‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 54 sur 150 · SUITE DU PRECEDENT. DE LÀ MEDITATION · texte numérisé non relu

SUITE DU PRECEDENT. DE LÀ MEDITATION

La méditation, cette grande et universelle institutrice de l'homme, qui préside à toutes les créations du génie, qui seule enseigne yéritablement la science, qui, seule aussi , dans les arts , guide avec sûreté les applications, parce qu'elle les éclaire du flambeau de la théorie , la méditation prend encore à notre éducation morale une part plus étendue : c'est dans ce dernier ordre de fonctions qu'elle verse de plus abondantes lumières, qu'elle met l'honmie en possession de toutes ses facultés, et l'élève à toute la dignité de sa nature. Dans les sciences et dans les arts, la méditation ne peut qu'élaborer lès faits élémentaires qui lui sont fournis par l'observation; dans le travail de notre éducation morale, elle a en même temps pour but de nous faire explorer notre propre intérieur, pour y recueillir les faits élémentaires qui nous révéleront les lois du devoir, et qui nous initieront à la connaissance de nous-mêmes. Dans les sciences et dans les arts, la méditation n-opère que sur les idées de l'intelligence; dans le travail de notre éducation morale, la méditation est encore appelée à exciter les sentimeus qui doivent venir s'associer aux notions de ce qui est bien , ou plutôt qui en découlent, et qui animent à l'exécuter. La méditation est l'âme de la sagesse. Mais si les exercices

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de la méditation présentent tant de difficultés dans ta carrière de Tétude, et ne sont familiers qu'à un si petit nombre d'esprits^ leur accès est^ a quelques égards^ moins facile encore et moins connu , dans Tordre des choses morales : car, dans les opérations de Tétude^ ces exercices s appuient sur divers ordres de signes sensibles, de descriptions ^ de nomenclatures; mais^ dans la sphère des choses morales, ce secours extérieur leur manque; la pensée demeure entièrement abandonnée à elle-même , ne peut s'alimenter que de ses propres fruits, se soutenir que par ses propres forces» Il y a , comme nous l'avons dit, dans la morale , et une nodon, et un sentiment; Tune qui éclaire Tintel* ligence, l'autre qui subjugue la volonté; le sentiment découle de la notion clairement conçue. Telle est l'im* posante autorité dont l'auteur de toutes choses a investi la loi du devoir, que son image exerce sur notre cœur un empire toujours plus certain et plus absolu, selon qu'elle s'of&e à notre esprit sous une forme plus simple et mieux dégagée de ce qui lui est étranger. Mais cette image , nous la chercherions en vain au-dehors ; nous n'y trouverions que son reflet; elle réside en nous-mêmes, dans le sanctuaire intime de la conscience» Cette image, il ne suffit pas qu'elle se montre, il faut que nous prenions la peine de la découvrir, de la re* marquer. L'ignorance, l'inattention la couvrent d'un voile. La plupart du temps , si nous sommes infidèles à la loi du devoir , c'est bien moins pour avoir eu l'intention de la violer que pour avoir négligé de l'étudier , et, loin que nous fassions le mal pour le mal, il serait presque impossible que nous rénstions à l'attrait du bien, si nous savions le considérer dans tout son éclat.

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