‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 43 sur 150 · LIV. III. SS€T« I. GHAP. II. lOI · texte numérisé non relu

LIV. III. SS€T« I. GHAP. II. lOI

principal moyen de perfectionnement , il faut bien en« tendre qu'il s'agit, non pas seulement de s'exercer à agir, mais de s exercer aussi, et surtout, à sentir , à yoir; qu*il s'agit non pas seulement de répéter mécaniquement les mêmes choses, mais de s'entretenir aussi dans les motifs, de croître en force et en liberté ; qu'en un mot, c'est rame elle-même qu'il faut exercer dans ses fa^ cuhésles plus intimés.

6ardbn»-notts donc de rompre Fhannonie naturelle qui doit exister entre, les habitudes conservatrices et le mouTement d'une activité progressive ! Gardonsnous de vouloir subsister toute la vie sur le fonds de quelques années , et après avoir commencé èii hommes, de vouloir continuer en automates ! Celui qui négligerait d'accepter le secours des habitudes , ne ferait que remplir sans cesse le tonneau des Danaïdes; il serait, relativement à la pratique de la vertu , ce que serait, dans Tordre des connaissances^ un homme privé de mémoire. Perdant sans cesse à mesure qu'il acquiert, n'ayant point de passé, né pouvant rien lier par Tesprit de suite^ il serait le jouet d'une mobilité continuelle; il commencerait toujours et n achèverait jamais. L'homme, enfermé dans ses habitudes comme dans une sorte de forteresse , se condamnant à nephis s'étendre et croître , cesserait de goàler le bien , en b pratiquant, et même de le comprendre ; il nie vivrait plus de la véritable vie, il offrirait le; phénomène d'une sorte de pétrification môralej il conserverait seulement la forme de ce qu'il fut jadis. Pendant que tout se renouvelle autour de lui, seul, il resterait immobile ; étonné de se voir dépassé par ceux qui ne partagent point sa léthargie , il condamnerait les progrès eux-

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