TOME II
54 DU PERFECTIONNSMENT MORAL.
faculté de création y qui engendre les découvertes dans les sciences y les modèles dans les arts; qui fait passer les théories dans le domaine des réalités et des applications , et qui reçoit^ suivant ses degrés divers, les noms d^habiletéy de talent , de génie. Elle peut donc se séparer de la moralité du caractère', qui est toujours un. mérite acquis. Cependant, éette faculté active et féconde a aussi son éducation : s'il n y a pas d*art qui supplée au talent , lorsqu'il nous a été refusé , il est un art qui Téveille, le cultive; or, cette culture ne re* cueille-t-^Ue aucun bienfait des influences morales ? La nature n*a point été aussi avare du talent ]u'on le suppose ; elle la seulement réparti dans des degrés divers , et surtout elle lui a donné des formes très-différentes, variant^ pour chacun, les aptitudes , comme devaient varier, pour chacun, les situations et les circonstances. Que de germes cependant qui ne sont point développés , ou qui ne se sont développés qu'impar* faitement, faute d avoir obtenu en effet une culture £Eivorable ! que de talens aussi qui , en excitant notre admiration sous quelques rapports , nous étonnent cependant et nous affligent par leurs écarts î que d'ouvrages heureusement conçus et qui sont demeurés incomplets ! Les exercices de la vertu n'aurait-ils fécondé aucune de ces dispositions qui sont demeurées stériles? n'auraient-ils prévenu aucune de ces déviations qui semblent rendre le génie infidèle à luirméme 7 n'auraient-ils perfectionné encore aucune de ces qualités brillantes qui ressemblent à une espérance mal remplie? n'y a-^il donc aucun commerce entre le talent et le caractère , entre les conceptions et les mœurs ? la vie de l'entendement ne reçoit-elle rien de la chaleur de