LIV. III. SECT. I. ÇHAP. Y. l
Les exemples expliquent la règle; mais ce n'est pas un exemple unique qui donne la vraie explication; il pourrait la donner fausse , en la présentant incomplète. U faut un choix d'exemples qui la montrent sous toutes ses faces, et qui enseignent aussi à la restreindre dans ses justes limites.
Il est beaucoup de règles qui sont au perfectionnement moral , ce que les échafaudages sont à la construction des monumenS| et qui, nécessaires pendant que Védifice s'élève y doivent disparaître quand il est élevé.
Quelquefois y les personnes qui s'imposent le plus de règles sont prédsémeiit celles qui en auraient le moins besoin; elles se dictent, sans cesse, ce qu'elles ont à faire , quand elles le feraient naturellement, d'aprài le seul mouvement de leur cœur; eu voulant tout pré^ voij*, eUesi s'^tent l'aisance nécessaire pour agir; elles perdent de vue le but principal, à force de s occuper des moyens accessoires; on dirait qu'elles ont moins embraisé la vertu qu'elles ne se sont fait enchaîner pav^elie.
La pratique du bien doit respirer un certain abandon et ifte pas sentir la contrainte.
U est une règle antérieure à toutes les autres : c'est dfi. rester dans la nature.
l48 DU PERFECTIONNEMENT MORAL.