‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 29 sur 150 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

fJO BU PERFECTIONNEMENT MORAL.

mais elle est surtout un vœu , un bes^n de la vertu qui seule nourrit ces nobles instincts auxquels la religion doit satisfaire ; la vertu tressaille à la vue delà religion, de la même joie qu éprouve un fils lorqu*il vole dans les bras de sa mère. Et quelle voix s élèverait donc dans rintérieur de Thomme, pour répondre à la voix du Créateur, si ce n*était celle de la conscience ^ quelles puissances salueraient , recevraient la religion se présentant sur la terre, et lui porteraient les hommages de l'humanilé , si ce n'étaient ces puissances morales qui l'animent, l'élèvent et la dirigent? quelle racine pourraient jeter les vérités religieuses dans une âme privée du sentiment de ce qui est juste et bon P quel langage la piété pourrait-elle adresser à un cœur sourd pour la vertu, de manière à s en faire entendre?

Que sert daller laborieusement explorer si, dans quelque coin du globe, se trouve ou non une peuplade ignorée, qui, dans Tabrutissement auquel la condamne la privation des premières nécessités de la vie , n*a encore que des notions plus ou moins confuses du suprême bien£ûteur et du culte qui lui est dû P Et quelle est donc l'importance qu'on attache à ces vagues récits des voyageurs? Oui, les idées religieuses croissent et se développent avec la civilisation, parce qu'elles ne peuvent germer que dans les mcsurs, et c'est là ce qui prouve leur affinité avec le sentiment moral. Elles ae^ quièrent d'autant phis de grandeur et de vérité, que ce sentiment a plus de pureté et d'énergie. Que sert d'aocmmtler tant de malheureux exemples de superstitions avevgles ou cruelles qui ont souillé le culte de la Divinité sur la terre P L'homme ne poiivait41 pas y porter ses passions et ses erreurs P En Fadoptant , ne pouvait-

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