LIV* II* SECT. III. CHAP. I
par exemple, alors, les corporations et les jurandes dans les métiers. Les esprits spéciaux ressemblent beaucoup aux artistes formés par le r^ime des jurandes. Mais, à mesure que Tesprit humain avance, les rap* ports réciproques des diverses connaissances se dévoi* lent; les arts découvrent 1 assistance qu'ils peuvent se prêter les uns aux autres, l'habileté dès-lors consistée suir vre le développement de ces corrélations , à les étendre* Toutes les grandes découvertes se sont placées aux points de coïncidence entre des séries diverses d'idées ou d'observations* Il n'y a d'esprits éminens et féconds que ceux qui saisissent les rapprocbemens , et démé-^ lent la similitude dans la diversité. Le génie habite dans les foyers ou centres. Combien ces grands hom* mes spéciaux devienneat petits, si quelque circonstance les déplace, fût-ce même pour les élever! Voyez certains géomètres voulant juger des sciences morales , certains hommes de la loi traitant les sciences ^dminis* tnitives ou politiques ! Or , ce que nous remarquons de la marche de l'esprit humain , s'applique bien plus encore au perfectionnement mc»*al; ici, les hommes ne sont point divisés et répartb en professions ou castes : la vocation leur est commune,, elle est entière pour chacun. Ces voies larges qui conviennent à l'intelligence dans les plus Hauts périodes de son développement, sont celles ou l^âme doit entrer dès son début dans la vie morale. La vertu doit remplir ici les fonctions que le génie remplit dans la science; elle doit s'emparer de ces qualités du caractère, qui sont en quelque sorte centrales, parce qu'elles exercent sur toutes les habitudes une influence générale.
La bizarrerie, la singularité , sont les signes d'un ca^