LIT* 111. SECT. II* CHAP. X
mage sainte de la yerlu, tous ces arts créateurs qui font Porgueil et les délices 'de la terre ! Qu ils viennent former son cortège l Quils lui offrent leur ^acens le plus pur! Qu'ils saluent cette bienfaitrice du monde! Qu'ils annoncent sa présence aux hommes , et qu euxmêmes y transportés , en la cont^nplant, d'un enthousiasme plus sûr et plus vrai que celui qu'ils puisaient dans dessentimensterrestresy se rendent dignes de recevoir d'elle un ordre de beautés immortelles!
Voilà la vraie vocation de l'imagination^ l'esprit dans lequel elle doit être cultivée, exercée , dans lequel ses productions doivent être conçues , goûtées; et alors elle apportera à notre âme, dans sa coupe brillante,, non de funestes poisons, mais de doux, et salutaires breuvages.
Siégeant au faite de toutes les facultés intellejctuelles, la raison, arbitre, régulatrice, modératrice suprême, assigne à chacune son. département, ses fonctions , ses limites. Ses attributs à ellermême consistent dans cette haute prérogative, dans l'empire qui a été accordé à Pinte]%ence sur elle-même : armée de la méthode, elle dasse, coordonne, distiibue; armée du jugement et s'appujant sur le bon sens, elle pèse , décide : l'ordre, la vérité, voilà son domaine. C'est à elle qu'est commis le soin de notre perfectionnement intellectuel, puisqu'elle est chargée d'obtenir l'harmonie générale. Son énergie doit s'accroître toujours en proportion du développement des facultés qui lui sont subordonnées. Ici, du moins, aucune influence funeste ne sera à redouter; toutes les influences seront salutaires. Si la raison n'est point la vertu même, comme l'ont prétendu quelques sages , elle en est du moins la sœur ; elles
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ont la même physionomie , le même langage; elles reconnaissent les mêmes autorités; elles obéissent aux mêmes règles ; elles suivent en mille choses les mêmes voies ; elles se tendent incessamment la main 1 une à l'autre; elles sont d'intelligence entre elles; elles se communiquent, se concertent à chaque instant, les habitudes dordre et de régularité établie» dans les idées, se communiquent d'une manière inaensible aux sentimens ei au système entier de la vie : la sérénilé de l'esprit favorise la paix de l'&me. Uerreur, quoi qu'on en dise , n'est jamais bonne à rien. Voyez ce que devient la morale lorsque , par une alliance adultère, elle se trouve confondue avec l'erreur ! Voyex ce que devient la vertu la plus sincève , acccnapagnée d'un esprit faux ! Non~seulement les forces qui nous avaient été données pour fSure le bien se dissipent alors en applications stériles, mais, employées au hasard, elles se dirigent souvent oontre le but lui-même; elles servent à tourmenter et les autres et nous-mêmes , sous les plus honorables prétextes. H y a plus encore : les fausses associations d'idée qui nous imposent , au nom de la morale, des devoirs imaginaires, tendent souvent, par une conséquence inévitable, à altérer, au fond de notre âme, la pureté du sentiment qui s'attache aux devoirs véritables : car il ne se présente que de trop fréquentes occasions où les préceptes conventionnels et factices se trouvent aux prises avec les règles immédiatement dictées par la voix de la conscience. De cette lutte naîtront, du moins, des perplexités qui affaibliront l'autorité de la conscience , «i toutefois elle n'est pas même étouffée , si l'empire de l'habitude ne prévaut pas, ce qui n'arrivera que trop souvent, par cela seul