LIV. II. SEGT* III. GHAP. VI. 6g
il pressent ce qui est au-dessus de lui. Ce qu'il y a de plus relevé dans rhumanité, la perfection morale et intellectuelle , est précisément ce qui touche de plus prés iwcette nature supérieure ^ ce qui en reçoit les plu^ immédiates influences.
Eh ! que signifieraient ce mouvement secret , mais in$atiable^ de notre âme, qui se dirige ince^amment vers une haute perfection, tous ces soupirs qui appellent constamment un ordre meilleur , tous ces regards tournés en haut , pour attendre laccomplissement d*un grand mystère; cette notion de l'infini, devenue le poison le plus eruel 9 si elle n'est pas une espérance juste et glorieuse; cette tendance à gravir sans cesse; ces vœux qui invoquent tout ce qui est capable de nous élever; ce sentiment intime qui nous atteste que nous sommes , en effet, les néophytes d'une vie meilleure ; cette dignité , cette fierté naturelles qui seraient si peu justifiées , si nous ne considérions que ce que nous ^sommes en effeC; ces affections si vives, si pures, et qui n'auraient qu'un objet si passager; cette fsiculté d'aimer qui ne rencontrerait que des objets si imparfaits et si limités ; cette vertu elle-même , si vraie dans tout ce que nous pouvons contrôler par l'expérience, et qui serait trompée sur ses plus chers intérêts, dans ce que nous ne pouvons vérifier encore P Que serait la terre, orpheline de Dieu ? Que serait l'humanité, déshéritée de l'immortalité future ? Ah ! la nature morale tout entière invoque et par cela même proclame, d'une voix unanime, ce dernier rapport de l'homme avec son auteur , du présent avec l'avenir , qui seul donne la solution de tous les problèmes, de l'existence !
La religion, sans doute, est un soupir de la faiblesse;