RELIGION CONSIDÉRÉE GOMME LA GRANDE EDUGATION DE LHUMANITB
Si toutes les facultés morales de rhomme aspirent à la religion , la religion , en se rendant à leurs yœux , vient à son tour leur apporter la plus favorable culture.
La Providence a voulu que, pour la grande universalité dès hommes , le sentiment religieux, placé par elle dans leur cœur, n'attendît pour éclore que lapparition de cette pensée si simple dans sa sublimité , qui lui révèle le Bienfaiteur suprême. Ce sentiment se déploie alors d'une manière aussi naturelle que Tamour filial dans le cceuT de Tenfant , dès qu'il connaît son père. Fortifié , éclairé chaque jour par l'expérience et la réflexion , il germera au sein de la conscience, comme dans son sol natal; il expliquera, fécondera , achèvera tout ce qu'il y a de moral dans l'homme. Sans lui « la créature intelligente n'est plus qu'un être avorté : on dirait un fruit qui tombe détaché de l'arbre universel de la création , comme n'ayant pu atteindre à sa maturité.
A l'origine de la civilisation^ on voit la religion se montrer comme la première institutrice des sociétés humaines : elle y est la mère des arts, des sciences, des mœurs et des lois elles-mêmes : à mesure que la civilisation se perfectionne, elle apporte une lumière tou-
354 DU PBRFBCTIONNBM&MT MOEÀL.
jours plus vive; se renfermant dans les applications relatives à la morale et au bonheur ^ elle en devient plus bienfaisante, plus grande et plus pure. De même, elle commence à verser dans le cœur du jeune enfsint les premiers euseignemens de ce qui est juste et bon; c'est elle qui lui fiaiit goûter le sentiment du devoir : après avoir accompagné Thomme dans toutes les épreuves de la vie 9 elle lui apporte de nouvelles forces et de nouvelles perspectives , Icnrsque ses organes s'affaiblissent et que les choses terrestres s'évanouissent pour lui. Jamais elle n'apparaît plus touchante et plus auguste que lorsqu'elle vient éclairer de ses divins rayons laurore ou le déclin du jour de notre vie : la religion est l'Alpha et l'Oméga de notre destinée; elle ^t la sagesse de l'enfance et la jeunesse des vieillards. Si donc, la carrière que l'honmie parcourt ici-bas n'est , ainsi que nous l'avons reconnu, qu'une grande et continuelle f^-éparation , il est r^narquable que la rdigion en embrasse aussi le cours tout entier, pour contribuer à cette longue éducation. £t remarquez qu'elle renferme à la fois toutes les conditions nécessaires pour rendre cette éducation aussi complète et aussi fructueuse. qu'il est possible! Bien différente de celle que donnent nos pédagogues , cette éducation s'adresse aux facultés les plus intimes de l'âme, les nourrit, les développe, en même temps qu'elle en règle l'exercice; elle les cultive toutes à la fois, elle les cultive dans un harmonieux accord; elle les dirige incessamment vers les applications pratiques; surtout^ c'est à leur principe vil;al qu'elle s'adresse pour leur donner le plus haut degré de pureté et d'énergie. Le sentiment religieux, le sentiment qui s'exprime par l'adoration ; renferme à la fois l'amout, le respect, la