LIT. III» SECT* II. CHAP. X
que l'habitude est une force aveugle et mécanique. Interrogez le fils de la veuve immolée sur les côtes de Makbar y ce fils auquel un devoir fiactice prescrit de solUciier Tordre pour le sacrifice de sa mère^ de porter luimême la tordie au pied du bûcher ! Descendeis au fond de son cœur, et voyez s*il est possible que ce devoir prétendu ait laissé subsister en lui la piété filiale dans son intégrité primitive ! Dès que vous déplacer le point de vue^ vous multipliez à rinfini les fausses conséquent ces , et d'une erreur germeront mille erreurs* imprévues que vous ne serez plus à temps de détruire. Ne crai* gnez rien de la vérité , dès qu'elle est à sa place! eh! si elle était hors de sa place ne cesserait-elle pas d'être la vérité? La morale ne redoute pas les investigations profondes, dès qu'elles sont complètes; elle redoute les vues superficielles et frivoles* Le bon sens est l'ami , le gardien de la vertu ; il protège la rectitude des intentions et le calme du cœur ; il fortifie l'âme par la plénitude de la conviction. Le commerce de la vérité entretient la sécurité, la confiance, la constance, la solidité des résolutions et la dignité du caractère.
Lorsque l'on est devenu capable de bien gouverner son esprit, n'est-on pas devenu plus capable aussi de bien diriger les mouvemens de son cœur? N'a-t-on pas plus de moyens pour avancer dans la connaissance de soi-même, et, par conséquent, pour exercer sur soimême l'empire moral ? On remarque cependant que les hommes livrés à une vie d'études sont, en général, exposés à la faiblesse du caractère. Mais ce n'est point au développement qu'ont reçu chez eux les facultés intellectuelles , qu'il faut attribuer un effet semblable; c'est au défaut d'équilibre entre ce système de facultés
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et celles qui appartiennent à la Tolontë : ils n ont pas assez d occasions de vouloir et d'agir^ précisément parce qu'il n'y a paa pour eux de vie extérieure. En désirant donc pour eux ce régime des affections domestiques^ qui maintiendra l'harmonie des facultés du cœur avec celles de Tintelligence y nous désirerons aussi pour eux qu'ils puissent se créer qudques exercices actifs, et surtout les rendre utiles aux autres hommes: plus les occupations ordinaires de l'esprit auront de généralité dans l'objet de l'étude, plus il deviendra nécessaire que cette vie bienfaisante au-dehors particularise l'objet de son activité, et s'individualise sur les personnes.
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