‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 19 sur 150 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

COMMENT LE PERFECTIONNEMENT MORAL CONTRIBUE AV PERFECTIONNEMENT INTELLECTUEL.

Si les dons de lesprit ne sont point toujours alliés aux qualités du casur, si le talent , au lieu de se mettre constamment au service de la vertu j se prostitue trop sou-> vent au service de la vanité, de la frivolité ^ et même de la corruption, la douleur que Ion éprouve en faisant cette remarque n annonce-t-elle pas du moins quon s'étonne de ce divorce contre nature , et qu'on s'attendait à retrouver en accord deux genres de mérite si bien faits pour aller ensemble? Oh ! la belle et digne alliance, en effet, que celle du génie et de la vertu ! Eh quoi! ne serait-elle donc qu'une chimère , une illusion de nos jeunes années, que l'expérience viendrait démentir? Pour prouver que le talent ne doit rien à la morale, suffit-il de citer des succès obtenus par l'un , sans le secours de l'autre ? Les succès qu'obtient l'esprit quand il devient infidèle au cœur , sont-ils véritablement les plus réels et les plus utiles? N'en pourrait-il pas espère^ de plus utiles et de plus réels en effet , par son alliance avec les sentimens les plus élevés et les plus purs? Ceux même qu'il recueille ne sont-ils pas dus en grande partie à ce qui peut exister encore de bon, de généreux et de pur dans une âme égarée par les séductions de la

Page 1