LIT. III. SBGT. I. CHAP. III. ] I
elle se défaid de cette sombre mélancolie qui la bon* sume, lorsqu'elle se condamne à être oisive; elle se [Mrëcautionne contre les dangers auxquels Texpose le besoin du yague et de rindéfini, besoin qui ÊiTorise lincertitude et Terreur ^ lorsqu'elle s y abandonne sans réserve. Trouvant sans cesse autour d'elle de nouveaux objets qui Tinvoquent et qui lui répondent , elle se ra* nime, à chaque instant, d'une nouvelle vie. Enfin, si elle éprouve des mécomptes dans le retour des afFec* dons qu'elle espérait, il kii reste toujours un avantage qui n'est sujet à aucun mécompte, le souvenir du bien £Edt aux autres.
Le souvenir et l'espérance sont deux grands leviers qui agissent sur Le dév^ppement de la sensibilité, mais avec une puissance presque égale et d'une manière dif<férente.
Si la mémoire est, en partie , un phénomène organi-* que , la rémimsoence qui vient s'y joindre est un phénomène intellectuel et moral , d'un grand intérêt. U n'est rien de plus grave en soi, ni de plus séri/eux que le retour vers im passé qui n'est plus; il nous met en présence de l'avenir; il nous enseigne, à la fois, et la mobilité et la permanence de notoe être; il nous révèle et notre faiblesse et notre dignité ; il nous ccmduit à l'entrée des hauts mystères de l'eusleiice. Xie moi qui s'appao^t à lui-même^ qui »t reconnaît au travers de la distance des temps, s'étonne et s'émeut de se retrou^ ver ainsi. Autour de ee moi ancien, renaissent tet revivent les objets de ses siffectionS| tous las anciens compagnons de sa vie; mm ils renaissent ei|to«rés d'nn charme inconnu; oette r^àcontre a quelque chose d'attendrissant et de solennel. On sent, au travers du