‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 37 sur 150 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

86 DU PSRFECTIONNBMENT MORAL.

tout entière au-dedans, tourmente , ^gî^t trouble sans cesse; on n*ose plus se confier en son talent; on perd même une portion du mérite de ses vertus; on ne saurait pas se dire quel est , dans le bien que Ton £ait , ce qui est fait par la seule inspiration d*un sentiment pur y ce qui est fait en vue de la considération dont on a besoin de jouir; ayant de s'abandonner à un mouvement généreux, on regarde autour de soi, pour savoir si on est observé et s il sera permis de s'y livrer; dans lacté du dévouement, on pense encore à son attitude. Ainsi , aucune inspiration ne se conserve libre , franche , spontanée , et ne peut prendre tout son essor.

La simplicité du caractère , en nous dégageant de mille entraves, protège donc encore lempire de soi ; comme elle protège lamour du bien, en nous délivrant des fausses situations du cœur. Elle est toujours forte, parce qu'elle use avec économie de ses forces, parce qu elle les réserve pour le moment décisif; parce qu'elle les déploie en vue d'un but nettement aperçu. Elle ne se fatigue point par les efforts qu'exige la nécessité de prendre un rôle , par l'affectation et la recherche qui en sont la suite; elle ne s'use point dans un vain travail qui n'aurait pour objet que l'art de paraître. Elle agit avec la fraîcheur du matin , elle jouit de toute la vigueur de la jeunesse.

La simplicité procure un repos salutaire à l'esprit et au cœur. Elle les empêche de se tourmenter en mille manières pour de vaines et minutieuses sollicitudes. Elle nous défend de cet excès d'inquiétude qui veut tout prévoir et être à tout. Elle nous accoutume à voir et à prendre les choses telles qu'elles sont. Et pour-

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