‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 66 sur 150 · LIV. III* SBCT. I. CHAP. VI. l · texte numérisé non relu

LIV. III* SBCT. I. CHAP. VI. l

vertu a y en quelque sorte^ sa poésie; poésie sublime e% pleine de charmes tout ensemble, par laquelle elle convie rhumanité à embrasser son culte , par laquelle elle anime et embellit notre existence terrestre! L!emfiloi de l'allégorie est un régime favorable au noviciat moral de rhomme. L apologue , la parabole furent les premiers traités de morale. Au berceau de la civilisation ^ Tall^orie servit de ministre et d*interprète aux lois austères du devoir; elle les promulgua dans le sein de la société; elle institua des rites j des cérémonies , des emblèmes, une foule de symboles, dans lesquels elle peignit et personnifia ces notions sacrées et sublimes qui, sous leur forme purement abstraite, n eussent point été assez bien comprises, et surtout n'auraient pas laissé, dans les âmes, des traces assez profondes. L'érudition a découvert dans certains symboles des cultes de l'antiquité, l'expression de diverses connaissances relatives à l'astronomie, à l'agriculture, ou de diverses traditions historiques ; la philosophie y découvre aussi l'image des notions morales primitives, revêtues d'un costume propre à leur concilier le respect des peuples. La morale a, en quelque sorte, son culte extérieur, comme la religion; ce culte se compose d'une foule de signes plus ou moins naturels ou conventionnels qui s'adressent à l'imagination des hommes , surtout lorsqu'ils sont rassemblés, et qui réveillent les idées propres à entretenir les sentimens de patriotisme, d'honneur, de fidélité, de courage, de respect : tel est, par exemple, l'appareil qui environne les magistrats dans l'exercice de leurs fonctions publiques; tels sont les étendards déployés en tête des légions. Ces signes ont d'autant plus d'énergie qu'ils sont plus simples,

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