‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 45 sur 150 · LIV. II !• SECT* 1* CnAP. II. Jo · texte numérisé non relu

LIV. II !• SECT* 1* CnAP. II. Jo

mais j dans le système planétaire, elles se font constam* ment équilibre ; aussi Tordre n est-il pas un instant interrompu. Ou , si Ion aime mieux , c'est ainsi que , dans la nature extérieure , il 7 a deux principes : lun permanent: la matière et ses propriétés; et l'autre tou^ jours nouTeau et productif: le mouvement; principes qui se combinent par un merveilleux accord. Dans ce combat de l'ancien et du nouveau , l'une des deux for* ces est armée pourlarésistance, comme l'autre pour lat* taque ; l'une initoque l'autorité , l'autre lenthousiasme ; celle-là paraît plus fid^e^ cdle^i plus généreuse ; celle* là gardienne delà stabilité , conserve ; celle-ci , mère des améliorations , veut produire ; celle-là , en repoussant tout changement, arrêterait tout progrès; celle-ci, en précipitant les progrès, créerait tous les dangers; la première est immobile, autant que la seconde est présomptueuse; la première n est occupée qu'à maintenir, comme si rien n'avait commencé ; la seconde, qu'à créer, comme si rien n'existait. Qu'au lieu d'être Jiostiles l'une à l'autre, elles fassent donc alliance ! Ne sentent-elles pas le besoin qu'elles ont de leur mutuel secours ? Par là , ce qui est ancien rajeunira sans cesse, seul moyen de ne pas périr; ce qui est nouveau succédera , seul moyen de fonder avec solidité ; tout pourra se mouvoir, sans se dissoudre. Cette grande alliance sera le perfectionnement : dans l'ordre social, ce sera l'accord des mœurs et de la liberté ; dans les sciences et les arts, celui de l'expérience et de l'esprit d'invention ; dans la morale , celui de la constance et de la générosité. Voyez avec quel art la nature , dans la première éducation de l'homme , a combiné ces deux puissances rivales ! A peine il est né , que des habitu-

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des se contractent; elles vont se multipliant de jour en jour; mais, de jour en jour, des objets nouveaux viennent les modifier , les plier, les étendre, réveiller et entretenir l'activité intérieure. Continuons son ouvrage sur le même plan ! Veillons à Torigine de nos habitudes, pour n'en contracter que de salutaires, et pour ne les former que d'une manière réfléchie ! veillons encore sur elles quand elles sont acquises , pour ne pas les laisser dégénérer ! Mais tournons aussi nos regards sur l'avenir , et ne cessons point d'être jeunes pour la vérité et la vertu ! Portés sur un vaste océan , exposés aux tempêtes , mais appelés au port , les souvenirs seront pour nous une ancre , les espérances, une voile.

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