point la distraction du monde et des plaisirs ; ce sera une autre distraction moins funeste ^ sans doute, mais
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qui, empêchant d'habiter avec soi-même, privera des abondantes richesses qu*on devait puiser dans ce commerce.
Mais l'inaction et la torpeur des facultés intellectuelles, leur divagation, n'ont-elles donc pas aussi des influences délétères? N agissent-elles pas sur le caractère d'une manière encore plus directe ? La triste insensibilité n'est-elle pas souvent la suite de la dissipation de l'esprit? CSombien de fois nos fautes, aussi bien que nos erreurs, sont nées de l'inattention, et pourraient être définies une distraction de Tâme ! La vertu est bien plus négligée, méconnue, oubliée , qu'ouvertement violée. Certes , plus l'esprit aura d'élévation et d'étendue, mieux il appréciera ces vastes rapports par lesquels les vérités morales se coordonnent entre elles, se lient à la destinée humaine, à la prospérité sociale et au bonheur individuel. La science de la vertu est donc l'héritage des grandes intelligences. Donnons à nos facultés intellectuelles l'éducation qu'elles sollicitent elles-mêmes, et, alors, loin d'avoir rien à craindre de leurs progrès^ nous les emploierons à notre amélioration! exerçons-les sur des notions complètes, justes , solides; accoutumons-les à suivre des voies droites et régulières, à demeurer fidèles à la nature! surtout, que, dans ces nobles travaux de l'intelligence, nous soyons toujours animés par, des motifs qui en soient dignes ! que le vrai , le bon , soient invoqués avec sincérité, et, par conséquent, recherchés pour eux-méme^I Gardons-nous d'en faire une proie pour les avidités de notre égoïsme! Gardons-nous d'étouffer sous des intentiotis vénales ces heureuses émanations qui devaient arriver jusqu'à nous; et ne considérons jamais