LIV. m. SUCT. I. CHAP. I
est un symbole de l'univers lui-même ( i). V unité ex* prime ce qui est bon, puissant et vrai; le multiple j ou la variété 9 est en lui-même la source de la faiblesse, de la corruption et de Terreur; mais, le multiple, soumis à V unité par l'esnpire dcTordre, en reçoit toutes les per-r fections (a). Le multiple est la cause de la divergence , c'est le chaos des innombrables pencfaians delà persan* nalité, c'est l'affluence des impressions du dehors^ c'est la bigarrure des opinions étrangères* V unités c'est le terme de l'amélioration, c'est le devoir, toujours im* mpable, toujours en accord avec lui-méaae, c'est le ré* gulateur interne. I^ malheur, le vice, tout ce qui égare l'âme, la dégrade, est dans. la discordance. La paix, la dignité, tout ce qui odaine , élève râme^est dans le retour à l'unité. Or ,, l'unité, est lapanage des âmes simples , elle y est reçue , compose, gardée« C'est au sein de la simplicité que subsiste l'unité de vues et de senttmens. La simplicité est comme le vase où s'en* ferment les dons de k vertu.
Si nous sommes incertains de nos propres inten-
(1^ Diea , unité siq^réme , leréant la ifariété des êtres , les soumettant aux lois générales , Tâme humaine, unité subordonnée concevant , du moins en partie , cette variété J au-dehors la sou* mettant aux opérations des arts , au-dedans , la soumettant aux règles de la morale : ces deux unités , placées Tune au sommet , l'autre au dernier degré de Téchelle des intelligences, se répondant comme la simple goutte de rosée à Tastre du jour dont elle réfléchit la lumière ! Unum et plura,
(2) S*il était quelqu'un des lecteurs dont on n'eût pas ici le bonheur de se faire entendre , qu'il véuifle bien se souvenir que cet écrit est essentiellement destiné aux jeunes gens qui ne sont point étrangers aox études philosophiques.
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tions, si nous réussissons à nous tromper sur nos propres vues , c'est que nous admettons une pluralité de motifs; lambiguîté naît de la complication. La simpli* cite est une habitude de candeur et de bonne foi de Tàme vis-à^yis d'elle-même. On a des arrière-pensées dans le commerce intérieur avec soi , comme dans le commerce extérieur avec les hommes. La simplicité bannit les unes et les autres. Elle n*a rien qu'elle ne s'avoue et qu'elle ne paisse laisser voir. De cette sincérité du dedans naît cette droiture naïve et franche qui s'annonce au-dehors; la simplicité ne retire point en secret une portion de ce qu'elle donne ; elle ne rétracte point en secret une partie de ce qu'elle dit; elle n'a ni réserves^ ni réticences ; elle ne se perd point dans les interprétations^ les commentaires , les distinctions subtiles ; elle dit ûm ou non; peu de paroles lui suffisent; son regard seul est un langage; elle a des expressions qui ne sont qu'à elle, qu'elle imprime comme un sceau inimitable , et qui portent avec elles une conviction certaine. Elle a des négligences qui sont d'une grâce charmante, parce qu'elles n'accusent qu^ l'oubli désintéressé de soimême; telles sont ces drapées ondoyantes que k t/Min de l'art laisse flotter, comme un voile léger ^ sur les formes les plus belles. Comme tout, pour la simplicité, devient facile et sûr! quelle liberté dans les mouvemens ! quelle rapidité dans la marche ! quelle persévérance dans la direction! quelle cordialité dans les affections ! quel abandon dans l'amitié! quelle sécurité dans le commerce de la vie ! quels échanges de confiance ! quels rapports pacifiques avec les autres hommes! la simplicité ne fatigue , ne blesse, n'irrite point les amours-propres; elle sait donner des éloges sincè-.